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mardi 1 septembre 2020

Reconstruction des Vosges // Saint-Dié etc.

Mobilier de réinstallation de René Gabriel, à l'intérieur d’une ferme provisoire, coll. part.. Base Mémoire : IVR41_20128803307NUC2A. © Région Lorraine-Inventaire général. via journals.openedition.org

Ferme provisoire à Anould, entre Saint-Dié et Gerardmer (google.com/maps)

Souvenir de nos vacances - été 2020 - surtout, ne pas voyager loin, ordre de la "démocratie sanitaire". Passons sur l'inquiétude que provoque l'ajout d'un adjectif à ce mot. Obéissons, jouons avec la contrainte, cherchons un bonheur hygiénique éco-compatible après un petit saut de colibri, à trois heures de Reims : les Vosges, pays des randonneurs suréquipés, du grès rose, des épicéas, des gites à tarif exorbitant, etc. Les écrits sont nombreux ici, sur Le Corbusier rejeté par la population, sur l'architecture "moderne locale" qui l'a remplacé à Saint-Dié (beaucoup moins que St-Malo ou Giens), sur les sinistrés et la vie dans les baraquements provisoires. Mais il y a d'autres thématiques, comme la reconstruction rurale. Tout d'abord, un ouvrage à lire en ligne : La Seconde Reconstruction dans l’est des Vosges par Jean-Yves Henry (lien journals.openedition). L'auteur a étudié deux sujets des plus intéressants dans cette région : la reconstruction des fermes et les scieries hydrauliques vosgiennes (lien journals.openedition), en faisant l'exploit de ne pas citer Les grandes gueules. Ce film culte raconte la fin d'une industrie, la transition du petit hydraulique vers le gros électrique... Loin des grandes gueules, l'auteur fait le job en évitant certains sujets délicats, sous couvert d'une rigueur type "Inventaire", y compris pour la reconstruction. Par exemple, son titre interroge car la "seconde reconstruction" désigne plutôt la troisième (pour rappel : 1°-1918, 2°-1940, 3°-1944) et l'est des Vosges respecte uniquement le découpage au sens "administratif", celui du département numéroté 88 par l'ex-service des Postes & télégraphes, mais il correspond inversement à l'ouest du massif, celui de la perception commune, à la fois paysagère, historique, géographique et stratégique, on y reviendra...

L'article publié dans In Situ cible la reconstruction rurale et décrit parfaitement la typologie des fermes "provisoires" et "définitives" couvrant ce bout de territoire. Mais il est difficile en le lisant de savoir à qui sont attribuables les destructions. Ce sera le sujet de cet article. Cherchons... Rien... Le même genre de phrase se retrouve dans absolument toutes les publications concernant la région : "En novembre 1944, devant l’avancée des troupes alliées, les Allemands se retirent, dynamitant ce qui n’a pas été détruit par les bombardements des semaines précédentes." Je n'en peux plus de lire partout cette affirmation caricaturale. Qui ? Pourquoi ? Dans ce récit, les armées allemandes figurent beaucoup trop le cliché de la méchante bêtise que l'on trouve dans les blockbusters. Il doit y avoir une raison plus rationnelle. Les causes de la guerre sont toujours mauvaises, toujours répugnantes, surtout celle-là, mais la guerre en elle-même se mène malheureusement de manière le plus souvent très rationnelle. 

