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mercredi 27 janvier 2016

Concours 1955 // Centre technique du bois

ARP, 1er Prix du CTB

Probablement insatisfaits par les choix du ministère en 1954 (concours 1954-1955 // Ministère de la reconstruction), les créateurs de meubles effectuent un rattrapage au Salon des arts ménagers en mars 1955. Ils exerçent certainement des pressions sur le Centre technique du bois (CTB, fondé en 1952) afin qu'il organise un concours parallèle. Il s'agit de sortir des propositions où les techniques avancées par Gascoin et Gabriel sont exagérées et s'appauvrissent dans un "style social", au lieu de s'améliorer et de s'ennoblir comme le désiraient les fondateurs. Un problème anticipé par Jacques Viénot avant-guerre, celui-ci voyant le meuble économique comme une équation aux solutions rares... Mais il imagine aussi une sortie tournée vers l'avenir. Si les budgets minimalistes obligent une réduction au départ (économie des matières, des gestes, etc.), il faut tabler sur un enrichissement futur, grâce aux investissements industriels et au pouvoir d'achat d'une clientèle élargie. C'est le pari de ce second concours présenté en 1955, où les prix sont relevés de 50% à 100%. Débarrassés d'une contrainte financière excessive, les candidats montrent une créativité débordante. Toutefois, un basculement se perçoit dans cette réorientation. La puissance de séduction ne réside plus dans l'idée d'un luxe accessible à tous, moins encore dans la quête classique d'une esthétique fondée sur une logique intemporelle. On ne rêve plus d'un idéal de société mais de nouveauté. Dans cette logique de mode, la modernité passe dans l'apparence et l'innovation pèse plus que la personnalité ou la qualité. Dernier changement, le ministère ne va promouvoir que ses propres candidats, sans s'occuper des résultats du nouveau concours. C'est le début d'un divorce entre État providence et marché libéral. Bien que le bois domine encore, l'événement est sur le corde raide, dans un " style reconstruction " (classique, utopique, porté par l'État) prêt à basculer dans le " style 50 " (moderne, artistique, d'essence libérale). Ci-dessous, en illustration, les ensembles primés illustrés dans Meubles et décors d'avril 1955 avec ARP, Roger Landault, Robert Debièvre, René-Jean Caillette, Louis Paolozzi, Jacques Hitier, Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

Probably dissatisfied with the awards distributed by the Ministry of Housing and reconstruction, at the end of 1954, the Association des créateurs de modèles (ACMS) makes a catch in 1955 Salon des arts ménagers, certainly weighing on the Technical Centre of Wood and Furniture (CTBA, founded in 1952) that he organizes another competition. It is out of such proposals where the advanced methods by René Gabriel and Marcel Gascoin are visible but getting poorer and sink in a "social style", instead of ennobling both as desired founders. In fornt of industry that has gripped in pragmatic ways, mannered and material of reconstruction, we must rebound. In the CTBA competition, Rate undergo an increase of 50% to 100% with the avowed aim of promoting prospective, focused towards new techniques. Around Gascoin, candidates show boundless creativity. However, tipping is perceived in this shift: the power of seduction lies not in the idea of ​​a luxury for all, still carrying a classic principle but in a radically modern force of renewal. The creators are faced with the obligation to invent: the furniture definitely enters a mode logic, where innovation weighs more than the personality or quality. Other failover, the ministry will continue to promote their own candidates while the second contest will remain in relative anonymity. All this clearly marks the transition between the "style reconstruction" (classic, helped by the government) and "style 1950" (modernist, liberal). Below, illustrationfrome Meubles et décors in April 1955 with ARP, Roger Landault Robert Debiève René-Jean Caillette Louis Paolozzi, Jacques Hitier Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

jeudi 15 octobre 2015

Roger Landault // style Hard-French

Ensemble de Roger Landault, récompensé par le CTB et le prix René Gabriel en 1955, cf. abc-rogerlandault 

