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mercredi 6 juillet 2016

Nordiska Kompaniet // catalogue Triva KD 1946


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Parmi les grandes légendes du design, voici un rare catalogue, tout juste rentré dans la collection GG. De 1946, il marque la naissance du mobilier scandinave en kit : Nordiska Kompaniet Triva knock down furniture. Conçue pour l'exportation, cette gamme de meubles transportables, nommée Triva (trivas : prospérer, se plaire, en suédois), a été développée par Elias Svedberg et son équipe (composée d'une vingtaine de designers, incluant Kerstin Horlin-Holmqvist, Lena Larsson, David Rosen, Astrid Sampe, Erik Worts, etc.), en réponse à un concours lancé par une guilde d'artisans suédois vers 1945, pour " les besoins de la famille moderne et adapté à la production de masse. " Ce style de mobilier avait déjà fait une apparition remarquée avec la Swedish Modern durant la New-York World Fair's en 1939 (Elias Svedberg // NK). Les premiers modèles Triva figurent ensuite dans l'aménagement d'une maison témoin de la cité jardin de Malmö (NK // Cité de Malmö). En 1946, la Team d'Elias Svedberg a pleinement développé le principe du mobilier dit assemblable, au format des paquets postaux. Les KD (knock-down, littéralement "abattu", à bas, en anglais) de la NK peuvent être livrés à travers tout le pays, mais aussi aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, dans le monde entier... Ce qui a été inventé pour pallier à la dispersion des populations dans le territoire scandinave devient un atout majeur pour l'exportation internationale. C'est ainsi que les KD et leur légèreté légendaire vont inspirer la célébrissime firme suédoise Ikea, certains modèles vont être intégrés dans les catalogues Knoll et ils influenceront aussi des créateurs français comme Jean Royère, Marcel Gascoin, Pierre Paulin, Jacques Hauville... Toutefois, il ne faut pas exagérer en croyant que la Suède est une exception mondiale, elle prolonge et amplifie une "modernité sociale" issue des Arts & Crafts qui préexiste dans toute l'Europe et aboutit sur les meubles pour sinistrés en France et en Angleterre. La puissance scandinave vient en grande part du fait d'avoir été épargnée par la guerre. L'Europe du nord peut exporter en quantité – sans se soucier des pertes industrielles ou des sinistrés – en mobilisant ses capacités productives dans une finalité plus commerciale. C'est la petite histoire que raconte cet impeccable catalogue, incluant une quarantaine de modèles sur quarante pages, tout en papier glacé, relié avec des vis en laiton, couvert par une toile de teinte naturelle imprimée "NK", avec, à l'intérieur, quelques stupéfiantes photographies...


mardi 31 mai 2016

Early Webbed Chairs // sangles et lanières

Elias Svedberg, fauteuil en teck blond verni et sangles en jute de teinte naturelle, vers 1950 (collection GG)

