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mercredi 24 février 2021

Salon des arts ménagers // 1951 Foyer d'aujourd'hui

 


La salon des arts ménagers de 1951 est connu pour sa promotion assurée par Francis Blanche et Pierre Dac, déguisés en clochards afin de vanter les merveilles du progrès, comme cette soucoupe volante servant à cuire les œufs au plat (magie de l'induction prodiguée par la fée électricité). Le gadget surgit, alors que le pays n'est pas encore très brillant. Cependant, le changement est bien présent dans le mobilier que l'on retrouve dans une présentation en "couleur", car de nombreux stands seront publiés dans l'Art ménager français l'année suivante. Ce témoignage visuel est précieux et l'on peut considérer ce salon comme le IIIe événement majeur dans l'histoire du "style reconstruction", et comme la 9e étape dans cette brève suite historique, qui ne dure que dix ans (disons 1945-1955 pour simplifier).

  1. (I) mobilier d'urgence 1941-45 pour les sinistrés 
  2. salon d'automne, dit de la Libération, en 1944
  3. première exposition de la Reconstruction en 1945
  4. salon des artistes décorateurs, 1945 (SAD n°31 1945 // meubles d'urgence)
  5. (II) exposition de 1947 (Exposition internationale // urbanisme et habitation)
  6. salon des arts ménagers, 1948 (Meubles de série // Arts ménagers 1948) et 1949
  7. salon des artistes décorateurs, 1949 (SAD n°35 1949 // catalogue)
  8. premiers "appartements types" ou témoins in situ dans les villes reconstruites, dès l'été 1949 (citons déjà 8.a - une exception : Le Corbusier à Marseille // vs style 1940)
  9. (III) salon des arts ménagers 1951, Foyer d'aujourd'hui "matériaux dans le living-room"...
  10. ...jusqu'à l'ultime événement marquant une fin dans une autre forme de démocratisation (IV) concours MRL de 1954 (Concours 1954-55 // Ministère de la Reconstruction

Au centre, le sommet, l'apogée. On le découvre dans le foyer d'aujourd'hui. Seuls quelques rares décorateurs persistent dans l'ancien "style 1940" (reliquat de la vielle histoire des arts décoratifs), mais ils parviennent à trouver une place de choix : Dominique, Leleu, Old, Royère... Ce sont les derniers, ceux qui trouvent encore le courage de prolonger une manière de faire et de vendre datant du XIXe siècle, avec une production de type artisanale (faubourg St-Antoine), une diffusion à partir des commandes faites auprès du décorateur lui-même, une réputation légèrement appuyée par quelques rares publicités égrenées dans des magazines de qualité (mais le bouche-à-oreille reste la meilleure méthode pour cette clientèle, où l'on se recommande les uns les autres). On ne parle pas de prix, c'est indécent, mais on y pense. Toutefois, il semblerait que leurs clients soient de moins en moins nombreux. C'est ainsi que la société évolue au milieu du vingtième siècle.

Non, décidément, le présent est ailleurs en 1951, et même très loin. Malheureusement René Gabriel est décédé et ne voit pas cet instant où tout se cristallise, marquant le succès incontestable de son "style", voire de ses idées. C'est alors que naît l'idée de créer le "Prix René Gabriel" afin de lui rendre hommage (wikipedia), tout en présentant un stand en son nom pour présenter ses dernières créations (c'est probablement Alain Richard qui s'y colle). La transition semble parfaite : René Gabriel, l'ami du ministre Raoul Dautry, a cédé sa place à Marcel Gascoin, l'ami du ministre Claudius Petit. Gabriel donne tout à Gascoin : ses stagiaires, ses fonctions, ses commandes, même ses poteries de Pigaglio... Et il sera naturellement nommé "Prix René Gabriel d'honneur" à titre rétrospectif. Marcel Gascoin a maintenant toutes les cartes en main, les non-choix du passé doivent devenir les grands choix du présent, c'est le vœu du ministère.

