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vendredi 2 avril 2021

Félix Louis // portrait d'une manufacture

La manufacture de Pantin via anetcha-parisienne


Le chœur des artistes décorateurs se plait à entonner, dans les années 1920, l'antienne dénonçant la faiblesse des moyens industriels (toujours en comparaison avec l'Allemagne), et ce chant liturgique est aussitôt repris par les architectes modernes. Toutefois, grâce à un service de renseignement américain, il est possible de mesurer les progrès effectués dès 1918 dans la fabrique bordelaise Harribey (Harribey-SAM // Meubles série "demi-siècle"). Reste une autre source d'informations : les cartes postales. Et la surprise arrive avec 30 représentations exceptionnelles d'une manufacture, éditées en 1924 (voir calendrier sur les dernières images). L'entreprise apparait dans toute sa splendeur, car le patron - Monsieur Félix Louis - est très fier de nous montrer les locaux qu'il vient de moderniser. De ces cartes postales anciennes, il en circule en ce moment même un grand nombre sur le site Delcampe, mais l'on peut se réjouir de les voir presque toutes dans les archives de la Ville de Pantin  (cf. patrimoine.ville-pantin.fr) - qui se préoccupe également de la préservation du bâtiment, de son histoire jusqu'à son architecture exceptionnelle. Bravo !

Le témoignage est rare, peut-être unique. Il mérite d'être analysé sérieusement, étudié rigoureusement par des universitaires (qui se reconnaîtront), car c'est ici que l'on produisait - entre autre - la mythique "armoire parisienne" (réinvention aussi mythique que le buffet Mado, j'y reviendrai plus longuement dans un autre article), mais aussi tous les meubles mixant art-déco et styles historiques, surtout le sage Louis-XVI, qui a remplacé le rocambolesque Louis-XV (à la mode avant-guerre). La spécialité de la maison semble être un mélange assez sobre entre les modèles dits "anglais" et ceux dits "hollandais", c'est à dire entre les Arts & Crafts tardifs associé à un discret art nouveau, disons protestant, qui se limite à une structure légèrement moins rigide, tout ça avec quelques mini-décors géométrisés comme le veut la mode. Ce sont ces meubles sobres et économiques, sans véritable style, qui vont pénétrer dans les HBM de Paris, dans les  cités jardins des banlieues, dans les villes de la première reconstruction, du Nord et de l'Est. Et rien d'autre. Osons le dire : le reste n'est pour l'instant que du bla-bla, de l'illusionnisme social destiné à quelques privilégiés désirant montrer qu'ils se préoccupent du peuple, car ce sont des gens cultivés qui ont lu Marx et Zola (mais vivent plutôt comme le vicomte de Noailles). Enfin, n'en rajoutons pas : au moins, ils rêvaient de faire mieux pour les autres. C'était déjà un très bon point de départ. Mais, par pitié, assumons le fait qu'il ne s'agissait pas d'autre chose que d'une vue de l'esprit.

Ci-après, les détails de l'entreprise en texte et en image.

vendredi 12 mars 2021

Turenne Chevallereau (1912-1987) // biographie retrouvée

Portrait de Turenne Chevallereau, chez lui, à Paris, rue de la Solidarité, vers 1939

 

    « Nous avons contacté Pierre (Art utile) après avoir découvert son livre sur René Gabriel : nous savions que notre grand-père avait travaillé un temps à ses côtés, et en parcourant le texte nous avons vu son nom revenir sur plusieurs pages ! C'était la première fois qu'il réapparaissait dans un ouvrage. Nous étions fiers, et en même temps nous nous posions cette question : pourquoi était-il tombé dans l'oubli alors qu'il avait été si proche d'un grand nombre de designers aujourd’hui reconnus ?

