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samedi 23 janvier 2016

Candilis II... le retour // vente Leclere

Présentation du mobilier Georges Candilis de la galerie Clément Cividino

Après un article rédigé il y a presque deux ans (Candilis // Artcurial vente du 19 mai), il faut revenir sur ce sujet qui fait boule de neige depuis la préemption du Centre Pompidou. Un article de L'Indépendant a depuis donné les circonstances de cette redécouverte : " Pour en arriver là, il a fallu le lent et minutieux travail de Clément Cividino, l'artisan de la renaissance de l'Hexacube de Candilis qui a conçu l'exposition présentée à Leucate pour le centenaire de l'architecte en juillet 2013. "En 2004, tout ce qui était encore sur place aux Carrats a été jeté dans deux bennes avant que la saison ne commence. Ce mobilier en bois ne correspondait plus aux exigences des normes de sécurité", raconte Clément Cividino qui a retrouvé, quelques années plus tard, lors de ses recherches sur Candilis, les rares chaises et tables abandonnées sur place dans des placards. Personne ne s'intéressait alors à Candilis… Mais la passion et la détermination ont fini par porter leurs fruits pour ce collectionneur atypique. " Il faut toujours en passer par cette phase de rejet, de détestation, de re-normalisation, parfois de destruction, pour ensuite re-découvrir. Chacun comprend désormais l'intérêt de l'hyper-simplicité du brutalisme rationnel de Georges Candilis et d'Anja Blomstedt. Qui peut, aujourd'hui, ne pas avoir de sympathie pour ce moment où l'on voulait réduire, démultiplier, alléger l'habitat, et finalement s'en désaliéner afin d'être toujours plus libre et plus humain. Un sommet atteint plus tard, visible en détail à travers deux beaux articles consacrés aux Hexacubes, dans As-tu-déja-oublié  et dans archipostalecarte. Après la redécouverte, chacun attend désormais la renaissance. Mais ces beaux meubles scolaires qui nous replongent dans les Goldens Sixties, ne doivent pas faire oublier que les Seventies qui vont suivre étaient plutôt une utopie pour adultes. Peut-être la fin de la projection du rêve encore normatif issu de la reconstruction ? Mais voilà presque 50 ans que nous rétro-pédalons. Le monde s'enferme, s'encombre, s'alourdît pour se protéger d'un je-ne-sais-quoi qui a fini par devenir quelque-chose, suivant le principe de la prophétie autoréalisatrice. Maintenant, ça suffit. Souhaitons que cet intérêt soit le signe précurseur d'un intelligent retournement. Ci-après le mobilier de la vente Leclere du 9 février 2016...

After an article published two years ago, we must return to this subject that snowballed since the acquisition by the Centre Pompidou. An article in L'Independent gives the circumstances of this discovery: "To get there, it took the slow and painstaking work of Clement Cividino, the architect of the renaissance of Hexacube who Candilis designed, an exhibition in Leucate for the architect's centenary in July 2013. "In 2004, everything was still there to Carrats was thrown into two buckets before the season begins. The wooden furniture no longer met the requirements of safety standards, "said Clement Cividino who found a few years later, during his research on Candilis, the few chairs and tables abandoned in place in cupboards. Nobody s' so interested in Candilis ... But the passion and determination finally pay off for this atypical collector." Always go through that rejection phase of detestation, re-normalization, sometimes destructive and then re-discover. Everyone now understands the value of brutalism and hyper-rational simplicity of Georges Candilis and Anja Blomstedt. Who can today have no sympathy for that moment when you wanted to reduce leverage, reduce habitat, and eventually alienate in order to be ever more free, more human. A peak later visible in detail through two fine articles on the Hexacubes in  As-tu-déja-oublié and archipostalecarte. After the rediscovery, everyone expects rebirth. But these beautiful school furniture that take us back in the Sixties Goldens, must not forget that the Seventies that followed were rather a utopia for adults. Perhaps the end of the projection of the dream still normative resulting from the reconstruction? But now, almost 50 years that we back-pedaling. The world is locked up, is a hitch, gets heavier to protect anything that eventually become something much, according to the principle of self-fulfilling prophecy. Now is enough. Let us hope that this interest is the early sign of a smart turnaround. Below Leclere sale, February 9, 2016 ...


