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samedi 1 décembre 2018

René Gabriel // Grasse Patrimoine mondial





Graphisme floral pour New-York,1939 (réinterprété pour la Foire de Lyon et sur un papier peint)

En cadeau, un joli bouquet accompagné d'un mot à destination de la Ville de Grasse pour la féliciter au sujet de l'inscription de ses parfums sur la Liste du Patrimoine mondial de l'Humanité. Ce patrimoine dit " immatériel " est en réalité matérialisé par une foule de gens, de lieux, d'objets et de témoignages... J'invite les Grassois à se rendre d'urgence dans les locaux de l'Ensad afin d'y redécouvrir une recherche graphique singulière, qui sort des vieilles traditions et des habituels flaconnages... Nous sommes en 1939, l'Europe va bientôt s'enflammer, mais de l'autre côté de l'Atlantique, tout semble aller pour le mieux lorsque la New-York World's Fair prétend atteindre ce rêve inatteignable : " The world of tomorrow ". Ce sera l'une des dernières expositions internationales porteuses des grands espoirs progressistes. L'événement s'épuisera bientôt dans le modernisme " graphique " de l'Expo 58 à Bruxelles puis s'éteindra dans un ultime soubresaut, en 1967, à Montréal. Cette expression joyeuse, démesurée, globale, industrielle et assumée de l'idéal moderne finira par s'autodétruire après la remise en question idéologique de 1968 et les chocs pétroliers... L'Unesco mémorise involontairement quelques traces antérieures à cette désagrégation, cette prestigieuse ONG cherchant à classer des lieux qui expriment des produits, reflètent des territoires, se relient à des savoir-faire et, enfin, s'accordent à des mémoires... Dans cette cascade reliant le matériel à l'immatériel, quoi de plus symbolique que le parfum ? Rappelons qu'en 1939 la France ne voit pas de rupture entre l'art de vivre traditionnel de ses Provinces et l'exportation en masse de ses produits.

René Gabriel partageait aussi ce rêve global-régional, aimait la douceur des fleurs et probablement celle des parfums. Pour l'Exposition de 1939, il dessine une carte des produits régionaux et réalise un important stand pour les " Parfums de Grasse ". Dans cet objectif, il prolonge les expériences menées pour la promotion du papier durant l'Exposition de 1937 et réactualise son style graphique. Il le simplifie à l'extrême, atteignant l'épure de son motif préféré : les fleurs. Cette ligne nouvelle lui servira à scénographier les stands, à composer les invitations, à créer un décor pour de la vaisselle et quelques nouveaux papiers peints et formes en staff. Mais le plus impressionnant reste sa représentation de l'industrie du parfum, expliquée par des dessins légendés (en anglais). Pour la petite histoire, il réalise la même année un Mas à Peymeinade (qu'il s'agirait de retrouver) dans un luxe inédit relativement à ses habitudes. Cette commande architecturale " régionaliste ", unique et anecdotique, suit certainement une rencontre avec l'un des industriels de la parfumerie implanté dans la région. On remarque aussi un incroyable dessin gouaché figurant les cheminées fumantes au-dessus des usines produisant les parfums : le paradoxe est précisément celui-là. Car le parfum est aux odeurs ce que l'énergie est à l'entropie : pour une goutte de belle senteur, combien de puanteur ? Maintenant, nous ne voyons plus que cela, ce qui nous paralyse, ce qui a tué le rêve moderne. Mais Gabriel le voyait déjà et l'assumait dans une muséographie qui démarre des fumées de l'usine pour former de petits nuages où poussent des fleurs, comme dans les vertes prairies...

Ci-après, quelques exemples tirés des archives de René Gabriel portant sur les Parfums de Grasse - il doit y avoir une bonne centaine de documents déposés à l'Ensad sur ce sujet...


lundi 10 septembre 2018

Reims 1920 // baraques provisoires et histoire durable



Le tocsin sonne le premier août 1914. Placardée dès le lendemain sur un mur de Reims, cette affiche suit le "désordre" provoqué par l'invasion du Grand-Duché et annonce le fameux "ordre" de mobilisation générale qui suit immédiatement et que l'on retrouve dans tous nos livres d'histoire. Le maire de Reims, Jean-Baptiste Langlet, appelle au calme ses concitoyens. L'image semble dater d'hier... En réalité elle a un siècle et provient des collections extraordinaires du musée Albert-Kahn... Qui sait que les fameux "autochromes" de la Première Guerre mondiale s'étendent plus largement ? Et pourtant, ces photographies en couleur offrent une série d'images uniques au monde, par sa volonté de couvrir systématiquement le territoire en poursuivant la logique de la Mission héliographique. On découvre Reims immédiatement après les destructions, au tout début des années 1920. Un lieu de mémoire s'est imposé depuis l'incendie de la cathédrale relayé dans le monde entier. Les historiens réécrivent l'aventure du "joyau gothique", lui offrent la première place, font de "l'école de Reims" le point de départ de la sculpture médiévale et inventent le "Sourire de Reims". La tête du fameux ange est tombée sous les bombes, mais la statue de Jeanne d'arc, elle, a résisté à l'ennemi et semble prête à en découdre. Pour dénoncer le coupable, on place de chaque côté du portail occidental les canons de 77 allemands ! On sait aujourd'hui que les choses sont plus compliquées et, si la cathédrale est déjà un modèle pour Viollet-le-Duc, elle n'est pas le lieu d'invention du gothique ou de l'ange au sourire... Peu importe la part d'exagération, les touristes arrivent en masse afin de visiter la "ville martyr" (Reims 14-18), aussi nombreux qu'à l'époque des sacres. Et les habitants installent déjà des baraquement pour que l'on puisse acheter des souvenirs, des biscuits et des bouteilles de champagne. Les grandes maisons multiplient alors les visites des caves, c'est souvent tout ce qu'il reste à voir et cela constituera une nouvelle attraction, très prisée sur ce chemin de pèlerinage emprunté par les familles de poilus.