    Profitant du confinement, cette période étrange de repli intérieur, nous avons replongé dans les quelques archives en notre possession : gouaches, pliages, dessins, petits albums photos... Le papier bruni s'effrite, mais pourtant le coup de pinceau est toujours aussi vivant, les couleurs fraîches, les recherches de pliages incroyables... Cela nous projette dans une émouvante proximité au-delà du temps. Les petites photos qu'il développait lui-même témoignent autant de sa vie personnelle et familiale que de son travail : quelle surprise cela avait dû être pour notre grand-mère de découvrir leur appartement de jeunes mariés entièrement meublé, et de style si moderne, avec les créations de son fier époux ! Comme une offrande avant-gardiste à celle qu'il aimait. Ces meubles les suivront d'ailleurs toute leur vie dans de multiples maisons, et nous avons toujours connu les petites clés « modernistes » qui s’y rattachaient (et que notre grand-mère cachait afin qu'on ne les perde pas lors de nos parties de pirates).

    Devant la part de mystère, pour retracer son parcours, nous sommes donc en train d'organiser et compléter cette sorte de puzzle constituant nos archives, avec toutes les informations que l'on peut glaner par le biais de férus d’arts décoratifs et de design. Nous pressentons que les projets, les dessins conservés par la famille recèlent un réel intérêt artistique et historique. Nous avons donc progressivement pensé à les partager et nous espérons avoir assez de matière, un jour prochain, pour publier un ouvrage à l'image de TC, formidable grand-père curieux de tout, créatif et inventif. »

Ci-après,  quelques images du logement de Turenne Chevallereau en 1939 précédées d'une brève biographie coécrite avec Agathe et Virgile, auteurs de cette entrée en matière...

vendredi 31 janvier 2020

René Gabriel INDEX // Meubles d'urgence 1941



Préparation d'une conférence (cf. 6 février 2020 // journée d'étude à Lorient)... Parmi les données du livre René Gabriel, il n'a pas été possible (et il aurait été de peu d'intérêt) de reproduire intégralement les plans techniques des "meubles d'urgence" pour les "constructions provisoires" - destinés à des éditions en grande série ; ils ont été dessinés en 1941 dans le but de faciliter le relogement des premiers sinistrés de la Seconde Guerre mondiale. Il ne faut pas les confondre avec les "meubles de réinstallation" redécouverts depuis une dizaine d'années (Meubles de réinstallation 1944 // René Gabriel (2/2)) et désormais rentrés dans la culture générale ; il ne faut pas non plus les assimiler aux ensembles "Prioritaires" de 1944 ou de "Premier Prix" présentés au salon des Artistes décorateurs à partir de 1945, ni avec ceux plus luxueux de la marque "Clairnet" redessinés et édités à partir de 1944 ou du "Meuble de France" projet de la même période qui devait aboutir en 1947... Gabriel est très prolifique et il faut quelques années pour comprendre ! Pour s'y retrouver rapidement, il est plus simple de revenir au chapitre III du livre...

Je propose dans ce blog d'aider amateurs et professionnels à identifier ces premiers modèles historiques datant de 1941 dont les numéros sont inscrits dans les "types" : 100, 110, 120, 130, 140, 150, 160, 170, 180, 190, 200, etc. jusque 260, au moins. Ci-dessous les plans conservés s'inscrivent dans une nomenclature précise avec dix meubles par "type", le dernier chiffre indiquant sa nature : buffet (--0), table -1), banc (--2), chaise (--3), armoire parents (--4), lit parents (--5), chaise pour parents (--6), armoire enfant (--7), lit enfant (--8), chaise d'enfant (--9). Il y a donc un projet de 26 séries incluant dix meubles, soit 260 modèles, mais certains sont incomplètes, d'autres s'assimilent à des doublons car les détails manquent (par exemple le banc n°102 paraît identique au n°142, mais l'observation des types 100 et 140 dans leur ensemble montre que le 102 est probablement en caillebotis et le 142 en contreplaqué rainuré). Il manque le descriptif des meubles et de nombreux plans qui ne permettent pas toujours de différencier les matériaux ou les finitions.