mardi 10 novembre 2015

Atelier BUD // Beau - utile - durable

cf. http://www.atelierbud.com/  11, rue Hutant, 27150 Martagny, contact@atelierbud.com 02.32.15.89.15

Citons Camus : " La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible. Mais son élan aveugle revendique l'ordre au milieu du chaos et l'unité au cœur même de ce qui fuit et disparaît [...] Il faut donc bien que la révolte tire ses raisons d'elle même, puisqu'elle ne peut les tirer de rien d'autre. Il faut qu'elle consente à s’examiner pour apprendre à se conduire. " Voilà quinze ans que nous étudions la Reconstruction car nous cherchons justement à retrouver une direction, pour fixer un nouveau cap, sortir de la révolte, passer à autre chose. Une fois la folie consumériste oubliée, Nous avons l'espoir de voir renaître la matière dans des objets simples produits en un lieu où chacun se plairait à travailler en faisant du beau, de l'utile, du durable. Alors quel bonheur de voir la trilogie vitruvienne revendiquée par l'Atelier B.U.D. créé l'an dernier. Il fabrique des meubles tout en chêne, " 100% made in Normandie ", devant voyager en péniche entre Le Havre et Paris... Voici un bel exemple pour aborder notre future réindustrialisation, quand nous redécouvrirons la valeur du travail en tant qu'accomplissement chez-soi et non comme système d'exploitation à-distance. B.U.D., c'est un bourgeons parmi ceux qui annoncent le printemps à venir. C'est écologique, économique, robuste, sans énergie grise camouflée, sans transport inutile, sans main d'oeuvre frustrée. Parole à Jean-François Marcheguet : " Au départ, une envie partagée par un groupe d’amis de proposer une initiative pérenne, alternative aux schémas d’exportation du bois français qui prévalent aujourd’hui : par containers, plus de la moitié des chênes et hêtres français exportés, part pour être transformés à l’autre bout du globe et nous être finalement revendue. À l’échelle locale, nous portons une alternative économique engagée, créative, porteuse de sens et de plaisir. Notre projet consiste, entre le Havre et Paris, à articuler les ressources locales et les talents de concepteurs et de menuisiers pour produire des meubles épurés et robustes, livrés par voie fluviale. Raison durable crée du lien entre exploitants forestiers, artisans, designers dans un processus de production et de distribution cohérent. L’atelier de Raison Durable est en capacité de transformer 20 tonnes de chêne massif, en tables, bancs et lits B.U.D, notre première production. Partagez notre démarche, faites nous connaître, parrainez nos produits. " (Spanky few) Avec plaisir ! Voici, ci-dessous, la première collection B.U.D. portant le nom du village "Martagny". Du chêne brut " le moins transformé possible et sans rien d'inutile ", on découvre des meubles lourds et secs, moyennement coûteux, un peu punitifs, évoquant les modèles radicaux pour sinistrés de René Gabriel, ceux de Fabien Vienne (Fabien Vienne // reconstruction éco-radicale) ou les meubles brutalistes de Georges Candilis (cf. Candilis // vente Artcurial).

