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mardi 4 mai 2021

René Gabriel // Fauteuil Morris



Une fois encore, je laisse la parole, car l'histoire est riche, émouvante, digne d'être partagée.

" Nous avons acheté une ancienne et grande maison à rénover dans un petit village de Bourgogne. Elle avait été  habitée au début du siècle dernier par une famille de la petite bourgeoisie qui possédait plusieurs propriétés et appartements un peu partout en France, dont quelques-uns sur Paris. Après le décès du propriétaire durant la Seconde Guerre mondiale, la maison est devenue un lieu de vacances dans laquelle les membres de la famille venaient se reposer pendant l'été. Nous en arrivons donc à la petite histoire de ces meubles acquis pour aménager de manière plus ou moins pratique cette maison. C'était une famille très instruite, qui aimait l'art, les livres, le "stylisme", la mode, les voyages, et qui avait également les moyens de se faire plaisir. 

" Quand nous avons visité la maison, juste avant de l'acquérir, les nombreux meubles et affaires de plusieurs générations étaient encore présents. En effet, le propriétaire actuel ne souhaitait pas les récupérer. Il a juste conservé quelques objets sentimentaux. Ses enfants n'étant intéressés ni par la maison, ni par son contenu, il ne savait pas comment s'en débarrasser. Comme nous voulions remettre des meubles anciens une fois les travaux terminés, cela lui faisait plaisir de nous les donner et de voir revivre ainsi ses souvenirs familiaux. Ce sont des meubles que nous avions jugé sans valeur, perdus au milieu d'une grange parmi des objets de tout genre, dont un grand nombre étaient moisis à cause des années passées dans l'humidité.

"Je ne sais même pas comment ce fauteuil a pu rester relativement bien conservé. Nous hésitions à le mettre au feu ! Heureusement, nous nous sommes dit qu'il était en suffisamment bon état pour trouver un acquéreur sur "leboncoin". J'avais déjà mis un assez grand nombre d'annonces pour d'autres vieux objets récupérables, car nous ne pouvions pas tout conserver. Les gens regardait autour en venant chercher leur achat, mais personne n'a prêté attention à ce fauteuil alors qu'il était à côté du reste. Un jour, j'ai fini par mettre l'annonce en ligne : "fauteuil 60 €". Là, en moins de 5 minutes, trois acheteurs m'ont appelé en surenchérissant les uns sur les autres pour atteindre l'offre inimaginable de 1700 €, en liquide, sans donner ni chercher d'explication ! Cela me semblait  fou ! Pour éviter que les appels ne s'accumulent, j'ai donc décidé de stopper la vente et de faire quelques recherches.

"À peine l'annonce retirée, une personne - que je remercie pour son honnêteté - ayant relevé mon numéro de téléphone, m'envoie un bref message m'informant que le fauteuil que je cherchais à vendre était peut être "un René Gabriel". Le lendemain, en regardant de plus près, soulevant les coussins, j'ai vu sur le bois un marquage au fer "LIEUVIN" et un numéro illisible. N'y connaissant rien en meuble et encore moins en design, j'ai recherché les informations disponibles sur internet. J'ai vu des photos très ressemblantes et lu quelques articles sur René Gabriel. Parmi ceux-ci, des extraits du livre de Pierre. A tout hasard, étant tombé sur ce blog et son adresse mail, je me suis risquée à lui demander de l'aide. Je ne m'attendais pas à une réponse. Et pourtant, il m'a contacté tout de suite. Je pense que je me souviendrai toute ma vie de cette incroyable trouvaille, comme un petit trésor. En plus, c'est passionnant d'aborder tout ce pan de notre histoire qui m'était inconnu, de découvrir ainsi le "marché de l'art", et je compte continuer les recherches... Une expérience que nous n'oublierons jamais, super-enrichissante pour moi, mon mari et pour mes enfants..."