Dans ces gammes très économiques, le jeu des variations devient particulièrement  intéressant et illustre la volonté de Gabriel d'offrir des modèles rationnels, utiles et susceptible de répondre aux goûts de chacun. Il existe donc des variantes sobres et rationnelles (type 100), d'autres plus élaborées (110), certaines légèrement "rustiques" (120) ou "art déco" (130), et divers... Tout ceci a été concrètement édité en série, avec des modèles plus fréquents et d'autres plus rares. Aucune étude quatitative n'a été menée - sachant que les archives montrent que des modèles ont été édité avant-guerre (marque Clairnet) et d'autres après-guerre (SBO, Lieuvin, MAS, etc.). Il est probable que sous l'Occupation et à la libération des entreprises aient été obligées de produire ces meubles.


mercredi 31 janvier 2018

Meuble Geisha 1951 // dessertes et petits meubles



Le Meuble Geisha est l'exemple même d'un produit industriel que l'on retrouve absolument partout et qui n'a laissé presque aucune trace dans les archives. On connait surtout un modèle de table pliante " attribuée " à André Groult (Félix Marcilhac, André Groult, Éd. de l'amateur 1997, p.143) et l'on peut aussi découvrir sous cette marque quelques chaises pliantes particulièrement élégantes. De Groult ou pas, élégant ou non, le Meuble Geisha a été édité et diffusé par une société anonyme implantée à Valenciennes, Les établissements Lecel. Pour le savoir, il faut simplement avoir la chance de découvrir leur brochure promotionnelle insérée en marque page, car cette entreprise ne fait visiblement aucune autre forme de publicité... Une exception cependant, Meubles et décors a publié le modèle Mic-Mac dans son numéro de janvier 1951. La date correspond presque exactement à celle de la brochure (avril 1951), il y a donc fort à parier qu'il s'agisse de l'année de lancement de la marque. Il est d'autant plus impressionnant de s'apercevoir que la plupart des modèles sont non seulement disponibles en chêne, mais aussi dans les bois nobles qui ont fait la gloire des années 1920 : acajou, noyer, érable, sycomore, palissandre et même ébène de Macassar ! Les finitions remontent de la même manière aux goûts d'avant-guerre et sont indiquées sur la page de couverture : " meubles vernis " et " meubles laqués ". Que peut-on en déduire ? Premier point, les grands actionnaires de l'industrie reprennent le principe des petits meubles transformables vulgarisé par nos créateurs de modèles de série, mais ils leur donnent une allure chic de style 1925 afin de les vendre plus aisément. Pour la table pliante, je pense notamment au modèle Bocado inventé par Marie-Françoise Mondineu (Mondineu 1950 // desserte " Bocado "), dont le brevet a été déposé six mois auparavant... On peut également constater que ces grandes entreprises, financées par les startupers du moment (à l'époque, on disait tout bêtement investisseurs), ont vraiment des capitaux importants à disposition pour se permettre l'utilisation de matériaux si précieux en 1951. Enfin, on découvre que les réseaux de diffusions appartiennent à ce même milieu financier, car ils peuvent se permettre de produire en masse sans faire la moindre publicité dans les magasines de décoration, ni ouvrir un seul stand au Salon des arts ménagers ! Dernière déduction, faite cette fois à partir de ce que l'on ne voit pas dans cette brochure, le modèle de Groult. Il s'agit probablement de la mystérieuse table pliante n°41 (dont la photographie ne figure malheureusement pas dans la brochure), ou bien ce meuble est apparu postérieurement (comme les chaises)... Mais ce grand artiste décorateur approchant des 70 ans, cette " attribution " à un modèle si différent de tout le reste de son oeuvre, dans son dessin et dans son mode de production, semble largement contestable.

lundi 20 novembre 2017

René Gabriel // révolution de 1934

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Heureux de rouvrir le blog pour signaler une découverte exceptionnelle, faite dans une salle des ventes à Soissons : il s'agit d'un discret petit fauteuil bas qui montre toute la singularité de l’œuvre de René Gabriel. Celui-ci apparaît dans une publicité à l'allure " révolutionnaire " publiée en juin 1934, où l'auteur s'inspire de François d'Assise en proclamant que le " luxe des vrais riches " (sic) réside dans une simple formule : " modestie, authenticité, allégresse, poésie ". La messe est dite ! Et voici avoué l'idéal qui a secrètement mené ce créateur vers l'alliance du dépouillement et de l'élégance, dans le but explicite d'atteindre l'essentiel en éliminant le superficiel...

