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vendredi 12 mars 2021

Turenne Chevallereau (1912-1987) // biographie retrouvée

Portrait de Turenne Chevallereau, chez lui, à Paris, rue de la Solidarité, vers 1939

 

    « Nous avons contacté Pierre (Art utile) après avoir découvert son livre sur René Gabriel : nous savions que notre grand-père avait travaillé un temps à ses côtés, et en parcourant le texte nous avons vu son nom revenir sur plusieurs pages ! C'était la première fois qu'il réapparaissait dans un ouvrage. Nous étions fiers, et en même temps nous nous posions cette question : pourquoi était-il tombé dans l'oubli alors qu'il avait été si proche d'un grand nombre de designers aujourd’hui reconnus ?

    Profitant du confinement, cette période étrange de repli intérieur, nous avons replongé dans les quelques archives en notre possession : gouaches, pliages, dessins, petits albums photos... Le papier bruni s'effrite, mais pourtant le coup de pinceau est toujours aussi vivant, les couleurs fraîches, les recherches de pliages incroyables... Cela nous projette dans une émouvante proximité au-delà du temps. Les petites photos qu'il développait lui-même témoignent autant de sa vie personnelle et familiale que de son travail : quelle surprise cela avait dû être pour notre grand-mère de découvrir leur appartement de jeunes mariés entièrement meublé, et de style si moderne, avec les créations de son fier époux ! Comme une offrande avant-gardiste à celle qu'il aimait. Ces meubles les suivront d'ailleurs toute leur vie dans de multiples maisons, et nous avons toujours connu les petites clés « modernistes » qui s’y rattachaient (et que notre grand-mère cachait afin qu'on ne les perde pas lors de nos parties de pirates).

    Devant la part de mystère, pour retracer son parcours, nous sommes donc en train d'organiser et compléter cette sorte de puzzle constituant nos archives, avec toutes les informations que l'on peut glaner par le biais de férus d’arts décoratifs et de design. Nous pressentons que les projets, les dessins conservés par la famille recèlent un réel intérêt artistique et historique. Nous avons donc progressivement pensé à les partager et nous espérons avoir assez de matière, un jour prochain, pour publier un ouvrage à l'image de TC, formidable grand-père curieux de tout, créatif et inventif. »

Ci-après,  quelques images du logement de Turenne Chevallereau en 1939 précédées d'une brève biographie coécrite avec Agathe et Virgile, auteurs de cette entrée en matière...

samedi 1 décembre 2018

René Gabriel // Grasse Patrimoine mondial





Graphisme floral pour New-York,1939 (réinterprété pour la Foire de Lyon et sur un papier peint)

En cadeau, un joli bouquet accompagné d'un mot à destination de la Ville de Grasse pour la féliciter au sujet de l'inscription de ses parfums sur la Liste du Patrimoine mondial de l'Humanité. Ce patrimoine dit " immatériel " est en réalité matérialisé par une foule de gens, de lieux, d'objets et de témoignages... J'invite les Grassois à se rendre d'urgence dans les locaux de l'Ensad afin d'y redécouvrir une recherche graphique singulière, qui sort des vieilles traditions et des habituels flaconnages... Nous sommes en 1939, l'Europe va bientôt s'enflammer, mais de l'autre côté de l'Atlantique, tout semble aller pour le mieux lorsque la New-York World's Fair prétend atteindre ce rêve inatteignable : " The world of tomorrow ". Ce sera l'une des dernières expositions internationales porteuses des grands espoirs progressistes. L'événement s'épuisera bientôt dans le modernisme " graphique " de l'Expo 58 à Bruxelles puis s'éteindra dans un ultime soubresaut, en 1967, à Montréal. Cette expression joyeuse, démesurée, globale, industrielle et assumée de l'idéal moderne finira par s'autodétruire après la remise en question idéologique de 1968 et les chocs pétroliers... L'Unesco mémorise involontairement quelques traces antérieures à cette désagrégation, cette prestigieuse ONG cherchant à classer des lieux qui expriment des produits, reflètent des territoires, se relient à des savoir-faire et, enfin, s'accordent à des mémoires... Dans cette cascade reliant le matériel à l'immatériel, quoi de plus symbolique que le parfum ? Rappelons qu'en 1939 la France ne voit pas de rupture entre l'art de vivre traditionnel de ses Provinces et l'exportation en masse de ses produits.