L'explication se trouve dans une autre publication, s'intéressant non pas au patrimoine, mais à l'histoire des Malgré-nous (MOUGEL Nadège), Les travailleurs forcés des Vosges à Pforzheim), que l'on trouve résumée ainsi (journals.openedition.org) :  
"Le débarquement, suivi de la lente marche des Alliés vers l’Est, amène les occupants à transformer le versant ouest des Vosges [cette fois au sens du massif vosgien] en une ligne fortifiée (le Schutzwall West) destinée, dès septembre 1944, à fixer l’avancée alliée par la construction d’une ligne de tranchées. Les travaux sont effectués dans une politique de travaux forcés par la population civile renforcée au départ par les Hitlerjugend venus d’Alsace et du pays de Bade et envoyés par le Gauleiter Wagner. En même temps, la population locale est soumise à la Gestapo renforcée sur place par le repli des hommes venus de l’Ouest de la France. C’est dans ce climat devenu de plus en plus pesant qu’est également lancée la lutte contre les maquis. Celui de la Piquante Pierre est liquidé moyennant 51 victimes. L’intervention personnelle de Himmler amène à la décision de mettre en œuvre une politique de terre brûlée, précédée par l’ordre de rafler de manière systématique tous les hommes de 15 à 65 ans sur une ligne de 250 km le long du versant vosgien afin de les amener travailler en Allemagne. Ce qui est alors présenté comme une mesure de précaution n’est en réalité qu’une mesure de force destinée à éviter tout contact avec d’éventuels maquis et avec les Alliés. 4 746 Vosgiens sont transférés dont 483 Bressauds qui, après une marche dans la neige vers Wesserling, parviennent par train à Pforzheim."
Eh bien ! Voilà, ce n'est pas plus compliqué. Ils détruisent tout entre septembre et novembre 1944, y compris les fermes et les habitations isolées, afin d'éviter la formation des maquis au niveau d'une frontière naturelle que les nazis espèrent consolider (c'est à dire l'ouest des reliefs vosgiens). Dans la région, il n'est donc pas étonnant qu'il soit impossible de trouver une ferme antérieure à 1944, y compris dans les coins perdus. De ce côté-ci des Vosges, c'est une destruction totale, systématique, tel que l'on en trouve presque nulle part. C'est différent du reste de la France, où les Alliés rasent villes et gros bourgs, car ils craignent de voir leurs troupes traverser des espaces urbains non-évacués, c'est à dire non-sécurisé. Dans le reste de la France, ces bombardements ont presque tout détruit en 1944-1945 - car les Alliés n'avaient aucune raison d'épargner un pays collaborateur, point de départ de missiles. Cessons d'être polis. On le sait maintenant. La France collaborait avec tant de zèle que cela inquiétait parfois les dirigeants allemands eux-mêmes. Alors, il faut mettre de côté le pays héroïque inventé a posteriori par de Gaulle et se demander, pourquoi, vraiment, tout ce bazar dans les Vosges ? Pourquoi est-ce différent dans les Vosges ?  Lorsque les soldats allemands détruisent tout, il faut toujours se demander "pourquoi ?", y compris pour tenter de comprendre l'horreur démesurée commise à Oradour. 

Ci-après, pour changer de sujet, et se distraire un peu, quelques photographies prises dans le musée de Saint-Dié présentant un baraquement provisoire, avec ses meubles (René Gabriel) et ses objets quotidiens. Beau travail muséographique. On voit aussi que la reconstruction, c'est encore très simple, c'est très rationnel. Cela appartient toujours à la guerre et c'est exactement pour ça que les contemporains ne l'aiment pas vraiment. C'est pour ça, aussi, qu'il faut apprendre à regarder autrement. 


mercredi 31 octobre 2018

Mobilier de Réinstallation // Saint-Lo 2019



Elisabeth Marie, conservatrice déléguée des antiquités et objets d’art (CDAO) du Conseil départemental de la Manche, et Robert Blaizeau, directeur du musée de Saint-Lô, réalisent actuellement un travail de recherche qui prolonge et complète le défrichage mené au Havre sur les logements dans la Reconstruction. Ils se plongent avec un plaisir évident dans ce moment de naissance du design et montent une impressionnante collection, tout en déployant la rigueur nécessaire à une sérieuse mise en mémoire en relation avec les données du territoire. Cette mémoire est celle de la Normandie dans son paysage "moderne" et "reconstruit", celui des villes et villages détruits par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. C'est un patrimoine longtemps resté invisible car il a été effacé par le "trauma" d'un événement violent et complexe, où l'invention de la société à venir (encore actuelle) jouxte un brutal effacement, où - plus terrible encore - celui qui vous détruit est aussi celui qui vous libère.

Pour comprendre ce moment déterminant dans notre histoire, ces chercheurs de la Manche se concentrent sur les objets quotidiens des habitats d'urgence et sur les logements de la Reconstruction : architecture, mobilier, ustensiles de cuisine et divers appareils domestiques... C'est un travail de médiation et de valorisation qui a débuté au début des années 2010 (Meubles de réinstallation 1944 // René Gabriel 2/2) dans un certain anonymat. Il attire désormais la télévision régionale qui vient d'y consacrer une série de reportages intitulée L'architecture de la reconstruction mal aimée en Normandie ? Tout ceci va aboutir sur un ouvrage qui fera date, La reconstruction dans la Manche (1944-1964) accompagné d'une exposition permanente dans le musée de Saint-Lô. Ce sera en 2019.