René Gabriel assume ainsi un net tournant vers le social au début des années 1930, au milieu du Salon des artistes décorateur que l'on suppose trop rapidement conservateur. Là se trouve donc la véritable révolution - cette présence avant-gardiste à la SAD. Provisoirement séduit par le modernisme et le métal, après que les CIAM en aient démontré la pertinence et le faible coût à Francfort, il est l'un premiers décorateurs modernes au monde (avec Charlotte Perriand en France) à délaisser ce matériau pour revenir au bois, prenant en compte la crise industrielle et la condition ouvrière. Il dessine alors des modèles ultra-économiques aux lignes mécanisantes assumées, facilement exécutables en série dans son propre atelier et, possiblement, de ses propres mains... La démonstration est simple : il est possible de fabriquer des meubles modernes, élégants, en grande quantité et abordables (pour rappel 130 francs de 1934 correspondent à seulement 90 euros) avec des moyens réduits et des matériaux simples - tout un ensemble de contraintes sociales associées à la Grande Dépression et qui le conduisent, avec vingt ans d'avance, à inventer le style qui s'affirmera pendant la Reconstruction et deviendra celui des "années 1950".

Et ce n'est surtout pas un luxe qu'il réserve aux gens dits modestes. Pour preuve, en 1935, il installe dans son propre domicile une variante de ce fauteuil en lanières de cuir et annonce ainsi ce qui deviendra un " style " après la Libération : massivité de la structure, pieds "Directoire" cambrés grâce à une simple ligne brisée, généreux accotoirs, lanières de cuir tressées, etc. Tout est en bois avec une ossature chêne consolidée par des barreaux en hêtre de section ronde, laqués dans les tons bruns. Les photographies sont visibles dans l'article...

lundi 30 janvier 2017

Meubles David // Polymeubles


Camille et Pierre David ne débutent pas avec le Meublit (Camille et Pierre David // Meublit). Leur aventure commence bien plus tôt, du côté d'Orléans : c'est une belle et longue histoire que Pascal David nous invite à découvrir dans une biographie qu'il a entièrement rédigée. Son texte est reproduit ci-après. Les historiens y trouveront matière à satisfaction car on y décèle les obsessions des pionniers modernes " non-radicaux ", ceux qui ont mené la lutte avant que les grandes industries internationales ne prennent toute la place. Avant de lire ce passionnant récit, il faut une petite entrée en matière permettant d'éclairer le contexte et d'encourager certains à venir explorer les archives. On découvre ici la volonté commune qui animait de célèbres contemporains, René Gabriel, Marcel Gascoin ou Jacques Hitier, même si les frères David ne bénéficient pas du même soutien. Entrepreneurs autodidactes, leurs créations apparaissent plus discrètes, mais elles n'ont pas moins d'intérêt ; au contraire, leurs meubles démontrent la généralisation, à cette époque, d'un esprit d'entreprise associé à un élan créatif moderne et à une qualité encore artisanale. Bien qu'ils se placent hors du podium officiel, inscrits au premier étage du Grand Palais pendant le salon des Arts ménagers (Palmarès // Salon des arts ménagers), les " Meubles David " doivent être redécouverts, aux côtés d'autres " industriels " remarquables comme Pierre Roche (Atelier Saint-Sabin // ancien et moderne), Pierre Cruège (Tables Partroy // Pierre Cruège), Emile Seigneur (Emile Seigneur // Berceau de France), Louis Paolozzi  (Paolozzi et Guermonprez // reconstruction lyrique) et quelques noms toujours dans l'obscurité ! Sans oublier que leur situation reflète celle d'un grand nombre de ces créateurs qui vont renouveler la conception du mobilier après-guerre (Art utile // style reconstruction).

