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jeudi 1 janvier 2015

Boncoin.fr // nouveaux arrivages



(message posté le 1er août 2014 réactualisé) parmi les millions de photographies en ligne sur leboncoin.fr, il y a tout ça ! Cependant, les yeux qui surveillent ces annonces sont légions et les plus incroyables trouvailles disparaissent vite... Et Hop ! C'est ainsi que le tableau de chasse s'assimile à une compulsion collective, faisant se toucher la préciosité et la vulgarité (meubles d'urgence // René Gabriel 1/2). Cependant, contrairement à la complexité demandée quand il s'agit d'aimer la banalité, la quète du rare et du précieux est évidente pour tout le monde : la beauté - à l'instar de la bonté - est la norme la mieux partagée. Nous aimons tous jouer à la chasse au trésor... Heureusement, pour balayer cette évidence, Wikipedia cite Jacques Le Goff dans la rubrique Leboncoin.fr et ouvre une amusante dimension anarco-médiévale : "D'une certaine façon, leboncoin.fr est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement." Ajoutons un nouveau marché de l'art où chacun devra apprendre à être son propre expert, à exprimer son goût ! En attendant, voici des trésors photographiques où le préciosité est banalisée.

Among millions of photographs online in leboncoin.fr, there all! However, eyes that monitor these ads are legion and most amazing finds disappear quickly ... And Hop! Thus the table hunting is assimilated to a collective compulsion, by touching the preciousness and vulgarity (emergency furniture // René Gabriel 1/2). However, unlike the complexity required when it comes to love banality, the quest of rare and precious is obvious to everyone: the beauty - like kindness - is the best shared standard. We all like to play treasure hunt ... Fortunately, to sweep this evidence, Wikipedia.fr cites Jacques Le Goff in the section Leboncoin.fr and opens a fun anarcho-medieval dimension: "In a way, is leboncoin.fr the twenty-first century that the fair was in the Middle Ages. At that time, there were not so many shops or in town or in the countryside. The large center where people of every procured was fairs . I analyze rather the rise of Bon Coin as an expression of "resourcefulness" French. It is this spirit that has attracted countless people to Paris early. The site democratizes product acquisition a large part of the price can be linked to intermediaries. It offers a return to the medieval quality of life, with warmth and support. It also appears very effective in the real estate market, automotive and employment This latter point is particularly important now. " Add a new art market where everyone must learn to be his own expert to express his taste! Meanwhile, here's photographic treasures where the preciousness become commonplace.

Das Vitrahaus Ist // exposition noël 2014


En octobre 2014, M le magazine du Monde titrait "L'appel de la forêt" afin d'évoquer le retour du bois dans le design. D'un coté, j'ai découvert l'Atelier BUD, 100% chêne massif made in Normandie (sur Facebook), beau-utile-durable et pas cher. Nous y reviendrons. De l'autre, il fallait approfondir en visitant l'exposition Aalto, poussant vers l'Est jusqu'au Vitra, près de Bâle. Dans ce campus Vitra, tous les bâtiments sont "signés" par des starchitectes : le musée du design de Frank Gerhy (1986/1989), le pavillon de conférence de Tadao Ando (1993), une usine de Nicholas Grimshaw (1981-1983), deux autres d'Alvaro Siza (1994) et de SANAA (Sejima And Nishizawa And Associate, 2012), un pôle incendie de Zaha Hadid (1993), une promenade d'Alvaro Siza (2014), une tour toboggan de Carsten Höller (2014), une station d'essence de Jean Prouvé (1953), un dôme géodésique réédité de Richard Buckminster (1975), une maison Diogène de Renzo Piano (2013). Dans ce parc d'attraction pour adultes consentants à la libido architecturale surgonflée, nous entrons dans Das Vitrahaus (Herzog & de Meuron, 2010) qui sert d'écrin aux joyaux du design mondial réédités par la célèbre marque. C'est Noël, et c'est toujours Noël ici, car chacun trouve son bonheur à l'intérieur de ce qu'il faut bien nommer le temple de la consommation chic. S'y rencontrent de jeunes étudiants souhaitant voir de près des monuments (que leurs enseignants mettent sur un piédestal) et toute la bonne société (sachant ce qu'il faut avoir chez soi). Ce n'est pas le bas peuple qui s'adonne ici à l'individualisme possessif. Le paradoxe est tout de même violent entre ce consumérisme et l'esprit protestant d'Alvar Aalto, le calvinisme de Le Corbusier ou le catholicisme social de Jean Prouvé... J'aurais aimé un souvenir à un prix digne de René Gabriel : cent euros maxi. Mais rien, bredouille, pas même un branlant tabouret S60. Où est cette industrie qui devait mettre la machine au service de l'art et du peuple ? Voici ce qui manque encore à Vitra : ça viendra.

