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mercredi 24 février 2021

Salon des arts ménagers // 1951 Foyer d'aujourd'hui

 


La salon des arts ménagers de 1951 est connu pour sa promotion assurée par Francis Blanche et Pierre Dac, déguisés en clochards afin de vanter les merveilles du progrès, comme cette soucoupe volante servant à cuire les œufs au plat (magie de l'induction prodiguée par la fée électricité). Le gadget surgit, alors que le pays n'est pas encore très brillant. Cependant, le changement est bien présent dans le mobilier que l'on retrouve dans une présentation en "couleur", car de nombreux stands seront publiés dans l'Art ménager français l'année suivante. Ce témoignage visuel est précieux et l'on peut considérer ce salon comme le IIIe événement majeur dans l'histoire du "style reconstruction", et comme la 9e étape dans cette brève suite historique, qui ne dure que dix ans (disons 1945-1955 pour simplifier).

  1. (I) mobilier d'urgence 1941-45 pour les sinistrés 
  2. salon d'automne, dit de la Libération, en 1944
  3. première exposition de la Reconstruction en 1945
  4. salon des artistes décorateurs, 1945 (SAD n°31 1945 // meubles d'urgence)
  5. (II) exposition de 1947 (Exposition internationale // urbanisme et habitation)
  6. salon des arts ménagers, 1948 (Meubles de série // Arts ménagers 1948) et 1949
  7. salon des artistes décorateurs, 1949 (SAD n°35 1949 // catalogue)
  8. premiers "appartements types" ou témoins in situ dans les villes reconstruites, dès l'été 1949 (citons déjà 8.a - une exception : Le Corbusier à Marseille // vs style 1940)
  9. (III) salon des arts ménagers 1951, Foyer d'aujourd'hui "matériaux dans le living-room"...
  10. ...jusqu'à l'ultime événement marquant une fin dans une autre forme de démocratisation (IV) concours MRL de 1954 (Concours 1954-55 // Ministère de la Reconstruction

Au centre, le sommet, l'apogée. On le découvre dans le foyer d'aujourd'hui. Seuls quelques rares décorateurs persistent dans l'ancien "style 1940" (reliquat de la vielle histoire des arts décoratifs), mais ils parviennent à trouver une place de choix : Dominique, Leleu, Old, Royère... Ce sont les derniers, ceux qui trouvent encore le courage de prolonger une manière de faire et de vendre datant du XIXe siècle, avec une production de type artisanale (faubourg St-Antoine), une diffusion à partir des commandes faites auprès du décorateur lui-même, une réputation légèrement appuyée par quelques rares publicités égrenées dans des magazines de qualité (mais le bouche-à-oreille reste la meilleure méthode pour cette clientèle, où l'on se recommande les uns les autres). On ne parle pas de prix, c'est indécent, mais on y pense. Toutefois, il semblerait que leurs clients soient de moins en moins nombreux. C'est ainsi que la société évolue au milieu du vingtième siècle.

Non, décidément, le présent est ailleurs en 1951, et même très loin. Malheureusement René Gabriel est décédé et ne voit pas cet instant où tout se cristallise, marquant le succès incontestable de son "style", voire de ses idées. C'est alors que naît l'idée de créer le "Prix René Gabriel" afin de lui rendre hommage (wikipedia), tout en présentant un stand en son nom pour présenter ses dernières créations (c'est probablement Alain Richard qui s'y colle). La transition semble parfaite : René Gabriel, l'ami du ministre Raoul Dautry, a cédé sa place à Marcel Gascoin, l'ami du ministre Claudius Petit. Gabriel donne tout à Gascoin : ses stagiaires, ses fonctions, ses commandes, même ses poteries de Pigaglio... Et il sera naturellement nommé "Prix René Gabriel d'honneur" à titre rétrospectif. Marcel Gascoin a maintenant toutes les cartes en main, les non-choix du passé doivent devenir les grands choix du présent, c'est le vœu du ministère.

Le premier changement important réside dans le basculement de la plupart des créateurs vers le "style Reconstruction". Il y a déjà les anciens, René Gabriel (stand d'hommage) et Marcel Gascoin lui-même, ainsi que leurs anciens employés : Alain Richard, Pierre Guariche, Jacques Hauville. Il faudrait ajouter une section spéciale pour Suzanne Guiguichon, qui appartient au tout petit club des précurseurs. Arrivent aussi de nouveaux adeptes comme Gustave Gautier, Michel Mortier, Robert et Jacques Perreau... Tout le monde commence à s'y mettre sérieusement. La revue Maison française titre "Naissance d'un style" à propos de ce salon. Son influence est telle que ce "style" va contaminer l'industrie l'année suivante. Dans Mobilier et décoration, le critique René Chavance précise un an plus tard l'étendue du phénomène dans le salon des arts ménagers (1952) : même la grande industrie " naguère encore vouée en grande partie aux imitations de styles révolus, on ne voit plus qu'une infime minorité de salles à manger Henri-II et un contingent très diminué de faux 1925. En revanche, les meubles à combinaison, démontables, superposables, escamotables qu'imposent les dimensions réduites des nouveaux logis, prennent de plus en plus de place."

Mais l'autre changement est plus discret, c'est une extinction : l'effacement des "modernes radicaux" : Jean Prouvé fait désormais de l'architecture (maison-coque) et abandonne l'idée de vendre au peuple son mobilier ultramoderne ; quant à l'UAM, elle revient au salon des arts ménagers avec la section "Formes utiles", mais en présentant des appareils sanitaires (à la manière de Duchamp), c'est à dire en renonçant provisoirement à s'occuper des meubles... Ils laissent la main. Les expérimentations dans ce domaine appartiennent désormais aux "créateurs de modèles". Une première liste est donnée dans le Décor d'aujourd'hui (n°62 de mars 1951) : "Au salon des arts ménagers... Le matériau suggère des recherches nouvelles" … le rotin (Sognot, Villain, Jallot, Klotz-Gilles), les tubes d'acier (Guariche, Hitier), le bois moulé (Gascoin), l'aluminium (Monpoix, Mortier), la laque (Guariche), le Formica - matière plastique (Renou et Génisset), les tubes et le bois (Coutant). Voici le premier indice : la modernité expérimentale dans le meuble se diversifie pleinement et ne se limite plus aux formes rationnelles du métal. Les nouveaux modernes du meuble, que l'on nommera bientôt des designers, se différencient pour la première fois, ayant pour la plupart débuté dans le "style reconstruction". Il y a donc trois histoire à raconter ici : celle du mouvement moderne, celle des artistes décorateurs, celle des designers...

Ci-après, les planches en couleur de l'Art ménager français (éd. 1952) relatant la section Foyer d'aujourd'hui au salon des arts ménagers de1951. 

samedi 23 mars 2019

Fonds MRU // Marcel Gascoin en couleur, &©Terra

Arch. Vivien - Sonrel - Duthilleul ©, design Marcel Gascoin©, photo Paul Henrot©, fonds MRU©, ministère d'&©Terravia Art utile...


Bonne ou mauvaise nouvelle à propos du fonds du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? Autrefois, ce trésor d'images mal numérisées, caché dans le recoin du disque dur d'un ordinateur poussiéreux, était bien planqué au fond d'un bureau introuvable, au sein d'un ministère non-identifiable. Autrement dit, c'était le bon temps. Seuls quelques acharnés pouvaient joindre l'employé du ministère d'On-Ne-Sait-Quoi pour découvrir ce qu'il voulait bien leur montrer... Un bref instant, ce ministère s'est nommé Dédé, ce qui attirait évidement la sympathie : "DD" pour "Développement durable & caetera", concept datant de l'époque où malthusianisme économique et darwinisme social n'avaient pas re-franchi l'Atlantique pour entrer dans la fonction publique. "L'Internet" devait être gratuit dans "La Culture", offrant une foule de données à transmettre autour de soi (ex. Henri Salesse // reportage photographique) ! La mauvaise nouvelle, c'est que le ministère se nomme désormais "Cohésion des territoires & caetera". L'idée semblerait excellente, s'il n'y avait pas confusion entre "cohésion" et "enclosure", chaque image ayant été taguée &©Terra, comme on marque les bêtes au fer rouge avant l'arrivée du fil de fer barbelé. Le but : changer le "bien public" en "bien financier", faire tourner l'argent en rond en donnant l'impression à l'Administration de s'enrichir, mais en appauvrissant tout ce qui lui est extérieur (auteur, éditeur, diffuseur). C'est ainsi que notre ministère d'On-Ne-Sait-Quoi, ce vieux garde-champêtre d'autrefois, est devenu le ministère d'&©Terra, subissant une transformation à la Kafka, en cafard, douanier, pervenche ou plutôt garde-chasse ; car l'utilisation du fonds reste ouverte aux "agents" (Terra sur Youtube, 90 vues en 6 mois, quand même...). Les contrats sont-ils passés auprès des ayants droit ? Pas facile de distribuer la soupe sans oublier qui que ce soit, sans compter ma pomme, en tant que ré-inventeur du style Reconstruction, j'ai bien le droit à un petit quelque-chose ? Non. Nous, contribuables, qui avons déjà payé les créations, les numérisations, la "conservation", devons en remettre dans le cochon afin de venir en aide à cette financiarisation absurde et contre-productive...