Ci-dessous, pour mémoire, les plans des "meubles de réinstallation" de René Gabriel adoptés par le service des Constructions provisoires en avril 1944, et les photographies prises très probablement lors d'une présentation dans la "pré-exposition de la Reconstruction" confiée en 1945 au Commissariat général du Salon des arts ménagers, organe associé au CNRS (cf AN-Pierrefitte fonds CNRS 20040397/1-20040397/4).  On y découvre deux ensembles que connaissent tous les Normands, et plus généralement les habitants des régions françaises sinistrées par la guerre : la salle à manger avec le buffet-vaisselier V.150, la table T.151 et les chaises gigognes A.153, la chambre avec le lit n°155 et l'armoire S.154 avec sa variante I (6 caissons sur portes, 3 caissons latéraux) et sa variante II (3 caissons sur l'ensemble).

jeudi 21 juillet 2016

Table rase // histoire des bombardements



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Les attaques chaotiques, dispersées, individualisées (utilisant soit des drones, soit des individus endoctrinés pour être "dronisés") remplacent aujourd'hui les bombardements aériens, reléguant cette méthode dans un passé distant. Les habituelles justifications, qui mettaient en avant l'efficacité et la précision des bombardements, disparaissent après avoir atteint un paroxysme médiatique -touchant au ridicule- avec les "frappes chirurgicales" en Irak, en 1990. Ainsi s'achève l'un des derniers mythes modernes, et son histoire est déjà décrite par Thomas Hippler dans Le gouvernement du ciel. Histoire globale des bombardements aériens (Les Prairies ordinaires, 2014). C'était à faire, et c'est fait. Beaucoup vont cesser de demander "Pourquoi ?" en attendant une fine description stratégico-militaire ; il suffit de savoir que poètes et stratèges imaginaient à cette époque qu'une purification globale par le ciel était la meilleure méthode pour s'approprier et transformer un territoire... L'auteur donne le lieu, la date, et un nom, pour définir cette invention : le bombardement de Tripoli par l'Italie, en 1911, sous l’œil admiratif de Filipo Tommaso Marinetti, lui-même... "Marinetti, chef de file d'une avant-garde provocatrice, devient alors le chantre de l'audace, de l'énergie, du mouvement agressif, de la révolution technologique, de la brutalité sous toutes ses formes esthétiques. Il se rapproche des milieux nationalistes italiens et milite pour l'entrée en guerre de son pays. Aux côtés du futuriste Mario Carli et de l'agitateur Benito Mussolini, il fait partie des 119 personnes présentes le jour de la fondation, en mars 1919, des Faisceaux italiens de combat." nous dit Wikipedia... C'est le sang rouge artériel de la modernité brandissant la pureté, la vitesse, l'universalité, assumant la violence, qui s'oppose au sang bleu, anoxique, d'une tradition à rénover. Finesse, stabilité, territorialité : c'est fini ! À Bas ! Toutefois, le dévoilement de cette vérité sur les bombardements n'est pas si nouvelle. On pouvait comprendre le principe avant Hiroshima et Nagasaki, avant même la destructions des villes européennes en 1944. Pour le savoir, il faut lire un texte d'André Fribourg (1887-1948), professeur d'histoire, publié en septembre 1939 dans la revue hebdomadaire Notre Combat. Il est consacré à la menace aux civils. On accuse une invention allemande datant de 1914. On observe sa première utilisation à grande échelle contre la Pologne en 1939...

mercredi 15 juillet 2015

Tous à Ploemeur // préfabriqués 534-10 et UK-100

Le mail René-Gabriel à Ploemeur...