Le site abc-rogerlandault.blogspot.fr présente de belles photographies de meubles avec noms et numéros des "modèles" ! Un luxe de précisions tiré des archives de l'entreprise ABC dont nous aimerions, par ailleurs, connaître l'histoire. En attendant, revenons vers Roger Landault, décorateur caractéristique de la jeune génération moderniste. Contrairement aux aînés, il ne vit ni ne meurt pour une idée mais s'adapte à des changements qui vont s’accélérant. Il surgit dans le "style 1940" au sein du Studium Louvre, s'épanouit dans la série avec l'entreprise ABC, et slalome entre les matières. Théorique en 1945 (style reconstruction // commission du meuble de France), son passage au "social" débute concrètement en novembre 1953 lorsqu'il conçoit des meubles pour un HLM situé au Pecq, dont les croquis sont publiés par le Décor d'aujourd'hui. Il cherche ses marques, vole une étagère à Gascoin, une chaise à Robin Day, un fauteuil à Hauville, une table à Gabriel, des accoudoirs aux frères Perreau, une desserte à "Bocado" : emprunts qui formeront les bases de son vocabulaire. En septembre 1954, pour un tarif de vente fixé à 260.000 francs (5.600 €), il obtient le second prix au concours du MRL avec l'ensemble "Junior" édité par ABC (Concours MRL 1954 // style HLM) où figure sa première "marque de fabrique" : une corniche arquée. En 1955, il créé une autre gamme d'éléments standards (intitulée "Dakar" en 1958) avec une autre signature graphique : une corniche débordante avec encoches sur les côtés pour se raccorder aux montants latéraux. Ces "meubles ABC" sont récompensés par le Prix René Gabriel et se trouve dans l'aménagement d'un appartement type de 5 pièces en HLM pour 400.000 francs (8.600 €) dans la "Ceinture verte" (immeuble de Jean Dubuisson). Roger Landault est l'un des premiers à assumer l'épuisement des possibilités formelles offertes par un rationalisme devenu style plus que projet, avec des manières plus que des méthodes. Il réinvente donc la "ligne" en tant qu'ornement et signature, à la manière des bâtisseurs de HLM qui, au même moment, doivent dessiner des bâtiments de construction identique (suivant les règles inventées pendant la reconstruction et appauvries par l'administration). Pour y échapper, les architectes jouent sur les plans masses (en "frise grecque") et ajoutent une petite "manie" qui permet de les identifier. Le Hard French (Bruno Vayssière [biblio 1988]) s'introduit dans le meuble et l'immeuble...

The site abc-rogerlandault.blogspot.fr presents photographs, with names of "series" and numbers of "models"! Numerous details about ABC company archives which we would, in addition, learn about its history. Meanwhile, back to Roger Landault, representative person of the young designer modernist generations. Unlike older's, he does not live and die for an idea but adapts to changes that will accelerate. He arises in the "Style 1940" for the Studium Louvre, flourishes in the serial production for the ABC Company, and slaloms between subjects. Theoretical, his "social" turn began in November 1953 when designing furniture for a council flat situated in Le Pecq, whose drawings are published by Le Décor d'aujourd'hui. He seeks its brands, steals wall-shelf of Gascoin, chair of Robin Day, armchair of Hauville, table of Gabriel, armrests of Perreau brothers, service table of "Bocado" loans that will form the basis of his vocabulary. In September 1954, for a sale price set at 260,000 francs (€ 5,600), he won the second prize in the MRL trial with the whole "Junior" edited by ABC company where his first "trademark": an arched cornice. In 1955, he created another range of standard elements (called "Dakar" in 1958) with another graphic signature: an overflowing ledge side notches to connect to lateral uprights. These "ABC Furniture" is awarded the Prix René Gabriel and ends up in the development of a standard apartment with five rooms in public housing for 400,000 francs (€ 8,600). Roger Landault is one of the first to assume the depletion of formal possibilities offered by a rationalism that project became more style, with more ways of methods. It reinvents a line-ornament as a signature, like public housing builders who at the same time should draw identical building construction (according to the rules invented for Reconstruction and impoverished by administration) then they play on Plans masses (in "Greek frieze") and add a small "mania" that identifies the author. Hard French (Bruno Vayssière) broke into the furniture ...