Le premier changement important réside dans le basculement de la plupart des créateurs vers le "style Reconstruction". Il y a déjà les anciens, René Gabriel (stand d'hommage) et Marcel Gascoin lui-même, ainsi que leurs anciens employés : Alain Richard, Pierre Guariche, Jacques Hauville. Il faudrait ajouter une section spéciale pour Suzanne Guiguichon, qui appartient au tout petit club des précurseurs. Arrivent aussi de nouveaux adeptes comme Gustave Gautier, Michel Mortier, Robert et Jacques Perreau... Tout le monde commence à s'y mettre sérieusement. La revue Maison française titre "Naissance d'un style" à propos de ce salon. Son influence est telle que ce "style" va contaminer l'industrie l'année suivante. Dans Mobilier et décoration, le critique René Chavance précise un an plus tard l'étendue du phénomène dans le salon des arts ménagers (1952) : même la grande industrie " naguère encore vouée en grande partie aux imitations de styles révolus, on ne voit plus qu'une infime minorité de salles à manger Henri-II et un contingent très diminué de faux 1925. En revanche, les meubles à combinaison, démontables, superposables, escamotables qu'imposent les dimensions réduites des nouveaux logis, prennent de plus en plus de place."

Mais l'autre changement est plus discret, c'est une extinction : l'effacement des "modernes radicaux" : Jean Prouvé fait désormais de l'architecture (maison-coque) et abandonne l'idée de vendre au peuple son mobilier ultramoderne ; quant à l'UAM, elle revient au salon des arts ménagers avec la section "Formes utiles", mais en présentant des appareils sanitaires (à la manière de Duchamp), c'est à dire en renonçant provisoirement à s'occuper des meubles... Ils laissent la main. Les expérimentations dans ce domaine appartiennent désormais aux "créateurs de modèles". Une première liste est donnée dans le Décor d'aujourd'hui (n°62 de mars 1951) : "Au salon des arts ménagers... Le matériau suggère des recherches nouvelles" … le rotin (Sognot, Villain, Jallot, Klotz-Gilles), les tubes d'acier (Guariche, Hitier), le bois moulé (Gascoin), l'aluminium (Monpoix, Mortier), la laque (Guariche), le Formica - matière plastique (Renou et Génisset), les tubes et le bois (Coutant). Voici le premier indice : la modernité expérimentale dans le meuble se diversifie pleinement et ne se limite plus aux formes rationnelles du métal. Les nouveaux modernes du meuble, que l'on nommera bientôt des designers, se différencient pour la première fois, ayant pour la plupart débuté dans le "style reconstruction". Il y a donc trois histoire à raconter ici : celle du mouvement moderne, celle des artistes décorateurs, celle des designers...

Ci-après, les planches en couleur de l'Art ménager français (éd. 1952) relatant la section Foyer d'aujourd'hui au salon des arts ménagers de1951. 

jeudi 30 juillet 2020

Groupe Saint-Honoré // Caillette & Cie

Décor d'aujourd'hui, n°53, nov.-déc. 1949, stand des frères Perreau, du "groupe Saint-Honoré"

Tous les sites d'histoire du design, sans exception, regardent le "groupe Saint-Honoré" comme un événement historique ; certains exagèrent déjà beaucoup en le présentant comme l'un des points de départ pour les meubles de série en France ; d'autres s'égarent encore plus loin... Par exemple, le journal La Tribune (latribune.fr) a publié en 2010 un article intitulé "Quand le design devient une industrie" où l'on trouve cette phrase saugrenue : "Sixties [sic] Sur le terrain, le groupe Saint-Honoré formé par de jeunes décorateurs ouvre à Paris un magasin coopératif destiné à diffuser du mobilier aux dimensions réalistes, démontable, escamotable, superposable et pliant..." Nul ne saura jamais où ce journaliste a puisé cette idée, ni pourquoi il place l'événement dans les années 1960, alors qu'il date de la fin de l'année 1949 : sans doute la culture orale combinée à quelques lectures en diagonale, mais certainement pas la règle d'or journalistique du "recoupement des sources" (certes, le blog Art utile n'existait pas encore).... Pardonnons, car il faut toujours se réjouir de voir, grosso modo, un rapprochement entre les univers du design et de l'industrie, même si cela reste confus. Un jour viendra où le quidam français comprendra que le "disagne" n'est pas un produit inutile et inconfortable, coûteux et luxueux, aux formes biscornues et ostentatoires, aux matières rares et précieuses, mais l'inverse ! 