Prolongeons cet été notre tour de France des villes reconstruites, allons donc respirer le bon air breton. Rendez-vous près de Lorient, guidés par trois bonnes raisons : le futur "musée des préfabriqués" (Mémoire de Soye), l'exposition d'Elisabeth Blanchet sur les prefabs en Grande-Bretagne (prefabmuseum.uk) et celle des photographies du MRU sur la reconstruction de Lorient (lorient.fr)... Outre le troisième événement, les choses se passent à Ploemeur, ville accolée à Lorient qui accueille l'association Mémoire de Soye dans le parc du château du même nom où se trouvaient de nombreuses habitations provisoires après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, la cité se "re-reconstruit", grâce à douze ans d'efforts ininterrompus de Mickaël Sendra, dans un très beau projet soutenu par le dynamique maire de Ploemeur, Ronan Loas. Deux beaux modèles d'habitats provisoires sont aujourd'hui visibles sur le site, les préfabriqués 534-10 et UK-100 (prefab UK-100 // perfect housing). Ils viennent juste d'obtenir un classement "Monument historique" par la Commission régionale du patrimoine et des sites. En attendant la suite, afin de compléter ce que j'ose espérer voir comme l'embryon (déjà bien mature) d'un futur grand musée de plein air sur l'habitation (voire le design et la préfabrication), tout se passe dans la sympathie et la modestie ; ceci préfigure une vraie réussite car il y a autant d'humanité que de rigueur dans ce travail : le choix du mobilier, l'orientation internationale des recherches, en direction de la Grande-Bretagne (avec prefab et utility furniture) ou des Etats-Unis (Tennesse Valley Authority), sans compter l'enthousiasme collectif. Tout y est, de la petite histoire à la grande, du drame à l'espoir, du passé à sa redécouverte, et surtout du présent à l'avenir car la question du logement reste de premier ordre dans notre société et ne laisse pas d'interroger. Un grand merci à Mickaël, Martine, Eric, "chez Ginette" et autres amis de Soye pour l'accueil.

Extend our summer tour of rebuilt cities in France, breathe the fresh air in Brittany. Events near Lorient, guided by three good reasons: the future "prefabricated Museum" (Soye), the exhibition of Elisabeth Blanchet on prefabs in Great Britain (prefabmuseum.uk) and the photographs of MRU of rebuilding Lorient ... In addition to the third event, the place to be is Ploemeur, Lorient city contiguous to hosting the Soye memory association in a castle park, which were located temporary housing after World War II. Today, the city "re-rebuilt" through twelve years of unremitting efforts Mickaël Sendra, in a very beautiful project supported by the dynamic mayor of Ploemeur, Ronan Loas. Two beautiful models of transitional habitats are now visible on the site, prefabricated 534-10 and UK-100. They just get a ranking "Historical Monument" by the Regional Commission of heritage and sites. Pending further to add to what I hope to see as the embryo (already mature well) of a future great outdoor museum housing (or even design and prefabrication), everything happens in sympathy and modesty; This foreshadows a real success because there are so many that humanity rigor in this work: the choice of furniture, the international orientation of research towards Britain (with prefab housing and utility furniture) or States States (Tennessee Valley Authority), including collective enthusiasm. Everything is here, from the small to the great history, from tragedy to hope, from past to his rediscovery, especially present and future because the housing issue remains first class position in our society and we interrogated. A big thank you to Mickaël Martine, Eric, "Ginette home" and other friends Soye for the reception.

lundi 13 octobre 2014

Exposition 2014 // Habitat provisoire 02


Retour sur l'exposition "Habitat provisoire - la vie quotidienne après 1944" car elle ne reste visible dans l'Atelier Perret que seulement deux petites semaines. Après un premier volet consacré au montage du baraquement (Exposition 2014 // Habitat provisoire 01), nous en proposons donc un second ayant pour sujet le mobilier. Les amateurs du genre ne seront pas déçus car ils retrouveront René Gabriel derrière cette sobre façade avec quelques pièces rarissimes : des variantes de la salle en série 120 (buffet 120, table 121, chaise 123) et l'inédite chambrée de réinstallation (armoire 154, lit 155, chevet). Ces meubles sont moins célèbres que la fameuse salle à manger de "réinstallation" (Meubles d'urgence // René Gabriel) ou que la chaise avec caillebotis, très recherchée depuis qu'elle a été publiée sur ce blog (René Gabriel // chaise économique)... Signalons enfin que la plupart des modèles exposés, contrairement aux types, n'ont pas été édités en très grande série et ont dessinés auparavant, en 1941, quand René Gabriel travaille pour le Service des constructions provisoires à destination des sinistrés de la "première reconstruction" (après l'invasion allemande). Comme beaucoup, René Gabriel reste actif hors des salons mais il va disparaître après la fin de la ligne de démarcation (novembre 1942). Il ne reviendra qu'au tout début de l'année 1944 pour présenter ces derniers modèles, attentant la seconde reconstruction, celle qui doit suivre le débarquement et la Libération...