Fifteen years ago we study the reconstruction because we know this period contains a track economic and social re-borrow, if we want to create a sustainable and durable model compatible with contemporary morals. We hope, past the consumerist madness, restart to see the matter in simple objects produced in a place where everyone is pleased to work making beautiful, useful and sustainable. Firmitas, utilitas and venustas: what a joy to see the Vitruvian trilogy claimed by Atelier BUD created last year. He makes furniture, while oak, 100% made in Normandy, before traveling by boat from Le Havre to Paris ... Here is a good example to address our future reindustrialisation, when we rediscover the value of work as accomplishment and not operating system. BUD is a bud from all those who announce the great spring to come. It's ecological, economical, robust, without energy, without undervalued transportation , without frustrated hand work. Let the floor to Jean-François Marcheget: "At the start of this project, a desire shared by a group of friends to provide a sustainable initiative, an alternative to export diagrams of French wood that prevail today: Containers, more than half of French oak and beech exported, apart to be processed at the other end of the globe and we finally be resold. Locally, we take a committed economic alternative, creative, carrier of meaning and pleasure. Our project consists, between Le Havre and Paris, to articulate local resources and talents of designers and carpenters to produce sleek and sturdy furniture, delivered by river. Sustainable Reason creates the link between loggers, craftsmen and designers in a production process and consistent distribution. The Sustainable Reason workshop is capacity to transform, by the end of September 2014, 20 tons of solid oak, tables, benches and beds BUD, our first production. Share our approach, let us know, sponsor our products." A pleasure! Here, below, the first BUD collection bearing name of the village Martagny," Crude oak as little as possible and transformed without anything unnecessary ", we discover heavy and dry furniture, moderately expensive, evoking some radical models for war victims of René Gabriel or Jacques Dumond, or Vienne, Saguy and Terzian, or - even closer - the brutalist furniture of Georges Candilis (see Candilis // Artcurial sale).

samedi 24 octobre 2015

Gustave Gautier // Villa de la Californie


Ce samedi 24 octobre a eu lieu une enchères peu ordinaire dans la salle de vente Issaly & Pichon à Cannes : le mobilier de la " Villa de la Californie ". S'agit-il de la célébrissime résidence de Pablo Picasso que sa petite fille vient de mettre en vente ? Très probablement mais peu importe car l'aménagement date de 1961, précisément l'année où Picasso quitte l'endroit. La décoration est confiée à Gustave Gautier. Ce grand décorateur est toujours en accord avec l'esprit de la reconstruction bien que son travail dans le mobilier de série reste limité (Gustave Gautier // portrait d'un décorateur), seules son premier ensemble "Eros" et ses tables gigognes apparaissent habituellement dans les ventes (Gustave Gautier // tables gigognes). Revenons en 1961, alors que l'on vient de franchir le seuil de l'Expo' 58 et que le modernisme est produit en masse par des industriels plus ou moins scrupuleux, lui respecte toujours le principe de la petite série voire du luxe de la pièce unique pour des commandes particulières. En créateur-artiste, il ne flatte pas pour autant le snobisme de sa clientèle en adoptant l'excentricité maniériste attendue, comme la plupart de ses confrères, mais conserve une discrétion et une rigueur structurelle héritées de la reconstruction et que l'on nomme désormais "brutaliste", mais un brutalisme élégant. Dans des espaces encore très dégagés, ses meubles sont d'une qualité artisanale toujours irréprochable et continuent de se renouveler dans le minimalisme robuste que Gustave Gautier avait réinventé juste après la guerre. Il évite aussi le piège contemporain des idéologues de la modernité sociale qui oscillent entre la fragilité paupérisée du " style HLM " et la rugosité plus ou moins punitive du Brutalisme orthodoxe. Ses signatures graphiques sont encore reconnaissables avec les formes cubistes enchâssées, le porte-à-faux et l'équerre inversée en support, les coussins épais, les meubles ancrés au mur qui se déploient à partir d'une table, les coins pour le feu réconfortants ; finitions, matières et couleurs restent dans la ligne de la reconstruction, avec l'ajout du métal brossé qui va s’intégrer parfaitement dans les espaces généreux et lumineux de cette villa.