mercredi 22 octobre 2014

Le Corbusier à Marseille // vs style 1940



Suite à un sympathique mail de David Liaudet, rédacteur du blog archipostalecarte, voici pour identification une chose inimaginable dans l'Unité d'habitation de Marseille. Difficile de retrouver le créateur des meubles mais nous constatons immédiatement une distance avec Perriand ou Prouvé, autant qu'avec Gascoin ou Gabriel, mais une grande proximité avec le "style 1940"... L'ambiance affirme un luxe bourgeois en dégageant l'espace tout en montrant des sections épaisses, avec une excentricité si bien mesurée qu'elle évoque plutôt l'exposition de 1937 que de 1947. Et puis la touche rustico-anglo-coloniale et le masque sur le mur afin de montrer qu'on s'y connaît et qu'on aime l'aventure, qu'on a de l'argent et qu'on est puissant. Le logement idéal pour le caniche royal, soit à l'opposé de la révolution moderne, qu'elle soit radicale ou sociale. Allons plus loin et jouons le jeu en imaginant la vie d'un propriétaire pleinement satisfait d'acheter un appartement du Corbu, avec vue, et très fier de devenir par là même un homme moderne, comme il faut, sans savoir exactement ce que tout ça signifie. Il téléphone donc à un artiste décorateur de ses amis, très chic et fréquentable, qui fait venir les plus belles choses dans le goût actuel, simple mais confortable, original mais supportable. Satisfait de lui-même, l'ensemblier conseille à son client de faire photographier cette décoration qui doit remettre la mode sur le droit chemin. C'est si parfait, si léger, si équilibré dans ce cadre si original. Le photographe arrive mais le chien reste là. Tant mieux, gardons-le, il ne dépeint pas. "Ah ! Par contre, la table basse ne cadre pas tout à fait, pouvez-vous la faire tourner légèrement vers ma droite ? Merci... reculez... là... c'est parfait..." Puis la conversation se poursuit : "En faire une carte postale, vous pouvez, oui ? Oh ! Oh ! Oh ! Comme c'est amusant !" Allez, constatons que notre bonhomme a bien de l'avance : non dans la photographie, ni dans l'ameublement (où l'on note tout de même un certain décalage) mais, osons le dire, dans le profil des habitants de l'Unité... Ici comme ailleurs, hier comme aujourd'hui, le social n'est qu'un mythe destiné à séduire une élite bien plus qu'une réalité quantifiable ou mesurable. Ce cas extrême illustre une situation passée en sourdine qui mériterait pourtant d'être interrogée ! Ci-après, pour se soigner, les photographies du "véritable" appartement témoin, ouvert en juin-juillet 1949 (article du Décor d'aujourd'hui n°52), avec un mobilier qui n'était guère plus "social" mais dans un autre genre...

Following a friendly email from David Liaudet, webmaster of archipostalecarte, here for identification unimaginable thing in the Unité d'habitation (Marseille). Difficult to find the creator of this furniture but we find immediately a distance with Perriand and Prouvé, as much as with Gascoin or Gabriel, but proximity to the precious "style 1940" ... The atmosphere says a bourgeois luxury by releasing the space while showing thick sections with a measured eccentricity so that it would evoke 1937 exhibition rather than 1947. And the rustic-britain-colonial style and the mask on the wall to show that we know and love the adventure, we have money and powerful. The ideal accommodation for the poodle or the opposite of the modern revolution, whether radical or social. Let's go further and play the game by imagining the life of a fully satisfied owner to buy an apartment of Corbu, with a view, and very proud to become thereby a modern man, as it should, without knowing exactly what all this means. So phone to a friend decorator, very chic and creep, which brings the most beautiful things in the current taste, simple but comfortable, original but bearable. Pleased with himself, the decorator advises his client to be photographed his interior, must put the fashion on track. It's so perfect, so light, so balanced in this context, so original. The photographer arrives but dog stays there. Good, keep it, it does not depict. "Ah! For cons, the coffee table does not fit perfectly, you can rotate it slightly to my right? Thank you ... stand back ... there ... that's fine ..." Then the conversation continues: "Make it a postcard, you can, yes: Oh Oh Oh What fun!!!!" Come on, find that our man has a head start: not in photography or in furniture (where there is still a lag) but, dare we say, in the profile of the inhabitants of the Unit ... Here as elsewhere, then as now, the social is a myth intended to seduce more than a quantifiable or measurable reality elite. This extreme case illustrates a muted past situation which nevertheless deserves to be questioned! Below, to heal, photographs of "real" show apartment opened in June-July 1949 (Décor d'aujourd'hui, No. 52), with furniture that was little more "social" but on another style...

