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samedi 23 mars 2019

Fonds MRU // Marcel Gascoin en couleur, &©Terra

Arch. Vivien - Sonrel - Duthilleul ©, design Marcel Gascoin©, photo Paul Henrot©, fonds MRU©, ministère d'&©Terravia Art utile...


Bonne ou mauvaise nouvelle à propos du fonds du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? Autrefois, ce trésor d'images mal numérisées, caché dans le recoin du disque dur d'un ordinateur poussiéreux, était bien planqué au fond d'un bureau introuvable, au sein d'un ministère non-identifiable. Autrement dit, c'était le bon temps. Seuls quelques acharnés pouvaient joindre l'employé du ministère d'On-Ne-Sait-Quoi pour découvrir ce qu'il voulait bien leur montrer... Un bref instant, ce ministère s'est nommé Dédé, ce qui attirait évidement la sympathie : "DD" pour "Développement durable & caetera", concept datant de l'époque où malthusianisme économique et darwinisme social n'avaient pas re-franchi l'Atlantique pour entrer dans la fonction publique. "L'Internet" devait être gratuit dans "La Culture", offrant une foule de données à transmettre autour de soi (ex. Henri Salesse // reportage photographique) ! La mauvaise nouvelle, c'est que le ministère se nomme désormais "Cohésion des territoires & caetera". L'idée semblerait excellente, s'il n'y avait pas confusion entre "cohésion" et "enclosure", chaque image ayant été taguée &©Terra, comme on marque les bêtes au fer rouge avant l'arrivée du fil de fer barbelé. Le but : changer le "bien public" en "bien financier", faire tourner l'argent en rond en donnant l'impression à l'Administration de s'enrichir, mais en appauvrissant tout ce qui lui est extérieur (auteur, éditeur, diffuseur). C'est ainsi que notre ministère d'On-Ne-Sait-Quoi, ce vieux garde-champêtre d'autrefois, est devenu le ministère d'&©Terra, subissant une transformation à la Kafka, en cafard, douanier, pervenche ou plutôt garde-chasse ; car l'utilisation du fonds reste ouverte aux "agents" (Terra sur Youtube, 90 vues en 6 mois, quand même...). Les contrats sont-ils passés auprès des ayants droit ? Pas facile de distribuer la soupe sans oublier qui que ce soit, sans compter ma pomme, en tant que ré-inventeur du style Reconstruction, j'ai bien le droit à un petit quelque-chose ? Non. Nous, contribuables, qui avons déjà payé les créations, les numérisations, la "conservation", devons en remettre dans le cochon afin de venir en aide à cette financiarisation absurde et contre-productive...

Oublions la guerre GAFA-libertariens vs ETATS-conservateurs, conflit devant conduire à la fin de ce blog suivant la décision européenne du 26 mars (qui sera votée contre l'avis de 6 millions de signataires d'une pétition). En attendant la fin, levons nos verres et réjouissons-nous !

Passons à la bonne nouvelle : des images surgissent sur Flickr. Des appâts et des cacahuètes (l'avenir d'internet), mais grâce à cela on peut oublier la balafre &©Terra ([Re]construction 1945-1979 ). On y trouve quelques photographies a priori redécouvertes récemment. À propos d'une série, voici ce qu'en dit la note du ministère (écrite dans le style du genre) : "Ce reportage est le premier reportage en Kodachrome trouvé dans le fonds photographique du MRU. Il a été réalisé par Paul Henrot, photographe ami de l'architecte Lods." Oui, vrai, surtout Lods est l'ami de Gascoin qui aménage cet appartement. Il s'agit du fameux groupe des Quatre-Moulins dans le quartier Montplaisir à Boulogne-sur-Mer, sous la direction de Pierre Vivien, possiblement avec Sonrel et Duthilleul (mais différent du modèle présenté en 1947 dans l'Exposition internationale // urbanisme et habitation). En été 1951, cet appartement-type est le premier du genre a être entièrement meublé par l'ARHEC, la société de Marcel Gascoin, décorateur favori d'Eugène Claudius Petit, dans une collaboration entre le MRU et le Salon des arts ménagers. Il ouvre pour être photographié en juillet, et probablement pour les visites. Les plans ont été reproduits dans Marcel Gascoin, design utile (Piqpoq, p.18-19), et de belles photographies en grand format sont visibles dans l'édition Norma. Je diffuse donc ces clichés inédits en couleur, qui viennent compléter les illustrations déjà publiées. Goûtons la couleur : la chose est extrêmement rare à l'époque. Elle s'est produite pour l'Exposition internationale en 1947 et se reproduit en 1952 dans les ensembles du salon des Arts ménagers, toujours autour de la Team Gascoin. Il faut en profiter pour regarder les moindres détails, avec lenteur, retrouver les petits riens qui font l'ambiance moderne, ses bois clairs, ses couleurs primaires, ses luminaires (de Pierre Guariche également), ses photographies aux murs, ses tissus, papiers peints, peintures, céramiques, verres de Biot, etc. Tout ce que nous nous sommes acharnés, il y a quelques années, à reconstituer dans l'exposition Gascoin au Havre (Exposition 2011 // Marcel Gascoin).

