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jeudi 15 février 2018

Buffet Mado ou Madot // histoires et rumeurs



La médiacratie est un univers étrange : un petit rien sur internet peut vite devenir un grand quelque-chose dans notre quotidien. Tout est susceptible de faire boule de neige. Dans le tourbillon des effets papillons, on ne parvient plus à distinguer le simple cavalier de celui qui officie en tête. On peut être une victime innocente en croyant  manœuvrer en initié, ou l'inverse. On peut se prétendre historien et se découvrir ignorant dans son propre domaine, lorsque surgit une affaire sur le devant de la scène sans que vous en ayez jamais entendu parler. Ainsi, un jour parmi tant d'autres, quelqu'un nous parle du célèbre buffet " Mado "... Et l'on se retrouve pétrifié face à l'inconnu. Comme toujours dans ce cas, on utilise le système de défense des ignorants à l'âge du numérique (pour celui qui ne peux pas immédiatement regarder la réponse sur son portable, au risque de se discréditer). On glisse discrètement hors du sujet, on extrapole un peu... Puis on généralise juste ce qu'il faut pour faire parler, tout en acquiesçant d'un air savant... Une fois seul chez soi, doté de ces informations et loin des regards inquisiteurs, on se précipite sur internet pour vérifier. Là, c'est le drame : à l'évidence, tout le monde connait ! Deux possibilités s'offrent donc : soit on répète l'évidence, soit on va plus loin. Que découvre-t-on dans ce second cas ? Certes, l'objet existe bien. On l'a vu dans tous les foyers. Il a été vendu en masse. On le connait chez Mémé. Il nous est aussi familier que le nom " Mado ". Pourtant, de ce côté, rien n’apparaît. Pas de " Mado "... On re-fouille mieux, jusque dans les moindres recoins de l'inévitable revue Arts Ménagers. Alors ? Déception ! Pas un mot, pas un nom, le grand vide, le vaste néant ! Pas le moindre Mado en vue. On parle simplement d'un "buffet de cuisine moderne". Eureka ! Buffet moderne, Buffet Mado, surtout si la petite dernière se nomme Marie-Dominique ou Madeleine, prénoms à la mode... Voici un nom tiré d'un souvenir d'enfance, relayé par les internautes (LéBo-L'Mado-À-Mémé). On cherchera le bébé coupable plus tard...

Avant d'en venir au nom, voyons pour l'instant l'histoire de la chose : le buffet de cuisine moderne. Finissons-en une bonne fois pour toute avec les datations approximatives. Il n'y a rien de comparable dans les années 1930, ni véritablement dans la décennie suivante. La première touche arrive en 1949. Alors que nous assistons à l'explosion du " moderne bombé " (et tatoué) avec le buffet deux corps dans la salle à manger, apparaît une première version de ce meuble de cuisine populaire en bois blanc, en dernière page du catalogue des Galeries Barbès (voir Galerie Barbès [2/2] // le moderne bombé). Exactement au même moment, surgit son jumeau chez Lévitan, un peu plus rude - disons que c'est le deuxième de la famille et qu'il lui faut jouer des coudes. Cette page du catalogue Lévitan est plus intéressante car il s'y livre un combat entre la " cuisine moderne en bois blanc " avec son prototype de buffet dit " Mado " (pas cher) et la " cuisine par éléments " que propose Marcel Gascoin sous la marque Coméra (pour le même prix, ou presque). Quant on sait que René Gabriel invente le meuble moderne en bois blanc vers 1935, on peut commencer à réfléchir en historien sur cette tardive mise en concurrence. Enfin, pour les amateurs, on peut noter que le catalogue Lévitan signale une table et une chaise également éditées par Coméra, sans donner d'image, dommage ! Oublions ces affaires de spécialistes, car ce qui nous importe vraiment, c'est le " buffet de cuisine ". Il est bien là, dans ces catalogues, un peu renflé dans les coins, avec sa huche à pain pour les baguettes, ses petites vitrines dans la partie haute, laqué d'un blanc immaculé comme l'aurait voulu le grand Ripolineur (qui justifie l'appellation moderne). Les vitres peuvent être floues, mais elles ne sont pas encore gravées. Il faut avancer un peu dans le temps pour découvrir ce genre de détails. Dès 1953, un magasin de Rouen faisant de la vente à domicile, bien-nommé ' Le Meuble pour tous ", dispose déjà d'un énorme stock en catalogue. On peut ensuite revérifier chez Lévitan, la même année, la suivante, et encore la suivante, ils y sont ! Mais la mode passe, et certains sont déjà vendus à prix " sacrifié ". C'est ainsi qu'ils disparaissent avant la fin des années 1950. Un dernier mot, pour en finir avec les vieilles rumeurs, ils n'ont jamais été faits sur-mesure : il s'en vendait seulement une multitude de variétés.