jeudi 25 septembre 2014

Style Reconstruction // Commission du Meuble de France

"placard" apposé par René Gabriel au SAD de 1947

C'est un fait nouveau, n'en soyons pas peu fiersfiers -, les écrits dans l'histoire des arts citent de plus en plus fréquemment le "style Reconstruction". La découverte d'un texte mis en ligne en 2012 par un conservateur du Mobilier National et d'Orsay (Yves Badetz sur c-royan.com) m'a fait repenser à un évènement fondateur... Yves Badetz présente ainsi la Commission du Meuble de France (CMF) comme point de départ : ce n'est pas faux du tout, le principe est ouvertement calqué sur le modèle administratif de l'Utility Furniture Advisory Committee, reconnu en Grande-Bretagne comme point de départ du "design" (Gordon Russell // Utility Furniture). On peut nuancer en affirmant que ce mouvement débute auparavant, quand la Grande Dépression provoque le déclassement du modernisme radical, en faisant ressurgir les fondamentaux Arts & Crafts, mais il est certain que la CMF marque un début en France. Le paysage créatif était jusqu'ici brouillé par des querelles et une absence de soutien administratif (les initiatives se réduisant le plus souvent à l'échelle individuelle), lorsque les protagonistes du mobilier produit "en série" s'unissent une première fois autour de cette commission ; ce sont des décorateurs inscrits à la Société des Artistes décorateurs (SAD) et financés par le ministère de l'Industrie. En observant leurs projets, on remarque une lourdeur rustique et une part importante accordée à la décoration car le terme "industrie" désigne ici l'artisanat du luxe plus que l'efficacité d'un mode de production. Suivant ce paradoxe, on comprend la brève durée de la CMF qui renaît en 1947 (elle surgit une première fois en 1943-1945, sous la direction de Leleu, Old et cie) pour disparaître l'année suivante. Son principal responsable, du moins celui qui dessine le plus grand nombre de modèles dans la version CMF.2.0, René Gabriel, jette l'éponge en affichant publiquement l'échec du projet au Salon des décorateurs de 1947 et abandonne la direction de la SAD à Jacques Adnet. C'est heureux car il va alors renouer pleinement avec la modernité ! D'autant plus qu'il obtient un meilleur accueil chez les ex-UAM et autres protégés du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, comme Marcel Gascoin avec lequel il s'associe pour organiser la section ameublement dans l'Exposition internationale (Exposition de l'urbanisme et de l'habitation // 1947), autre événement fondateur, s'il en faut, avant la réouverture du mémorable Salon des arts ménagers l'année suivante (Meubles de série // Arts ménagers 1948).

mercredi 15 janvier 2014

Pierre Pigaglio // les céramiques d'Eric (1/2)