lundi 16 janvier 2017

Camille et Pierre David // Meublit n°100

Premier modèle de Meublit conforme au brevet (espacenet), 1949, fonds David

Merci à Pascal David pour les informations sympathiquement communiquées qui permettent de relancer ce blog. Quoi de plus " utile ", en effet, que le Meublit créé par son père et son oncle, Pierre et Camille David. La série du meuble-lit modèle " n°100 " devient rapidement célèbre et résume à elle seule l'idée d'économie d'espace qui domine l'après-guerre et signale la fin du Cosy-corner et du petit canapé à bords abattables d'avant-guerre. Dans l'espace d'habitation, ce n'est plus un coin de chambre qui s'impose dans l'espace du " studio ", mais un lit caché, totalement transformable en meuble d'appui et pouvant servir de secrétaire. Cette radicalisation du minimalisme signifie la fin d'une idée fausse consistant à croire qu'une famille moyenne pouvait recevoir tout en montrant son lit... Trop impudique ! C'est peut-être le frottement à cette réalité sociale qui va guider le Meublit vers le succès. Mais les principes ne font pas tout. Il faut dire que le Meublit représente aussi une réelle économie de place - très pratique pour une "chambre de jeune"... En 1949, les créateurs de la reconstruction posent donc des brevets pour des lits escamotables. Le 24 juin, c'est Marcel Gascoin (Marcel Gascoin // brevets déposés) qui s'y colle et vante ainsi son modèle : " La présente invention se distingue des lits escamotables connus par un grand nombre d'avantages. La particularité la plus frappante du lit réside dans le fait qu'il est complètement indépendant quand on s'en sert, du coffre dans lequel on l'escamote ." Mais de quels autres lits parle-t'il ? Tout simplement de notre Meublit, dont le modèle a été déposé seulement trois semaines plus tôt, le 1er juin 1949, par les frères David. Ils entrent alors dans l'industrie du meuble. Déjà présents dans les brevets comme inventeurs d'un cuir métallisé pour maroquinerie en 1932, ils s'imposent dans le paysage de la reconstruction après-guerre, avant de créer deux autres marques : Polymeubles et Polysièges (Meubles David // Polymeubles). Fouillant les documents conservés par la famille, Pascal David nous apprend qu'il en a été produit environ 10.000 exemplaires - ce qui n'est pas rien au début des années 1950. Des perfectionnements sont apportés en 1951 avec une version verticale et une autre où le lit est équipé de roulettes pour, en position ouverte, se désolidariser du meuble qui le dissimule en position fermée. Il sera proposé en de nombreuses versions, une ou deux places, avec ou sans tablette, disposant d'une, deux ou trois niches. Réputée pour sa qualité, la société Epéda met au point un matelas spécial pour le Meublit. À la fin des années 1950, il trouve des marchés en Afrique du nord, particulièrement en Algérie. La RTF puis l’ORTF en feront aussi régulièrement l’acquisition pour équiper les relais hertziens, souvent implantés sur des hauteurs isolées. Ci-dessous, la copie de quelques photographies et brochures, dont une du début des années 1960 où l'on découvre les tarifs : 1.000 francs pour le lit n°100, environ 1.500 € actuels... ...