mercredi 30 mai 2012

Chaises UAM // prix utiles

Prix d'une trentaine de chaises sélectionnées par l'UAM en 1950 et 1953, faisant apparaître une médiane à 100 euros

En 1950 et en 1952, l'UAM devenue "Formes Utiles" présente dans ses stands une sélection d'une trentaine de chaises. Les prix de vente apparaissent et l'on peut donc les rapporter en euros constants (tableau Insee), voir la répartition des prix puis les classer en catégories : discount à 50€, prix médian à 100€, haut de gamme à 150€, puis le "moderne chic" allant au-delà pour rejoindre les tarifs des artistes décorateurs... Notons déjà que les prix des chaises (et des meubles, ainsi que de la plupart des objets domestiques) ont peu changé. De fait, ces prix sont presque constants depuis le début du XXème siècle : tout change et rien ne change. Enfin, c'est surtout l'occasion de voir les tarifs pratiqués par les créateurs de série pour enfoncer les clous, et boucler les becs : Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

In early 1950's, U.A.M. stands presents a selection of thirty chairs. Like many everyday items, prices have finally changed little. Reported in constant euros, we can be classified : discount 50 €, median price 100 €, upscale 150 €, "modern chic" and artists decorators ... An opportunity to see prices of Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

mercredi 25 janvier 2012

Franquin, Hergé, Jacobs // BD et mobilier


"Etat de siège et peau des fesses", un miracle d'après Franquin, Idées noires, 1981

Clin d'oeil au Festival d'Angoulême : n'oublions pas Franquin qui n'hésite pas à se moquer de l'antinomique " style design " et des effets de surprise commerciaux, souhaitant même le pire destin à ses utilisateurs dans Idées Noires ! En 1981, certains comprennent déjà que le modernisme est un outil au service d'Aimé de Mesmaeker, homme d'affaires avisé aidé par un designer lui-même poussé par un administrateur subtil qui " fait des miracles "... Mais ouvrons l'Enquète dans le passé. En 1958, comme pour fêter l’entrée officielle de l’esthétique moderniste en Europe avec l’Exposition Internationale de Bruxelles, la BD multiplie les hommages aux meubles contemporains : il y a l'étape franchie depuis longtemps par Spirou avec le design international ; il y a aussi une image de Tintin au Tibet, déjà un peu moins connue ; et il y a enfin – découverte d’un commentateur de ce blog (JFV) - S.O.S. Météores. Nous étions aveugles, Olrik sait bien se cacher… Mais le contexte n’est jamais le même, et il faut soumettre à la question les dessinateurs pour découvrir leurs perceptions de la modernité, puis relater les champs de la réception du mobilier et de l'architecture d'intérieur, dans la BD, autour de 1958...

As to celebrate official entry of modernist aesthetic in Europe with International Exhibition of Brussels, Comics increases the tribute to his contemporary furniture: there is the step taken by Spirou with his incomparable design, and Tintin in Tibet, already a little less known, and finally - finding by commentator on this blog (JFV) - SOS Meteors. We were blind, Olrik knows to hide ... But the context is never the same, and must submit the question these artists to discover their perceptions of modernity and then relate the fields of reception furniture and architecture modern interior, in comics, around 1958 ...

lundi 2 janvier 2012

Meubles de série // Arts ménagers 1948

Jean Prouvé, stand du Foyer d'Aujourd'hui aux Arts ménagers de 1948 - via décor d'Aujourd'hui n°43

Entre l'Exposition de 1947 (Exposition internationale // urbansime et habitation) et les premiers appartements témoins inaugurés dans les villes de Province à partir de 1949, le lieu de la création en France est le Salon des Arts ménagers qui rouvre ses portes après un silence obligé depuis l'Occupation. Un article du Décor d'Aujourd'hui redonne le ton et montrent de nettes divisions : style décorateur, " grand magasin " ou moderniste – mais tout cela à un goût de déjà vu, sauf dans le meuble de série où une foule de créateurs approfondit les premières recherches menées par René Gabriel (voir Meubles de série // arts ménagers 2/2)...

Between International Exhibition of 1947 and first model apartments that open in different cities from 1949, creation center in France is the "Salon des arts ménagers", which reopened after the war. An article gives the tone and show clear divisions: decorative or "store" style, or modernist - everything is seen, except furniture series of our friends Gabriel, Gascoin, Hauville and others.