Pendant ce temps là, partout dans la ville, des baraquements s'installent. Ce ne sont pas des logements, car la plupart des habitants se réimplantent hors de la ville, mais des commerces. On voit les ossatures se monter partout, parfois pour être remplies d'agglomérés en mâchefer ou de briques. Mais la plupart sont en bois et s'étendent dans les secteurs qui ne doivent pas être reconstruits : places, parcs, abords des grandes avenues... Ce ne sont pas les baraques "Adrian" réutilisées après avoir abrité les poilus, suivant  un récit que l'on trouve répété à l'infini sans qu'il soit contrôlé, mais la plupart sont bel et bien en bois, offrant un paysage peu banal. On pourrait imaginer que les riches forêts de la région, des Ardennes et d'Argonne, auraient pu fournir la matière première mais ces bois là étaient garnis d'éclats d'obus. Sans doute viennent-ils d'un peu plus loin, des forêts de Normandie, de Touraine, des Landes. 

Paul Marchandeau, maire de la ville à partir de 1925, se lasse vite et dénonce ces constructions qui donnent à la ville "un aspect semblable aux cités du Transvaal ou du Colorado quand on découvre un filon" (cité par le journal L'Union, le 7 octobre 2016). Et ce n'est pas faux. Mieux encore, contrairement aux clichés du Far West, on dispose à Reims de très belles images aux couleurs vives avec les devantures de boutiques. Inutile de revoir La ruée vers l'or, on y est déjà, et tout en couleur ! On l'appelle la "Ville en bois" et elle est implantée sur les Promenades entre la Porte de Mars, la gare et le cirque. L'architecture semble singulière, minimale et fonctionnelle - sans aucun doute héritée des constructions traditionnelles qui entourent les grandes forêts françaises. Les dessins sur les façades et les intérieurs de boutiques nous replongent cependant dans les Années folles. Le phénomène est étonnant, mais on dispose, grâce à ces autochromes, d'une ressource beaucoup plus riche et plus sensible sur la Première que sur la Deuxième Guerre mondiale, où le noir et blanc domine. Il faut également bien mesurer le fait que la première reconstruction est mieux couverte par la propagande car les destructions sont celles de l'ennemie et les vainqueurs sont d'autant plus fiers de montrer les résultats. Pour la Seconde Guerre mondiale, la quasi-totalité des bombardements étaient ceux des Alliés et il devient très gênant d'évoquer l'étendu des dégâts et la lenteur du redressement. Il faut à peine dix ans pour reconstruire Reims (1918-1928) et plus de vingt pour Le Havre (1945-1965)... Il ne s'agit pas seulement d'une affaire de budgets, il y existe une grande différence dans la perception, pleinement comparable aux politique de valorisation menées sur les sites de la victoire de Verdun et de la défaite du Chemin des Dames, le premier lieu que l'on va glorifier, et le second que l'on va s'acharner à effacer...

mercredi 4 avril 2018

Le Havre (1517-2017) // massacre patrimonial

ce projet de mentule spiralée n'est malheureusement pas une blague, c'est signé et vendu....




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Pétition : https://www.petitions24.net/petition_contre_le_projet_de_la_tour_videcoq
Analyse : http://archipostalecarte.blogspot.fr/2018/04/projet-videcoq-le-havre-une-catastrophe.html

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, Le Havre est un cas unique au monde de patrimoine de la Reconstruction entièrement préservé : plus de 10 000 logements et une dizaine d'ensembles monumentaux dessinés par Auguste Perret et les célèbres membres de son Atelier, cent hectares à parcourir et à découvrir sans autres interventions que celles d'Oscar Niemeyer, Georges Candilis, Guy Lagneau, Guillaume Gillet... Impossible de faire mieux ! Du coup, le champ du possible ne s'ouvre qu'en direction du pire. Et le pire arrive, comme prévu. Pour tout avouer, cela n'est pas pour rien dans mon départ précipité hors de cette ville... Les non-initiés pouvaient se réjouir d'une inscription par l'Unesco sur la Liste du Patrimoine mondial. Moi-même, pourtant septique, je croyais encore à la protection du classement au titre des Monuments Historiques et à la rigueur des ABF qui défendent l'intérêt de notre patrimoine contre les puissances de l'argent. Hum ! Humpf ! Humpf ! Pardon, j'ai avalé de travers. Bref, je pensais pouvoir partir l'esprit libre (Le Havre // sauvé par les Monuments Historiques) et vivre paisiblement dans l'exil. Eh bien, non ! J'étais déjà loin et heureux quand Claude et Jean sont venus me trouver afin de m'annoncer le massacre. La vie havraise vous rattrape, où que vous soyez. Et mes amis me signalent une monstruosité incongrue qui va pousser d'ici peu, en plein milieu de la célèbre perspective du bassin du Commerce. Cet " Objet Voyant Non Identifié " est destiné à " re-densifier l'hyper-centre ", selon des experts locaux, grâce à ses 70 logements (rappel, pour ceux qui ont des problèmes avec les maths : 10 000 + 70 = 10 070). Mais, dans un rationalisme politique, on voit se dessiner un mode de calcul différent partant de cette tour-tournante.

C'est la première dans une longue série qui s'annonce - une sorte de test grandeur nature - et si celle-là passe, alors la voie sera huilée, les autres pourront se glisser sans entraves...

J'ai entendu Claude et Jean. Bien que ce ne soit pas dans mes habitudes, je signe la pétition, en me justifiant le plus sérieusement possible : " STOP ! Comment peut-on défendre à la fois l'Unesco et cette destruction paysagère, sur la perspective la plus emblématique du Havre ? Comment ose-t-on mettre en avant l'idée de dynamiser ce quartier grâce à quelques crèches, sur l'emplacement même des écoles que la municipalité vient de fermer ? Comment est-il possible d'imaginer que la décroissance du Havre n'est liée qu'à un problème de logements, et à cet endroit précis ? Comment des architectes peuvent-ils être assez incultes et prétentieux pour imposer un projet si médiocre aux côtés d'Auguste Perret et d'Oscar Niemeyer ? Comment justifier le silence des responsables locaux, des médias, des experts ? Une seule explication : le vide, la peur, le désarroi que provoque la MISERE STRUCTURELLE du Havre. Oui, la détresse intellectuelle et financière, voici la seule cause de la décroissance, celle de nos cités industrielles aux élites déconfites, incapables de se RENOUVELER LÀ OU IL FAUT. Acharnement à ne pas voir ses atouts, à les gaspiller. Restons-en au patrimoine moderne : démantèlement du paquebot France, castration de Niemeyer (pour une bibliothèque frigide), destruction du terminal des Transatlantiques (sous prétexte d'une usine que l'on savait fantoche). Le coupable n'est pas le tyran, mais celui qui marche à ses côtés en silence. " Voilà, c'est dit.