Mais revenons-en à la vraie rumeur du net. Aujourd'hui, il n'est plus un seul site déco qui ne se vante d'avoir poncé son " Mado " pour le repeindre en vert anis, jaune citron, bleu métal, noir acier, gris taupe, puis calligraphié, peinturluré, hachuré,... Comme s'il fallait passer sa rage contre la blanche modernité ! Mais comment ce nom, Mado, est-il arrivé chez tout le monde sans que personne ne le voit entrer ? Pour le savoir, il faut cette fois fouiller sur internet et s'aider de l'option " date de préférence ". On découvre la première occurrence du buffet " Mado " en mars 2009, il y a maintenant presque dix ans. C'est sur un blog de jeunes parents bricoleurs nommé Alabaraque. Tout y est, au grand complet : la fausse date 1930, la fausse marque Mado, le je-l'ai-chiné pour 15 euros (est-ce vrai ?), le je-vais-le-poncer, le je-vais-ensuite... L'auteur est probablement l'inventeur de ce formidable concept rétro-vintage, peut-être même le créateur du nom " Mado ", à la tête de la cavalerie. Il fait mouche car son buffet va désormais en voir de toutes les couleurs... Deux apparitions en 2010, puis huit en 2011, déjà treize en 2012, mais l'on est toujours dans le pic d’initiés. On passe à vingt-neuf en 2013 avec une internationalisation grâce à la remarque suivante, inscrite dans les commentaires by an expert : " The 50´s cabinet is called a “Buffet Mado” it was very common in France in the 50´s and you can still buy some very cheap, sometimes less than 100 euros "(apartmentapothecary.com). Bien que la datation soit déjà mieux sentie, on remarque surtout le changement de prix, et la qualité d'un placement international dans du Mado. Alors même que toutes les places boursières s'effondrent, les Mado passent de 15 à 100 euros. Ensuite, c'est parti pour le succès  cinq pages de réponses par an en moyenne.... Aujourd'hui même, sur le Boncoin (qui fait autorité en matière d'expertise), il y a 282 " Mado " à vendre dans la rubrique mobilier. Attention, son prix atteint désormais les 300 euros, jusqu'à 500 euros pour les plus beaux. Et dire qu'il n'existe pas ! Depuis 2009, on peut parler d'une véritable affaire Mado. Alors n'hésitons pas à notre tour, soyons créatifs et affirmons que le " vrai Madot " prend un " t " ! Créons l'image qui correspond, voyons combien lisent et combien regardent seulement les photos, puis calculons le temps qu'il faut à ce Madot imagé pour qu'il prenne bien son " t " comme sur le photomontage. Quoi qu'en regardant mieux, je me demande si ce n'est pas un " f ", à la fin ?

lundi 30 janvier 2017

Meubles David // Polymeubles


Camille et Pierre David ne débutent pas avec le Meublit (Camille et Pierre David // Meublit). Leur aventure commence bien plus tôt, du côté d'Orléans : c'est une belle et longue histoire que Pascal David nous invite à découvrir dans une biographie qu'il a entièrement rédigée. Son texte est reproduit ci-après. Les historiens y trouveront matière à satisfaction car on y décèle les obsessions des pionniers modernes " non-radicaux ", ceux qui ont mené la lutte avant que les grandes industries internationales ne prennent toute la place. Avant de lire ce passionnant récit, il faut une petite entrée en matière permettant d'éclairer le contexte et d'encourager certains à venir explorer les archives. On découvre ici la volonté commune qui animait de célèbres contemporains, René Gabriel, Marcel Gascoin ou Jacques Hitier, même si les frères David ne bénéficient pas du même soutien. Entrepreneurs autodidactes, leurs créations apparaissent plus discrètes, mais elles n'ont pas moins d'intérêt ; au contraire, leurs meubles démontrent la généralisation, à cette époque, d'un esprit d'entreprise associé à un élan créatif moderne et à une qualité encore artisanale. Bien qu'ils se placent hors du podium officiel, inscrits au premier étage du Grand Palais pendant le salon des Arts ménagers (Palmarès // Salon des arts ménagers), les " Meubles David " doivent être redécouverts, aux côtés d'autres " industriels " remarquables comme Pierre Roche (Atelier Saint-Sabin // ancien et moderne), Pierre Cruège (Tables Partroy // Pierre Cruège), Emile Seigneur (Emile Seigneur // Berceau de France), Louis Paolozzi  (Paolozzi et Guermonprez // reconstruction lyrique) et quelques noms toujours dans l'obscurité ! Sans oublier que leur situation reflète celle d'un grand nombre de ces créateurs qui vont renouveler la conception du mobilier après-guerre (Art utile // style reconstruction).