Saturday, October 24 held an unusual auction in Issaly & Pichon auction room in Cannes: the furniture of the "Villa of California". Is this the famous residence of Pablo Picasso, that his little daughter has just put on sale? Most likely but no matter because it was refurbished in 1961, precisely the year when Picasso left the place. The decoration was entrusted to Gustave Gautier. This great designer is always in accord with the spirit of reconstruction although his work in the series of furniture remains limited, only its nesting tables usually appear in sales. So we just crossed the threshold of the Expo '58 when modernism is mass produced by manufacturers, more or less scrupulous, he always respects the principle of small series or luxury single room for special orders. As creator-artist, he does not flatter provided snobbery of its customers by adopting a mannerist eccentricity expected, as most of his colleagues, but retains discretion and rigor inherited structural reconstruction. In still very open spaces, its furniture is always a flawless craftsmanship and continue to renew itself in the rugged minimalism that Gustave Gautier had reinvented just after the war. It also avoids the trap of contemporary ideologues of social modernity oscillating between fragility of the impoverished "Council housing style" and roughness of a more or less punitive Brutalism. Its graphic signature are still recognizable with embedded cubist forms, cantilever and support bracket reversed, thick cushions, furniture anchored to wall that deploy from a table, corners to fire comfort; finishes; materials and colors remain in the line of reconstruction, with the addition of brushed metal that will fit perfectly into generous and luminous spaces.

vendredi 9 octobre 2015

Fabien Vienne // reconstruction "éco-radicale"

Stand de Fabien Vienne, Pierre Sagui, Terzian et Louise Vienne, SAD 1946, in Décor d'aujourd'hui n°36

Inoubliables, les meubles de Fabien Vienne interrogent par leur singularité. La Cité de l'architecture et du patrimoine lui a consacré cette année une exposition et il devient aisé de savoir qui il est, ce qu'il a inventé, dans quel contexte (citéchaillot.fr et fabienvienne.com). Trop jeune pour s'imposer pendant la reconstruction - étant né en 1925 -, il parvient toutefois à figurer dans les revues Art et décoration et Décor d'aujourd'hui dès 1946, après une première présentation au Salon des artistes décorateurs. Son premier ensemble est étrangement " éco-radical " et représentatif des recherches sur le mobilier d'urgence démontable avec table, buffet, fauteuil, banc, tabouret ; ses meubles intéressent la critique de l'époque car leur conception interroge la problématique du meuble économique. "Amusante recherche vers le dépouillement total" affirme le Décor d'aujourd'hui avant de préciser qu'ils ont été exécutés par les sourds-muets d'Asnières. Fusion anticipée de l'Arte Povera et du Pop Art, ce mobilier apparaît extrêmement pauvre et très facile à produire en grande série, formé de simples planches de frêne équarries et de panneaux cloutés, stabilisés par des découpes formant un système de crochetage : une prouesse pleine d'ingéniosité qui restera isolée dans l'histoire, étant à la fois trop extrême et trop subtile pour pouvoir faire école. Cette originalité (liée à une exceptionnelle imagination 3D), Fabien Vienne va la cultiver à partir de sa première expérience professionnelle comme maquettiste chez Jean Bossu, alors que celui-ci réalise la ferme expérimentale " Le Quesnel " au sein du village témoin du Bosquel, un projet de reconstruction remontant à 1941. Ce bâtiment est extraordinaire (voir In situ, revue des patrimoines), avec un parti architectural fondé sur trois principes : les proportions du Modulor, une ossature originale et visible, un remplissage par un matériau écologique (béton de terre). Fabien Vienne va toute sa vie continuer à travailler modularité, structure et remplissage, notamment dans des meubles concrètement produits en série et présentés au Salon d'automne en 1948. Il abandonne par la suite l'ameublement mais continue de créer des "ossatures" singulières au service d'une conception économique qu'il appliquera aussi bien à l'urbanisme qu'aux jouets pour enfants ! A priori,  les meubles de ce génie des assemblages précurseur du "brutalisme" n'ont pas été retrouvés. Ils ont pour seuls équivalents les modèles pour enfants d'Hans Wegner (1944) et les prototypes en peuplier de Jacques Dumond  à destination des sinistrés (1946) mais la construction de ces derniers (par assemblage à mi-bois ou cheville) demande bien moins d'imagination...