En font-ils exprès ? À l'évidence, on se moque une fois de plus de la naïveté des provinciaux. Voir, ci-après...

jeudi 21 juillet 2016

Table rase // histoire des bombardements



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Les attaques chaotiques, dispersées, individualisées (utilisant soit des drones, soit des individus endoctrinés pour être "dronisés") remplacent aujourd'hui les bombardements aériens, reléguant cette méthode dans un passé distant. Les habituelles justifications, qui mettaient en avant l'efficacité et la précision des bombardements, disparaissent après avoir atteint un paroxysme médiatique -touchant au ridicule- avec les "frappes chirurgicales" en Irak, en 1990. Ainsi s'achève l'un des derniers mythes modernes, et son histoire est déjà décrite par Thomas Hippler dans Le gouvernement du ciel. Histoire globale des bombardements aériens (Les Prairies ordinaires, 2014). C'était à faire, et c'est fait. Beaucoup vont cesser de demander "Pourquoi ?" en attendant une fine description stratégico-militaire ; il suffit de savoir que poètes et stratèges imaginaient à cette époque qu'une purification globale par le ciel était la meilleure méthode pour s'approprier et transformer un territoire... L'auteur donne le lieu, la date, et un nom, pour définir cette invention : le bombardement de Tripoli par l'Italie, en 1911, sous l’œil admiratif de Filipo Tommaso Marinetti, lui-même... "Marinetti, chef de file d'une avant-garde provocatrice, devient alors le chantre de l'audace, de l'énergie, du mouvement agressif, de la révolution technologique, de la brutalité sous toutes ses formes esthétiques. Il se rapproche des milieux nationalistes italiens et milite pour l'entrée en guerre de son pays. Aux côtés du futuriste Mario Carli et de l'agitateur Benito Mussolini, il fait partie des 119 personnes présentes le jour de la fondation, en mars 1919, des Faisceaux italiens de combat." nous dit Wikipedia... C'est le sang rouge artériel de la modernité brandissant la pureté, la vitesse, l'universalité, assumant la violence, qui s'oppose au sang bleu, anoxique, d'une tradition à rénover. Finesse, stabilité, territorialité : c'est fini ! À Bas ! Toutefois, le dévoilement de cette vérité sur les bombardements n'est pas si nouvelle. On pouvait comprendre le principe avant Hiroshima et Nagasaki, avant même la destructions des villes européennes en 1944. Pour le savoir, il faut lire un texte d'André Fribourg (1887-1948), professeur d'histoire, publié en septembre 1939 dans la revue hebdomadaire Notre Combat. Il est consacré à la menace aux civils. On accuse une invention allemande datant de 1914. On observe sa première utilisation à grande échelle contre la Pologne en 1939...

dimanche 21 février 2016

Le Havre // sauvé par les Monuments historiques

Les îlots d'habitation V40 et V41 de l'Atelier Perret "Monument historique"

On peut maintenant partir d'ici l'esprit tranquille... Les ISAI seront dans peu de temps classés au titre des Monuments Historiques. Il faut féliciter Fred et Pascal, résidents et défenseurs des ilôts V40 et V41 (v40v41.fr), à l'initiative de cette demande approuvée par la CRPS (Commission Régionale du Patrimoine et des Sites) et par tous les copropriétaires (à l'unanimité). Nous le savons, tous, ici et ailleurs, malgré l'Unesco, le "Label XXe", l'AVAP, "Ville d'art et d'histoire", et toutes les initiatives prises par la Ville depuis quelques années, le centre reconstruit n'est absolument pas à l'abri des destructions et des restaurations destructrices. Beaucoup les ont déjà remarquées le long de la rue de Paris où les finitions, qui signent la qualité du béton Perret (banché, ciselé, grésé, bouchardé, lasuré), ont été effacées par un sablage grossier ou cachées sous un indécrottable barbouillage de peinture grisâtre ou marronnasse. Mais ce n'est encore rien, relativement à ce qui se prépare... Il fallait donc en revenir une fois de plus à la sécurité des bons vieux "MH" de la Monarchie de Juillet. Ici, ils marquent l'aboutissement d'un travail de valorisation, et un soulagement, car on peut aujourd'hui compter sur les habitants pour défendre eux-mêmes et dans l'indépendance politique leur patrimoine. Quelque soit l'avenir, ce bout de Reconstruction n'est plus sous la menace d'une incompétence de décision ou d'expertise... Ici, non seulement les façades sont protégées, mais aussi les espaces communs (cours, halls, escaliers), l'intérieur du café "Au Caïd", ainsi que deux logements, dont l'Appartement témoin Perret. Question prestige, chaque lieu va pouvoir arborer la célèbre plaque émaillée au labyrinthe. Quant aux arguments, inutile de les lister, ils sont illustrés dans les photographies ci-dessous : la bonne préservation du bien et la continuité entre intérieurs et extérieurs, depuis l'échelle monumentale des perspectives donnant sur l'église Saint-Joseph et l'Hôtel de Ville, jusqu'aux détails qui entourent chaque porte d'entrée. Un exemple, pour l'anecdote, les poignées dans les halls : en acier peint dans les immeubles bas et en inox dans les tours, en fonction du nombre de passage. C'est un cas parmi tant d'autres, permettant d'illustrer le sens tout "perretien" de l'économie et du détail....

jeudi 26 novembre 2015

Micro-musée // journée de conférences

Extrait de "pièces de vie" (Compagnie du Pianb à pouçes, ph. Thomas Malgras VdH, 2010)