lundi 1 août 2016

Jean Lesage // Blog Meubles ABC

(lien vers le blog)

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Un mot pour féliciter Pierre Huet-Micouraud qui vient de mettre en ligne, sur différents sites web, les archives des Meubles ABC : après Roger Landault (abc roget landault), voici Geneviève Dangles et Christian Defrance (abcdanglesdefrance.blogspot.fr) ainsi que Jean-Albert Lesage (abc j.a. lesage _ jeanne baglin). J'ai évidemment interrogé le blog-master sur sa motivation : " À la question : pourquoi tant de peine ? Je répondrais que ce n'est pas tant l'intérêt porté à un microcosme que l'attraction pour le mécanisme de la création, (rappelons-nous, on disait créateur de modèles). Jeune encore, ils m'épataient tous à tel point que j'avais négocié (sur une base parentale, comparable à passe-ton-bac-d'abord) le fait de pouvoir suivre les arts appliqués, à mon retour du service militaire. Landault y professait, et j'avais pour l'homme et son talent beaucoup d'estime. C'était ma voie (du moins le croyais-je) ". Malheureusement pour l'histoire du design, la disparition brutale des deux fondateurs -Jacques Micouraud (1914-1961) et Maurice Ferrer Delporte (1911-1961)- provoquera la cessation d'activités d'ABC en 1962. En 1991, son dernier représentant et ancien gérant, Roger Huet (1913-1992), le père de Pierre, va remettre l'ensemble des archives photographiques de l'entreprise à la Bibliothèque des arts décoratifs, une donation acceptée par la conservatrice en chef de l'époque, Geneviève Bonté. Il faut citer le fait et ses acteurs car, à cette date déjà lointaine, rares sont ceux qui auraient parié sur l'intérêt historique de ce genre de production...

Il convient maintenant de revenir sur la présence surprenante de Jean-Albert Lesage chez ABC. Artiste décorateur, AEEB, Jean Lesage est connu pour avoir été le " bras droit " de Jacques Adnet à partir de 1928, quand ce dernier reprend la CAF (Süe et Mare // Compagnie des arts français) et se met à présenter les jeunes créateurs les plus modernes de son temps (dont René Gabriel et Charlotte Perriand). Mais la CAF s'est enfermée dans le somptuaire. Après la Seconde Guerre mondiale, Jean Lesage a pris de l'indépendance, signe ses meubles, s'associe à différents éditeurs, et réserve à la CAF ses productions les plus " luxueuses ". En 1946, il effectue également des recherches sur la production en série en participant au fameux événement du moment : le Concours du Meuble de France (Style Reconstruction // Commission du Meuble de France). Est-ce à cette occasion qu'il rencontre les directeurs d'ABC, comme ce fut le cas pour Roger Landault ? Quoi qu'il en soit, son implication dans une production sociale le conduit à se rapprocher une fois de plus de René Gabriel, qui, probablement, l'invite ensuite à participer à l'Exposition internationale de 1947 : ce qui expliquerait la présence (jusqu'ici considérée comme étrange, si ce n'est inexplicable) de Jacques Adnet dans la Reconstruction, car celui-ci se place aux côtés de Jean Lesage dans l'appartement type de Brest (Exposition internationale // urbanisme et habitation). Jean Lesage semble ensuite coller à son temps. Il présente successivement du meuble de luxe et de série, en bois et en tube de métal, présenté aux Artistes décorateurs aussi bien qu'aux Arts ménagers. La chambre "bichrome" en bois, éditée par ABC et présentée au concours de l'hôtellerie en 1953, se situe dans ce champ d'expérimentation... Ci-dessous, quelques images évoquant la diversité de ses créations