Toutefois, s'il faut écrire une histoire française du design de meubles, il convient de le faire correctement, en plaçant chaque événement à sa juste place. Avant que les fake news tirés des plus mauvais journaux, et parfois des meilleurs livres, n'envahissent définitivement la toile, mieux vaut établir une chronologie... Signalons tout de suite qu'une dizaine d'événements déterminants en matière de mobilier de série précédent la formation du "groupe Saint-Honoré". Citons :

Il convient donc de redonner à ce groupe la réalité de son importance afin de voir pourquoi il fait événement et en quoi il serait spécifique. Premièrement, ce groupe n'est ni un "magasin" (encore moins "coopératif"), ni même une association, mais simplement l'union provisoire et opportune de six créateurs désirant organiser une (et une seule) exposition temporaire ! Celle-ci ne provoque pas de discontinuité dans les lignes créatives, mais se situe pleinement dans le prolongement des recherches amorcées depuis la Libération visant des meubles de série robustes, rationnels, démontables, combinables, transportables (voire transformables), économiques, etc. Bien qu'ils n'aient pas été remarqués, la plupart des membres du groupe participent aux expositions citées ci-dessus  : Hauville et Perreau ont très discrètement débuté dans l'exposition de 1947 ; puis Jacques Perreau a réalisé l'équipement de l'habitat-modèle du village d'Epron, dans le Calvados, présenté au SAM de 1949 ; de la Godelinais travaille sur divers meubles industriels aux Arts ménagers en 1949 et sur un modèle de chambre d'hôtel pour le SAD en 1949 ; quant à Bernard Durussel, il est le seul a connaître un réel succès en apparaissant une première fois au salon des Arts ménagers en 1948 grâce à ses recherches sur le mobilier en tube de métal (Bernard Durussel (1926-2014) // desserte roulante).

Reste l'hypothèse de la "jeunesse", mais la liste des participants figurant dans la revue Maison française (n° 34, janvier 1950, p.22) pousse à rejeter également cette idée simple : 41 ans pour Renan de la Godelinais (1908-1986), 30 ans pour René-Jean Caillette (1919-2004), 27 ans pour Jacques Hauville (1922-2012) ; restent les 23 ans du réellement jeune Bernard Durussel (1926-2014) et l'âge inconnu des frères Robert et Jacques Perreau (si quelqu'un à la réponse, merci de me contacter). Toutefois, ce large éventail ne dérange pas la rédaction du Décor d'aujourd'hui (n°53, nov.-déc. 1949) qui titre un peu trop vite "les jeunes s'unissent" et "en groupe des jeunes étudient les problèmes d'aujourd'hui", lançant une rumeur qui s'éternise encore de nos jours... De fait, plutôt que des "jeunes", ces créateurs sont surtout des inconnus pour les critiques. Il s'agit de nouveaux venus dans ce domaine... Et encore, la nouveauté reste relative car seul René-Jean Caillette n'a jamais exposé auparavant. Est-ce lui qui dispose des ressources permettant d'organiser cette présentation du "groupe" dans l'une des boutiques les plus luxueuse de Paris, à l'intersection de la rue du Faubourg Saint Honoré et de la rue Royale ? C'est la piste privilégiée par Patrick Favardin qui le signale comme organisateur - probablement à partir de sa documentation personnelle.

Oui, certes, mais "jeune", c'est surtout le mot nouveau ! C'est celui de la section de Marcel Gascoin au salon des artistes décorateurs la même année. "Jeune", c'est mieux que "série", si triste, tourné vers le sinistre, le social, le passé de la guerre. "Jeune", ce n'est pas forcément le créateur, c'est surtout le style,  c'est aussi le client qui veut miser sur l'avenir, sur la simplicité et qui n'a pas besoin d'être fortuné.

Quoiqu'il en soit, le véritable événement que provoque cette initiative est la mise en avant de six décorateurs méconnus dans deux articles (Maison française et Décor d'aujourd'hui). En arrière plan, s'opère discrètement l'intégration de René-Jean Caillette dans le petit cercle des premiers "créateurs de modèles de série". Au centre du cercle, Marcel Gascoin, dont deux exposants du groupe Saint-Honoré, Hauville et Durussel, sont d'anciens employés, et avec lequel les frères Perreau ont déjà travaillé pour l'Exposition internationale et les Arts ménagers... Seul Caillette était alors un inconnu aux yeux de Gascoin, qui hérite justement à cette date de l'organisation de très grands événements légués par René Gabriel : salons, expositions, chantiers d'Etat, publications, etc. Pour résumer, comme le signale Patrick Favardin dans ses Décorateurs des années 1950, l'exposition du "Groupe Saint-Honoré" marque la rencontre de Caillette et de Gascoin, et j'ajoute : un point c'est tout ! Il est fort probable qu'il s'agisse en réalité d'un "coup de com' " imaginé par des créateurs cherchant à renforcer leur position, et à se faire remarquer des critiques et d'un public supposément avisé. Ces "(plus ou moins) jeunes loups" visent un lieu de prestige en affirmant présenter un nouveau style capable de séduire la jeunesse dorée des beaux quartiers. C'était le premier événement du genre, et l'idée a certainement séduit le déjà-vieux Marcel Gascoin (né en 1907...) héritier de l'antique René Gabriel (1899, siècle d'avant...), lui-même descendant du préhistorique Francis Jourdain (1876, quand même).  Trois génération de modernes et c'est à partir de cette date que le "design" devient un "style jeune", provoquant une confusion entre la "jeunesse" et la "nouveauté", qu'il s'agisse des créateurs, de leurs créations, ou de leurs acheteurs. 