Pour répondre à une question posée par Stephane Danant, voici un petit morceau de la négligeable histoire des sangles dans l'aventure oubliée de la "modernité sociale", celle qui va aboutir sur le "style reconstruction" après la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui encore, à 25 centimes le mètre linéaire, les sangles en jute permettent de fabriquer les sièges les moins coûteux, soit 5 € pour couvrir une assise et 10 € pour tout un siège avec dossier. Il est donc logique de les retrouver aujourd'hui encore dans les productions industrielles (depuis Artek jusqu'à La Redoute). Toutefois, à l'époque de son invention moderne, aux yeux du décorateur, il y a un côté nudiste dans ces sangles (ou ces lanières de cuir pour les modèles de luxe) : c'est en effet une "assise de tapissier" dépouillée de tout, sans toile, ni crin, ni bourrelet, ni tissus - presque une insulte pour le métier. Ne reste, finalement, que le support souple en quadrillage. Le premier modèle moderne semble remonter au Bauhaus, avec l'extraordinaire chaise cantilever (wiki) dessinée par Mart Stam en 1926 dont les premières assises sont en lanières entrecroisées, idéales pour un peu de souplesse dans ces meubles tout en ossature du "rationalisme clinique". On la retrouve logiquement chez Alvar Aalto qui l'adopte au début des années 1930. En même temps, Bruno Mathsson produit la chaise longue Permilla et la chaise Eva (1934) dont le "design organique" si original est indissociable du jeu des bandelettes en tissu qui épousent parfaitement les formes du bois courbé. Au même moment, en France, René Gabriel utilise des lanières sur ses chaises en bois qu'il présente une première fois au SAD. Son souci est alors économique, assumons l'idée d'un "rationalisme social". Mais il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la technique se généralise dans un objectif pragmatique : c'est la création du "mythe guerrier" de la Firme Knoll (knoll.com), justifiant le retour au bois (cerisier) à cause des priorités de guerre avec réutilisation des surplus militaires (sangles pour parachute), des contraintes qui aboutissent sur la fameuse série 600 de Jens Risom (1942/43) et se prolongera dans d'autres modèles utilisant des sangles, comme ceux dessinés par Abel Sorenson (1946). Mais, alors que le temps passe, la découverte devient un geste, le "projet moderne" se transforme en "style moderniste", et le souci d'abaisser les coûts perd son objectif social pour basculer du côté des marges bénéficiaires des entreprises... L'utilisation des sangles est encore fréquente à la fin des années 1940, par exemple en Suède avec Elias Svedberg ou aux Etats-Unis avec Klaus Grabe. Il faudrait en comparer les coûts, les marges et les prix de vente... Ci-dessous, quelques classiques à retenir, avec des images pour la plupart puisées dans 1stdibs...


lundi 12 mars 2012

Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet

Elias Svedberg, mobilier présent dans le logement témoin de Malmö, 1944, d''après le Sörmlands Museum

Comme beaucoup de créateurs qui ont inventé le design, animés par la qualité et la démocratisation, le nom d'Elias Svedberg est aujourd'hui caché derrière des icônes plus "visibles". Sous prétexte d'une sobriété et d'une discrétion que l'on regarde comme intemporelle, nous avons oublié que cette "simplicité évidente" est une invention, dotée d'une histoire. Faisons abstraction du luxe ostentatoire et du formalisme artistique pour regarder ces premiers meubles de série : chaise pour s'asseoir ou fauteuil pour se détendre -point- sans prétention mais avec qualité, solidité, et finitions... parfaites. Images piochées au hasard du web et des archives qui nous indiquent la source d'inspiration de quelques créateurs français comme Jacques Hauville.

Like many artists who really invented design in the interests of quality and democratization, the name of Elias Svedberg has now passed into the background. Under pretext of simplicity and discretion you look too obvious now, we have forgotten that this "apparent simplicity" is just a great invention which has a history. Forget the luxury materials and artistic formalism to watch the furniture: chair to sit on or chair to relax-point unpretentious but with the quality, strength, and perfect finishes.

samedi 28 janvier 2012

Nordiska Kompaniet // Cité de Malmö

Cité jardin de malmö, 1942-1948, via Malmo.se

Epargnée dans une sombre époque, la Suède est l'un des seuls pays européens à poursuivre les recherches en architecture pendant la Seconde Guerre mondiale. La cité jardin de Malmö montre ainsi l'aboutissement de certaines doctrines régionalistes : passionnant, tant pour le traitement paysagé que pour l'aménagement intérieur. Ici ouvre aussi, vers 1945, l'un des premiers logements témoins d'Europe. Il connait un grand succès et devient la visite incontournable des architectes de la Libération fascinés par le modèle scandinave. Aux côtés d'Alvar Aalto, on y découvre - bien plus nouveau - les meubles de la Nordiska Kompaniet d'Elias Svedberg, dans un décor d'Astrid Sampe (voir Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet).

In a dark time, during the WW2, Sweden is one of the few European countries to continue architecture research. The garden city of Malmö show the result of a singular regionalist doctrines : exciting, both for the landscape conception for interior design. Here also, in 1944, one of the first open model appartment in Europe. It's a great success and a classical visit for architects during post-war period, fascinated by the Scandinavian model. Alongside Alvaar Alto, we discover - new time - furniture designed by Elias Svedberg, in a Astrid Samper decor.