samedi 26 septembre 2015

Jean-Baptiste Bouvier // Marcel Gascoin

Jean-Baptiste Bouvier : présentation du mobilier de Marcel Gascoin

Aussi original qu'irréprochable, le stand de notre ami galeriste Jean-Baptiste Bouvier, installé dans l'allée 6 du Marché Paul-Bert (Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen) est l'endroit privilégié pour qui souhaite se procurer (ou tout simplement voir) du mobilier de la Reconstruction, plus particulièrement celui de Marcel Gascoin mais aussi de René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, accompagnés de quelques vedettes plus habituelles comme Jean Prouvé, Mathieu Matégot, Pierre Paulin. À lui seul, Jean-Baptiste Bouvier a retrouvé, sauvé et valorisé des centaines de meubles de Marcel Gascoin, parfois rares, comme les grandes tables des villages du SHAPE (dans des bâtiments bien connus des historiens de l'architecture, de Saint-Germain à Fontainebleau) ou quasi-introuvables, comme le discret petit chevet mural "UB". Sa dernière découverte : le panier en rotin adapté aux tables gigognes "TC" et "TD". Bien qu'il puisse paraître accessoire, ce panier est un complément indispensable pour ces petites tables-bureaux dont la surface est calculée afin de disposer tout juste de la place nécessaire pour écrire et qui ne permettent donc pas de s'encombrer : d'où l'utilité de ranger les livres et documents sur le côté, dans un panier. On le découvre une première fois en décembre 1951 dans une chambre modèle publié par la Maison française dans le numéro spécial "Enfance"  puis il apparaît régulièrement dans les aménagements du créateur, y compris - deux ans plus tard - dans celui de l'Appartement témoin de la Porte-Océane au Havre, un modèle de logement supervisé par Marcel Gascoin et l'Atelier d'Auguste Perret. Notons également que le rotin devient au même moment un matériau à la mode, relancé par Louis Sognot (Louis Sognot // créations en rotin) dans le Salon des arts ménagers en 1951, au sein d'une section supervisée par Marcel Gascoin, lui-même... Le rotin envahira ensuite bien des meubles et, plus encore, ceux destinés aux chambres d'enfants...

As original than impeccable, the stall of our friend Jean-Baptiste Bouvier (Marché Paul Bert, in the famous flea market of Saint-Ouen) is privileged place for those who wish to obtain (or to see) furniture of French Reconstruction, more particularly productions of Marcel Gascoin but also René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, along with some stars like Prouvé, Matégot, Paulin. On its own, Jean-Baptiste Bouvier found, rescued and recovered a lot of Marcel Gascoin furniture, sometimes rare, like large tables of SHAPE-villages (buildings of Saint-Germain, Fontainebleau) or substantially innaccessible as discrete wall-bedside "UB". His latest discovery: a rattan basket adapted to nesting tables "TC" or "TD". Although it may seem incidental, this basket is a necessary complement to these small-office tables whose surface is calculated to have just enough space to write, and who therefore do not allow to clutter: where the usefulness of holding books and documents on its side in a basket. The first model appeared in December 1951 in a Type Room published by the magazine Maison française, special issue about "Childhood", and appears regularly after this publication, including - two years later - in the Show flat of the Porte Oceane in Le Havre, a housing model supervised by Gascoin with Auguste Perret team. Note also that rattan becomes, at the same time, a fashionable material, revisited by Louis Sognot during the Salon des arts ménagers 1951, in a section supervised by Gascoin, himself ... Rattan become common and, even more, for children's rooms ...