Ci-après, un mot ou deux sur ce fauteuil Morris, version René Gabriel, édité par Lieuvin vers 1946, avec quelques photos des détails.

mercredi 15 juillet 2020

Bernard Durussel (1926-2014) // desserte roulante

Desserte roulante de Bernard Durussel, modèle de 1949, éd. M A A M F


Une découverte de Sophie Pagès (ebay.frfacebook.com), cette desserte en "état neuf" a été chinée samedi dernier "au cul du camion" (comme on dit dans le métier...) et son origine serait toulousaine...  Antiquaire installée depuis 2007 près de Perpignan, sans boutique en dur, sans ligne de conduite stricte, son "inventeuse" essaie et parvient à conserver un bel œil sur les objets. Elle s'intéresse surtout aux Arts d'Asie, du Vietnam précisément, et à l'influence coloniale sur les Arts Décoratifs du XXe siècle, mais aussi à la question - si passionnante - de la reconstruction, car elle a été initiée dans ce métier par "un fou de René Gabriel", en particulier, et de l'avant-garde des "jeunes loups". À noter que Sophie Pagès a également tenu une boutique de décoration, proposant ses propres créations, en Egypte, de 2000 à 2006 : beau parcours qu'il fallait souligner en introduction.

Venons-en à sa découverte : une desserte roulante d'un modèle présenté pour la première fois au salon des Arts ménagers en mars 1949, promue par l'Association des Créateurs de Modèles de Série (ACMS) entre 1953 et 1957. Riche de tiroirs, plateaux et rangements en tout genre, elle est parfois décrite comme un "buffet roulant", summum d'un fantasme partagé par les décorateurs de ce temps-là !

En 1949, Bernard Durussel possède déjà sa propre entreprise de décoration et déclare son siège dans le 16e arrondissement de Paris, tout en publiant de nombreuses publicités dès son lancement dans les revues avant-gardistes : Maison française, Meubles et décors, Décors d'aujourd'hui... L'homme semble avoir les moyens de ses ambitions, tant par sa formation que par ses finances. Né dans les années 1920, débutant sa carrière après la Seconde Guerre mondiale, il représente parfaitement cette nouvelle génération privilégiée que l'historien d'art Patrick Favardin (1951-2016) nommait les "jeunes loups" : ceux qui chevauchent le dragon en succédant à la deuxième génération des Modernes condamnée à piétiner (pour ne pas dire trépigner) dans l'Entre-Deux-Guerres (Gabriel, Gascoin, Perriand, Prouvé...). Les "jeunes" venus en renfort sont à la fois sur-diplômés et formés auprès des créateurs les plus progressistes de leur époque. Ils voient rapidement leurs ambitions satisfaites. Dire qu'il n'y a plus de combats à mener pour promouvoir la Modernité ne serait pas juste, mais il faut bien constater que l'industrie se laisse facilement convaincre après la Libération (avec une naïveté touchante qui évoque aujourd'hui le succès des outils numériques dans le contexte de l'après-crise sanitaire).

Alumnus de Camondo (ecolecamondo.fr), Bernard Durussel appartient à la promotion n°1 de l'école, qu'il intègre dès 1944 pour ressortir diplômé en 1946 :
"En 1944, le Centre d’art et de techniques est fondé à l’initiative des décorateurs Henri Jansen, André Carlhian et Dominique (André Domin et Marcel Genevière). Il délivre un diplôme de décorateur-ensemblier. Hébergé à son ouverture dans le Musée Nissim de Camondo, il est ensuite rebaptisé École Camondo et plus tard transféré au boulevard Raspail." (madparis.fr)

Trop oublié, Durussel est l'un des seuls en France, avec Jacques Hitier et Pierre Guariche, à jouer pleinement l'alliance de l'ossature métal avec le remplissage bois. Sa première association se fait avec un industriel spécialiste de l'équipement des collectivités : la MAAMF... Il a une carrière accomplie mais discrète (35e dans les citations cf. Maison Française // sommaires n°1 à 120). Néanmoins, il se situe dans le premier cercle des "créateurs de modèles de série" (designers). Porté par Marcel Gascoin qui l'embauche dans son agence en 1948 (cf. la biographie de Gascoin éditée par Norma), son maître lui ouvre la même année la possibilité d'exposer ses propres créations au Salon des Arts ménagers (Meubles de série // Arts ménagers 1948). Il y rencontre inévitablement René Gabriel (responsable de la section où Durussel expose), alors que celui-ci travaille déjà depuis quelques temps sur des étagères fixées par une ossature métallique, dans un projet d'avant-guerre qu'il édite pour un foyer d'étudiants en 1946). Notons aussi que Prouvé est déjà bien présent dans ce domaine...