une vingtaine de céramiques de Pierre Pigaglio, la collection GG

Référence nécessaire au feu pendant les grands froids, la Maison du Patrimoine du Havre accueille des céramistes de mi-janvier à mi-février. Premier événement en 2014 : Pierre Pigaglio. Pour ce personnage, la part de mystère domine encore, à l'exception des informations circulant à Saint-Amand-en-Puisaye (grespuisaye.fr // Pigaglio), avec une photographie collective (grespuisaye.fr // Maubrou) et une date de naissance : 1913. Pierre Pigaglio s'y est installé de 1942~44 à 1947~50 en reprenant l'Atelier de Jean Maubrou et son tourneur, Camille Gendras. Ajoutons que l'Atelier accueille et forme, de décembre 1945 à décembre 1946, Jean Derval. S'il semble difficile de détricoter les rôles de chacun dans le quatuor Pigaglio-Maubrou-Derval-Gendras, on peut observer des variances suivant les signatures : les pièces uniquement marquées "PPigaglio" sont ultra-sobres ; quand s'ajoute "D" ou "Derval", elles sont lourdement ornementées ; quant au "PMP" (Pierre Pigaglio-Maubrou), il apparaît presque systématiquement et accompagne les nappages travaillés où se retrouvent les recettes de Maubrou, émaux dans un rouge de cuivre tournant vers le turquoise ou dans un blanc crème plus ou moins cristallisé. Au tourneur la fabrication, au maître les nappages, à l'apprenti les ornements ! Quant à Pigaglio, il impose ses formes. Son arrivée dans cet atelier est immédiatement remarquée par sa production atteignant une simplicité extrême, un moment où les modèles vernaculaires de la tradition potière renaissent en étant épurés, remodelés, "modernisés" - coupe, coupelle, assiette, vase, pichet, bonbonnière, bougeoir, pied de lampe, service à liqueur, etc. -, créant un instant identifiable entre la pièce unique et la production de masse, atténuant les débordements décoratifs de l'Art déco pour réintroduire l'utilitaire. Les critères du "style Reconstruction" s'y retrouvent donc, montrant qu'ils touchent la céramique au même titre que l'architecture et l'ameublement... Voilà l'explication de l'omniprésence de Pierre Pigaglio aux salons de la Société des artistes décorateurs de 1945 à 1949, à l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation (Paris) et à l'Exposition itinérante La céramique française contemporaine (Vienne, Baden-Baden, Berlin) en 1947. Dans le catalogue de Vienne, Renée Moutard-Uldry résume ainsi la situation : "Indiquons deux aspects assez différents en pleine et juvénile évolution de la céramique française. Nous pensons d'abord aux oeuvres inspirées ou vivifiées par des traditions régionalistes et se réclamant de la poterie populaire (Pigaglio, Madoura, Roulot, Blouzard). Enfin, une tendance nouvelle semble prendre, ces dernières années, une importance particulière : des artistes (Pouchot, Jouve, Lenoble, les 4 Potiers, Carbonell, Chevallier [s'ajouteront Callis et Derval]) renonçant au tour, préfèrent modeler ou sculpter la terre, créant ainsi des oeuvres d'un caractère nettement décoratif..." Les créateurs du modernisme social s'orientent évidement vers la première tendance, on retrouve donc Pierre Pigaglio dans les stands et boutiques de René Gabriel, Marcel Gascoin, Landault et Mortier jusqu'au début des années 1950 ; il est encore cité et illustré dans l'ouvrage de Michel Faré, La céramique française contemporaine en 1953 : "Dans ce même village [Saint-Amand-en-Puisaye], Pierre Picaglio [sic] réussit à résoudre le difficile problème d'une production artistique qui soit assez abondante pour répondre à toutes les demandes." Puis il disparaît brutalement du paysage, étouffé par la vague néo-moderniste des "Dubrocq" ! Malheureusement, quand le brutalisme refait la mode dans les années 1960, Pigaglio n'apparaît plus, une absence notoire en 1962 quand le Musée des Arts décoratifs présente les Maîtres potiers contemporains où il est juste cité comme un ancien collaborateur de Jean Derval... 3ème version 09 fév. - merci à Patrick Favardin et grespusaye.fr