Oublions la guerre GAFA-libertariens vs ETATS-conservateurs, conflit devant conduire à la fin de ce blog suivant la décision européenne du 26 mars (qui sera votée contre l'avis de 6 millions de signataires d'une pétition). En attendant la fin, levons nos verres et réjouissons-nous !

Passons à la bonne nouvelle : des images surgissent sur Flickr. Des appâts et des cacahuètes (l'avenir d'internet), mais grâce à cela on peut oublier la balafre &©Terra ([Re]construction 1945-1979 ). On y trouve quelques photographies a priori redécouvertes récemment. À propos d'une série, voici ce qu'en dit la note du ministère (écrite dans le style du genre) : "Ce reportage est le premier reportage en Kodachrome trouvé dans le fonds photographique du MRU. Il a été réalisé par Paul Henrot, photographe ami de l'architecte Lods." Oui, vrai, surtout Lods est l'ami de Gascoin qui aménage cet appartement. Il s'agit du fameux groupe des Quatre-Moulins dans le quartier Montplaisir à Boulogne-sur-Mer, sous la direction de Pierre Vivien, possiblement avec Sonrel et Duthilleul (mais différent du modèle présenté en 1947 dans l'Exposition internationale // urbanisme et habitation). En été 1951, cet appartement-type est le premier du genre a être entièrement meublé par l'ARHEC, la société de Marcel Gascoin, décorateur favori d'Eugène Claudius Petit, dans une collaboration entre le MRU et le Salon des arts ménagers. Il ouvre pour être photographié en juillet, et probablement pour les visites. Les plans ont été reproduits dans Marcel Gascoin, design utile (Piqpoq, p.18-19), et de belles photographies en grand format sont visibles dans l'édition Norma. Je diffuse donc ces clichés inédits en couleur, qui viennent compléter les illustrations déjà publiées. Goûtons la couleur : la chose est extrêmement rare à l'époque. Elle s'est produite pour l'Exposition internationale en 1947 et se reproduit en 1952 dans les ensembles du salon des Arts ménagers, toujours autour de la Team Gascoin. Il faut en profiter pour regarder les moindres détails, avec lenteur, retrouver les petits riens qui font l'ambiance moderne, ses bois clairs, ses couleurs primaires, ses luminaires (de Pierre Guariche également), ses photographies aux murs, ses tissus, papiers peints, peintures, céramiques, verres de Biot, etc. Tout ce que nous nous sommes acharnés, il y a quelques années, à reconstituer dans l'exposition Gascoin au Havre (Exposition 2011 // Marcel Gascoin).

Ci-dessous, les photographies, sans le copyright flash-ballé en pleine tête : Aux armes &©Terra...

vendredi 15 mars 2019

Artcurial 2/2 // la cote des précurseurs du design


Il fallait être présent. Peu de monde au premier rang, beaucoup plus au fond : on sait que dans ce genre de vente "test" les marchands curieux se cachent souvent au dernier rang... Les choses se sont donc passées par téléphone, jusqu'à dix appels pour certains lots de Gabriel ! C'est donc sans surprise que les prix ont largement dépassé les estimations. Celles-ci étaient pourtant fondées rigoureusement - comme il se doit - sur les résultats obtenus précédemment dans les salles de ventes ; mais ils étaient anciens, isolés, peu fiables (voir dernier paragraphe), car il n'est pas fréquent de voir dans une même vente autant de lots de Gabriel, de Gascoin, d'Hitier et des autres précurseurs du design. Si beaucoup avaient déjà constaté que les tarifs s'envolaient aux Puces ou chez les galeristes, la "cote officielle" maintenait artificiellement un décalage en s'appuyant sur des prix datant de l'époque où ces "créateurs de modèles de série" étaient de quasi-inconnus, avant la publication de Patrick Favardin, avant l'appartement témoin du Havre, avant l'édition des monographies par Norma et Piqpoq, avant l'arrivée d'amis galeristes (qui se reconnaîtront)... Le nom n'était connu que de quelques amateurs très spécialisés : ce ne sera plus le cas. Il est certain que de nombreux professionnels, du commissaire priseur à l'apprenti chineur, vont désormais surveiller de près les meubles "style Reconstruction" afin de dénicher une pépite de Gabriel ou de Gascoin dans un coin de grenier.

Pour une fois, je vais faire exception à la règle de ce blog (voulant que l'on parle pas argent) et je vais donc prendre le ton Gazette afin de détailler la "cote des précurseurs du design", soit des designers ayant créé des modèles de "grande série" généralement avant 1950. L'événement mérite un article spécifique car les prix ont été multipliés par un facteur 2, 3, 5, jusqu'à 10 fois l'estimation haute ! Les résultats publiés par Artcurial sont très impressionnants. Le fauteuil dit " Sauterelle " atteint 7 200 € dès que débute la vente de cette série de lots, mais cela ne dépasse pas radicalement les prévisions. Ce sera l'instant le plus discret durant cet événement, au bénéfice d'un acheteur chanceux... On note ensuite que le prix du fauteuil classique de Gabriel (RG-178) continue son ascension pour atteindre 3 000 € l'unité, ainsi que de la table basse vendue 2 600 €. Toutefois, le seuil symbolique des 10 000 € est franchi grâce à certaines pièces à la fois rares et emblématiques de l'oeuvre de ce créateur : le buffet-commode à neuf tiroirs conçu en 1947 pour l'appartement du Havre qu'avait autrefois repéré Amy Perlin (Art utile // Amy Perlin). Il fallait compter presque autant pour un rare fauteuil cubiste en caillebotis à dossier pivotant appartenant à la série des premiers meubles pour sinistrés dessinés en 1940, ainsi que pour la table basse du SAD de 1945, également en caillebotis. Les mêmes raisons font que le fauteuil à dossier quadrillage de 1945 obtient le double du prix du modèle courant pour atteindre 7 200 € l'unité.

La reconnaissance pour le maître de tous les designers français est enfin actée. Il atteint ainsi une juste première place parmi les précurseurs du design, suivi par son "descendant", le moderniste Marcel Gascoin. Celui-ci voit sa côte se stabiliser à bonne hauteur pour ses modèles créés entre 1948 et 1951 : environ 1 000 € la petite table ou l'étagère, même tarif pour une chaise ou un tabouret, 2 600 € un petit buffet-armoire. Notons qu'il est encore relativement abordable. Mais la surprise arrive grâce au siège pour enfant "3-Positions" qui grimpe rapidement pour atteindre 6 500 €. Restent trois ensembles d'autres créateurs, montrant également que les prix se confortent pour toute la période Reconstruction : 4 400 € une paire de fauteuils conçus en 1949-1951 par Jacques Hitier, 4 900 € deux sièges en contreplaqué courbé de 1951 par Renou et Génisset, et 9 100 € un ensemble plus rare avec deux fauteuils et une table-basse de ces mêmes créateurs (réalisé en 1949 pour le SAD).

Ci-après : la liste les lots et prix obtenus chez Artcurial avec les précédents listés sur le site Artvalue (58 lots seulement, dont la majorité est faussement identifiée ou seulement à "attribuer" car il s'agit de mobilier de réinstallation - soit d'une production industrielle non-contrôlée par le designer) : j'ai donc barré les fausses identifications et entouré les vrais meubles de Gabriel. Toutes ses raisons font que cette vente Artcurial fera date, à la fois pour la cotation et pour la qualité de l'expertise.

jeudi 28 février 2019

Artcurial 1/2 // vente du 13 mars



Voir liste et résultats : Artcurial 3/3 // la cote des précurseurs du design.