Ci-après, présentation de quatre autres stands de l'exposition du "groupe Saint-Honoré" publiés, cette fois en noir et blanc, dans le Décor d'aujourd'hui et autres images contemporaines des mêmes créateurs...

jeudi 1 janvier 2015

Boncoin.fr // nouveaux arrivages



(message posté le 1er août 2014 réactualisé) parmi les millions de photographies en ligne sur leboncoin.fr, il y a tout ça ! Cependant, les yeux qui surveillent ces annonces sont légions et les plus incroyables trouvailles disparaissent vite... Et Hop ! C'est ainsi que le tableau de chasse s'assimile à une compulsion collective, faisant se toucher la préciosité et la vulgarité (meubles d'urgence // René Gabriel 1/2). Cependant, contrairement à la complexité demandée quand il s'agit d'aimer la banalité, la quète du rare et du précieux est évidente pour tout le monde : la beauté - à l'instar de la bonté - est la norme la mieux partagée. Nous aimons tous jouer à la chasse au trésor... Heureusement, pour balayer cette évidence, Wikipedia cite Jacques Le Goff dans la rubrique Leboncoin.fr et ouvre une amusante dimension anarco-médiévale : "D'une certaine façon, leboncoin.fr est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement." Ajoutons un nouveau marché de l'art où chacun devra apprendre à être son propre expert, à exprimer son goût ! En attendant, voici des trésors photographiques où le préciosité est banalisée.

Among millions of photographs online in leboncoin.fr, there all! However, eyes that monitor these ads are legion and most amazing finds disappear quickly ... And Hop! Thus the table hunting is assimilated to a collective compulsion, by touching the preciousness and vulgarity (emergency furniture // René Gabriel 1/2). However, unlike the complexity required when it comes to love banality, the quest of rare and precious is obvious to everyone: the beauty - like kindness - is the best shared standard. We all like to play treasure hunt ... Fortunately, to sweep this evidence, Wikipedia.fr cites Jacques Le Goff in the section Leboncoin.fr and opens a fun anarcho-medieval dimension: "In a way, is leboncoin.fr the twenty-first century that the fair was in the Middle Ages. At that time, there were not so many shops or in town or in the countryside. The large center where people of every procured was fairs . I analyze rather the rise of Bon Coin as an expression of "resourcefulness" French. It is this spirit that has attracted countless people to Paris early. The site democratizes product acquisition a large part of the price can be linked to intermediaries. It offers a return to the medieval quality of life, with warmth and support. It also appears very effective in the real estate market, automotive and employment This latter point is particularly important now. " Add a new art market where everyone must learn to be his own expert to express his taste! Meanwhile, here's photographic treasures where the preciousness become commonplace.

samedi 29 novembre 2014

Le Cube Rouge // style reconstruction


Sur le boulevard Raspail, nous sommes tout juste face à la Fondation Cartier, à l'Ecole spéciale d'architecture et à Camondo... Entre art, architecture et design, c'est l'endroit idéal pour découvrir le style reconstruction - dans toute sa splendeur discrète - à la galerie "Le Cube rouge". C'est la première fois dans Paris qu'un ensemble aussi important de cette période est rassemblé et il faut remercier chaleureusement Jérôme Godin d'avoir découvert et mis en scène ces trésors à l'occasion de la sortie officielle de L'utopie domestique (éd. Piqpoq). Nous pouvons donc découvrir pendant quelques temps beaucoup de meubles de Marcel Gascoin : armoire trois portes, buffet, table, chaises, étagère, fauteuil, divan-lit ; René Gabriel est également bien représenté avec l'aide d'un petit prêt de la collection gg ; Jacques Hauville dans une série de petites étagères accompagnée d'un meuble-élément aux belles et rares proportions... Voici quelques images de Carole et de Vincent en attendant. Mais, vraiment, je conseille plutôt d'aller sur place, même aux timides qui - comme moi - n'osent généralement pas fréquenter les galeries, car Jérôme est aussi sympathique qu'abordable, ce qui ne le rend pas moins expert et compétent. Bravo Jérôme, merci pour ton travail !