René Gabriel partageait aussi ce rêve global-régional, aimait la douceur des fleurs et probablement celle des parfums. Pour l'Exposition de 1939, il dessine une carte des produits régionaux et réalise un important stand pour les " Parfums de Grasse ". Dans cet objectif, il prolonge les expériences menées pour la promotion du papier durant l'Exposition de 1937 et réactualise son style graphique. Il le simplifie à l'extrême, atteignant l'épure de son motif préféré : les fleurs. Cette ligne nouvelle lui servira à scénographier les stands, à composer les invitations, à créer un décor pour de la vaisselle et quelques nouveaux papiers peints et formes en staff. Mais le plus impressionnant reste sa représentation de l'industrie du parfum, expliquée par des dessins légendés (en anglais). Pour la petite histoire, il réalise la même année un Mas à Peymeinade (qu'il s'agirait de retrouver) dans un luxe inédit relativement à ses habitudes. Cette commande architecturale " régionaliste ", unique et anecdotique, suit certainement une rencontre avec l'un des industriels de la parfumerie implanté dans la région. On remarque aussi un incroyable dessin gouaché figurant les cheminées fumantes au-dessus des usines produisant les parfums : le paradoxe est précisément celui-là. Car le parfum est aux odeurs ce que l'énergie est à l'entropie : pour une goutte de belle senteur, combien de puanteur ? Maintenant, nous ne voyons plus que cela, ce qui nous paralyse, ce qui a tué le rêve moderne. Mais Gabriel le voyait déjà et l'assumait dans une muséographie qui démarre des fumées de l'usine pour former de petits nuages où poussent des fleurs, comme dans les vertes prairies...

Ci-après, quelques exemples tirés des archives de René Gabriel portant sur les Parfums de Grasse - il doit y avoir une bonne centaine de documents déposés à l'Ensad sur ce sujet...


lundi 12 mars 2012

Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet

Elias Svedberg, mobilier présent dans le logement témoin de Malmö, 1944, d''après le Sörmlands Museum

Comme beaucoup de créateurs qui ont inventé le design, animés par la qualité et la démocratisation, le nom d'Elias Svedberg est aujourd'hui caché derrière des icônes plus "visibles". Sous prétexte d'une sobriété et d'une discrétion que l'on regarde comme intemporelle, nous avons oublié que cette "simplicité évidente" est une invention, dotée d'une histoire. Faisons abstraction du luxe ostentatoire et du formalisme artistique pour regarder ces premiers meubles de série : chaise pour s'asseoir ou fauteuil pour se détendre -point- sans prétention mais avec qualité, solidité, et finitions... parfaites. Images piochées au hasard du web et des archives qui nous indiquent la source d'inspiration de quelques créateurs français comme Jacques Hauville.

Like many artists who really invented design in the interests of quality and democratization, the name of Elias Svedberg has now passed into the background. Under pretext of simplicity and discretion you look too obvious now, we have forgotten that this "apparent simplicity" is just a great invention which has a history. Forget the luxury materials and artistic formalism to watch the furniture: chair to sit on or chair to relax-point unpretentious but with the quality, strength, and perfect finishes.

samedi 10 mars 2012

Jacques Viénot // Starting point


Jacques Viénot... Point de départ de ce blog (Art Présent n°1 // Reconstruction), personnage inimaginable, porteur du modernisme social et du design industriel. Merci à Eric pour ce cadeau utile : La République des arts, texte de 1938-1939. Le ton est vif, le quiproquo inévitable sachant que l'ouvrage n'est publié qu'en 1941 : une dédicace trop brève, une préface à double sens... En voici quelques passages que je vais recopier au fur et à mesure de la lecture, lentement. Connu pour être l'annonce de son action future, ce texte - sous l'écriture d'une conversation classique - est tout sauf classique. A lire avant : designethistoire

Jacques Viénot ... Starting point of this blog, character unimaginable, bearer of social modernism and "industrial design". Thank you to Eric for this useful gift: The Republic of Arts, 1938-1939 text. The tone is lively, the inevitable misunderstanding knowing that the work is published in 1941: a brief dedication, In Memoriam ... Here are some passages that I will transcribe as and when reading. Known as announcement of future, . Read first: designethistoire