Ci-dessous, les photographies, sans le copyright flash-ballé en pleine tête : Aux armes &©Terra...

lundi 10 septembre 2018

Reims 1920 // baraques provisoires et histoire durable



Le tocsin sonne le premier août 1914. Placardée dès le lendemain sur un mur de Reims, cette affiche suit le "désordre" provoqué par l'invasion du Grand-Duché et annonce le fameux "ordre" de mobilisation générale qui suit immédiatement et que l'on retrouve dans tous nos livres d'histoire. Le maire de Reims, Jean-Baptiste Langlet, appelle au calme ses concitoyens. L'image semble dater d'hier... En réalité elle a un siècle et provient des collections extraordinaires du musée Albert-Kahn... Qui sait que les fameux "autochromes" de la Première Guerre mondiale s'étendent plus largement ? Et pourtant, ces photographies en couleur offrent une série d'images uniques au monde, par sa volonté de couvrir systématiquement le territoire en poursuivant la logique de la Mission héliographique. On découvre Reims immédiatement après les destructions, au tout début des années 1920. Un lieu de mémoire s'est imposé depuis l'incendie de la cathédrale relayé dans le monde entier. Les historiens réécrivent l'aventure du "joyau gothique", lui offrent la première place, font de "l'école de Reims" le point de départ de la sculpture médiévale et inventent le "Sourire de Reims". La tête du fameux ange est tombée sous les bombes, mais la statue de Jeanne d'arc, elle, a résisté à l'ennemi et semble prête à en découdre. Pour dénoncer le coupable, on place de chaque côté du portail occidental les canons de 77 allemands ! On sait aujourd'hui que les choses sont plus compliquées et, si la cathédrale est déjà un modèle pour Viollet-le-Duc, elle n'est pas le lieu d'invention du gothique ou de l'ange au sourire... Peu importe la part d'exagération, les touristes arrivent en masse afin de visiter la "ville martyr" (Reims 14-18), aussi nombreux qu'à l'époque des sacres. Et les habitants installent déjà des baraquement pour que l'on puisse acheter des souvenirs, des biscuits et des bouteilles de champagne. Les grandes maisons multiplient alors les visites des caves, c'est souvent tout ce qu'il reste à voir et cela constituera une nouvelle attraction, très prisée sur ce chemin de pèlerinage emprunté par les familles de poilus.

Pendant ce temps là, partout dans la ville, des baraquements s'installent. Ce ne sont pas des logements, car la plupart des habitants se réimplantent hors de la ville, mais des commerces. On voit les ossatures se monter partout, parfois pour être remplies d'agglomérés en mâchefer ou de briques. Mais la plupart sont en bois et s'étendent dans les secteurs qui ne doivent pas être reconstruits : places, parcs, abords des grandes avenues... Ce ne sont pas les baraques "Adrian" réutilisées après avoir abrité les poilus, suivant  un récit que l'on trouve répété à l'infini sans qu'il soit contrôlé, mais la plupart sont bel et bien en bois, offrant un paysage peu banal. On pourrait imaginer que les riches forêts de la région, des Ardennes et d'Argonne, auraient pu fournir la matière première mais ces bois là étaient garnis d'éclats d'obus. Sans doute viennent-ils d'un peu plus loin, des forêts de Normandie, de Touraine, des Landes. 

Paul Marchandeau, maire de la ville à partir de 1925, se lasse vite et dénonce ces constructions qui donnent à la ville "un aspect semblable aux cités du Transvaal ou du Colorado quand on découvre un filon" (cité par le journal L'Union, le 7 octobre 2016). Et ce n'est pas faux. Mieux encore, contrairement aux clichés du Far West, on dispose à Reims de très belles images aux couleurs vives avec les devantures de boutiques. Inutile de revoir La ruée vers l'or, on y est déjà, et tout en couleur ! On l'appelle la "Ville en bois" et elle est implantée sur les Promenades entre la Porte de Mars, la gare et le cirque. L'architecture semble singulière, minimale et fonctionnelle - sans aucun doute héritée des constructions traditionnelles qui entourent les grandes forêts françaises. Les dessins sur les façades et les intérieurs de boutiques nous replongent cependant dans les Années folles. Le phénomène est étonnant, mais on dispose, grâce à ces autochromes, d'une ressource beaucoup plus riche et plus sensible sur la Première que sur la Deuxième Guerre mondiale, où le noir et blanc domine. Il faut également bien mesurer le fait que la première reconstruction est mieux couverte par la propagande car les destructions sont celles de l'ennemie et les vainqueurs sont d'autant plus fiers de montrer les résultats. Pour la Seconde Guerre mondiale, la quasi-totalité des bombardements étaient ceux des Alliés et il devient très gênant d'évoquer l'étendu des dégâts et la lenteur du redressement. Il faut à peine dix ans pour reconstruire Reims (1918-1928) et plus de vingt pour Le Havre (1945-1965)... Il ne s'agit pas seulement d'une affaire de budgets, il y existe une grande différence dans la perception, pleinement comparable aux politique de valorisation menées sur les sites de la victoire de Verdun et de la défaite du Chemin des Dames, le premier lieu que l'on va glorifier, et le second que l'on va s'acharner à effacer...