On the Boulevard Raspail, we are just in front of the Cartier Foundation, Special School of Architecture and Camondo ... Between art, architecture and design, this is an ideal place to discover the reconstruction style - in all its discreet splendor - to gallery "Red Cube" (Cube rouge). This is the first time in Paris as an important set of this period furniture is collected. Thanks to Jerome Godin have discovered and directed these treasures on the occasion of the book Utopie Domestique official release (ed. piqpoq). We can discover for some time many furnitureof Marcel Gascoin: three doors wardrobe, dresser, table, chairs, shelves, armchair, sofa bed; Rene Gabriel is also well represented with the help of a small loan from the collection gg; Jacques Hauville in a series of small shelves along with a beautiful element in the furniture and rare proportions ... Here are some pictures of Carole and Vincent pending. But, really, I rather recommend going there, even to the timid who - like me - dare not usually frequent the galleries, because Jérôme is as friendly affordable, and excellent expert. Congratulations Jerome, thank you for your work!

mercredi 17 septembre 2014

collection gg // présentation générale


Cinq ans qu’Éric et moi cheminons ensemble : pour fêter l'événement, nous avons décidé d'un nouveau lieu où stocker les trois cents meubles de notre "collection gg"... Pourquoi cette collection et cette période, la Reconstruction ? Disons que l'aventure débute en 2001 quand je tombe sur un article de la revue Maison Française intitulé "Ils ont trouvé un appartement neuf au Havre" avec le mobilier d'un certain Marcel Gascoin. C'est la fin du mythe voulant qu'il n'y ait pas d'intérieur dans l'architecture d'Auguste Perret : Le Havre n'est plus seulement un paysage... Pour ne pas l'ignorer, il fallait sortir de la grande histoire de l'architecture et pénétrer dans la petite histoire de la décoration. C'est ainsi que nous avons rencontré le style reconstruction situé derrière un "point aveugle" de notre mémoire entre Modernisme et Art déco. Il marque notre obsession parce qu'il imposait d'échapper au préjugé d'une modernité radicale, inventée "contre" : contre l'histoire, l'usage, la tradition, contre les formes et les matières du passé, et même contre l'art et l'utile ! Ce progrès qui abandonne tout derrière lui est heureusement apaisé après la guerre, une nouvelle modernité va s'épanouir hors des luttes en assumant ses héritages et ses liens à venir. C'est à ce moment que surgissent d'excellents créateurs qui imaginent un artisanat "en grande série", une mécanisation à échelle humaine fuyant la froide efficacité autant que l'ostentatoire ou le luxe ; ils redécouvrent des matériaux et des formes simples, sans pour autant reproduire le passé à l'identique. Aujourd'hui encore, le temps est venu de regarder sereinement notre héritage, admettre notre condition naturelle, notre emprisonnement sur une terre délicate, notre enfermement aux côtés du passé, et, malgré toute cette pesanteur, notre capacité à inventer un futur léger, meilleur plus que différent... une sereine joie de vivre... Bonne visite.

mercredi 30 mai 2012

Chaises UAM // prix utiles

Prix d'une trentaine de chaises sélectionnées par l'UAM en 1950 et 1953, faisant apparaître une médiane à 100 euros

En 1950 et en 1952, l'UAM devenue "Formes Utiles" présente dans ses stands une sélection d'une trentaine de chaises. Les prix de vente apparaissent et l'on peut donc les rapporter en euros constants (tableau Insee), voir la répartition des prix puis les classer en catégories : discount à 50€, prix médian à 100€, haut de gamme à 150€, puis le "moderne chic" allant au-delà pour rejoindre les tarifs des artistes décorateurs... Notons déjà que les prix des chaises (et des meubles, ainsi que de la plupart des objets domestiques) ont peu changé. De fait, ces prix sont presque constants depuis le début du XXème siècle : tout change et rien ne change. Enfin, c'est surtout l'occasion de voir les tarifs pratiqués par les créateurs de série pour enfoncer les clous, et boucler les becs : Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