Demain s'ouvre une journée de conférences intitulée Micro-musée : interpréter un espace du quotidien. L'accès est libre pour assister à différents exposés qui ont pour objectif de présenter plusieurs célèbres musées où l'architecture domestique est placée dans une démarche patrimoniale dynamique, allant de la reconstitution à l'identique jusqu'à la confrontation au présent, en passant par l'analyse sociale ou la création artistique. Les lieux représentés vont faire rêver tous les amateurs d'architectures modernes et d'autres rêves utopiques : le Familistère de Guise, le Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes (avec son futur appartement témoin), le Prefab Museum de Londres et les préfabriquées du relogement d'urgence de l'association Mémoire de Soye, près de Lorient, l'association La Première Rue dans la cité radieuse de Le Corbusier à Briey, l'Unité d'habitation de Firminy-Vert et la Fédération des habitants des Unités d'habitation de Le Corbusier, l'exploration ira même jusqu'aux années 1980 avec Nemausus de Jean Nouvel. Il ne manquait que le Musée urbain Tony Garnier à Lyon, l'AMLOP et le tour était presque complet... Ce sera pour une prochaine occasion. Pour l'instant, il s'agit de poser les premières bases : en bref, comment mettre le logement urbain en musée, sans briser tous nos bons vieux rêves ? C'est la question à laquelle doivent répondre les intervenants. Ils présenteront, tour à tour, des sites culturels mettant en scène un ou plusieurs logements significatifs de l'histoire des utopies urbaines, de l'architecture et du design. Les communications concerneront la création d'outils interprétatifs permettant de s'adresser à un public élargi, l'objectif général consistant à poser les bases d'une problématique muséographique commune : trouver des techniques de préservation et de valorisation adaptées aux petits espaces du quotidien qui définissent le "micro-musée". La journée est organisée par le service Unesco-Ville d’art et d’histoire. C'est au Havre, au Musée Malraux (MuMa). Résumés ci-dessous...

Tomorrow opens a conference day entitled Micro-Museum: interpreting an everyday space. Access is free to attend these conferences which aim to present several examples of famous museums where domestic architecture is placed in a dynamic patrimonial approach, from identical reconstruction up to confrontation with present, through social analysis or artistic creation. Places represented the will to dream all lovers of modern architecture and other utopian dreams: Familistère de Guise, garden city of Suresnes (with its show flat), The Prefab Museum in London and a same experience in Lorient, the Cité radieuse of Briey (and a model apartment furnished by Pierre Guariche), the Le Corbusier Federation of the inhabitants of housing units, and an exploration until the 1980s with Jean Nouvel's Nemausus. Only missing Tony Garnier and his modern city ... It will be a next time. Now, these are the foundations: in short, how to put the urban housing inside a museum without breaking all our good old dreams? This is the question that must meet various stakeholders. They will present alternately cultural sites featuring one or more significant housing of urban utopias, modern architecture and design. Communications will concern the creation of interpretative tools to address a wider audience, the general objective of laying the foundations of a common museum problem: finding preservation and valuation techniques suitable for small everyday spaces define "micro-museum". The day is organized by the Unesco department of Le Havre. The event happens in the Malraux Museum (MuMa). Abstracts below ...

lundi 13 octobre 2014

Exposition 2014 // Habitat provisoire 02


Retour sur l'exposition "Habitat provisoire - la vie quotidienne après 1944" car elle ne reste visible dans l'Atelier Perret que seulement deux petites semaines. Après un premier volet consacré au montage du baraquement (Exposition 2014 // Habitat provisoire 01), nous en proposons donc un second ayant pour sujet le mobilier. Les amateurs du genre ne seront pas déçus car ils retrouveront René Gabriel derrière cette sobre façade avec quelques pièces rarissimes : des variantes de la salle en série 120 (buffet 120, table 121, chaise 123) et l'inédite chambrée de réinstallation (armoire 154, lit 155, chevet). Ces meubles sont moins célèbres que la fameuse salle à manger de "réinstallation" (Meubles d'urgence // René Gabriel) ou que la chaise avec caillebotis, très recherchée depuis qu'elle a été publiée sur ce blog (René Gabriel // chaise économique)... Signalons enfin que la plupart des modèles exposés, contrairement aux types, n'ont pas été édités en très grande série et ont dessinés auparavant, en 1941, quand René Gabriel travaille pour le Service des constructions provisoires à destination des sinistrés de la "première reconstruction" (après l'invasion allemande). Comme beaucoup, René Gabriel reste actif hors des salons mais il va disparaître après la fin de la ligne de démarcation (novembre 1942). Il ne reviendra qu'au tout début de l'année 1944 pour présenter ces derniers modèles, attentant la seconde reconstruction, celle qui doit suivre le débarquement et la Libération...

Come Back to the exhibition "temporary house - daily life since 1944" because it remains visible in the Perret workshop only two short weeks. After a first part dedicated to the assembly of the barracks (temporary house Expo 2014), we propose a second message about furniture. Fans of this will not be disappointed because they find René Gabriel behind this sober façade with some rare pieces: the room variants of series 120 (Buffet n°120, table n°121, seat n°123) and the unprecedented resettlement chambered (cabinet n°154, bed n°155, bedside). This furniture is less famous than the dining room of "resettlement" (cf. Gabriel // emergency Furniture) or the chair with slatted highly sought since it was published on this blog (cf. Gabriel // chair Economic) ... finally noted that most of the models on display, unlike the guys, have not been published in great series and have drawn before, in 1941, when René Gabriel works for the Department of temporary buildings to disaster victims "first reconstruction" (after the German invasion). Like many, René Gabriel remains active but it will disappear after the end of the line (in November 1942). And will come at the very beginning of 1944 to present the latest models, attentant the second reconstruction, which must follow the landing and Liberation ...

mercredi 27 août 2014

Psychanalyse urbaine // traumatisme et réappropriation


Dieppe bombardé - 1694, fonds médiathèque Jean-Renoir

Un long moment studieux consacré, pour le service "Unesco - Ville d'art et d'histoire", à la préparation de la journée de conférences du 12 septembre ayant pour sujet la psychanalyse urbaine, avec un sous-titre qui peut être considéré comme un cycle vital : traumatisme, reconstruction, réappropriation. Si cette approche paraît originale en France, une psychanalyste new-yorkaise me signalait encore récemment que la chose était d'une banalité à pleurer dans sa ville, où tout projet sérieux doit s'accompagner d'une interprétation psychanalytique. Cependant, nous sommes en France, très exactement de l'autre côté de l'Atlantique, au Havre ! Ici, pour marquer les 70 ans des bombardements, l'Université organise un colloque sur les bombardements en eux-mêmes (Cirtai), cherchant à établir le pourquoi du comment. Il s'agit d'un travail nécessaire mais on a le droit de le trouver excessivement premier degré ; un esprit fin pouvant y voir la marque d'un traumatisme non-encore assumé. On cherche une explication, une justification. Elargissons donc le sujet en lisant Thomas Hippler, Le gouvernement du ciel. Histoire globale des bombardements aériens (Les Prairies ordinaires, 2014) où l'on découvrira qu'il n'y a jamais une raison mécanique. Tutto è cosa mentale. Pour passer au pourquoi du pourquoi, afin de surpasser le vide et de réinvestir le lieu dans son présent (vivant au Havre et non ailleurs), voici le programme complet de notre journée : soyons nombreux !