S'il rencontre ainsi plusieurs pionniers de la "deuxième génération" dès 1948, il en connaît un nouveau l'année suivante, plus proche de son âge : René-Jean Caillette. En effet, avec Jacques Hauville, Bernard Durussel est le second ancien employé de Gascoin qui participe à l'exposition organisée par Caillette sous le nom de "Groupe Saint-Honoré"... Mais son réseau est encore plus étendu en 1949, car il est aussi membre de la Société des Artistes Décorateurs et expose donc au côté d'un autre fanatique du mobilier en tube de métal, Jacques Hitier. Il n'est donc pas étonnant de le retrouver dans le salon des membres de cette société (SAD n°35 1949 // catalogue) où il présente un "mobilier pour l'hôtellerie coloniale, en tube et chêne : lit-sofa, chaise longue, fauteuil léger, table à écrire, table basse- garnitures des sièges amovibles, éd. M.A.A.M.F., rue François-Ier, Saint-Dizier"...

Son parcours est ensuite celui de tous les proches de Gascoin : membre de l'ACMS, participation à une exposition Formes Utiles / ex-UAM, une commande d'Etat en 1952 (SIV - archives nationales), etc. La liste s'achève en 2006 lorsque son nom s'inscrit dans la célèbre vente Tajan "Fonctionnalisme et Modernité".

Pour en savoir plus, l'école Camondo - qui dépose en ce moment son histoire en ligne - a retrouvé de nombreux et très intéressants éléments biographiques sur cet ancien élève. Une page de son site (ecolecamondo.wordpress) offre un récit quasi-complet de son parcours, avec webo-bibliographie (incluant le blog Art utile, merci à eux). On découvre sa date de naissance (probablement puisée dans son dossier scolaire), à partir de quoi il devient possible de retrouver son nom dans le fichier INSEE des décès (data.gouv.fr), qui signale un "DURUSSEL Bernard Louis Victor" né dans le 14e arr., le 7 juin 1926, et décédé le 22 août 2014, dans le 16 arr. Il n'y a donc pas si longtemps...

Ci-après : photographie de la desserte trouvée par Sophie Pagès ; publicités et stands de Bernard Durussel en 1949

dimanche 18 novembre 2018

Modernité algéroise // No Francis Jourdain

Le fauteuil "no-jourdain" présenté dans le stand de l'Algérie à l'Exposition internationale de New-York, en 1939, pour l'aménagement du Palais du gouvernement (Alger), de l'architecte Jacques Guiauchain, avec l'assistance d'Auguste Perret.
Source : Plaisir de France, 1939-07 - p119 "La France d'Outre-mer"


"Je suis sensible au mobilier de la reconstruction et je visite régulièrement votre blog que je trouve très instructif et plaisant à consulter. Je me permets de vous adresser ce mail car j'ai été intriguée par vos photos de détails du fauteuil conçu par Jourdain [collection GG]. Mes grands parents ont acquis dans les années 1945/50 des fauteuils très semblables, mais avec des motifs triangulaires plus étendus sur le dossier et les piétements. Ces fauteuils font partie d'un ensemble de meubles frappés de motifs identiques comprenant une table, un lit, une armoire, un buffet, etc ... dont je doute qu'ils aient été conçus par Jourdain. Ces meubles ont été achetés à Alger dans un magasin qui était "les galeries Barbès locales" (dixit ma grand mère). Je vous joins quelques photos des meubles en question. "

Merci à Anne Maquignon pour ce courriel. Il ne laisse planer aucun doute quant à la fausse identification de ce fauteuil célèbre en pitchpin teinté, décoré au poinçon : non, en effet, il n'est définitivement pas de Francis Jourdain. Certains connaisseurs, particulièrement avisés, le signalaient déjà comme une "production française des années 1940" et certaines petites annonces de particuliers, probablement mieux informés relativement à la provenance de ce qu'ils mettaient en vente, lui donnaient au contraire une origine un peu plus exotiques, tantôt "algérienne", tantôt "marocaine", tantôt "Afrique du nord". Les deux ne sont pas contradictoires au début des années 1950 ! L'étude attentive de certaines variantes très travaillées avec des motifs "frappés" de triangles regroupés en croix et carrés, montrent l'inscription des ornements dans un art décoratif relativement singulier au sein des productions modernes. On parlait alors de "style colonial", ce qui correspondait à l'extension du "rustique moderne" hors de "France métropolitaine". On y retrouve le motif du claustra, voir du moucharabieh, ce thème à la fois oriental et moderne, jazz et exotique. Il s'agissait de reprendre les formes issues de la production mécanisée en y appliquant les matières, les finitions et quelques discrets ornements abstraits puisés dans un répertoire local. Il n'y a donc pas de contraction entre ces ornements et la modernité, et moins encore concernant la ligne générale de ce siège évoquant sans complexe le "fauteuil planteur" (de la Craftsman chair au Mission style - en passant évidemment par le fauteuil Morris).

