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ARP, 1er Prix du CTB |
Probablement insatisfaits par les choix du ministère en 1954 (concours 1954-1955 // Ministère de la reconstruction), les créateurs de meubles effectuent un rattrapage au Salon des arts ménagers en mars 1955. Ils exerçent certainement des pressions sur le Centre technique du bois (CTB, fondé en 1952) afin qu'il organise un concours parallèle. Il s'agit de sortir des propositions où les techniques avancées par Gascoin et Gabriel sont exagérées et s'appauvrissent dans un "style social", au lieu de s'améliorer et de s'ennoblir comme le désiraient les fondateurs. Un problème anticipé par Jacques Viénot avant-guerre, celui-ci voyant le meuble économique comme une équation aux solutions rares... Mais il imagine aussi une sortie tournée vers l'avenir. Si les budgets minimalistes obligent une réduction au départ (économie des matières, des gestes, etc.), il faut tabler sur un enrichissement futur, grâce aux investissements industriels et au pouvoir d'achat d'une clientèle élargie. C'est le pari de ce second concours présenté en 1955, où les prix sont relevés de 50% à 100%. Débarrassés d'une contrainte financière excessive, les candidats montrent une créativité débordante. Toutefois, un basculement se perçoit dans cette réorientation. La puissance de séduction ne réside plus dans l'idée d'un luxe accessible à tous, moins encore dans la quête classique d'une esthétique fondée sur une logique intemporelle. On ne rêve plus d'un idéal de société mais de nouveauté. Dans cette logique de mode, la modernité passe dans l'apparence et l'innovation pèse plus que la personnalité ou la qualité. Dernier changement, le ministère ne va promouvoir que ses propres candidats, sans s'occuper des résultats du nouveau concours. C'est le début d'un divorce entre État providence et marché libéral. Bien que le bois domine encore, l'événement est sur le corde raide, dans un " style reconstruction " (classique, utopique, porté par l'État) prêt à basculer dans le " style 50 " (moderne, artistique, d'essence libérale). Ci-dessous, en illustration, les ensembles primés illustrés dans Meubles et décors d'avril 1955 avec ARP, Roger Landault, Robert Debièvre, René-Jean Caillette, Louis Paolozzi, Jacques Hitier, Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.
Probably dissatisfied with the awards distributed by the Ministry of Housing and reconstruction, at the end of 1954, the Association des créateurs de modèles (ACMS) makes a catch in 1955 Salon des arts ménagers, certainly weighing on the Technical Centre of Wood and Furniture (CTBA, founded in 1952) that he organizes another competition. It is out of such proposals where the advanced methods by René Gabriel and Marcel Gascoin are visible but getting poorer and sink in a "social style", instead of ennobling both as desired founders. In fornt of industry that has gripped in pragmatic ways, mannered and material of reconstruction, we must rebound. In the CTBA competition, Rate undergo an increase of 50% to 100% with the avowed aim of promoting prospective, focused towards new techniques. Around Gascoin, candidates show boundless creativity. However, tipping is perceived in this shift: the power of seduction lies not in the idea of a luxury for all, still carrying a classic principle but in a radically modern force of renewal. The creators are faced with the obligation to invent: the furniture definitely enters a mode logic, where innovation weighs more than the personality or quality. Other failover, the ministry will continue to promote their own candidates while the second contest will remain in relative anonymity. All this clearly marks the transition between the "style reconstruction" (classic, helped by the government) and "style 1950" (modernist, liberal). Below, illustrationfrome Meubles et décors in April 1955 with ARP, Roger Landault Robert Debiève René-Jean Caillette Louis Paolozzi, Jacques Hitier Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.