You only meet once a Fabien Vienne Furniture to never forget. The Cité de l'Architecture et du Patrimoine has devoted an exhibition to him and it's so easy to know which is Fabien Vienne, which he invented and context. Too young to prevail among the model creators during reconstruction - he was born in 1925 - he nevertheless manages to be in the magazines Art & Décoration and Décor d'aujourd'hui in 1946, after a first participation to the Salon des Artistes decorateurs. This set strangely "eco-radical" is representative research on removable emergency furniture, consists of a table, two benches, a buffet and an armchair; his furniture concern the critics of the time because their singular construction questions the issue of the poor furniture. "Fun research in direction of a total despoliation" says Décor d'aujourd'hui adding that these pieces were performed by deaf-mutes. Poverty is now model, twenty years before Arte Povera. In fact, this furniture appears easy to mass produce and extremely economical, simple formed and hewn planks studded panels stabilized by recesses: a full feat of ingenuity that will remain isolated in the furniture history, being both too radical and too subtle to school. This extreme originality (due to an exceptional 3D imagination), Fabien Vienne grown since his first professional experience as a model maker at Jean Bossu, while it carries out the experimental farm "Le Quesnel" in the type village Le Bosquel a reconstruction project dating back to 1941. This building is amazing with an architectural concept based on three principles: the Modulor proportions, an original and visible framework, an ecological material (concreting clay). Throughout his life, Fabien Vienne will extend this line of research by creating singular "frames" serving an economical design that apply both to urbanism as toys for children! A priori, the first furniture of this assemblies genius have never been found. Their only equivalent children's models Hans Wegner (1944) and Jacques Dumond utility furniture (1946) but their construction (halved or pegged) requires less imagination

jeudi 15 mai 2014

Candilis // Artcurial vente du 19 mai


mobilier pour enfants de Georges Candilis pour Port Leucate, lots 185 et 186 de la vente Artcurial du 19 mai

Il est exceptionnel sur ce site que des ventes soient évoquées mais certaines, comme celle du 19 mai chez Artcurial, deviennent incontournables (www.artcurial.com/design). L'un des directeur de cette maison et lecteur assidu de ce blog - Emmanuel Berard, que je salue cordialement au passage -, m'a signalé un objet remarquable, un dernier lot qui, last but not least, s'intègre parfaitement dans l'esprit d'Art Utile : des petits meubles pour enfants dessinés par Georges Candilis (wiki). Ce célèbre architecte du Team Ten a donc réalisé des meubles dans les années 1960, et ils sont aussi rares que parfaits. Pour ce proche de Lurçat et de Le Corbusier, c'est un coup de maître ! Afin de mieux comprendre cette création, n'oublions pas que nous sommes à cet instant au sommet d'un modernisme qui bascule déjà ouvertement vers le postmodernisme, disons plutôt l'hypermodernisme car il serait faux d'y voir une totale rupture. Après avoir été "rationnelle", puis "fonctionnelle", et enfin "utile", la modernité s'affirme "pragmatique", simplement parce qu'elle doit survivre, n'hésitant pas à se présenter différemment pour se faire accepter. Alors que l'on passe partout à une échelle froidement industrielle, les plus créatifs deviennent brutalistes, presque rustiques. Ils se "rematérialisent". Les meubles de Candilis sont d'autant plus représentatifs qu'ils ont été dessinés pour un projet marquant dans l'histoire de l'architecture : Port Leucate. Si le réancrage au territoire, à la matière, aux usages, s'y remarque immédiatement, le reste est pleinement moderne (dans le sens traditionnel du mot...). Tout est dit ici, avec quatre équerres en fonte d'aluminium et cinq ou six bouts de bois permettant d'obtenir les meubles essentiels : chaises, tabourets, tables, bancs, etc. simplicité qui s'affirme sans complexe dans le charme robuste d'une absolue radicalité conceptuelle. Bravo ! pour cette trouvaille, car ces meubles ont été sauvés de la décharge. Quelques pièces seulement, et c’est la première fois qu’elles sont présentées aux enchères...