A Fire reference necessary during cold weather , the "Maison du patrimoine" in Le Havre host ceramists in January-February ... First event , 2014 : Pierre Pigaglio . Let us in the introduction that the potters are singular artists who, like cooks and magicians are organized by families are transmitted secrets "recipes ", " cooking ", " wheel " , " kiln " sometimes even " factory ".  Pierre Pigaglio (born 1913) , mysterious ceramist installed 1942 /44 to 1947/50 in Saint-Amand-en-Puisaye (cf. grespuisaye.fr ) is very prestigious lineage : he moved into the Jean Maubrou factory , student of Edmond Lachenal , itself formed by Théodore Deck ! Let us add that everyone knows : Pierre Pigaglio was master of Jean Derval . Why this long lines ? Because potters cannot ignore that transmission is at the origin of invention, material leaves know that rubbing it, experience ca not be limited to words of writings or pictures because it lies only in the action. That said, here are some pictures of the GG Collection where we can see how the pottery tradition can be reshaped : cut, cup , vase, pitcher , candy box , candle holder, lamp base , liquor flask. The works are all signed Pigaglio & Maubrou with a suggestive " PMP " and / or " PPigaglio " sometimes "D" is added to indicate the intervention of Derval in decoration. Everything is in a erthenware- white to dark brown ware with occasional thin traces found pyrite.On brand Maubrou the work surface of the parts , especially on small cuts in enamel glazes with the red copper turning to turquoise, cream and more or less crystallized. But Pierre Pigaglio mainly by the extreme simplicity of its style , the potter accompanying René Gabriel , Marcel Gascoin or Roger Landault from 1945 to 1950, creating an identifiable moment between precious splendor of Art Deco and modernist style demonstrations of 1950 , between the single room and mass production - the characters of " Reconstruction style " that affects the ceramic as well as architecture and furnishings ...


mardi 5 novembre 2013

Robert Sentou // chaise de Roger Landault

chaise Betty, édition contemporaine de Sentou

"Tout commence dans le Sud-Ouest quand Robert Sentou fonde en 1947 l’usine de meubles "Bois du Périgord". Parmi les premiers, il édite des créations de grands designers. » Voici comment se présente aujourd'hui la Maison Sentou sur son site internet (sentou.fr). Elle fêtera bientôt ses 70 ans et c'est l'une des très rares fabriques françaises à avoir survécu à la grande extinction des années 1980, sans doute grâce au flair des fondateurs et à Pierre Romanet qui effectue en 1991 le tournant vers notre époque. Depuis, cette maison de Province est devenue une célèbre marque parisienne et maintient toujours une ligne de qualité à des prix relativement abordables. Attention, abordables au sens parisien car il faut quand même compter 250 euros pour cette chaise (voir chaises UAM // prix utiles)  - mais quelle chaise ! Elle est décrite ainsi par le site de vente Okxo : "Sentou réédite la chaise Betty datant de 1962 ! Sans prendre une ride et plus que jamais dans la tendance du moment, on aime ses lignes à l'esprit nordique et son style rétro intemporel. Une structure en chêne et une assise et dossier en multiplis laqué mat, légèrement incurvés et aux formes douces. ! " Une enquête montre qu'elle est plus ancienne et n'est pas scandinave mais française, typiquement dans le "style Reconstruction" d'où son côté "rétro intemporel" comme dirait le communicant. De fait, c'est la descendante d'une chaise célébrissime de Roger Landault crée en 1954 pour ABC (CTB// concours 54-55). Dessinée pour Roger Sentou en 1958, , elle se nomme Ellipse à cette époque, elle est démontable et livrable en version contreplaquée ou garnie, elle existe aussi dans une variante paillée appelée Trapèze. Ci-dessous, illustrations du modèle "rétro"... Et merci à Eric pour l'info.

samedi 19 mai 2012

Concours 1954-55 // Ministère de la Reconstruction

stands de Pierre Cruège et de Pierre Broc au Printemps, meubles du concours CTB-MRL de 1954