jeudi 15 novembre 2012

Henri Salesse // reportage photographique

via Didier Mouchel, Reportage : Henri Salesse, éd. Gwinzegal, 2008

Séverine Liatard et Séverine Cassar viennent de présenter les photographies d'Henri Salesse sur France Culture (Fabrique de l'histoire). Redécouvert par Didier Mouchel et le Pôle Image Haute-Normandie en 2008, Henri Salesse apparaît atypique parmi les employés du ministère - ce n'est pas faux mais n'oublions pas que le niveau de formation des "photographes industriels" est alors excellent, et c'est surtout le sujet-motif d'Henri Salesse qui est atypique : la misère des quartiers insalubres ! Les photographes français ne sont alors que des techniciens, suivant leur formation et leur statut, et ils s'identifient comme tels, sans jamais se revendiquer autrement... Au Havre, par exemple, l'Etat missionne de nombreux grands photographes entre le bilan des destructions (Adrien Paris) et la propagande touristique de la ville neuve (Lucien Hervé), sans compter le chantier de Reconstruction où se croisent l'Atelier Chevojon et quelques "locaux" remarquables comme Robert Lhommet (cf. isai-canalblog) ou Gilbert Fernez. Pour en revenir au statut du photographe : ce n'est donc pas un artiste-vedette plus ou moins imposé mais un technicien appelé par un autre... Dans bien des domaines, alors que règne la modestie et l'excellence, le génie artistique se cache sous la commande administrative - des choix sont bons et d'autres pas, des photographes excellents et d'autres moins. Pour s'en faire idée plus juste, on peut profiter du fonds récemment mis en ligne par le Ministère dépositaire des archives MRU, où l'on peut voir les reportages d'Henri Salesse et bien d'autres choses : https://mediatheque.developpement-durable.gouv.fr/

Severine Cassar and Severine Liatard presented photographs of Henri Salesse on Radio-France - rediscovered by Didier Mouchel in 2008. Henri Salesse appears unusual among departmental employees - good work, but do not forget that formation of "industrial photographers" is excellent that it is mostly the subject-pattern that is atypical of the great misery slums. French photographers are technicians while, depending on their training and their status, and they identify themselves as such, never claim otherwise ... Nothing at Havre, the state gave missions many great photographers balance between destruction (Adrien Paris) and the promotion of tourism in the new town (Lucien Hervé) ... excluding photographs of the building where cross Reconstruction Workshop Chevojon and some local photographers like Robert Lhommet or Gilbert Fernez. We must return to the status of art: it is not an artist that is needed in this place, it's a technician called by another technician ... Same choices are good and others not, same technicians are excellents and others not. At this time, in many areas, the technician cache "artist" rule while modesty and excellence! See https://mediatheque.developpement-durable.gouv.fr/

mercredi 16 novembre 2011

Thireau-Morel // Le Havre

via fonds Thireau-Morel, service Unesco-VAH - Le Havre : TM 048

La reconstruction du Havre doit beaucoup à l'entreprise Thireau-Morel. Un fonds photographique important a été déposé au service Unesco-Ville d'art et d'histoire, il est actuellement présenté dans l'Atelier Perret. Nous y découvrons l'évolution des systèmes de construction, et une qualité qui se dilue lentement pour ne laisser place qu'à l'efficacité... Nous pouvons également voir un système de préfabrication mis en oeuvre aux côté du célèbre procédé Camus (quartier du Perrey) et du système Portique (Porte Océane nord)

Rebuilding of Le Havre is closely linked to Thireau-Morel enterprise. A large photographic collection was introduced in the Unesco municipal, it is currently presented in the "Atelier Perret". We discover evolution of building systems, and a quality that was diluted slowly to leave only the effectiveness ... We can also see a prefabrication system implemented with the famous Camus and "Portique" (gantry) processes.