lundi 7 juillet 2014

Gustave Gautier // portrait d'un décorateur

une armoire de Gustave Gautier de 1953

Habitant des ISAI du Havre, Samuel adhère au petit cercle des admirateurs de la Reconstruction et de son mobilier. Déjà possesseurs d'un bahut "BB" de Marcel Gascoin, il tient par ailleurs de sa grand-mère cette solide armoire dotée de deux portes coulissantes et de poignées raidisseuses dont le profil en "aile d'avion" s'ajuste exactement à celui des montants latéraux. Une silhouette qui fait signature ! Pour l'identifier, outre une étiquette de la marque "Eros", la puissance constructive du meuble, la lourde section des planches, la parfaite finition du chêne clair ne laissent aucun doute : Gustave Gautier. Profitons de l'occasion pour revenir sur ce personnage connu pour ses tables gigognes (Gustave Gautier // tables gigognes). Il est d'abord l'adepte du "style reconstruction" préféré des critiques proches de la SAD, aussi bien illustré dans Mobilier et Décoration et Ensembles modernes que dans le Décor d'aujourd'hui et le Journal de l'ameublement. S'il fallait un classement par fréquence de représentation, il occuperait une très bonne position... Ses meubles font consensus car il est non seulement un radical, membre de l'UAM, adepte de la forme pure et de l'ossature lisible, mais il défend aussi une générosité dans les finitions et les matières, ce qui rassure pleinement les défenseurs de certaines "valeurs bourgeoises" qui formaient alors le noyau dur de la critique française. Cependant, cette surépaisseur n'est plus la prétentieuse démonstration d'une puissance de classe mais elle se réinvente dans l'objectif de reconstruire un monde sobre et robuste, agréable et durable. Il ne faut pas oublier que Gustave Gautier sort d'un camp de prisonnier et, qu'après cela, il abandonne l'architecture extérieure pour aller vers celle de l'intérieur, cherchant à inventer une ambiance protectrice, suivant un réflexe très identique à celui observé chez Guillerme et Chambron (Lille//Guillerme et Chambron). Gustave Gautier laisse se dévoiler la psychologie d'une condition et d'un temps : la modernité d'après-guerre ne peut plus tolérer un monde froid, instable, uniformisé, il fallait protéger, enkyster, "encapsuler", le vide inquiétant de la condition humaine.

Residing in the "ISAI" of Le Havre, Samuel joins the small circle of admirers of Reconstruction and furniture. Already owners of a Marcel Gascoin chest, he also wishes his grandmother this solid cabinet with two sliding doors and handles with a stiffening profile "airplane wing" fits exactly to the the lateral uprights. This figure is a time signature! To identify, in addition to a brand label "Eros", the constructive power of furniture, heavy section plates, the perfect finish of light oak leaves no doubt: Gustave Gautier. Take the opportunity to return to this character known for its nesting tables (Gustave Gautier / / nested tables). It is the preferred décorator SAD in the "style reconstruction", both illustrated in Mobilier et Décoration, Ensembles modernes, Décors d'aujourd'hui and the Journal de l'ameublement. If we had ranked by frequency of performance, it would occupy a good position ... His furniture is consensus because it is not only a radical member of the UAM, a follower of pure form and frame readable but it also defends generosity in finishes and materials, which fully reassured advocates some "bourgeois values​​" which then formed the core of the French criticism. However, this allowance is not pretentious demonstration power class but it reinvents itself with the aim of reconstructing a simple and robust world, nice and durable. We must not forget that Gustave Gautier fate of a prison camp, and after that, he gave up the external architecture to go to that inside, trying to invent a protective atmosphere, following a very similar reflex that observed in Guilherme and Chambron. Gustave Gautier allowed to reveal the psychology of a condition and a time: the post-war modernity can no longer tolerate a cold world, unsteady, uniform, should be protected, encysted, "encapsulating" the disturbing empty the human condition.

vendredi 21 février 2014

Charlotte Perriand // fin du litige

Mobilier d'une chambre d'étudiant à la Maison de la Tunisie de Charlotte Perriand, édité par les 'Ateliers Jean Prouvé', 1952-1953 


Admiratif du travail que Jacques Barsac mène aux côtés de Pernette Perriand, je ne peux m’empêcher d'informer les lecteurs de ce blog qu'un arrêt du 19 février 2014 de la Cour de Cassation marque la fin définitive du litige qui les opposaient à d'importantes sociétés, notamment des célèbres marchands d'arts. Pour moi, le choix est toujours évident entre ceux qui étudient leur histoire et ceux qui défendent de gros intérêts financiers mais, pour la justice, il a quand même fallu attendre plus de dix ans. Chacun sait les traumatismes qu'imposent ces procédures interminables. Pour éviter le post-trauma, il faut regarder du côté de la Lumière. Heureusement, ils en ont l'occasion puisque Jacques Barsac vient juste de publier le tome 1 du "Charlotte Perriand Complete Works" chez Scheidegger und Spiess et écrit en ce moment même le tome 2...