La prestigieuse Maison Artcurial donne un nouveau coup de pouce à l'histoire des arts avec cette vente sans précédent, où sont présentés les plus grands précurseurs français du design ! Cette fois, ce sont 25 lots (catalogue en ligne), majoritairement des modèles édités dans les années 1940 et dessinés par les créateurs favoris de l'Art utile... René Gabriel y trouve une juste place, dans la suite logique de la première monographie publiée par Norma à la fin de l'année dernière (librairie Artcurial). Ce livre et cette vente vont permettre à l'inventeur français du design d'atteindre une célébrité méritée, aux côtés de ses collègues d'Europe ou d'Amérique.

Notons que les prix sont (jusqu'à maintenant) particulièrement attractifs, beaucoup se situant sous la barre symbolique des 1000 euros. Il faudrait cependant qu'ils se consolident bien au delà, car le franchissement d'un certain seuil financier est nécessaire pour attirer les regards, non seulement des collectionneurs, des spécialistes, des galeristes... mais aussi des historiens, et des institutions qui restent mal dotées dans ce domaine. Le "moment M" français de l'invention du design par René Gabriel (1940-1941, puis 1944) avec le mobilier pour sinistrés reste beaucoup moins connu que l'autre "moment M", anglais cette fois, de l'Utility Furniture (1941-1942) alors qu'ils coïncident dans le temps, se rejoignent dans leur impact sur les productions à venir, et se relient dans leurs objectifs contemporains sur les plans artistiques, économiques ou sociaux.

La valorisation est nécessaire, car la plupart de ces meubles sont aujourd'hui particulièrement rares. Distribués aux plus démunis il y a trois quarts de siècle, leurs propriétaires en ont rarement pris soin, contrairement aux gens plus aisés qui passaient commande à des ensembliers leur fournissant encore de l' " Art déco " (nous sommes dans les années 1940 !). De même, les premières " classes moyennes " et autres " bourgeois de Province " qui achetaient du Gascoin un peu plus tard, sans le savoir, ne voyaient pas forcément dans ces meubles pratiques une invention sans précédent et une contribution à la création contemporaine. C'est pourquoi il est temps d'en préserver aujourd'hui précieusement quelques exemplaires, de spéculer sur certaines raretés représentatives de ce moment singulier de l'histoire où l'art contemporain se réinventait sous une forme incroyablement démocratique.

Sachant ma passion pour cette question et cette période, Emmanuel Bérard et Cécile Tajan m'ont d'ailleurs accordé une place pour expliquer l'objet de cette vente sur le site internet d'Artcurial (Aux origines du design : René Gabriel à l'honneur). Je laisse une copie de ce texte ci-après avec les photographies de l'exposition.

jeudi 20 septembre 2018

René Gabriel // avant-première 6 octobre


La sortie du livre sur René Gabriel se fera en "avant-première" le 6 octobre. Tout d'abord, de 16H à 18H dans la librairie d'Artcurial lors d'une séance de signatures. Il faut remercier chaleureusement Emmanuel Bérard, directeur associé et responsable du département design, ainsi que Cécile Tajan du département Art déco (auteure d'un ouvrage récent sur l'UAM) qui ont proposé de présenter le livre et quelques meubles dans l'hôtel particulier de la célèbre maison de vente, à l’angle du Rond-Point des Champs-Elysées et de l’avenue Montaigne  (7 Rond-Point des Champs-Élysées, 8ème arr.).
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La séance se prolongera entre 19H et 21H au Cube Rouge ( 270 Boulevard Raspail, 14ème arr.), face à la Fondation Cartier. Une fois encore, je remercie Jérôme Godin qui nous accompagne depuis le début dans la redécouverte des premiers designers français.
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Pour motiver les futurs lecteurs, il faut en dire plus sur René Gabriel. Les découvertes concernant sa jeunesse sont nombreuses et sa vie finit par ressembler à un roman d'aventure, à chacun d'en retrouver les chapitres et de les imaginer à l'aide des illustrations... Commençons par son prénom, René, patron des sabotiers, profession exercée par son père qu'il prolonge dans l'utilisation du bois blanc, matériau léger, robuste et économique qui entre dans la fabrication des sabots ! Mais le créateur s’intéresse tout autant aux tissus, poursuivant le travail domestique de sa mère... Cette enfance vécue dans une famille modeste de la banlieue parisienne va l'inspirer, lui donnant une énergie créatrice formidable. Il réussit ses études, les achève à l'ENSAD et devient un "transclasse". C'est alors qu'il se plonge dans son époque et se forme dans le renouveau de l'opérette avec Albert Willemetz, entre dans les "cabarets" avec Mistinguett, pénètre dans le théâtre avec Louis Jouvet, et, évidement, débute sa carrière dans l'architecture et le mobilier aux côtés de Mallet-Stevens et de Francis Jourdain... Tout ceci dans une modestie et une discrétion très franciscaine...

En regardant sa jeunesse, on comprend mieux son rôle de précurseur dans l'histoire du design français,  "des arts décoratifs à la Reconstruction". Avant même l'exposition des "Arts déco", alors qu'il a juste 25 ans, René Gabriel a fait le tour des créations de son temps et va chercher à les dépasser. La suite de l'histoire est détaillée dans le livre et relate le combat qu'il mène pour imposer les principes d'un design démocratique dans le "pays du luxe", bien avant que cette discipline ne s'impose à travers le monde. La fin est un peu triste puisqu'il meurt trop tôt pour se réjouir de la victoire de ses idées, trop jeune pour comprendre son rôle de visionnaire... La génération suivante bénéficiera de ses travaux, enrôlée par Marcel Gascoin ; et ce sont leurs élèves qui formeront la "troisième génération" des modernes (la dernière...) et récolteront reconnaissances et récompenses, parmi lesquelles figure en bonne place le prix René-Gabriel... Qui s'en souvient ?



lundi 26 mars 2018

Marcel Gascoin // Lost in translation


Toujours en voyage à Houston, Texas, cette fois pour y retrouver Marcel Gascoin dans une exposition d'art visible jusqu'au 31 mars à la galerie McClain (mcclaingallery.com) . La découverte de la Reconstruction vient définitivement de franchir l'Atlantique et s'installe sur le Nouveau Continent. Je l'ai vu partir du Havre dans une toute petite embarcation, il y a fort longtemps. Puis elle a débarqué à New-York, voici déjà une dizaine d'année (Amy Perlin // René Gabriel). Elle a ensuite lentement redescendu la Côte Est pour atteindre la Floride, et la voilà désormais bien installée au Texas. J'appréhende un peu la traversée du désert pour ce mobilier déjà tout en ossature, mais c'est à cette seule condition de "purification" que nous atteindrons la côte californienne, ceci dans un avenir hollywoodien ! Notons toutefois que ce séjour à Houston est particulièrement bénéfique puisque la notion de Reconstruction semble un peu mieux comprise par les marchands d'art, sans doute grâce au travail de mené par Jean-Baptiste Bouvier qui sait parler cette langue, coup de chapeau ! Elle pénètre même les institutions avec un texte publié par AD, le 15 mars dernier, qui me semble parfait, tant du point de vue du contenu que de celui du titre : "Hidden in Plain Sight" - difficilement compréhensible pour un Français... Ci-après, la traduction approximative de cet article qui fera date :


jeudi 15 février 2018

Buffet Mado ou Madot // histoires et rumeurs



La médiacratie est un univers étrange : un petit rien sur internet peut vite devenir un grand quelque-chose dans notre quotidien. Tout est susceptible de faire boule de neige. Dans le tourbillon des effets papillons, on ne parvient plus à distinguer le simple cavalier de celui qui officie en tête. On peut être une victime innocente en croyant  manœuvrer en initié, ou l'inverse. On peut se prétendre historien et se découvrir ignorant dans son propre domaine, lorsque surgit une affaire sur le devant de la scène sans que vous en ayez jamais entendu parler. Ainsi, un jour parmi tant d'autres, quelqu'un nous parle du célèbre buffet " Mado "... Et l'on se retrouve pétrifié face à l'inconnu. Comme toujours dans ce cas, on utilise le système de défense des ignorants à l'âge du numérique (pour celui qui ne peux pas immédiatement regarder la réponse sur son portable, au risque de se discréditer). On glisse discrètement hors du sujet, on extrapole un peu... Puis on généralise juste ce qu'il faut pour faire parler, tout en acquiesçant d'un air savant... Une fois seul chez soi, doté de ces informations et loin des regards inquisiteurs, on se précipite sur internet pour vérifier. Là, c'est le drame : à l'évidence, tout le monde connait ! Deux possibilités s'offrent donc : soit on répète l'évidence, soit on va plus loin. Que découvre-t-on dans ce second cas ? Certes, l'objet existe bien. On l'a vu dans tous les foyers. Il a été vendu en masse. On le connait chez Mémé. Il nous est aussi familier que le nom " Mado ". Pourtant, de ce côté, rien n’apparaît. Pas de " Mado "... On re-fouille mieux, jusque dans les moindres recoins de l'inévitable revue Arts Ménagers. Alors ? Déception ! Pas un mot, pas un nom, le grand vide, le vaste néant ! Pas le moindre Mado en vue. On parle simplement d'un "buffet de cuisine moderne". Eureka ! Buffet moderne, Buffet Mado, surtout si la petite dernière se nomme Marie-Dominique ou Madeleine, prénoms à la mode... Voici un nom tiré d'un souvenir d'enfance, relayé par les internautes (LéBo-L'Mado-À-Mémé). On cherchera le bébé coupable plus tard...