Come Back to the exhibition "temporary house - daily life since 1944" because it remains visible in the Perret workshop only two short weeks. After a first part dedicated to the assembly of the barracks (temporary house Expo 2014), we propose a second message about furniture. Fans of this will not be disappointed because they find René Gabriel behind this sober façade with some rare pieces: the room variants of series 120 (Buffet n°120, table n°121, seat n°123) and the unprecedented resettlement chambered (cabinet n°154, bed n°155, bedside). This furniture is less famous than the dining room of "resettlement" (cf. Gabriel // emergency Furniture) or the chair with slatted highly sought since it was published on this blog (cf. Gabriel // chair Economic) ... finally noted that most of the models on display, unlike the guys, have not been published in great series and have drawn before, in 1941, when René Gabriel works for the Department of temporary buildings to disaster victims "first reconstruction" (after the German invasion). Like many, René Gabriel remains active but it will disappear after the end of the line (in November 1942). And will come at the very beginning of 1944 to present the latest models, attentant the second reconstruction, which must follow the landing and Liberation ...

mercredi 27 août 2014

Psychanalyse urbaine // traumatisme et réappropriation


Dieppe bombardé - 1694, fonds médiathèque Jean-Renoir

Un long moment studieux consacré, pour le service "Unesco - Ville d'art et d'histoire", à la préparation de la journée de conférences du 12 septembre ayant pour sujet la psychanalyse urbaine, avec un sous-titre qui peut être considéré comme un cycle vital : traumatisme, reconstruction, réappropriation. Si cette approche paraît originale en France, une psychanalyste new-yorkaise me signalait encore récemment que la chose était d'une banalité à pleurer dans sa ville, où tout projet sérieux doit s'accompagner d'une interprétation psychanalytique. Cependant, nous sommes en France, très exactement de l'autre côté de l'Atlantique, au Havre ! Ici, pour marquer les 70 ans des bombardements, l'Université organise un colloque sur les bombardements en eux-mêmes (Cirtai), cherchant à établir le pourquoi du comment. Il s'agit d'un travail nécessaire mais on a le droit de le trouver excessivement premier degré ; un esprit fin pouvant y voir la marque d'un traumatisme non-encore assumé. On cherche une explication, une justification. Elargissons donc le sujet en lisant Thomas Hippler, Le gouvernement du ciel. Histoire globale des bombardements aériens (Les Prairies ordinaires, 2014) où l'on découvrira qu'il n'y a jamais une raison mécanique. Tutto è cosa mentale. Pour passer au pourquoi du pourquoi, afin de surpasser le vide et de réinvestir le lieu dans son présent (vivant au Havre et non ailleurs), voici le programme complet de notre journée : soyons nombreux !

lundi 23 juin 2014

Exposition 2014 // Habitat provisoire 01


Samedi 28 juin à 17h30, chaque lecteur de ce blog est cordialement invité à l'inauguration d'une nouvelle exposition consacrée à l'habitat provisoire (deux ans après l'Exposition 2012 // Habitat d'urgence). Un moment important car l'Atelier Perret accueille les premiers éléments d'un baraquement MRU (type 534.10) reconstitué. Le choix du module s'est porté sur la version la plus large (éléments de 120 x 240 x 12 cm) avec des blocs spécifiques (trois "fenêtres" et une "porte"), le tout réalisé en deux semaines dans l'Atelier de notre ami constructeur Denis Bréault pour un coût de 8.000 euros (3.000 bois + 1.000 huisseries + 1.000 transport et petit matériel + 3.000 en main d'oeuvre). Cette dépense représente les deux-tiers de la façade, soit le cinquième du prix total en considérant le plancher, la toiture et les fermes. Ces chiffres indiquent que ce prototype de 65m2 revient aujourd'hui à 40.000 euros sans équipement... Le provisoire ne coûte donc pas si cher sachant qu'il peut durer très longtemps puisque les modèles de 1945 tiendraient encore tous debout s'ils avaient été mieux "traités", notamment contre le feu. Ajoutons que la reconstitution est légèrement plus grande mais surtout plus solide, mieux isolée et faite pour être montée/démontée (comme pour une yourte, il n'y a donc pas besoin de permis de construire). Bref, le rêve : maison neuve à moins de 50.000 euros, écolo-déplaçable, bricolo-artisanale : mais qu'attends-t'on pour agir ?

