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vendredi 13 novembre 2015

Poème utile // Liberté

Jean Picart le Doux, Hommage à Paul Éluard, 1952, Musée d'art et d'histoire de St-Denis

Que dire aujourd'hui de l'art utile ? Faut-il répéter les propos d'un enseignant sur Philagora : "Soyez ferme sur ce point ! L'objet d'art est inutile par rapport au besoin et à la morale : l'œuvre belle n'a de fin qu'elle-même. Au contraire, pour l'objet technique, l'utilité en détermine les caractéristiques essentielles". Voilà un philosophe qui n'interroge pas les catégories ! Oublions ces "idiots utiles" qui répètent sans réfléchir. Considérons le poème propagandiste de Paul Éluard, Liberté. Il relate l'instant où l'art se retourne en même temps que l'histoire : de la poésie à la peinture, de l'ameublement à l'architecture, du cinéma à la photographie. Produit de la violence de la Première Guerre mondiale, la folie surréaliste oublie sa lutte contre la civilisation et revient vers le réalisme afin de s'opposer à l'aberration nazie. Réalité et abstraction s'unissent et pénètrent la reconstruction, parfois la résistance. Le plus célèbre exemple de ce changement réside, à mon sens, dans ce poème. Publié une première fois en avril 1942, le texte a été réédité à Londres et parachuté par la Royal Air Force alors que débutent les bombardements stratégiques... Pour se souvenir, il faut écouter l'interprétation a cappella de Francis Poulenc, regarder la tapisserie de Jean Lurçat ou celle, plus tardive, de Jean Picart le Doux. Tapisserie et poésie renaissent aux côtés de Liberté. Les plus radicaux accusent cet " art utile " et revendiquent la supériorité de " l'art pour l'art ", des André Breton aux Benjamin Péret, pour qui la chose ne dépassent pas " la publicité pharmaceutique " ; mêmes accusations contre la Nouvelle Ecole de Paris qui revendique sa part de réalité ; attaques identiques face au mobilier de Gabriel qui cherche une modernité populaire ; idem envers l'architecture d'Auguste Perret qui se dirige vers la banalité. La beauté va d'ici peu s’industrialiser, se démocratiser, afin de lutter contre une haine déjà produite en masse. Ça agace quelques vieux snobs et autres frustrés qui désirent voler l'amour à la jeunesse. Mais le poème Liberté, il ne se lit qu'à voix haute, il s'écoute, il se partage. Il n'est pas seulement pour soi, il est pour tous. Il entrera dans les écoles. La séparation de l'utile et de l'art n'a aucun sens. L'accusation par Breton et sa troupe peut se lire comme l'aveu d'une lâcheté, justifiant l'exil plutôt que le combat. Des millions de morts, des millions de sans-abri. Puis des millions de survivants, des millions de gens à reloger. Alors il n'y a plus de question à se poser : soit on affronte et l'on travaille pour tous, soit on s'éloigne, on s'enferme dans l'entre-soi et l'on se rend coupable.

A historic news was invited by erasing the rest. Loans to heroism, our politicians have changed green to khaki. The worst is to come. Under these conditions, what about the useful art? Should we repeat the words of the philosopher-teacher website named Philagora: "Be firm on this point The art object is useless against the need and morality: the beautiful work did end herself. In contrast, for the technical object, the utility determines its essential character ". That's a philosopher who does not question the categories because it still shudder to think Peguy, Mounier and other cultural leftists fell to the dark side ... Forget those "useful idiots" (said has the first of them) who foolishly repeat the hackneyed about Zola. Consider the poem by Paul Eluard, Liberty. It dates exactly the moment where art turns at the same times as history: from furniture to architecture, painting to poetry, film to photography. That's when the madness born surrealist absurd violence of the WW1, realism merges with fighting against nihilism of fascists and Nazis. Abstraction and realism combine to penetrate the resistance and the reconstruction. In my opinion, the best example of this change is this poem published in April 1942, the text is reprinted in London and dropped by the Royal Air Force when strategic bombing begin ... To remember, we must look the tapestry of Lurçat or, later, that of Jean Picart le Doux. Tapestry and poetry reborn to Freedom sides. That's when some people are beginning to acknowledge this "useful art" and extol the superiority of "art for art's", André Breton to Benjamin Peret, for whom this thing do not exceed "pharmaceutical advertising" ; same charges against the New School of Paris which claims its share of realism; always identical attacks tale Gabriel furniture that seeks a popular modernity; ditto to the architecture of Auguste Perret that goes to banality. Everything is about to industrialize and become democratic, which annoys snobs looking for modernity entirely at their service. But Liberty, it will only reads aloud, you can listen, it looks, it is divided. It is not for itself, but for all. Separating useful and art makes no sense, the accusation by Breton and his band reads like a delusion, hiding evil an admission of cowardice. Millions of dead, millions homeless. Then millions of survivors of millions of people to relocate. So there is no question to ask yourself: is looking at all and it works for everyone, either working for oneself and one is guilty.