Avant d'en venir au nom, voyons pour l'instant l'histoire de la chose : le buffet de cuisine moderne. Finissons-en une bonne fois pour toute avec les datations approximatives. Il n'y a rien de comparable dans les années 1930, ni véritablement dans la décennie suivante. La première touche arrive en 1949. Alors que nous assistons à l'explosion du " moderne bombé " (et tatoué) avec le buffet deux corps dans la salle à manger, apparaît une première version de ce meuble de cuisine populaire en bois blanc, en dernière page du catalogue des Galeries Barbès (voir Galerie Barbès [2/2] // le moderne bombé). Exactement au même moment, surgit son jumeau chez Lévitan, un peu plus rude - disons que c'est le deuxième de la famille et qu'il lui faut jouer des coudes. Cette page du catalogue Lévitan est plus intéressante car il s'y livre un combat entre la " cuisine moderne en bois blanc " avec son prototype de buffet dit " Mado " (pas cher) et la " cuisine par éléments " que propose Marcel Gascoin sous la marque Coméra (pour le même prix, ou presque). Quant on sait que René Gabriel invente le meuble moderne en bois blanc vers 1935, on peut commencer à réfléchir en historien sur cette tardive mise en concurrence. Enfin, pour les amateurs, on peut noter que le catalogue Lévitan signale une table et une chaise également éditées par Coméra, sans donner d'image, dommage ! Oublions ces affaires de spécialistes, car ce qui nous importe vraiment, c'est le " buffet de cuisine ". Il est bien là, dans ces catalogues, un peu renflé dans les coins, avec sa huche à pain pour les baguettes, ses petites vitrines dans la partie haute, laqué d'un blanc immaculé comme l'aurait voulu le grand Ripolineur (qui justifie l'appellation moderne). Les vitres peuvent être floues, mais elles ne sont pas encore gravées. Il faut avancer un peu dans le temps pour découvrir ce genre de détails. Dès 1953, un magasin de Rouen faisant de la vente à domicile, bien-nommé ' Le Meuble pour tous ", dispose déjà d'un énorme stock en catalogue. On peut ensuite revérifier chez Lévitan, la même année, la suivante, et encore la suivante, ils y sont ! Mais la mode passe, et certains sont déjà vendus à prix " sacrifié ". C'est ainsi qu'ils disparaissent avant la fin des années 1950. Un dernier mot, pour en finir avec les vieilles rumeurs, ils n'ont jamais été faits sur-mesure : il s'en vendait seulement une multitude de variétés.

Mais revenons-en à la vraie rumeur du net. Aujourd'hui, il n'est plus un seul site déco qui ne se vante d'avoir poncé son " Mado " pour le repeindre en vert anis, jaune citron, bleu métal, noir acier, gris taupe, puis calligraphié, peinturluré, hachuré,... Comme s'il fallait passer sa rage contre la blanche modernité ! Mais comment ce nom, Mado, est-il arrivé chez tout le monde sans que personne ne le voit entrer ? Pour le savoir, il faut cette fois fouiller sur internet et s'aider de l'option " date de préférence ". On découvre la première occurrence du buffet " Mado " en mars 2009, il y a maintenant presque dix ans. C'est sur un blog de jeunes parents bricoleurs nommé Alabaraque. Tout y est, au grand complet : la fausse date 1930, la fausse marque Mado, le je-l'ai-chiné pour 15 euros (est-ce vrai ?), le je-vais-le-poncer, le je-vais-ensuite... L'auteur est probablement l'inventeur de ce formidable concept rétro-vintage, peut-être même le créateur du nom " Mado ", à la tête de la cavalerie. Il fait mouche car son buffet va désormais en voir de toutes les couleurs... Deux apparitions en 2010, puis huit en 2011, déjà treize en 2012, mais l'on est toujours dans le pic d’initiés. On passe à vingt-neuf en 2013 avec une internationalisation grâce à la remarque suivante, inscrite dans les commentaires by an expert : " The 50´s cabinet is called a “Buffet Mado” it was very common in France in the 50´s and you can still buy some very cheap, sometimes less than 100 euros "(apartmentapothecary.com). Bien que la datation soit déjà mieux sentie, on remarque surtout le changement de prix, et la qualité d'un placement international dans du Mado. Alors même que toutes les places boursières s'effondrent, les Mado passent de 15 à 100 euros. Ensuite, c'est parti pour le succès  cinq pages de réponses par an en moyenne.... Aujourd'hui même, sur le Boncoin (qui fait autorité en matière d'expertise), il y a 282 " Mado " à vendre dans la rubrique mobilier. Attention, son prix atteint désormais les 300 euros, jusqu'à 500 euros pour les plus beaux. Et dire qu'il n'existe pas ! Depuis 2009, on peut parler d'une véritable affaire Mado. Alors n'hésitons pas à notre tour, soyons créatifs et affirmons que le " vrai Madot " prend un " t " ! Créons l'image qui correspond, voyons combien lisent et combien regardent seulement les photos, puis calculons le temps qu'il faut à ce Madot imagé pour qu'il prenne bien son " t " comme sur le photomontage. Quoi qu'en regardant mieux, je me demande si ce n'est pas un " f ", à la fin ?

samedi 26 septembre 2015

Jean-Baptiste Bouvier // Marcel Gascoin

Jean-Baptiste Bouvier : présentation du mobilier de Marcel Gascoin

Aussi original qu'irréprochable, le stand de notre ami galeriste Jean-Baptiste Bouvier, installé dans l'allée 6 du Marché Paul-Bert (Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen) est l'endroit privilégié pour qui souhaite se procurer (ou tout simplement voir) du mobilier de la Reconstruction, plus particulièrement celui de Marcel Gascoin mais aussi de René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, accompagnés de quelques vedettes plus habituelles comme Jean Prouvé, Mathieu Matégot, Pierre Paulin. À lui seul, Jean-Baptiste Bouvier a retrouvé, sauvé et valorisé des centaines de meubles de Marcel Gascoin, parfois rares, comme les grandes tables des villages du SHAPE (dans des bâtiments bien connus des historiens de l'architecture, de Saint-Germain à Fontainebleau) ou quasi-introuvables, comme le discret petit chevet mural "UB". Sa dernière découverte : le panier en rotin adapté aux tables gigognes "TC" et "TD". Bien qu'il puisse paraître accessoire, ce panier est un complément indispensable pour ces petites tables-bureaux dont la surface est calculée afin de disposer tout juste de la place nécessaire pour écrire et qui ne permettent donc pas de s'encombrer : d'où l'utilité de ranger les livres et documents sur le côté, dans un panier. On le découvre une première fois en décembre 1951 dans une chambre modèle publié par la Maison française dans le numéro spécial "Enfance"  puis il apparaît régulièrement dans les aménagements du créateur, y compris - deux ans plus tard - dans celui de l'Appartement témoin de la Porte-Océane au Havre, un modèle de logement supervisé par Marcel Gascoin et l'Atelier d'Auguste Perret. Notons également que le rotin devient au même moment un matériau à la mode, relancé par Louis Sognot (Louis Sognot // créations en rotin) dans le Salon des arts ménagers en 1951, au sein d'une section supervisée par Marcel Gascoin, lui-même... Le rotin envahira ensuite bien des meubles et, plus encore, ceux destinés aux chambres d'enfants...