Note du 23 mai 2014 : la belle conclusion d'une très grande vente... Déjà, l'ensemble a obtenu un prix tout à fait respectable, la paire de chaise étant adjugée à 2 300 euros, la table et le tabouret à 2000 euros. Mais, au-delà des chiffres (il y en avait des plus impressionnants ce jour-là), ce qui est véritablement intéressant, c'est que le Centre Pompidou a préempté ces deux lots ! Chacun pourra donc les voir. Merci à tous. Ci-après, belles images piochées sur le site de l'historien d'art Serge Lemoine (http://lemoine.blog.artcurial.com/).

It's exceptional on this website that sales are mentioned, but some , such as the 19 May at Artcurial become famous ( www.artcurial.com / design). One of the director of this enterprise and regular reader of this blog - Emmanuel Berard , I cordially greet the passage - pointed out to me a remarkable object, a last batch , last but not least, fits perfectly into the spirit Art Useful: small children's furniture designed by Georges Candilis (wiki) . This famous architect of Team Ten has made ​​furniture in the 1960s , and they are as rare as perfect. A student of Lurçat and Le Corbusier, and a master stroke ! To better understand this creation, do not forget that we are at this moment at the top of a modernism that switches already openly to postmodernism rather say the hyper-modernism because it would be wrong to see a complete break . After being "rational" and "functional" , and finally " useful ", modernity was "pragmatic" , simply for survive, not hesitating to look different to be accepted . As we move across a coldly industrial scale, become more creative brutalist , almost rustic . They " rematerialize " . Furniture Candilis are most representative they were designed for a project milestone in the history of architecture : Port Leucate . If réancrage the territory, material , uses , there is immediately noticeable , everything remains fully modern . Everything said here, with four brackets of cast aluminum and five or six pieces of wood to obtain essential furniture : chairs, stools , tables, benches , etc. . simplicity that says unashamedly in the rugged charm of absolute conceptual radicalism. Congratulations! for this finding, because the furniture was saved from the landfill. Some parts only , and this is the first time they are presented to the auction ... Below, beautiful images found on the website of the art historian Serge Lemoine

samedi 15 mars 2014

Auxitec // Paul Chemetov

Siège social d'Auxitec, 171 boulevard Amiral Mouchez, Atelier Chemetov et 9bis, 2009

Si vous cherchez à visiter un bâtiment contemporain au Havre, évitez la facilité. Oublions les réhabilitations massacrantes et autres oeuvres navrantes du starchitecte, chacune à 50 millions d'euros... Voyons un bâtiment dix fois moins cher, fait pour durer un siècle : le siège d’Auxitec. C’est la construction post-Perret la plus intéressante de la ville, par sa volonté d’économie, sa discrétion, son intelligence et - surtout - son intelligibilité… Nous y reviendrons ! Fondée au Havre en 1964, Auxitec organise aujourd'hui même, à 15h et 15h45, la visite de ses locaux pour fêter ses 50 ans dans le cadre du mois de l’architecture. Le bâtiment me séduit et je vais donc m'occuper du guidage. Comme je ne cesse pas de perdre mes notes, j’ai décidé de laisser mon "brouillon" sur ce blog. Cette visite se divise en trois étapes : 1) la présentation de la société dans l’espace d’accueil ; 2) la présentation de Paul Chemetov avec un rappel historique de son oeuvre dans la salle de réunion ; 3) Un parcours dans le bâtiment lui-même, construit par Paul Chemetov et Laëtitia Comito avec les architectes locaux de l'Atelier 9bis Architecture, Cyril Leroux et Sébastien Potel...

If you are looking to visit a contemporary building in Havre, avoid ease. Forget destructive rehabilitation and other distressing works of The french starchitect, each at € 50 million ... Let a building ten times cheaper, built to withstand a century, the head office of Auxitec enterprise. This is the most interesting post-Perret city building, for commitment to economy, discretion, intelligence and - most importantly - its intelligibility ... We'll be back! Founded in 1964 in Le Havre, Auxitec organized today at 15h and 15.45 visit its premises to celebrate his 50 years during the event "month of architecture". The building attracted me and I will take care the tour. Since I don't stop wasting my notes, I decided to leave my "draft" on this blog.