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dimanche 1 mars 2020

Journée d'études à Lorient // ma conférence

Les conférenciers, g. à d. : Christophe Deutsch-Dumolin (Animateur du patrimoine, Lorient), Mickael Sandra (Mémoire de Soye), Patricia Drenou (directrice des Patrimoines, Lorient), Helène Caroux (service du patrimoine culturel, C.D. 93), Pierre Gencey (chercheur indépendant), Elisabeth Blanchet (photographe, association Prefab'), Ollivier Disarbois (témoin, président de l'association Les Amis des Baraques), Céline Pensec (architecte), Patrice Gourbin (maître de conférence, ENSAN), Isabelle Baguelin (chargée protection MH, DRAC Bretagne)

En souvenir de cette belle et agréable journée d'étude à Lorient, voici la photographie prise des conférenciers. De prime abord, la conclusion est simple : il faut qu'une histoire couvrant des territoires plus importants s'écrive - au moins à l'échelle de la France - et que les récits sur les baraques provisoires ne se réduisent plus seulement à une accumulation d'anecdotes récoltées à Brest, Lorient, Gonfreville, Saint-Lô, Caen, Boulogne, Saint-Dié et mille et une autres villes qui abritaient des cités provisoires... 

Cette réflexion du modérateur est particulièrement juste. Il faut voir grand, se placer au loin pour analyser ce qui tient d'une décision nationale à l'intérieur d'un mouvement international, ne serait-ce que pour les distinguer des initiatives locales qui montreront ensuite leurs spécificités territoriales.

Cependant, j'ai justement choisi pour ma présentation d'utiliser le petit bout de la lorgnette : l'égo-histoire ! Si, tout comme moi, on ne croit pas aux métarécits, que l'on préfère les accumulations, les accrétions, les structurations, disons le syncrétisme, alors l'égo-histoire et la micro-histoire restent les meilleures approches. Et c'est la mise côte-à-côte des petites choses qui laissent au lecteur le choix de se construire son propre  « roman », en triant les données par lui-même. À lui de voir s'il préfère regarder les consignes préfectorales, les brèves de comptoirs dans le bistrot de la baraque n°12, le journal du curé, ou - pourquoi pas - la vie retrouvée de ce créateur qui a conçu un mobilier idéal pour une baraque idéale éditée suivant les consignes du ministère de la Reconstruction en 1944... C'est mon choix... 

Ci-après, le texte de mon intervention sur le mobilier d'urgence.


vendredi 5 avril 2019

Colloque EAPN // Conjuguer la modernité

Les rôles d'architecte et de designer dans la transition artisanat-modernité-industrie


Les 21 et 22 mars, l'EAPN organisait un passionnant colloque intitulé Conjuguer la Modernité (calenda et ramau.archi.fr). Il a permis la rencontre de nombreux chercheurs s'intéressant au "mouvement Moderne" en architecture, autour de trois figures françaises à la fois déterminantes et singulières dans leurs approches : Jean Walter, Michel Roux-Spitz et Marcel Lods. Je tiens à remercier avant tout le comité scientifique d'avoir retenu ma proposition, ceci malgré mon statut atypique de "chercheur indépendant", seul et perdu (avec beaucoup de bonheur) à Reims, et non plus au Havre.

J'ai choisi de partir du "binôme" Lods-Gascoin et de la relation architecture-design en 1947 pour creuser une réflexion autour de l’exercice architectural, avant et après le passage de la vague moderne, en fixant un sommet ou, plus exactement, une fin : quand le tsunami s'est étalé, juste avant que le courant ne tire brutalement vers l'arrière. C'est ce "moment-clef" que représente l'exposition internationale de 1947 à mes yeux. C'est en effet à cette date que les architectes se joignent aux décorateurs, marquant l'officialisation (trop ignorée) de la réconciliation UAM-Sad, ainsi que l'absorption des doctrines issues des CIAM par les normes administratives... Concernant la séparation architecture-design, on peut se contenter de voir la chose comme une problématique française liée à deux métiers très importants au sein du pays qui s'est considéré comme l'inventeur du "mouvement Moderne" en architecture et du "style 1925" en décoration. C'est évidemment exagéré, mais cette prétention a suffi pour transformer la "praxis", créant entre 1925 et 1930 de puissantes divergences. Grâce à ce phénomène, on peut observer les détails d'une mise en concurrence et l'évolution des professions - comme cela s'est fait entre architectes et ingénieurs au XVIIIe siècle. C'était l'aboutissement d'un beau, noble et vieux combat entre la Croyance et le Savoir, entre l'Art et la Science, entre l'Ancien et le Moderne, et le débat se prolonge parfois encore dans certaines conversations autour d'une machine à café, au milieu des open spaces hyper-efficients de nos "Agences" et de nos "Bureaux"... Quant au travail de designer, architectes et ingénieurs l'ont négligé. Ils le prennent souvent pour un employé de maison, s'occupant des questions de "bonne femme". Pourtant, c'est maintenant lui, le designer, qui supporte le poids des décisions de société et affronte seul les croyances contemporaines (l'Argent, l'Individualisme, ces mots qui ont récemment gagné une majuscule). Il est aux deux bouts d'un imaginaire qui a appris à mépriser l'Art et la Science, presque autant que l'Autorité et l'Architecte (grand ou petit)... Mon intervention s'intitule :

"L’architecture industrielle peut-elle êtremoderne ? Architecture et design autour du binôme Lods-Gascoin dans l'Exposition internationale de 1947." Ci-après texte intégral, sans illustration ni bibliographie.