As original than impeccable, the stall of our friend Jean-Baptiste Bouvier (Marché Paul Bert, in the famous flea market of Saint-Ouen) is privileged place for those who wish to obtain (or to see) furniture of French Reconstruction, more particularly productions of Marcel Gascoin but also René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, along with some stars like Prouvé, Matégot, Paulin. On its own, Jean-Baptiste Bouvier found, rescued and recovered a lot of Marcel Gascoin furniture, sometimes rare, like large tables of SHAPE-villages (buildings of Saint-Germain, Fontainebleau) or substantially innaccessible as discrete wall-bedside "UB". His latest discovery: a rattan basket adapted to nesting tables "TC" or "TD". Although it may seem incidental, this basket is a necessary complement to these small-office tables whose surface is calculated to have just enough space to write, and who therefore do not allow to clutter: where the usefulness of holding books and documents on its side in a basket. The first model appeared in December 1951 in a Type Room published by the magazine Maison française, special issue about "Childhood", and appears regularly after this publication, including - two years later - in the Show flat of the Porte Oceane in Le Havre, a housing model supervised by Gascoin with Auguste Perret team. Note also that rattan becomes, at the same time, a fashionable material, revisited by Louis Sognot during the Salon des arts ménagers 1951, in a section supervised by Gascoin, himself ... Rattan become common and, even more, for children's rooms ...

jeudi 1 janvier 2015

Boncoin.fr // nouveaux arrivages



(message posté le 1er août 2014 réactualisé) parmi les millions de photographies en ligne sur leboncoin.fr, il y a tout ça ! Cependant, les yeux qui surveillent ces annonces sont légions et les plus incroyables trouvailles disparaissent vite... Et Hop ! C'est ainsi que le tableau de chasse s'assimile à une compulsion collective, faisant se toucher la préciosité et la vulgarité (meubles d'urgence // René Gabriel 1/2). Cependant, contrairement à la complexité demandée quand il s'agit d'aimer la banalité, la quète du rare et du précieux est évidente pour tout le monde : la beauté - à l'instar de la bonté - est la norme la mieux partagée. Nous aimons tous jouer à la chasse au trésor... Heureusement, pour balayer cette évidence, Wikipedia cite Jacques Le Goff dans la rubrique Leboncoin.fr et ouvre une amusante dimension anarco-médiévale : "D'une certaine façon, leboncoin.fr est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement." Ajoutons un nouveau marché de l'art où chacun devra apprendre à être son propre expert, à exprimer son goût ! En attendant, voici des trésors photographiques où le préciosité est banalisée.

Among millions of photographs online in leboncoin.fr, there all! However, eyes that monitor these ads are legion and most amazing finds disappear quickly ... And Hop! Thus the table hunting is assimilated to a collective compulsion, by touching the preciousness and vulgarity (emergency furniture // René Gabriel 1/2). However, unlike the complexity required when it comes to love banality, the quest of rare and precious is obvious to everyone: the beauty - like kindness - is the best shared standard. We all like to play treasure hunt ... Fortunately, to sweep this evidence, Wikipedia.fr cites Jacques Le Goff in the section Leboncoin.fr and opens a fun anarcho-medieval dimension: "In a way, is leboncoin.fr the twenty-first century that the fair was in the Middle Ages. At that time, there were not so many shops or in town or in the countryside. The large center where people of every procured was fairs . I analyze rather the rise of Bon Coin as an expression of "resourcefulness" French. It is this spirit that has attracted countless people to Paris early. The site democratizes product acquisition a large part of the price can be linked to intermediaries. It offers a return to the medieval quality of life, with warmth and support. It also appears very effective in the real estate market, automotive and employment This latter point is particularly important now. " Add a new art market where everyone must learn to be his own expert to express his taste! Meanwhile, here's photographic treasures where the preciousness become commonplace.

samedi 29 novembre 2014

Le Cube Rouge // style reconstruction


Sur le boulevard Raspail, nous sommes tout juste face à la Fondation Cartier, à l'Ecole spéciale d'architecture et à Camondo... Entre art, architecture et design, c'est l'endroit idéal pour découvrir le style reconstruction - dans toute sa splendeur discrète - à la galerie "Le Cube rouge". C'est la première fois dans Paris qu'un ensemble aussi important de cette période est rassemblé et il faut remercier chaleureusement Jérôme Godin d'avoir découvert et mis en scène ces trésors à l'occasion de la sortie officielle de L'utopie domestique (éd. Piqpoq). Nous pouvons donc découvrir pendant quelques temps beaucoup de meubles de Marcel Gascoin : armoire trois portes, buffet, table, chaises, étagère, fauteuil, divan-lit ; René Gabriel est également bien représenté avec l'aide d'un petit prêt de la collection gg ; Jacques Hauville dans une série de petites étagères accompagnée d'un meuble-élément aux belles et rares proportions... Voici quelques images de Carole et de Vincent en attendant. Mais, vraiment, je conseille plutôt d'aller sur place, même aux timides qui - comme moi - n'osent généralement pas fréquenter les galeries, car Jérôme est aussi sympathique qu'abordable, ce qui ne le rend pas moins expert et compétent. Bravo Jérôme, merci pour ton travail !

On the Boulevard Raspail, we are just in front of the Cartier Foundation, Special School of Architecture and Camondo ... Between art, architecture and design, this is an ideal place to discover the reconstruction style - in all its discreet splendor - to gallery "Red Cube" (Cube rouge). This is the first time in Paris as an important set of this period furniture is collected. Thanks to Jerome Godin have discovered and directed these treasures on the occasion of the book Utopie Domestique official release (ed. piqpoq). We can discover for some time many furnitureof Marcel Gascoin: three doors wardrobe, dresser, table, chairs, shelves, armchair, sofa bed; Rene Gabriel is also well represented with the help of a small loan from the collection gg; Jacques Hauville in a series of small shelves along with a beautiful element in the furniture and rare proportions ... Here are some pictures of Carole and Vincent pending. But, really, I rather recommend going there, even to the timid who - like me - dare not usually frequent the galleries, because Jérôme is as friendly affordable, and excellent expert. Congratulations Jerome, thank you for your work!

mercredi 17 septembre 2014

collection gg // présentation générale


Cinq ans qu’Éric et moi cheminons ensemble : pour fêter l'événement, nous avons décidé d'un nouveau lieu où stocker les trois cents meubles de notre "collection gg"... Pourquoi cette collection et cette période, la Reconstruction ? Disons que l'aventure débute en 2001 quand je tombe sur un article de la revue Maison Française intitulé "Ils ont trouvé un appartement neuf au Havre" avec le mobilier d'un certain Marcel Gascoin. C'est la fin du mythe voulant qu'il n'y ait pas d'intérieur dans l'architecture d'Auguste Perret : Le Havre n'est plus seulement un paysage... Pour ne pas l'ignorer, il fallait sortir de la grande histoire de l'architecture et pénétrer dans la petite histoire de la décoration. C'est ainsi que nous avons rencontré le style reconstruction situé derrière un "point aveugle" de notre mémoire entre Modernisme et Art déco. Il marque notre obsession parce qu'il imposait d'échapper au préjugé d'une modernité radicale, inventée "contre" : contre l'histoire, l'usage, la tradition, contre les formes et les matières du passé, et même contre l'art et l'utile ! Ce progrès qui abandonne tout derrière lui est heureusement apaisé après la guerre, une nouvelle modernité va s'épanouir hors des luttes en assumant ses héritages et ses liens à venir. C'est à ce moment que surgissent d'excellents créateurs qui imaginent un artisanat "en grande série", une mécanisation à échelle humaine fuyant la froide efficacité autant que l'ostentatoire ou le luxe ; ils redécouvrent des matériaux et des formes simples, sans pour autant reproduire le passé à l'identique. Aujourd'hui encore, le temps est venu de regarder sereinement notre héritage, admettre notre condition naturelle, notre emprisonnement sur une terre délicate, notre enfermement aux côtés du passé, et, malgré toute cette pesanteur, notre capacité à inventer un futur léger, meilleur plus que différent... une sereine joie de vivre... Bonne visite.