mercredi 6 juillet 2016

Nordiska Kompaniet // catalogue Triva KD 1946


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Parmi les grandes légendes du design, voici un rare catalogue, tout juste rentré dans la collection GG. De 1946, il marque la naissance du mobilier scandinave en kit : Nordiska Kompaniet Triva knock down furniture. Conçue pour l'exportation, cette gamme de meubles transportables, nommée Triva (trivas : prospérer, se plaire, en suédois), a été développée par Elias Svedberg et son équipe (composée d'une vingtaine de designers, incluant Kerstin Horlin-Holmqvist, Lena Larsson, David Rosen, Astrid Sampe, Erik Worts, etc.), en réponse à un concours lancé par une guilde d'artisans suédois vers 1945, pour " les besoins de la famille moderne et adapté à la production de masse. " Ce style de mobilier avait déjà fait une apparition remarquée avec la Swedish Modern durant la New-York World Fair's en 1939 (Elias Svedberg // NK). Les premiers modèles Triva figurent ensuite dans l'aménagement d'une maison témoin de la cité jardin de Malmö (NK // Cité de Malmö). En 1946, la Team d'Elias Svedberg a pleinement développé le principe du mobilier dit assemblable, au format des paquets postaux. Les KD (knock-down, littéralement "abattu", à bas, en anglais) de la NK peuvent être livrés à travers tout le pays, mais aussi aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, dans le monde entier... Ce qui a été inventé pour pallier à la dispersion des populations dans le territoire scandinave devient un atout majeur pour l'exportation internationale. C'est ainsi que les KD et leur légèreté légendaire vont inspirer la célébrissime firme suédoise Ikea, certains modèles vont être intégrés dans les catalogues Knoll et ils influenceront aussi des créateurs français comme Jean Royère, Marcel Gascoin, Pierre Paulin, Jacques Hauville... Toutefois, il ne faut pas exagérer en croyant que la Suède est une exception mondiale, elle prolonge et amplifie une "modernité sociale" issue des Arts & Crafts qui préexiste dans toute l'Europe et aboutit sur les meubles pour sinistrés en France et en Angleterre. La puissance scandinave vient en grande part du fait d'avoir été épargnée par la guerre. L'Europe du nord peut exporter en quantité – sans se soucier des pertes industrielles ou des sinistrés – en mobilisant ses capacités productives dans une finalité plus commerciale. C'est la petite histoire que raconte cet impeccable catalogue, incluant une quarantaine de modèles sur quarante pages, tout en papier glacé, relié avec des vis en laiton, couvert par une toile de teinte naturelle imprimée "NK", avec, à l'intérieur, quelques stupéfiantes photographies...


mardi 31 mai 2016

Early Webbed Chairs // sangles et lanières

Elias Svedberg, fauteuil en teck blond verni et sangles en jute de teinte naturelle, vers 1950 (collection GG)

Pour répondre à une question posée par Stephane Danant, voici un petit morceau de la négligeable histoire des sangles dans l'aventure oubliée de la "modernité sociale", celle qui va aboutir sur le "style reconstruction" après la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui encore, à 25 centimes le mètre linéaire, les sangles en jute permettent de fabriquer les sièges les moins coûteux, soit 5 € pour couvrir une assise et 10 € pour tout un siège avec dossier. Il est donc logique de les retrouver aujourd'hui encore dans les productions industrielles (depuis Artek jusqu'à La Redoute). Toutefois, à l'époque de son invention moderne, aux yeux du décorateur, il y a un côté nudiste dans ces sangles (ou ces lanières de cuir pour les modèles de luxe) : c'est en effet une "assise de tapissier" dépouillée de tout, sans toile, ni crin, ni bourrelet, ni tissus - presque une insulte pour le métier. Ne reste, finalement, que le support souple en quadrillage. Le premier modèle moderne semble remonter au Bauhaus, avec l'extraordinaire chaise cantilever (wiki) dessinée par Mart Stam en 1926 dont les premières assises sont en lanières entrecroisées, idéales pour un peu de souplesse dans ces meubles tout en ossature du "rationalisme clinique". On la retrouve logiquement chez Alvar Aalto qui l'adopte au début des années 1930. En même temps, Bruno Mathsson produit la chaise longue Permilla et la chaise Eva (1934) dont le "design organique" si original est indissociable du jeu des bandelettes en tissu qui épousent parfaitement les formes du bois courbé. Au même moment, en France, René Gabriel utilise des lanières sur ses chaises en bois qu'il présente une première fois au SAD. Son souci est alors économique, assumons l'idée d'un "rationalisme social". Mais il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la technique se généralise dans un objectif pragmatique : c'est la création du "mythe guerrier" de la Firme Knoll (knoll.com), justifiant le retour au bois (cerisier) à cause des priorités de guerre avec réutilisation des surplus militaires (sangles pour parachute), des contraintes qui aboutissent sur la fameuse série 600 de Jens Risom (1942/43) et se prolongera dans d'autres modèles utilisant des sangles, comme ceux dessinés par Abel Sorenson (1946). Mais, alors que le temps passe, la découverte devient un geste, le "projet moderne" se transforme en "style moderniste", et le souci d'abaisser les coûts perd son objectif social pour basculer du côté des marges bénéficiaires des entreprises... L'utilisation des sangles est encore fréquente à la fin des années 1940, par exemple en Suède avec Elias Svedberg ou aux Etats-Unis avec Klaus Grabe. Il faudrait en comparer les coûts, les marges et les prix de vente... Ci-dessous, quelques classiques à retenir, avec des images pour la plupart puisées dans 1stdibs...