samedi 15 mars 2014

Auxitec // Paul Chemetov

Siège social d'Auxitec, 171 boulevard Amiral Mouchez, Atelier Chemetov et 9bis, 2009

Si vous cherchez à visiter un bâtiment contemporain au Havre, évitez la facilité. Oublions les réhabilitations massacrantes et autres oeuvres navrantes du starchitecte, chacune à 50 millions d'euros... Voyons un bâtiment dix fois moins cher, fait pour durer un siècle : le siège d’Auxitec. C’est la construction post-Perret la plus intéressante de la ville, par sa volonté d’économie, sa discrétion, son intelligence et - surtout - son intelligibilité… Nous y reviendrons ! Fondée au Havre en 1964, Auxitec organise aujourd'hui même, à 15h et 15h45, la visite de ses locaux pour fêter ses 50 ans dans le cadre du mois de l’architecture. Le bâtiment me séduit et je vais donc m'occuper du guidage. Comme je ne cesse pas de perdre mes notes, j’ai décidé de laisser mon "brouillon" sur ce blog. Cette visite se divise en trois étapes : 1) la présentation de la société dans l’espace d’accueil ; 2) la présentation de Paul Chemetov avec un rappel historique de son oeuvre dans la salle de réunion ; 3) Un parcours dans le bâtiment lui-même, construit par Paul Chemetov et Laëtitia Comito avec les architectes locaux de l'Atelier 9bis Architecture, Cyril Leroux et Sébastien Potel...

If you are looking to visit a contemporary building in Havre, avoid ease. Forget destructive rehabilitation and other distressing works of The french starchitect, each at € 50 million ... Let a building ten times cheaper, built to withstand a century, the head office of Auxitec enterprise. This is the most interesting post-Perret city building, for commitment to economy, discretion, intelligence and - most importantly - its intelligibility ... We'll be back! Founded in 1964 in Le Havre, Auxitec organized today at 15h and 15.45 visit its premises to celebrate his 50 years during the event "month of architecture". The building attracted me and I will take care the tour. Since I don't stop wasting my notes, I decided to leave my "draft" on this blog.

lundi 3 mars 2014

Hall d'entrée au Havre // visite privée


entrée sur l'avenue Foch avec l'oeuvre de Louis Leygue

Visite en compagnie du célèbre architecte d'intérieur Pierre Yovanovitch et d'une architecte de son agence, Christine Lili Cheng : nous avons pu pénétrer dans le hall d'un immeuble qui borde à la fois la place de l'Hôtel-de-Ville et la rive nord de l'avenue Foch. La porte est aisée à repérer grâce à la sculpture en aile d'oiseau de Louis Leygue qui la surmonte. Dans le goût des I.S.A.I. du Havre, ce bâtiment ne s'adressait cependant pas aux familles moyennes mais aux favorisés ; on peut ainsi y découvrir le même soin constructif mais avec une plus grande générosité dans les volumes et les détails, son coût de construction étant plus élevé. Comme il est également dessiné par des membres de l'Atelier de la Reconstruction du Havre, dirigé par Auguste Perret, les réflexions qui découlent de son observation sont multiples : déjà, la construction qu'impose Auguste Perret (né en 1874) reste bien "de son temps" et n'est comparable, dans son esprit et ses finitions, qu'à celui d'autres grands précurseurs comme Adolf Loos (né en 1870) ou Frank Llyod Wright (né en 1867). Il ne faut pas confondre avec les modernistes qui font leurs armes plus tardivement... Ce qui est particulièrement saisissant, c'est l'extrême sensation de luxe procuré par le béton armé - matériau pourtant pauvre -. L'effet semble lié à la puissante présence de la structure, à la finesse d'imbrication des éléments de remplissage, à la subtilité des variations dans les constituants (grès rose, quartzite blanche, silex roux, liants teintés), ainsi qu'au contraste entre les surfaces avivées à la boucharde et celles où le mortier est laissé brut (à peine rehaussé par un "ciment pur" qui lui donne un ton légèrement plus foncé). Un constat s'en dégage : la sensation de préciosité ne s'obtient pas avec des artifices, ni des ornements, ni une matière originale, ni du rare, ni même du supposé "riche", mais seulement par l'oeil et la main de l'homme. Plus encore, l'utilisation d'une matière pauvre apparaît comme l'unique garantie de la qualité voire du génie - celui qui n'a pas à chercher à leurrer ! Ci-dessous, les photographies de Pierre Yovanovitch et Christine Lili Cheng.

It's rare that I mention in this blog my " tour guide " vacations but the opportunity present to a visit with the famous interior designer Pierre Yovanovitch and architect of his agency , Christine Cheng Lili . A pleasant meeting which inevitably leads to reflections. Luckily, we were able to enter in a building between Place de l'Hotel de Ville and Avenue Foch . The door is easy to spot with a sculpture of wing aircraft by Louis Leygue . In the style of famous ISAI , this building is , however, a further quality because it was aimed at well-off and not the " average family " . One can thus discover the same constructive care but with a more generous volumes and details for its construction cost would certainly be higher. As it is also designed by the members of the Atelier de Reconstruction du Havre, directed by Auguste Perret , the reflections arising from its observation are many: already , Auguste Perret (born 1874) is a man of his time and style construction is comparable in quality craftsmanship as the other major precursors such as Adolf Loos (b. 1870) or Frank Lloyd Wright ( b. 1867). It is important do not to confuse those men with young modernists who make their weapons during 1930s or 1950s ... Then, what is particularly striking here is the extreme feeling of luxury that gives the material - however poor - what the concrete . This seems related to the powerful presence of the structure, finesse nesting filling elements , the choice of components ( pink sandstone , white quartzite , brown flint, binders tinted) , and the contrast between the surfaces heightened and those where the mortar is left rough ( enhanced by a "pure cement" which gives a slightly darker it). One thing emerges : the feeling of preciousness is not obtained with the artifice of an original , rare or rich material , but only by the human eyes & hands. Furthermore, the use of poor material appears as the only guarantee of genius - one who does not try to deceive ! Below , photographs of Pierre Yovanovitch and Christine Lili Cheng.