dimanche 20 juillet 2014

Exposition de l'Urbanisme et de l'habitation // 1947


Voici enfin redécouvert le Catalogue officiel de l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation de 1947 (Exposition internationale 1947 // urbanisme et habitation). Sur 296 pages, tous les stands sont décrits, tous les participants cités ; de longues listes exhaustives qui évoquent bien la rigueur de Paul Breton, l'organisateur, de même que le format, le papier et le plan reprennent le catalogue du Salon des arts ménagers. Cependant, l'architecture devient bien plus complexe que les appareils ménagers et cette première grande exposition reflète la montée en puissance de ce domaine : cet évènement est sans rapport avec la petite "Exposition de l'habitation" visible avant-guerre en marge du Salon des arts ménagers. C'est une vaste "Exposition internationale" avec 54 classes réunies en 5 groupes posant successivement le problème du logement (n°1) puis urbanisme (n°2), habitation (n°3), a construction (n°4 avec matériaux, construction, équipement, exécution), jardin (n°4bis) et enfin l'information (n°5 avec la codification, la presse spécialisée et la "propagande éducative")... Les illustrations de Jacques Nathan/Garamond sont impressionnantes, autant que le texte d'introduction d'André Hermand qui mérite d'être cité : "En même temps que le nombre des hommes et des femmes vivant sur la terre augmentait brutalement jusqu'à presque tripler, un exode immense et spontané déplaçait les populations des campagnes vers les villes. Et aujourd'hui, alors que l'humanité est plus riche de connaissance, de puissance et de moyens nouveaux qu'elle ne l'a jamais été, des millions d'hommes et de femmes souffrent et peinent parce que leur logis est insuffisant, surpeuplé, vétuste, malsain, ruiné, malcommode, bruyant, privé des équipements les plus élémentaires, manquant d'air, de lumière et de soleil, ouvert sur des rues étroites ou des cours sombres, ou perdus dans des lotissements sans voiries, sans eau, dans le désordre de l'improvisation. Et la guerre est venue ajouter de terribles blessures et une confusion nouvelle dans ce drame de l'habitation humaine." La solution est illustrée par les appartements types reconstitués au premier étage sur les balcons nord-est et sud-est, du "groupe-4 classe-40" avec son comité prestigieux : présidence René Gabriel (président de la SAD), vice-présidence et présentation de Marcel Gascoin (directeur de l'UAM), rapporteur Paul Beucher (Ecole Boulle)...

Here finally rediscovered the Official Catalogue of the International Exhibition 1947 of Urban Development and Housing. On 296 pages, all stands are described, all participating cities; long exhaustive lists that really evoke the rigor of Paul Breton, the organizer, as well as the format, paper and plan show the catalog of Ideal Home Exhibition. However, the architecture becomes more complex as household appliances and this first major exhibition reflects the rise in this area: this event is unrelated to the small "Fair Housing" visible prewar margin Ideal Home Exhibition. That's a big "International Exhibition" with 54 classes combined into 5 groups successively posing the problem of housing (1) and Urban Planning (2), home (No. 3), Construction (No. 4 with materials construction, equipment, execution), garden (No. 4a) and finally information (No. 5 with coding, specialized press and "educational propaganda") ... the Jacques Nathan-Garamond illustrations are impressives, like the introductory text of André Hermand which deserves to be quoted: "at the same time that the number of men and women living on the Earth increased sharply to nearly triple, a huge and spontaneous exodus moving populations the countryside to the cities. and today, when humanity is richer knowledge, power and new ways it has never been, millions of men and women suffer and struggle because their home is inadequate, overcrowded, dilapidated, unhealthy, ruined, cumbersome, noisy, deprived of the most basic equipment, lacking air, light and sun, open on narrow streets or dark courtyards, or lost in subdivisions without roads, without water, in the disorder of improvisation. And the war has added terrible injury and further confusion in this drama of human habitation. "Solution is illustrated by show flats apartments on the Grand Palais north-east and south-east first floor balconies,the " Group 4 - class 40 " with its prestigious committee: Chair René Gabriel (President of the SAD), Vice-President and presentation Gascoin Marcel (director of UAM), rapporteur Paul Beucher (director of the Ecole Boulle) ...

lundi 2 juin 2014

premier faux Gascoin // DIY on E-BAY

Le premier faux gascoin en ce moment ici sur ebay

Pour les amateurs-traders abonnés à Capital et à la Cote du design, Marcel Gascoin est un bon placement, de ceux qui montent. Investir dans "du Gascoin", c'est disposer d'une valeur plus dynamique que la pierre tout en étant incontestablement plus transportable et plus facile à vendre... N'ironisons pas sur le drame de l'immobilier. Ne nous moquons pas non plus des "petits porteurs" car on ne peut pas demander à tout le monde d'aimer uniquement la beauté en ignorant la part vénale. Quoi qu'on en dise, la valeur financière ne se méprise pas et permet aussi de quantifier l'intérêt collectif. Donc, Gascoin n'est plus oublié ! Souvenons-nous. Il y a une douzaine d'années, on trouvait le petit tabouret "Trèfle" pour rien, il circulait dans les brocantes, trocs, puces... Mais tout change : en 2002, Patrick Favardin en parle dans ses Décorateurs des années 1950 ; en 2006, il est dans l'Appartement témoin Perret ; en 2010, Guillemette Delaporte publie une monographie chez Norma ; en 2011, une seconde est éditée chez Piqop. Les dégâts sont limités mais les prix évoluent après chaque évènement : 100, 200, 300... Depuis, les professionnels ne l'ignorent plus, certains galeristes se spécialisent dans le "style reconstruction". Gascoin est devenu googlisable mais, comme ce mobilier reste rare (car il équipait peu les collectivités et se vendait surtout à des "classes moyennes" dépourvues du sens de la conservation), l'offre et la demande se rééquilibrent en poussant les prix à s'envoler. Aujourd'hui, il faut se lever tôt pour chiner le tabouret Trèfle dont des modèles douteux partent à quatre cents euros sur ebay, d'autres encore un peu plus chers chez les petits antiquaires, mais, pour en avoir un certifié Gascoin chez un galeriste, il faut désormais compter autour de mille euros... Autre conséquence d'une trop grande pression de la demande relativement à l'offre, le premier faux de qualité vient de naître : il est vraiment très beau (trop) et, surtout, c'est un moment historique !

lundi 5 mai 2014

Villa Székely // cuisine merveilleuse


L'Art-utile dort un peu en ce moment pour une simple et bonne raison : la sortie d'un nouveau livre (le 15 en librairie), Utopie domestique, qui est à la fois le nouveau catalogue de l'Appartement témoin Perret et la synthèse de dix ans de recherches. Le choix de la couverture a été réalisé par Carole Daprey, éditrice et complice. Il fallait que l'image soit animée, en couleur, pas trop chargée, bien composée et d'un format adapté à la photogravure. Ce n'est pas simple. Heureusement, les logements présentés dans les années 1950 par Paris Match au Salon des arts ménagers sont parfaits (le choc des photos) et plus particulièrement cette "cuisine merveilleuse", intitulée Picasso, qui colle à l'Utopie domestique (le poids des mots). Cette image vient donc appuyer le titre du livre en suggérant une fusion entre un idéal abstrait et un quotidien aussi concret qu'ordinaire. Un rapprochement qui se fait sur dix ans, pendant la reconstruction. D'abord assimilée aux horreurs des totalitarismes, l'utopie globale moderne renaît en réduisant ses dimensions, cherchant d'abord à s'imposer dans l'urbanisme, puis dans l'architecture, pour finalement entrer dans l'intérieur de Monsieur Tout-le-Monde par la petite porte de la décoration... Cependant, au moment de boucler, impossible de trouver le créateur du carrelage de cette cuisine. Drame. Trop tard, donc, pour l'écrire dans le livre, mais pas pour ce blog ! La réponse se trouvait finalement dans un article de la revue Arts ménagers, publié trois ans plus tard : la cuisine a été réinstallée dans une maison commandée aux Székély, construite face au massif du Vercors. Beaucoup de talents s'unissent pour la bâtir : il y a le sculpteur Pierre Székély, la céramiste Vera Székely, le peintre André Borderie, l'architecte d'intérieur Marcel Gascoin et un architecte-conseil, Louis Babinet. Un monument historique (au sens propre) et une synthèse des arts...