samedi 21 mai 2016

Mondineu 1950 // desserte " Bocado "

en situation dans le logement de l'UAM, au salon Arts Ménagers de février-mars 1954, revue Arts ménagers n°59, novembre 1954

Marie-Françoise Mondineu, née Vele, dépose le brevet de cette petite desserte roulante et pliante "Bocado", sous la référence FR1023477D, le 12 août 1950. Mme Mondineu produit ensuite quatre autres brevets, porte-bouteille, pieds de tables pliants, dispositifs de fixation et de pliage. Par la suite, c'est son mari, Rémy Mondineu, diplômé de l'ENSAD, qui signe les inventions afin de perfectionner le modèle. En 1958, il l'adapte à un cadre métallique, probablement pour lutter contre la concurrence de la Textable avec ses indestructibles plateaux suisses "Platex". Mais l'objet perd alors son charme, entrant brusquement dans l'esthétique des sixties. Quoiqu'il en soit, ce qui est remarquable à cette époque, c'est cette facilité à produire des idées et cette faculté à les transformer en réalité industrielle. Tout juste protégé par le premier brevet, délivré en décembre 1952, la desserte Bocado en bois est diffusée et aussitôt publiée dans une publicité du prestigieux décorateur Caminelle. Marie-Françoise et Rémy Mondineu disposent alors d'un important atelier de production qui va éditer cette petite table pendant une vingtaine d'années dans différents modèles, montants chêne ou acajou, plateaux en stratifié. Le moment de gloire arrive en 1954, lorsque la table est sélectionnée par l'UAM au Salon des arts ménagers. L'intérêt de l'invention est parfaitement décrit dans le texte du brevet : " On connaît déjà des tables (fig. 1) comportant deux plateaux mobiles, susceptibles de se ranger dans le même plan ou au contraire de se superposer, afin de réduire la largeur de l'ensemble pour passer dans les couloirs étroits et les portes. Le passage de l'une de ces positions à l'autre s'effectue par pivotement autour d'un axe. Un système de parallélogramme articulé assure la stabilité des plateaux, quelle que soit leur position. Malgré ce système de superposition des plateaux les tables de ce genre conservent un encombrement assez important qui ne peut être réduit pratiquement au-delà de la largeur de chaque plateau. La présente invention a notamment pour but d'éviter cet encombrement. Elle concerne, à cet effet, à titre de produit industriel nouveau, une table caractérisée par un cadre rigide sur lequel sont articulés un ou plusieurs panneaux susceptibles de se rabattre pour constituer des plans destinés à supporter des objets quelconques ou au contraire de se replier contre le cadre, la table étant alors réduite à un ensemble très plat facilement logeable et transportable ". Notons que les Ateliers Mondineu semblent être encore en activité, spécialisés dans l'encadrement d’œuvres d'art et installés dans le Marais (Ateliers Mondineu). Ci-dessous, des images du brevet, les premières publicités et deux annonces du Boncoin pour se procurer l'objet à petit prix !