lundi 8 juillet 2013

Oscar Niemeyer // pour mémoire


Tout un chacun le sait, Oscar Niemeyer est bien mort le 5 décembre 2012. Tout un chacun le sait également, il avait réalisé au Havre le "théâtre - maison de la culture" en y déposant une bonne centaine de chauffeuses et poufs dessinés en 1971 ([ON1] modèle déposé aux Arts décoratifs)... La Fondation Total venait juste de retapisser quelques-uns de ces sièges et, suivant cette logique, on aurait espéré une restauration du site. Cependant, le contraire vient d'arriver. Qui sait, cette fois, que des travaux de rénovation sont actuellement menés ? Il reste peu de choses : une coque vide, plus rien à l'intérieur, même la rampe est "déconstruite". Une oeuvre de Niemeyer sans sa rampe, c'est la Joconde sans son sourire ! Passons, pour en revenir au sujet de ce blog. Oscar Niemeyer est l'une des premières figures marquantes du tournant "formaliste" des années 1940, quand les héritiers du Bauhaus assument une mutation dans l'Exposition "Brazil Builds" (MoMA, janvier 1943). L'architecture n'est plus machine et fonction mais poésie et forme. Et l'architecte, comme dans L'homme de Rio, n'est plus un maître articulant rigoureusement la commande avec les corps de métiers mais il devient une vedette déployant gestes, lignes et coloris. L'usager, la matière, la technique sont domptés par son charisme et tendent vers une liberté capricieuse et sensuelle. On connaît désormais les limites des "starchitectes" et des "ovnis urbains" mais il faut admettre que le résultat reste spectaculaire, comme ces images extraites (pour la cause militante) du film Le Havre - Espace Oscar Niemeyer produit par la Maison de la Culture du Havre, réalisé par Charles Mourier et Claude Mourieras en 1983. Souvenir, et clin d'oeil au séminaire qui se déroule en ce moment à Grasse.

mercredi 1 mai 2013

Pascal Quignard // L'enfance

"Trottoirs couverts" de la rue de Paris en construction, fonds Esdras-Gosse, Bibliothèque municipale du Havre

Ces derniers jours, Pascal Quignard était au Havre pour un colloque consacré à son oeuvre (les lieux de Pascal Quignard). Agnès, Chantal, Jean-Louis et des meutes d'autres quignardiens-nes allaient et venaient dans les rues de la ville. Pourquoi ? Pascal Quignard a tout simplement passé son enfance au Havre mais nous pouvons aller plus loin car ses parents figuraient parmi les premiers occupants des immeubles construits par l'Atelier d'Auguste Perret. Ils résidaient au 86 rue Bernardin-de-Saint-Pierre dans un logement exactement identique à notre Appartement témoin Perret. Après Annie Ernaux // Les années, un autre point de rencontre avec Pascal Quignard // L'enfance. Il arrive à l'âge de deux ans, en 1950, puis repart à dix, en 1958 : "La fenêtre donnait sur le port du Havre. C’étaient des ruines, des abeilles, des quais, c’étaient aussi des sirènes. J’avais six ans. Je lisais les contes et les légendes et mes pieds reposaient sur un petit établi de bois jaune devant la fenêtre qui donnait sur la mer ou plutôt sur la bourrasque grise perpétuelle. C’était ce que dans mon enfance, je m’en souviens encore, on appelait la mer." Il voit, mémorise, décrit une ville dans les ruines, la pluie, le vent, les rats et surtout la mer, celle dessinée par Taylor et Nodier, celle où sévit immanquablement la tempête. Ce n'est pas notre plage contemporaine, cette triste mer d'huile lisse comme de la crème solaire, ce n'est pas non plus une image des romantiques, c'est un surgissement de son enfance : une eau noire écumante qui sent le départ et ses dangers, une impulsion qui nous pousse vers le dehors, l'ailleurs, l'au-delà, l'origine. Pour atteindre ce lieu, il n'y a pas de reconstruction mais seulement des gravats. Pour en savoir plus, en attendant la publication des actes : une exposition à la Maison du patrimoine, un livre (Pascal Quignard une enfance havraise) et une visite guidée, les dimanches 5 et 12 mai à 15h...

These last two days, Pascal Quignard was in Le Havre for a conference on his work. Agnes, Chantal, Jean-Louis and other quignardians came in the streets of our city. Why? Pascal Quignard spent his childhood in Le Havre, but we can go further because her parents were among the first occupants of buildings constructed by Auguste Perret. They lived at 86 rue Bernardin de Saint-Pierre in exactly the same our model apartment. After Annie Ernaux, another meeting point with another author, Pascal Quignard. He arrives at two years old in 1950, then leaves at ten in 1958: "The window overlooking the port of Le Havre. They were ruins, tugboats, docks, they were also sirens.. I was six years old. I read the stories and legends and my feet rested on a small wooden desk painted yellow in front of the window overlooking the sea or rather the perpetual gray storm. It was this name, in my childhood, I still remember, the Sea" He sees, stores, describes a city in ruins, rain, wind, rats, and especially the sea, that one drawn by Taylor and Nodier, where inevitably in the storm rages. It's not our contemporary beach this sad sea oil slick like sunscreen, it's not a romantic picture, it is a surge of his childhood: a frothing black water that smells departure and its dangers, an impulse that drives us towards the outside, the other hand, beyond the origin. To reach this place, there is no reconstruction but only rubble. For more information: an exhibition at the Tourist Office (Place Auguste Perret, Le Havre), a book (Pascal Quignard, childhood in Le Havre) and a guided tour May 5 and 12...

lundi 22 avril 2013

Vide-greniers // décroissance

moment de gloire, angle des rues Saint-Jacques et de Paris photographié par Lucien Hervé, via Le Point