En fin d'année 1954, le mobilier Reconstruction passe en mode automatique. Le Décor d'aujourd'hui (numéro 92, pp. 130-136) signale que "les organismes officiels s’occupent enfin des créateurs de meubles" et présente un article très illustré. "Le Ministère de la Reconstruction et du Logement et le Centre Technique du Bois ont sélectionné avec clairvoyance de très intéressants ensembles au Concours du mobilier de série qu'ils avaient eu le mérite d'organiser il y a plusieurs mois. Il était imposé aux concurrents la réalisation d'une chambre à coucher ou d'une salle de séjour pour le prix modeste et fort surprenant de : 75.000 fr pour la chambre à coucher, 75.000 fr pour la salle de séjour. Les ensembles réunis dans ces quatre pages sont exposés aux Grands Magasins du Printemps. Il faut s'intéresser à leurs prix de détail car l'on trouve par exemple un bahut à 29.500 fr, ou des chaises à l.925 fr." Après divers reports, l'échéance tombe le 14 septembre 1954. Les lauréats et quelques candidats sont présentés avant même d'obtenir un stand officiel au salon des arts ménagers en 1955 (dans les minuscules maisons Courant). Les amateurs remarquent quelques noms : il s'agit des frères Perreau ou de Roger Landault (cf. Roger Landault // style Hard French). Il faut aussi analyser un glissement car le premier prix remis à Pierre Cruège récompense un style plus maniériste que rationaliste. De même, la chaise Landault s'inspire d'innombrables modèles préexistants, mais elle s'avère être la plus simple et la plus économique. Rappelons que l'aménagement complet du logement - de l'armoire de chambre jusqu'à la brosse à vaisselle - était limité à 260.000 francs (env. 5.000 euros), somme allouée par l’État à un couple sinistrés. Il faut cependant constater que la diminution des coûts poussent vers une relative fragilité. Les épaisseurs rompent définitivement avec le rustique ou le cossu (qui garantissait un usage pluriséculaire), pour adopter une finesse "métastable" dans des bois plus fragiles... Concernant ces produits nouveaux, la critique n'évoquent plus vraiment le confort, ni la "robustesse", mais parle de chaises "sur lesquelles on peut espérer s'asseoir longtemps en toute sécurité". Le ton révèle une condescendance pour un "autre public". Un trimestre plus tard, le Salon des arts ménagers présente ces mêmes meubles dans les microscopiques Maisons économiques et familiales alors que les galeries du Printemps exposent les fastes d'un chic Knoll (Knoll // Printemps 1955). La rupture est brutale. Désormais, le "style Reconstruction" est un "économique et familial", bientôt un "style HLM"... Que l'on va renier de la même manière que l'architecture, dans un silence qui se prolonge encore.

As a Polaroid (now integrated in the Picasa photo software), the reconstruction style slides into automatism. At the end of 1954, an article illustrated (Décor d'Ajourd'hui, n°92) reports that officials organism (Wood Engineering Office, Ministry of Housing) organized a competition to define modern and economic models. In 1954, the winners are Herrmann and Cruège but also we discover Landault, Perreau, Broc, Broyard, Leloup, Martinet, Heutte, Levigne, Klein, Martinet. A year later, the Engineering Office (CTB) puts the price alone : and it is not the same choice ...

samedi 28 avril 2012

Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen


stand de J.-B. Bouvier

Du changement ! A la célèbre adresse des puces de Saint-Ouen "Marché Paul Bert, allée 6, stand 91", nous découvrons désormais la galerie de l'artiste Jean Baptiste Bouvier (supermoderne), exposant le mobilier français d'après guerre. Le cercle s'élargit, et le mouvement s'accélère. Contrairement à l'usage, sa sélection ne va pas tant vers les objets du "Pop 1950's" qu'en direction des tons subtils, des bois clairs, de la simplicité et des finitions du style Reconstruction. René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault et Raphaël sont à l'affiche pour l'ouverture de la galerie - le premier week-end de mai... La question mérite d'être posée : qui est Jean-Baptiste Bouvier ?

Change to the famous address of Saint-Ouen flea Market "Paul Bert, went 6, stand 91", now we discover gallery of the artist Jean Bapiste Bouvier, exposing French postwar furniture. The circle widens, and the movement accelerates. Contrary to custom, his selection does not move towards the objects of "1950's pop" but towards subtle tones, light woods and simplicity of reconstruction style. A poster for the opening of the gallery (May, first weekend): René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault, Raphael... Question worth asking: Who's Jean-Baptiste Bouvier?