Saturday, June 28 at 17:30, every reader of this blog is cordially invited to the opening of a new exhibition devoted to the temporary habitat (two years after a first exhibition). An important moment for the Atelier Perret hosted the first elements of a restored MRU house's (534.10 Type). The choice of module is focused on the larger version (120 meters x 240 x 12 cm) with specific blocks (three "windows" and a "door"), all made ​​in two weeks in the "atelier" of our friend Denis Breault - manufacturer at a cost of 8,000 euros (3,000 wood + 1,000 frames + 1.000 transport and small equipment + 3,000 in labor). This expense represents two-thirds of the facade, the fifth of the total price considering the floor, the roof and farms. These figures indicate that this prototype is now up to 65m2 40,000 euros without equipment ... The draft does not cost so much knowing that it can last a very long time since the 1945 models would take all still standing if they had been better "treated", especially against fire. Adding that the reconstruction is slightly larger but also stronger, better insulated and made to be mounted / dismounted (as a yurt, so there is not need permission). In short, the dream of new home for less than 50,000 euros, eco-movable-handyman...

samedi 15 octobre 2011

Meubles de réinstallation 1944 // René Gabriel (2/2)

via blog Photograff

Après une rapide psychanalyse consacrée au syndrome du collectionneur de buffets (Meubles d'urgence // rené Gabriel (1/2)), voici la sérieuse et officielle Histoire... Car le mobilier pour sinistrés entre enfin dans le jeu historique. Il a fallu trois ans et demi entre une publication sur Wikipédia (article René Gabriel édité en mars 2008) et cette reconnaissance. Deux actualités marquent cette étape, d'un côté le blog d'expert "Authenticité" y consacre une page d'actualité et, de l'autre, plus officiel, le Conseil Général de la Manche présente un ensemble complet dans une exposition sur la Reconstruction du département.

Read the full story... Furniture for victims of Rene Gabriel finally makes history. It took three years between publication citing this furniture on Wikipedia (René Gabriel section published in March 2008) and this recognition. Two news mark this point, on the one hand a blog expert spends a news page and on the other hand, more formal, the Conseil général de La Manche (Normandy) set in an exhibition about the reconstruction of the department whith a complete set of furniture.

mercredi 14 septembre 2011

Meubles de réinstallation 1944 // René Gabriel (1/2)

01

Le monde est une vaste brocante. Avant d'en lire l'histoire (meubles d'urgence // René Gabriel 2/2), écoutons l'aventure d'une récolte de bahuts d'urgence dessinés par René Gabriel : voici les souvenir jetés des sinistrés de 1944, quand des meubles repoussaient dans les plaines des villes rasées... Sachons-le, le bloggeur est un collectionneur, il se revendique du carnet de voyage et du journal intime tout en sachant qu’il comble un manque, accumule, ré-unit, re-colle. En quête d’apaisement, il collecte pour construire son miroir, celui dont le poli doit être aussi parfait qu’unique. Narcisse insatisfait car le reflet est inévitablement incomplet, inachevé, à la Corinne Vionnet. Amusons-nous au détriment des objets, de leurs imperfections, cette fois à la manière de Walter Benjamin cherchant l'objet en série ayant vécu. Voyons un vintage qui n’est ni propret ni coquet mais sauvage, comme les vendanges… 

Blogger is a collector, claiming the travel diary and the diary, knowing that it fills a missing, accumulates, re-united, re-glue. In search of peace, it collects to build a mirror, the one whose policy is to be as perfect unique. Narcisse dissatisfied because the reflection is inevitably incomplete, unfinished, like Corinne Vionnet. Let's play a little at the expense of objects, their imperfections. See a vintage that is neither tidy nor pretty but wild, as the harvest ... World become a flea market: story of a collection of chests emergency René Gabriel.