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jeudi 1 janvier 2015

Das Vitrahaus Ist // exposition noël 2014


En octobre 2014, M le magazine du Monde titrait "L'appel de la forêt" afin d'évoquer le retour du bois dans le design. D'un coté, j'ai découvert l'Atelier BUD, 100% chêne massif made in Normandie (sur Facebook), beau-utile-durable et pas cher. Nous y reviendrons. De l'autre, il fallait approfondir en visitant l'exposition Aalto, poussant vers l'Est jusqu'au Vitra, près de Bâle. Dans ce campus Vitra, tous les bâtiments sont "signés" par des starchitectes : le musée du design de Frank Gerhy (1986/1989), le pavillon de conférence de Tadao Ando (1993), une usine de Nicholas Grimshaw (1981-1983), deux autres d'Alvaro Siza (1994) et de SANAA (Sejima And Nishizawa And Associate, 2012), un pôle incendie de Zaha Hadid (1993), une promenade d'Alvaro Siza (2014), une tour toboggan de Carsten Höller (2014), une station d'essence de Jean Prouvé (1953), un dôme géodésique réédité de Richard Buckminster (1975), une maison Diogène de Renzo Piano (2013). Dans ce parc d'attraction pour adultes consentants à la libido architecturale surgonflée, nous entrons dans Das Vitrahaus (Herzog & de Meuron, 2010) qui sert d'écrin aux joyaux du design mondial réédités par la célèbre marque. C'est Noël, et c'est toujours Noël ici, car chacun trouve son bonheur à l'intérieur de ce qu'il faut bien nommer le temple de la consommation chic. S'y rencontrent de jeunes étudiants souhaitant voir de près des monuments (que leurs enseignants mettent sur un piédestal) et toute la bonne société (sachant ce qu'il faut avoir chez soi). Ce n'est pas le bas peuple qui s'adonne ici à l'individualisme possessif. Le paradoxe est tout de même violent entre ce consumérisme et l'esprit protestant d'Alvar Aalto, le calvinisme de Le Corbusier ou le catholicisme social de Jean Prouvé... J'aurais aimé un souvenir à un prix digne de René Gabriel : cent euros maxi. Mais rien, bredouille, pas même un branlant tabouret S60. Où est cette industrie qui devait mettre la machine au service de l'art et du peuple ? Voici ce qui manque encore à Vitra : ça viendra.