Art Utile sleeps a bit in time for a simple reason : the release of a new book ( 15 in bookstores ) , Domestic Utopia, which is both the new catalog of Perret Show Flat and the synthesis of ten years of research. The choice of cover was created by Carole Daprey , editor and accomplice. It was the image is animated , color, not too heavy , well made ​​and a format suitable for photogravure . It is not simple. Fortunately, the housing shown in the 1950s by Paris Match in Ideal Home Exhibition are perfect ( shock photos) and especially this " wonderful Kitchen " , entitled Picasso, sticking to domestic utopia ( the weight of words ) . This image comes therefore support the book's title suggesting a fusion between an abstract ideal and daily banality. Approximation that is over ten years, during the reconstruction. First assimilated the horrors of totalitarianism , the modern global utopia reborn by reducing its dimensions , seeking first to win in the planning and in architecture, eventually entering the interior of average Joe - the World through the back door decoration ... However, when looping , can not find the creator of tiling the kitchen . Drama. Too late, then, to write in the book, but not for this blog! The answer is finally found in an article in the journal Household Arts , published three years later the kitchen was relocated to a house controlled Székély built facing the Vercors. Many talents unite to build : there sculptor Pierre Székély , ceramist Vera Székely , the painter André Borderie , the interior designer and architect Marcel Gascoin, Louis Babinet . A historical monument (literally ) and a synthesis of the arts ...

mercredi 15 janvier 2014

Pierre Pigaglio // les céramiques d'Eric (1/2)

une vingtaine de céramiques de Pierre Pigaglio, la collection GG

Référence nécessaire au feu pendant les grands froids, la Maison du Patrimoine du Havre accueille des céramistes de mi-janvier à mi-février. Premier événement en 2014 : Pierre Pigaglio. Pour ce personnage, la part de mystère domine encore, à l'exception des informations circulant à Saint-Amand-en-Puisaye (grespuisaye.fr // Pigaglio), avec une photographie collective (grespuisaye.fr // Maubrou) et une date de naissance : 1913. Pierre Pigaglio s'y est installé de 1942~44 à 1947~50 en reprenant l'Atelier de Jean Maubrou et son tourneur, Camille Gendras. Ajoutons que l'Atelier accueille et forme, de décembre 1945 à décembre 1946, Jean Derval. S'il semble difficile de détricoter les rôles de chacun dans le quatuor Pigaglio-Maubrou-Derval-Gendras, on peut observer des variances suivant les signatures : les pièces uniquement marquées "PPigaglio" sont ultra-sobres ; quand s'ajoute "D" ou "Derval", elles sont lourdement ornementées ; quant au "PMP" (Pierre Pigaglio-Maubrou), il apparaît presque systématiquement et accompagne les nappages travaillés où se retrouvent les recettes de Maubrou, émaux dans un rouge de cuivre tournant vers le turquoise ou dans un blanc crème plus ou moins cristallisé. Au tourneur la fabrication, au maître les nappages, à l'apprenti les ornements ! Quant à Pigaglio, il impose ses formes. Son arrivée dans cet atelier est immédiatement remarquée par sa production atteignant une simplicité extrême, un moment où les modèles vernaculaires de la tradition potière renaissent en étant épurés, remodelés, "modernisés" - coupe, coupelle, assiette, vase, pichet, bonbonnière, bougeoir, pied de lampe, service à liqueur, etc. -, créant un instant identifiable entre la pièce unique et la production de masse, atténuant les débordements décoratifs de l'Art déco pour réintroduire l'utilitaire. Les critères du "style Reconstruction" s'y retrouvent donc, montrant qu'ils touchent la céramique au même titre que l'architecture et l'ameublement... Voilà l'explication de l'omniprésence de Pierre Pigaglio aux salons de la Société des artistes décorateurs de 1945 à 1949, à l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation (Paris) et à l'Exposition itinérante La céramique française contemporaine (Vienne, Baden-Baden, Berlin) en 1947. Dans le catalogue de Vienne, Renée Moutard-Uldry résume ainsi la situation : "Indiquons deux aspects assez différents en pleine et juvénile évolution de la céramique française. Nous pensons d'abord aux oeuvres inspirées ou vivifiées par des traditions régionalistes et se réclamant de la poterie populaire (Pigaglio, Madoura, Roulot, Blouzard). Enfin, une tendance nouvelle semble prendre, ces dernières années, une importance particulière : des artistes (Pouchot, Jouve, Lenoble, les 4 Potiers, Carbonell, Chevallier [s'ajouteront Callis et Derval]) renonçant au tour, préfèrent modeler ou sculpter la terre, créant ainsi des oeuvres d'un caractère nettement décoratif..." Les créateurs du modernisme social s'orientent évidement vers la première tendance, on retrouve donc Pierre Pigaglio dans les stands et boutiques de René Gabriel, Marcel Gascoin, Landault et Mortier jusqu'au début des années 1950 ; il est encore cité et illustré dans l'ouvrage de Michel Faré, La céramique française contemporaine en 1953 : "Dans ce même village [Saint-Amand-en-Puisaye], Pierre Picaglio [sic] réussit à résoudre le difficile problème d'une production artistique qui soit assez abondante pour répondre à toutes les demandes." Puis il disparaît brutalement du paysage, étouffé par la vague néo-moderniste des "Dubrocq" ! Malheureusement, quand le brutalisme refait la mode dans les années 1960, Pigaglio n'apparaît plus, une absence notoire en 1962 quand le Musée des Arts décoratifs présente les Maîtres potiers contemporains où il est juste cité comme un ancien collaborateur de Jean Derval... 3ème version 09 fév. - merci à Patrick Favardin et grespusaye.fr

A Fire reference necessary during cold weather , the "Maison du patrimoine" in Le Havre host ceramists in January-February ... First event , 2014 : Pierre Pigaglio . Let us in the introduction that the potters are singular artists who, like cooks and magicians are organized by families are transmitted secrets "recipes ", " cooking ", " wheel " , " kiln " sometimes even " factory ".  Pierre Pigaglio (born 1913) , mysterious ceramist installed 1942 /44 to 1947/50 in Saint-Amand-en-Puisaye (cf. grespuisaye.fr ) is very prestigious lineage : he moved into the Jean Maubrou factory , student of Edmond Lachenal , itself formed by Théodore Deck ! Let us add that everyone knows : Pierre Pigaglio was master of Jean Derval . Why this long lines ? Because potters cannot ignore that transmission is at the origin of invention, material leaves know that rubbing it, experience ca not be limited to words of writings or pictures because it lies only in the action. That said, here are some pictures of the GG Collection where we can see how the pottery tradition can be reshaped : cut, cup , vase, pitcher , candy box , candle holder, lamp base , liquor flask. The works are all signed Pigaglio & Maubrou with a suggestive " PMP " and / or " PPigaglio " sometimes "D" is added to indicate the intervention of Derval in decoration. Everything is in a erthenware- white to dark brown ware with occasional thin traces found pyrite.On brand Maubrou the work surface of the parts , especially on small cuts in enamel glazes with the red copper turning to turquoise, cream and more or less crystallized. But Pierre Pigaglio mainly by the extreme simplicity of its style , the potter accompanying René Gabriel , Marcel Gascoin or Roger Landault from 1945 to 1950, creating an identifiable moment between precious splendor of Art Deco and modernist style demonstrations of 1950 , between the single room and mass production - the characters of " Reconstruction style " that affects the ceramic as well as architecture and furnishings ...


lundi 7 octobre 2013

suspensions Free-Span // confort et légèreté

Fauteuil Free-Span "FS-105", attribuable à Pierre Guariche, 1950, via galerie Demisch et Danant

Les suspensions Free-Span imposent une révolution : adieu la lourdeur des sangles, gros ressorts, crin, toile de jute. Il devient possible de reproduire un confort moelleux sans encombrement, à moitié prix, grâce à des ressorts fins tendus en étoile sur lesquels reposent de simples coussins. C'est le principe du brevet international déposé en 1949 qui connaît un incontestable succès en France. C'est la fin des fauteuils Club : Marcel Gascoin est d'ailleurs le premier à exploiter ce brevet et il abandonne alors le modèle club d'Airborne (utility furniture // airborne armchair). A la fin de l'année 1950, il laisse la main à un jeune de son atelier, Pierre Guariche, mais ils sont déjà nombreux à l'utiliser : Jacques Adnet, Guy Besnard, "Le Bucheron"... Au même moment, la marque va d'ailleurs revendiquer son propre modèle, le FS-105, extraordinaire réussite que l'on doit surtout à Pierre Guariche dont le dessin a été "emprunté" par le fabriquant. On note que ces modèles indexés "FS" (pour Free-Span) sont alors fabriqués et diffusés par le fameux éditeur Steiner... Free-Span peut se passer du nom d'un designer car sa réputation se suffit à elle-même : c'est l'un des premiers effets de "marque", comme Steiner l'avait déjà fait avec son fauteuil "Super-Knoll" (S.K.) dès 1937, et il reproduit l'idée avec les autres gammes-marques "Bow-Wood" et "Free-Span" (F.S.) en 1952-1953. L'industriel s'impose comme créateur-producteur. En 1954, 100.000 fauteuils sont édités, incluant vingt modèles dont certains se vendent très bien, comme le FS-123 avec sa variante banquette-lit. En 1955, apparaissent les célèbres divans transformables "jour et nuit" : très remarqués au Salon des arts ménagers, ils permettent à Free-Span d'avoir un stand permanent chez Lévitan. En 1957, il y a quarante modèles numérotés, du FS-105 au FS-145, mais le déclin s'amorce car la publicité indique toujours "100.000 sièges en service", signal plat pour les ressorts en étoile Free-Span, le zig-zag du No-Sag s'impose encore plus vite...