Ci-après, les photographie d'Anne Maquignon de son ensemble acheté à Alger, que l'on retrouve dans les archives associé au Palais du gouvernement installé dans la même ville. Il est complet : les mêmes motifs se retrouvent en effet sur l'armoire, le buffet et le chevet. Ils montrent  qu'il ne s'agit pas d'une production de Francis Jourdain, mais bien d'une autre origine : très probablement, comme le disait la grand-mère d'Anne Maquignon, les célèbres Galeries Barbès qui étaient implantées à Alger, rue Michelet (actuelle rue Didouche-Mourad). Ceci explique la relative abondance de ces modèles dans les ventes. Ils démontrent également l'impact de Francis Jourdain et de René Gabriel dans les productions industrielle d'après-guerre, et plus généralement des influences réciproques entre "style colonial" et "design reconstruction"... bien avant que tout cela ne soit neutralisé par le "style international" ! Voici donc un fauteuil encore rugueux, à la fois très moderne et très vernaculaire - expression du vieux rêve Arts & Crafts que l'on trouvait déjà chez les "bretons modernes" des Seiz Breur (dès les années 1920) et qui a malheureusement été totalement discrédités suite à sa récupération par des idéologues folkloristes aux heures les plus sombres. Là, en "Afrique Française du Nord", on peut heureusement échapper aux amalgames et regarder avec une certaine quiétude cette charmante production de ce territoire qui était alors considéré comme une province française.


vendredi 18 décembre 2015

Georges Tigien // le scoubidou hors Sognot

Publicité montrant le "laçage" dans une création de Georges Tigien, Maison française, janvier 1960, p.193
Publicité La Maison Européenne, Georges Tigien, Maison française avril 1963 (n°156), p.27 

Un grand merci à Havoise Mignotte qui a découvert une splendide série de meubles, jusqu'ici faussement attribués à Louis Sognot. Connaissant bien l'histoire de l'architecture et de l'ameublement, actuellement en formation à l'école Boulle, elle a rapidement compris l'erreur d'identification. Si le fil dit " scoubidou " est utilisé sur des ossatures bois par René Gabriel pour le service des constructions provisoires, en 1942-43, et par Louis Sognot pour le mobilier primé par le CTB dix ans plus tard (concours 1955 // Centre technique du bois), ils n'ont pas l'exclusivité de cette alliance. Dans l'ensemble d'Havoise Mignotte, le fil plastique est présent sur quatre tabourets, un porte-bagages d'hôtel et une corbeille à papier. L'association en elle-même signale une production destinée à l'hôtellerie, premier indice permettant de cerner le milieu du 20ème siècle, lorsque ce secteur joue un rôle privilégié dans la production moderne en série. Toutefois, d'autres indices montrent que l'on se place bien après la reconstruction : les sections coniques ou rondes des pieds, l'épaisseur importante des lacets blancs, l'architecture décomplexée des profils, l'effet baroque du lourd sur léger, ainsi que le choix du teck qui situent vers l'extrême fin des années 1950, quand les scandinaves imposent leurs marques. Il ne reste qu'à fouiller les vieux numéros de Maison française... C'est alors que l'on redécouvre, à partir de janvier 1960, le nom de Georges Tigien dans la publicité associé à une diffusion par la "Maison européenne". Dans la même période, en avril 1960, un article de Meubles et décors précise que le modèle " chauffeuse-dormeuse " se transforme sans l'aide d'aucun mécanisme " en " relaxe-télévision ", en lit ou en canapé ; les coussins sont en mousse de latex moulé ; le laçage en " fil Prenas, indéformable, incassable et inaltérable ". Créateur aujourd'hui inconnu, Georges Tigien a une marque graphique très reconnaissable grâce à ces épais joncs plastiques blancs formant des boucles bien visibles sur les rainures latérales. Nul doute que son nom va désormais circuler chez les amateurs de vintage. Les formes simples, très épurées, les pieds ronds emboutis et collés, montrent un intelligent sens de l'économie, développé grâce à ce robuste matériau plastique. Plus caractéristique encore, le choix de recouvrir d'une laque satinée noire les montants en bois afin qu'ils laissent se détacher les fils blancs, amplifiant à l'extrême la distinction entre pleins et vides - contraste qui n'est pas sans anticiper la mode des décennies suivantes... Mais non, là, c'est plus ancien. Sous le noir, ce n'est pas du toc, c'est bien du teck ! La Maison française en fait la description dans son numéro 156 d'avril 1962 : "De gros fils de nylon blanc forment le sommier et décorent l'avant de cette banquette-lit en contrastant avec le teck ou le bois laqué noir (elle existe dans ces deux versions). Le matelas mousse de latex replié le jour est revêtu extérieurement de skaï rouge (ou noir) et intérieurement de tissu de laine moutonné blanc. Les coussins-pupitres forment oreiller." Pour voir le résultat, ci-après, un ensemble vendu par Leclere à Marseille et quelques photographies prises par Havoise Mignotte...