In early 1950's, U.A.M. stands presents a selection of thirty chairs. Like many everyday items, prices have finally changed little. Reported in constant euros, we can be classified : discount 50 €, median price 100 €, upscale 150 €, "modern chic" and artists decorators ... An opportunity to see prices of Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

lundi 12 mars 2012

Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet

Elias Svedberg, mobilier présent dans le logement témoin de Malmö, 1944, d''après le Sörmlands Museum

Comme beaucoup de créateurs qui ont inventé le design, animés par la qualité et la démocratisation, le nom d'Elias Svedberg est aujourd'hui caché derrière des icônes plus "visibles". Sous prétexte d'une sobriété et d'une discrétion que l'on regarde comme intemporelle, nous avons oublié que cette "simplicité évidente" est une invention, dotée d'une histoire. Faisons abstraction du luxe ostentatoire et du formalisme artistique pour regarder ces premiers meubles de série : chaise pour s'asseoir ou fauteuil pour se détendre -point- sans prétention mais avec qualité, solidité, et finitions... parfaites. Images piochées au hasard du web et des archives qui nous indiquent la source d'inspiration de quelques créateurs français comme Jacques Hauville.

Like many artists who really invented design in the interests of quality and democratization, the name of Elias Svedberg has now passed into the background. Under pretext of simplicity and discretion you look too obvious now, we have forgotten that this "apparent simplicity" is just a great invention which has a history. Forget the luxury materials and artistic formalism to watch the furniture: chair to sit on or chair to relax-point unpretentious but with the quality, strength, and perfect finishes.

mercredi 18 janvier 2012

Jacques Hauville // Chahuts

illustration d'après chahuts.com

Jacques Hauville (né en 1922) fait un retour en force un nouveau site, Chahuts, qui publie des informations sur celui qui est aujourd'hui un inconnu : « très, très grand monsieur visionnaire, dessinateur de génie ». Occasion de redécouvrir celui que l'on croit a priori formé chez Gascoin : à l'époque, on se serre surtout les coudes... Si nous sommes encore en droit de nous interroger sur sa place réelle dans le phalanstère Gascoin, Jacques Hauville est à l'évidence une figure importante parmi les créateurs de modèles de série.

Jacques Hauville (born 1922) makes a comeback on Chahuts which publishes exclusive information on this unknown figure: "another very, very great man, visionary, great designer." The website makes us more about this designer which is formed by Marcel Gascoin : at this time, They stick together ... If we are still entitled to wonder about its real place in the phalanstery Gascoin, Jacques Hauville is obviously a great figure among creators of models. Read, watch, and, on occasion, detail.

lundi 2 janvier 2012

Meubles de série // Arts ménagers 1948

Jean Prouvé, stand du Foyer d'Aujourd'hui aux Arts ménagers de 1948 - via décor d'Aujourd'hui n°43

Entre l'Exposition de 1947 (Exposition internationale // urbansime et habitation) et les premiers appartements témoins inaugurés dans les villes de Province à partir de 1949, le lieu de la création en France est le Salon des Arts ménagers qui rouvre ses portes après un silence obligé depuis l'Occupation. Un article du Décor d'Aujourd'hui redonne le ton et montrent de nettes divisions : style décorateur, " grand magasin " ou moderniste – mais tout cela à un goût de déjà vu, sauf dans le meuble de série où une foule de créateurs approfondit les premières recherches menées par René Gabriel (voir Meubles de série // arts ménagers 2/2)...

Between International Exhibition of 1947 and first model apartments that open in different cities from 1949, creation center in France is the "Salon des arts ménagers", which reopened after the war. An article gives the tone and show clear divisions: decorative or "store" style, or modernist - everything is seen, except furniture series of our friends Gabriel, Gascoin, Hauville and others.


samedi 12 novembre 2011

Jacques Hauville // étagères murales


Si nous le voulons, nous pouvons faire abstraction du papier peint couleur prune : quoi qu'il en soit, regardons cet ensemble d'étagères murales en chêne clair et laiton poli de Jacques Hauville, une petite merveille de simplicité à goûter dans les détails et à ne pas confondre avec le Royal System Wall Unit Office de Poul Cadovius inventé à peu près au même moment mais sans le charme des matières et des finitions qui caractérise le style Reconstruction en France.

Let this set of wall shelves in light oak and polished brass by Jacques Hauville, a marvel of simplicity - taste in the details and not confused with the Royal Wall System Unit Office of Poul Cadovius invented a year earlier but without the charm of materials and finishes that characterize the style Reconstruction in France.