=> Ajout d'information de Nicolas Le Du : le premier brevet Free-Span a été déposé le 19 janvier 1949 par Maximilian Heller en Grande-Bretagne (GB658846) puis amélioré par l'utilisation d'un levier de tension latéral, par Robert Bailey brevet déposé en 1954 (cf. GB788603). Les conditions de dépôt de ces brevets supposent donc une affiliation avec l'Utility Furniture. En France, le brevet aurait été détenu par René Melin (cf. Patrick Favardin, Steiner, éd. Norma, 2007, p.30) avant d'être racheté par Steiner.

lundi 30 septembre 2013

Ceci n'est pas... // mais qu'est-ce ?




Ils sont beaux, riches, célèbres, mais ils ont un petit défaut aux yeux de cerains : on me demande souvent "s'ils-sont-de ?" et je dois dire - plus ou moins diplomatiquement - que, malheureusement, non. Ce sont les fruits de créateurs oubliés que nous amalgamons aux grands noms car nous aimons nous simplifier la vie, nous raccrocher à quelque chose, juste un nom, au moins une date, parfois un lieu. Ne jetons la pierre à personne car nous avons tous fait l'erreur. D'où vient cette erreur ? C'est la bonne question. Notons déjà des liens : un meuble relativement commun avec un effet stylistique puissant, disons plus visible et moins rare que leur référent (car ils sont souvent plus récents). L'ayant donc en mémoire, on est heureux de pouvoir y accoler un nom. La niche étant prête, vient ensuite une mauvaise légende ou une attribution un peu rapide dans une vente. Après, c'est l'effet jurisprudence. Le bug est absorbé. Pour ces meubles, c'est la flambée des prix, les acheteurs en cherchent, les vendeurs en trouvent, les rabatteurs en chassent et l'erreur se diffuse dans le vaste univers de nos préjugés collectifs, aujourd'hui nommé Web ! Mais, voilà, ceci ne nous en dit pas plus sur les inventeurs de ces meubles. Allez, il y a des réponses ci-dessous, et je compte sur vous pour me signaler d'autres belles fausses pistes. Car ils sont beaux, ces meubles, même s'ils ne sont pas de...

mardi 11 juin 2013

Art et industrie // sommairement



Alors que le mobilier connaît un âge d’or après-guerre, les revues de décorations rouvrent la plaie de 1925, séparant artisanat et industrie, ornement et fonction, allant même jusqu'à évoquer les besoins spirituels de l'âme contre ceux, "matériels", du corps : il faut choisir son camp ! La saisie systématique des articles - éditée dans ce blog sous la rubrique sommaire - permet d'observer trois groupes en "composantes principales", déjà identifiés par Patrick Favardin : les artistes décorateurs cantonnés dans l'artisanat de luxe ("la haute couture" - style 1940), les créateurs-éditeurs de modèles proto-industriels ("les modernistes" - style reconstruction) et les designers de meubles travaillant pour de grandes marques ("les jeunes loups" - style 1950). Les trois se succèdent chronologiquement dans la revue Maison française (rédac. Solange Gorse) et, plus modérément, dans Art et décoration (Boris Lacroix). Mais il n'existe pas de suite logique, d'évolution, juste des lieux et des instants de réception plus favorables à tel ou tel groupe. Les publications spécialisées ne glissent d'ailleurs pas facilement d'une tendance à l'autre et montrent des engagements parfois très marqués... Côté moderne - du Journal de l'ameublement (André Brulliard) au Décor d'aujourd'hui (Michel Dufet) - les créateurs de série s'imposent majoritairement et sont jugés de même valeur que les décorateurs, puis les designers dominent à partir 1955. A l'inverse, pour Mobilier Décoration (René Chavance) les créateurs de série sont marginalisés (au même titre que les designers) et n'apparaissent presque pas dans les illustrations, point de vue exacerbé dans Art et industrie avec Waldemare-George. Lisons donc un éditorial de juillet 1951...

dimanche 31 mars 2013

Marcel Gascoin // brevets déposés




Les amateurs d'archives sont rares car les démarches sont fastidieuses : rendez-vous - à justifier -, temps et volumes limités : "voici trois cartons à ouvrir"... finalement le bon dossier se trouve sous les yeux de notre voisin... Sans compter les sources multiples : archives nationales, dépôt d'un ministère envoyé au diable bouilli, fonds d'une préfecture au secret, dossier d'une commune sous des toiles d'araignée, dépôt privé ou privatisé... Cependant, d'ici dix ou vingt ans, il n'y aura plus grand chose à faire grâce à la numérisation, sauf à surfer sur des sites qui se fatigueront à notre place pour découvrir les bons gisements. Voilà qui nous mène des premières découvertes consacrées aux industriels Didier Rozaffy et Albert Ducrot jusqu'à Marcel Gascoin...  J'avais ainsi localisé deux brevets sur un site américain puis un lecteur de ce blog - Nicolas le Du - m'a très aimablement contacté pour me donner l'adresse du site officiel http//worlwide.espacenet.com (advanced search) et le mode d'emploi. Il suffit de renseigner la ligne inventor puis de valider, et alors nous trouvons, par exemple, onze brevets déposés entre 1946 et 1976 par "gascoin marcel". En allant sur original document, nous découvrons alors les textes descriptifs et bien souvent les dessins comme la bibliothèque modulable (1946), le lit escamotable (1949), les éléments de rangement (1950) et la table transformable ronde-carrée (1951). Bien d'autres créateurs peuvent être tracés...

Those who love archives are rare because the process is tedious: appointments - to justify - volumes and time limited : "here are three boxes to open" - "Thanks" but finally the correct folder is located in front of our neighbor. Besides multiple sources: National Archives, Ministry sent a deposit in the middle of nowhere, papers from a prefecture in secret, file a town in cobwebs, private or privatized deposit ... However, ten or twenty years, there will be very simple with scanning, to surf sites that get tired for us to discover the good location. In the meantime, we stagnate in an in-between place, so you have a pipe to locate a track - here a copy of the archives of the Ministry of Industry (...), filed Pharma-Paris (?) Dispatched (!?) and then digitized in the United States (phew!) ... And that brings us the first discoveries from Didier Rozaffy, Albert Ducrot to Marcel Gascoin - who deposited two patents on what he sees as "technical innovation" as much as furniture: storage elements (1950) and the transformable table (1951) - it may be a first for a french furniture designer and this explains its position on "design", seeking to protect its models and consider them as "industrial products".

vendredi 30 novembre 2012

Personne ne bouge ! // sur Arte



Ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de rire. Alors, voilà, la chose peut se faire grâce à une jeune équipe d'Arte qui a mis en image l'Appartement témoin Perret avec une subtilité comique qui n'a d'égal que la pertinence des propos. Écoutons bien, regardons bien, c'est énorme et très fin. Trois personnages et non des moindres - Auguste Perret, René Gabriel et Marcel Gascoin - sont observés sous leur meilleur profil (d'obsessionnels)... Avant que ce ne soit la société tout entière qui ne devienne encore plus folle avec la gadgétisation affiliée à notre bien-aimée consommation de masse. Portrait style "pola" d'une ville moderne qui semble (dé)tournée dans la folie du rationalisme. Des moments cultes : le poteau,  la poële, la couverture chauffante, le bidet, les naturistes, Stalingrad-sur-Mer, les parisiens, la langue des anciens... Bravo à tous ! Un sujet d’Isabelle Foucrier, David Millier et Yohann Le Rallier avec le commentaire de Frédéric Bonnaud. Merci à tous... Le reportage passe dimanche à 17h50 : soutenons l'audience.

An opportunity to laugh, the thing can be done with a great team of the TV channel Arte has imaged the Apartment model Auguste Perret with subtle comic, has equal relevance of the subject. Listen well, look good, it's huge and very fine. Three characters and not least - Auguste Perret, René Gabriel, Marcel Gascoin - are seen at their best profile (obsessive) ... Before it is the society as a whole becomes even crazier with gadgetization affiliated with our beloved mass consumption. Portrait in the style of "Polaroid" in a modern city that seems to be turning into madness rationalism. Worship times: the pole, the stove, the electric blanket, bidet, naturists, Stalingrad-sur-Mer, Paris, the language of the ancient ... Congratulations to all! A subject of Isabelle Foucrier, David Millier and Yohann Le Rallier with the comment Frédéric Bonnaud. Thank you ...