Un courriel d'Etienne Prénas précise le contexte (ajout 12 février 2016) : "Nous avons pris connaissance de votre mail et avons lu avec plaisir le blog. Cela a réveillé beaucoup de souvenirs à mon oncle et mon père Mrs Jean Claude et Dominique Prénas qui ont côtoyé en 60 Georges Tigien avec mon grand-père Pierre Prénas au moment de la mise au point du laçage de la gamme chauffeuse, lit, chaise et tabouret. J’ai dépoussiéré le dossier consacré à Georges Tigien (La Maison Européenne) et ai retrouvé un brevet Anglais de laçage de chaise datant de 1937 qui a inspiré Georges Tigien , lui-même a déposé un brevet sur le pliage de la chauffeuse avec le design qui lui est propre. Sur ces produits le revendeur de la partie ossature bois est Marcel Pradera à Pont-de-Poitte (Pradera Meubles (SA)). Ensuite les Ets Prénas ont développé leur gamme de lit , table et banc « Serein » voir la page histoire sur notre site pour les collectivités avec laçage sur cadre acier." Grâce à ce mot sympathique, nous devinons une aventure humaine où se rencontrent un créateur moderne et deux industriels ouverts et inventifs. Nous pouvons retrouver les brevets et ainsi dater précisément la technique laçage entre septembre 1958 et avril 1959, la diffusion débutant en janvier 1960.

A big thank you to Havoise Mignotte who discovered a series of splendid furniture, hitherto falsely attributed to Louis Sognot. Familiar with history of architecture and furniture, currently training at the Ecole Boulle, she quickly understood the misidentification. If the wire says "scoubidou" is used on wooden frames by René Gabriel (for the temporary buildings board, in 1942-43) and Louis Sognot (in 1955), they dont exclusive of this alliance. Overall Havoise Mignotte, plastic wire is present on four stools, a hotel rack and a wastebasket. The association itself indicates a destination to the hotel, the first clue to certify the mid-20th century, when this area acts as a preferred customer for a modern mass production. However, other evidence that we place well after reconstruction: conic sections or round feet, the large thickness white laces, the uninhibited architectural profiles, heavy effect on lightness and the choice of teak date later 1950s, when the Scandinavian impose their brands. It remains only to search the old numbers of Maison française ... It is then that we rediscover, starting from January 1960, the name of Georges Tigien in advertising. He finds himself in April 1960 in an article of Meubles et décors which states that its "fireside-sleeper" turns without using any mechanism "to" relax-TV "in bed or sofa, the cushions are molded foam latex. The lacing "Prenas wire, dimensionally stable, unbreakable and unalterable" Unknown Creator today, Georges Tigien however, a graphic mark very recognizable through these thick white plastic rods forming loops on the lateral grooves. No doubt that his name will now move quickly in vintage lovers. Simple shapes, very clean, round feet stamped and glued, show an intelligent sense of economy, developed through this rugged plastic material. More characteristic again, choice of cover with a black satin lacquer wood studs so they leave detach the white son, amplifying to the extreme the distinction between full and empty - contrast that is not without anticipating the subsequent decades of fashion, especially in the early 1980's ... But no, it's older. Under the black, it's not fake, it's teak! To see, below, a set sold by Leclere in Marseilles and some photographs taken by Havoise Mignotte ...