Depuis ce matin sur France Culture, pour Sylvain Kahn (les idées claires), c'est officiel, Le Havre n'est plus une vaste Global City branchée mais s'inscrit parmi les Schrinking Cities, aux côtés d'autres villes moyennes françaises "louzeuses" comme Saint-Etienne, Douai, Lens, Béthune, Valenciennes, Thionville, Troyes, etc. sans parler d'exemples internationaux comme Détroit, Turin, Manchester. Villes de l'épopée industrielle en décroissance, atteignant actuellement la faillite. Elles s'appauvrissent dans une réduction, vieillissent, perdent leurs activités et leurs habitants. Les actifs et les familles fuient, seuls restent les vieillards et 'une élite locale qui retrouve ses réflexes grégaires, se renferme et se nécrose dans la démagogie de ses anciennes représentations, celles du monde industriel. Tout ceci était amplement prévisible, anticipant l'avenir proche de l'Occident et celui plus lointain du monde... Me voici "déclinologue" et mon ami Stéphane R. me conseille donc de lire Hervé Kempf : Fin de l'Occident, naissance du monde - (2013), Comment les riches détruisent la planète (2011) et L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (2011). Mais que faire d'autre ? Tout simplement, regardons le passé pour nous ressaisir de l'avenir, souvenons-nous du moment d'impulsion et récoltons les gravats, les déblais d'une renaissance, les restes d'une reconstruction, les traces d'un passé moderne. Il faut flâner dans les vide-greniers, fouiller les interstices dans le junkspace. Pour imaginer, voici la récolte de ce dimanche dans la "foire-à-tout" de la rue de Paris. Chaises provisoirement attribuées à Renou et Génisset, deux lits de René Gabriel, et des chauffeuses paillées pouvant se réunir en méridienne - extraordinaire travail des années 1940 bien qu'encore non-identifié (si vous avez une idée, n'hésitez pas... merci d'avance).

Since this morning, on France Culture radio, it's official for Sylvain Kahn, Le Havre is not a large city connected world but is a Schrinking City, alongside other French medium-sized cities as Saint-Etienne, Douai, Lens, Bethune, Valenciennes, Thionville, Troyes, etc.. and other international examples like Detroit, Turin, Manchester. These cities of the industrial era enter in decline, currently reaching bankruptcy. They deplete in a reduction, lose their business and their people. Assets, families and executives fleeing, when local elite is paralyzed and necrosis in the ancient representations of the industrial model, favoring an "expansion" sentenced to image more than acts, more demagogic that to practice. All this was more than expected, anticipating the close of the Occident and the more distant future of the world ... What to do? Look back to regroup for the future, remember the pulse time and reap the rubble, the rubble of a renaissance, the remains of a reconstruction, the traces of a modern past. Must wander the garage sales, rummage gaps in junkspace. To imagine, this is our collection this Sunday in the "attic sale" rue de Paris. Chairs provisionally allotted to Renou and Genisset two beds created by René Gabriel, and large chairs may meet in meridian - extraordinary work of 1940 although still unidentified (if you have an idea ... thank you in advance).

mercredi 17 octobre 2012

Marcel Gascoin // études havraises

Atelier menuiserie de l'école pratique du Havre, vers 1910

Les débuts scolaires de Marcel Gascoin vont enfin être connus dans les détails grâce aux recherches de Cyril Beneteau qui mène un travail de bénédictin sur l'histoire du Havre et de sa reconstruction. Grâce à lui, le lycée havrais Jules-Siegfried peut désormais se targuer d'avoir parmi ses anciens élèves l'un de nos de nos plus grand designer : Marcel Gascoin. Un éclairage biographique pertinent car on découvre que celui-ci était élève de 1921 à 1924 à "l'école pratique" et apparaît sur la liste des diplômés de Maistrance. L'actuel Lycée Jules-Siegfried est fondé comme "Ecole Pratique" en 1868, l'option "Ecole de Maistrance" est ajoutée en 1919 pour former des agents de maîtrise et dessinateurs pour les bureaux d’étude en mécaniques dans les chantiers de construction navale. Marcel Gascoin reçoit le brevet dans cette spécialité en 1924-25 avec la mention Bien, option "modelage" - une technique consistant à transposer un dessin ou un prototype en modèle pour une production industrielle concrète. On comprend déjà la future synthèse qu'il va opérer, entre son père qui est lui-même chef d'atelier dans l'école (certainement en menuiserie), son goût pour l'agencement des bateaux et pour le bois (qu'il dira avoir découvert dès l'enfance sur les quais du Havre) et, enfin, sa formation technique en maistrance qui s'avère finalement très proche de sa future carrière - si on considère l'importance du mobilier en bois sur les bateaux à cette époque - même s'il en parle moins que de son futur parcours dans les prestigieuses écoles et institutions parisiennes !

Early school cursus of Marcel Gascoin will finally be known in detail through research that leads Cyril Beneteau painstaking work on the history of Le Havre and its reconstruction. Thanks to him, in Le Havre, the Jules Siegfried High School can now boast among its alumni one of our our largest designer, Marcel Gascoin. Lighting biographical relevant because discovered that he was a student here from 1921 to 1924/25 where it appears on the list of graduates of this Industrial School founded in 1908 for designed to train supervisors and designers for offices mechanical study shipbuilding. Marcel Gascoin will receive a certificate with honors in the "modeling" - specialty of transposing a drawing or prototype model for concrete industrial applications. It already includes future synthesis that will operate between a father foreman in school practice (carpentry), a taste for boats and wood (he discovered from childhood on docks of Le Havre), and finally, the technical training that is ultimately very close to his future career - if one considers the importance of wooden furniture on the boat at this time - even if he speaks less than its future course in the prestigious Parisian institutions!

samedi 23 juin 2012

Habitat d'urgence // exposition


Inauguration ce matin, 11h,  à l'Atelier Perret  de la première exposition sur l'habitat d'urgence au Havre. Avec la projection d'un film de Matthieu Simon : Nos maisons en carton comprenant les interviews de nombreux habitants des anciennes "cités provisoires". On y découvre aussi tous les meubles de sinistrés (entre autre de la collection GG) et la reproduction de quelques plans de René Gabriel provenant des Archives nationales de Fontainebleau. En vitrine, des galoches, des annuaires, et le souvenir d'un habitant célèbre au Havre : Julien Guillemard. Il aurait fallu citer aussi Gilles-Maurice Dumoulin... Ci-après, l'intégralité des textes présentés dans l'exposition.