Admiring the work of Jacques Barsac with Pernette Perriand, I must inform readers of this blog a judgment dated of 19 February 2014, the Supreme Court marks the definitive end of the litigation that opposed them to major corporations, including arts dealers. For me, the choice is obvious between those who study history and those who defend the financial interests but, for french justice, it still took fifteen years ! Everyone knows the trauma imposed these lengthy procedures. To avoid post-trauma, we must look the Light. Fortunately, they have the opportunity Jacques Barsac just published first Volume of "Charlotte Perriand Complete Works" in Scheidegger und Spiess, and writing the second volume at this moment ...

lundi 20 février 2012

Guy Lagneau // école Paul-Bert (2/2)

[  r u b r i q u e   :   p a t r i m o i n e   a r c h i t e c t u r a l   d u   H a v r e ]
via Ensembles et meubles (p.94)

Petite découverte faisant suite au premier chapitre consacré à l'école Paul Bert (Guy Lagneau // école Paul-Bert 1/2) : un article d'Ensembles et meubles où figure le numéro 76 du Décor d'Aujourd'hui daté du début de l'année 1953 avec de nouvelles photographies de ce groupe scolaire à la pointe des recherches du moment. On y retrouve le mobilier Gascoin mais aussi des frises de Raynold Arnould - peintre de la Nouvelle école de Paris et futur conservateur du Musée Malraux... Ci-après, trois illustrations pour compléter le précédent article.

Discovery following the first chapter about Paul-Bert School: an article of Ensembles et meubles (1954-1955) containing photographs of this new school complex at the forefront of contemporary research. It includes Gascoin furniture but also friezes of Raynold Arnould - painter of New Paris school and future director of the Art Museum in Le Havre ...

mercredi 1 février 2012

Atelier Saint Sabin // Ancien et moderne

Chaises démontables Saint-Sabin, via ebay

L'Atelier Saint Sabin, entreprise familiale qui existe toujours et conserve sa spécialité historique, cache dès ses origines un excellent créateur : Pierre Roche, diplômé de l’école Boulle. Reconnu pour sa qualité, l'Atelier adopte à ses débuts un style à croisillons très identifiable puis, en 1953, ouvre une gamme "jeune", avec des tabourets, des chaises et de petites tables aux lignes épurées. Pratiques et colorés, ils incarnent la vogue du Gascoin, du Knoll mâtiné de scandinave, mode qui fait renaître au même moment l'entreprise d'André Sornay à Lyon. Tout ceci est dans l'air du temps, celui du gain de place : en bois, robuste, sobre, démontable... Saint-Sabin  se distinguant par une construction économe d'une logique aussi efficace qu'irréprochable.

Atelier Saint-Sabin cover certainly a creator of excellence, whose name remains secret behind the label - a nasty practice in first industrial furniture. Often known for its quality models, those furnishings adopt an executive style like Jacques Adnet. In 1953, we move to modern style, a new kind of stools and chairs arrive in catalog. Lightweight, practical, colorful, they embody the fashion style Gascoin, the first Knoll, inspiring André Sornay at the same time ... In this times: wood, sanity and removable...

vendredi 20 janvier 2012

Van der Meeren // Kiel Anvers 1953

Applique, inspirée de l'Appartement modèle de Kiel, 1953, via artnet.fr

Appartement témoin ou type, en France, appartement modèle en Belgique, marquent une émulation autour du logement moderne. Voyageons en Belgique : après le temps des précurseurs et de la Reconstruction, une nouvelle génération s'impose... En 1953, "Formes Nouvelles" ouvre un appartement modèle à Evere puis 15 logements au Kiel, à Anvers, dans le grand ensemble créé par Braem, Maeremans et Maers : "Le Nouvel Habitat", ouvert de juin à juillet, accueille plus de 50 000 visiteurs. Naissance d'une hypermodernité aux marges, où l'on découvre Raymond Van Loo, Max Deyaert, et surtout le célèbre Willy Van der Meeren (ou "VDM" pour les initiés) qui édite ses premiers meubles emblématiques chez Tubax : applique, tables basses gigognes boomerang, table de repas, chaise, buffet, étagères murales,...

Show flat or flat-type in France, "model apartment" in Belgium, all mark a modern emulation around the housing. Travel in Belgium after the time of precursors, Louis-Herman De Koninck and Marcel Baugniet, when a new generation is needed ... Beginning in 1953, Formes Nouvelles opens an apartment in Evere landscape and 15 other homes on the Kiel at Antwerp: "New Habitat", opened in June and July, they welcome more visitors 50.000. Birth where we discover Raymon Van Loo, Max Deyaert, and especially Willy Van der Meeren (VDM) who publishes Tubax furniture: Applies, boomerang coffee tables, dining table, chair, wall shelves, ...