mardi 22 septembre 2015

Cadeau Boncoin // Guillerme et Chambron


Ce message s'adresse à ceux qui souhaitent se meubler " art utile ", dans la version cossue, d'une lourdeur assumée mais pour un prix raisonnable : découvrez ce bel ensemble " Votre Maison ". Comme la plupart des meubles créés et diffusés par cette marque, il a probablement été édité dans les années 1980 et se vend en ce moment sur le Boncoin, pour moins de 1000 euros... chaise " Thierry ", bahut " Raphaël ", lampadaire " portemanteau ", etc. Demandez les références de l'annonce sur ce mail et prévoyez ensuite un bon camion et un assez long voyage. Pour d'autres renseignements : voir ce nouveau site pourvotremaison.blogspot.fr

jeudi 1 janvier 2015

Boncoin.fr // nouveaux arrivages



(message posté le 1er août 2014 réactualisé) parmi les millions de photographies en ligne sur leboncoin.fr, il y a tout ça ! Cependant, les yeux qui surveillent ces annonces sont légions et les plus incroyables trouvailles disparaissent vite... Et Hop ! C'est ainsi que le tableau de chasse s'assimile à une compulsion collective, faisant se toucher la préciosité et la vulgarité (meubles d'urgence // René Gabriel 1/2). Cependant, contrairement à la complexité demandée quand il s'agit d'aimer la banalité, la quète du rare et du précieux est évidente pour tout le monde : la beauté - à l'instar de la bonté - est la norme la mieux partagée. Nous aimons tous jouer à la chasse au trésor... Heureusement, pour balayer cette évidence, Wikipedia cite Jacques Le Goff dans la rubrique Leboncoin.fr et ouvre une amusante dimension anarco-médiévale : "D'une certaine façon, leboncoin.fr est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement." Ajoutons un nouveau marché de l'art où chacun devra apprendre à être son propre expert, à exprimer son goût ! En attendant, voici des trésors photographiques où le préciosité est banalisée.

Among millions of photographs online in leboncoin.fr, there all! However, eyes that monitor these ads are legion and most amazing finds disappear quickly ... And Hop! Thus the table hunting is assimilated to a collective compulsion, by touching the preciousness and vulgarity (emergency furniture // René Gabriel 1/2). However, unlike the complexity required when it comes to love banality, the quest of rare and precious is obvious to everyone: the beauty - like kindness - is the best shared standard. We all like to play treasure hunt ... Fortunately, to sweep this evidence, Wikipedia.fr cites Jacques Le Goff in the section Leboncoin.fr and opens a fun anarcho-medieval dimension: "In a way, is leboncoin.fr the twenty-first century that the fair was in the Middle Ages. At that time, there were not so many shops or in town or in the countryside. The large center where people of every procured was fairs . I analyze rather the rise of Bon Coin as an expression of "resourcefulness" French. It is this spirit that has attracted countless people to Paris early. The site democratizes product acquisition a large part of the price can be linked to intermediaries. It offers a return to the medieval quality of life, with warmth and support. It also appears very effective in the real estate market, automotive and employment This latter point is particularly important now. " Add a new art market where everyone must learn to be his own expert to express his taste! Meanwhile, here's photographic treasures where the preciousness become commonplace.

mercredi 1 février 2012

Atelier Saint Sabin // Ancien et moderne

Chaises démontables Saint-Sabin, via ebay

L'Atelier Saint Sabin, entreprise familiale qui existe toujours et conserve sa spécialité historique, cache dès ses origines un excellent créateur : Pierre Roche, diplômé de l’école Boulle. Reconnu pour sa qualité, l'Atelier adopte à ses débuts un style à croisillons très identifiable puis, en 1953, ouvre une gamme "jeune", avec des tabourets, des chaises et de petites tables aux lignes épurées. Pratiques et colorés, ils incarnent la vogue du Gascoin, du Knoll mâtiné de scandinave, mode qui fait renaître au même moment l'entreprise d'André Sornay à Lyon. Tout ceci est dans l'air du temps, celui du gain de place : en bois, robuste, sobre, démontable... Saint-Sabin  se distinguant par une construction économe d'une logique aussi efficace qu'irréprochable.

Atelier Saint-Sabin cover certainly a creator of excellence, whose name remains secret behind the label - a nasty practice in first industrial furniture. Often known for its quality models, those furnishings adopt an executive style like Jacques Adnet. In 1953, we move to modern style, a new kind of stools and chairs arrive in catalog. Lightweight, practical, colorful, they embody the fashion style Gascoin, the first Knoll, inspiring André Sornay at the same time ... In this times: wood, sanity and removable...