Inauguration this morning, 11am, Atelier Perret, the first exhibition on emergency shelter in Le Havre. With a film of Matthieu Simon: Nos maisons en carton / Our cardboard houses - including interviews with many residents of temporary housing after the ww2. And also furniture (collection GG) and some René Gabriel blueprints (from the National Archives of Fontainebleau). On Display: vintage clogs, directories, and the illustrated diary of Julien Guillemard.

mardi 12 juin 2012

René Gabriel // Appartement témoin Perret

ph. Eric Garzena

Petite séance de photographies nécessaire pour obtenir des "visuels" de l'Appartement témoin Perret. Absence de lumières ajoutées, recherche d'un équilibre entre les noir-et-blanc et les couleurs correspondant à une époque "d'avant la couleur", où les volumes importent autant que les jeux de coloriste. Une occasion pour redécouvrir le séjour de René Gabriel présenté en 1947 (Exposition internationale // urbanisme et habitation) et reconstitué dans l'Appartement témoin Perret au Havre avec quelques céramiques pour les amateurs du genre - comme celles du maître Pigaglio ou du jeune Apollon...

Shooting needed to get a "visual" of the Appartement témoin Perret. Absence of added lights, finding a balance between black & white and color corresponding to a time "before the color", where volumes are as important as colorism. An opportunity to rediscover the living room of René Gabriel in Le Havre model apartment and some ceramics for fans - such as the master Pigaglio or the young "Apollon".

dimanche 13 mai 2012

Reconstruction du Havre // utopie intérieure


La donation à la Ville du Havre (serv. Unesco-Vah) des bulletins de la chambre syndicale des architectes, par Alain Brocard, nous donne le temps de découvrir quelques articles. On trouve ainsi un texte intitulé "Non, Le Havre n'est pas triste !" daté de janvier 1959 : le centre-ville du Havre semble vide alors que presque tous les sinistrés sont (enfin) relogés... Le problème évident est sa faible densité et la dispersion des habitants sur la périphérie mais les architectes veulent y voir un progrès lié à la qualité des logements reconstruits marquant l'âge d'or des "utopies intérieures" où le bien-être dans son chez-soi remplace l'urbain. Mais certains aiment encore les cinéma, la vie des des villes, et l'on découvre ainsi un célèbre café du Havre : Le Caïd...

Reception of modern architecture is so difficult in Le Havre, sad reputation of the city is not a news and Bulletin of Le Havre Architects realize this point in 1959. President of the architects in Le Havre defends his town and we offer a few articles detail photographs of the modern city: interiors of cafes (Le Caïd), cinema...

jeudi 15 mars 2012

Architecture d'urgence // histoire à écrire


baraquement près du Bassin du Roy, Le Havre, fonds des Musées historiques

Sur ce blog, le libellé urgence donne accès à une série d'articles consacrés aux logements et aux meubles d'urgence en France, après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Rappelons juste que les sinistrés sont alors les plus nombreux dans toute l'histoire des catastrophes dites humaines ou naturelles (10.000.000 d'Européens). Une histoire qui, justement, n'a jamais été écrite et semble ne pas vouloir se transmettre dans un refus d'envisager l'inimaginable ! Et l'on reproduit donc toujours les mêmes erreurs...

On this blog, the label urgence gives an access to a series of articles devoted to emergency housing and furniture in France, after the World War II. Just remember that victims are the most numerous in history of human and natural disasters (10 million Europeans). A continental story, precisely, was never written and seems not to want to convey in a refusal to imagine the unimaginable! Then we redo the same mistakes ...

lundi 20 février 2012

Guy Lagneau // école Paul-Bert (2/2)

[  r u b r i q u e   :   p a t r i m o i n e   a r c h i t e c t u r a l   d u   H a v r e ]
via Ensembles et meubles (p.94)

Petite découverte faisant suite au premier chapitre consacré à l'école Paul Bert (Guy Lagneau // école Paul-Bert 1/2) : un article d'Ensembles et meubles où figure le numéro 76 du Décor d'Aujourd'hui daté du début de l'année 1953 avec de nouvelles photographies de ce groupe scolaire à la pointe des recherches du moment. On y retrouve le mobilier Gascoin mais aussi des frises de Raynold Arnould - peintre de la Nouvelle école de Paris et futur conservateur du Musée Malraux... Ci-après, trois illustrations pour compléter le précédent article.

Discovery following the first chapter about Paul-Bert School: an article of Ensembles et meubles (1954-1955) containing photographs of this new school complex at the forefront of contemporary research. It includes Gascoin furniture but also friezes of Raynold Arnould - painter of New Paris school and future director of the Art Museum in Le Havre ...

vendredi 17 février 2012

Hôtel Normandie // Renou et Genisset

fauteuil conçu pour l'hôtel Normandie au Havre, Renou et Genisset, collection GG

Acquis au flair - ce qui arrive assez rarement - nous avons finalement identifié ce modèle de fauteuil : une création pour Le Havre... Il est dessiné pour l'hôtel trois étoiles nommé "Normandie" donnant sur le bassin du Commerce, un petit bijou architectural de la Reconstruction bien connu des Havrais. Par chance, les décorateurs des chambres sont André Renou et Jean-Pierre Genisset qui participent au Salon des Artistes décorateurs de 1949 sur le thème de la chambre d'hôtel dans une section dirigée par René Gabriel (SAD n°35 // catalogue). On y découvre donc le mobilier des chambres du Havre - dont ce fauteuil...

Feeling acquired, which rarely happens, we figured out this model of armchair: a creation for Le Havre ... Designed for the three star hotel named "Normandy" overlooking the basin of Commerce, this Reconstruction architectural gem of Jacques Poirrier is well known in Le Havre. Fortunately, the designers of the rooms are Andre Renou and Jean-Pierre Genisset (see biography on Docantic website) participating in the Salon des Artistes decorateurrs 1949 on the theme of hotel bedroom. It reveals so the furniture in the rooms of Havens - whose this chairs of "GG collection" ...