mercredi 27 janvier 2016

Concours 1955 // Centre technique du bois

ARP, 1er Prix du CTB

Probablement insatisfaits par les choix du ministère en 1954 (concours 1954-1955 // Ministère de la reconstruction), les créateurs de meubles effectuent un rattrapage au Salon des arts ménagers en mars 1955. Ils exerçent certainement des pressions sur le Centre technique du bois (CTB, fondé en 1952) afin qu'il organise un concours parallèle. Il s'agit de sortir des propositions où les techniques avancées par Gascoin et Gabriel sont exagérées et s'appauvrissent dans un "style social", au lieu de s'améliorer et de s'ennoblir comme le désiraient les fondateurs. Un problème anticipé par Jacques Viénot avant-guerre, celui-ci voyant le meuble économique comme une équation aux solutions rares... Mais il imagine aussi une sortie tournée vers l'avenir. Si les budgets minimalistes obligent une réduction au départ (économie des matières, des gestes, etc.), il faut tabler sur un enrichissement futur, grâce aux investissements industriels et au pouvoir d'achat d'une clientèle élargie. C'est le pari de ce second concours présenté en 1955, où les prix sont relevés de 50% à 100%. Débarrassés d'une contrainte financière excessive, les candidats montrent une créativité débordante. Toutefois, un basculement se perçoit dans cette réorientation. La puissance de séduction ne réside plus dans l'idée d'un luxe accessible à tous, moins encore dans la quête classique d'une esthétique fondée sur une logique intemporelle. On ne rêve plus d'un idéal de société mais de nouveauté. Dans cette logique de mode, la modernité passe dans l'apparence et l'innovation pèse plus que la personnalité ou la qualité. Dernier changement, le ministère ne va promouvoir que ses propres candidats, sans s'occuper des résultats du nouveau concours. C'est le début d'un divorce entre État providence et marché libéral. Bien que le bois domine encore, l'événement est sur le corde raide, dans un " style reconstruction " (classique, utopique, porté par l'État) prêt à basculer dans le " style 50 " (moderne, artistique, d'essence libérale). Ci-dessous, en illustration, les ensembles primés illustrés dans Meubles et décors d'avril 1955 avec ARP, Roger Landault, Robert Debièvre, René-Jean Caillette, Louis Paolozzi, Jacques Hitier, Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

Probably dissatisfied with the awards distributed by the Ministry of Housing and reconstruction, at the end of 1954, the Association des créateurs de modèles (ACMS) makes a catch in 1955 Salon des arts ménagers, certainly weighing on the Technical Centre of Wood and Furniture (CTBA, founded in 1952) that he organizes another competition. It is out of such proposals where the advanced methods by René Gabriel and Marcel Gascoin are visible but getting poorer and sink in a "social style", instead of ennobling both as desired founders. In fornt of industry that has gripped in pragmatic ways, mannered and material of reconstruction, we must rebound. In the CTBA competition, Rate undergo an increase of 50% to 100% with the avowed aim of promoting prospective, focused towards new techniques. Around Gascoin, candidates show boundless creativity. However, tipping is perceived in this shift: the power of seduction lies not in the idea of ​​a luxury for all, still carrying a classic principle but in a radically modern force of renewal. The creators are faced with the obligation to invent: the furniture definitely enters a mode logic, where innovation weighs more than the personality or quality. Other failover, the ministry will continue to promote their own candidates while the second contest will remain in relative anonymity. All this clearly marks the transition between the "style reconstruction" (classic, helped by the government) and "style 1950" (modernist, liberal). Below, illustrationfrome Meubles et décors in April 1955 with ARP, Roger Landault Robert Debiève René-Jean Caillette Louis Paolozzi, Jacques Hitier Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

samedi 23 janvier 2016

Candilis II... le retour // vente Leclere

Présentation du mobilier Georges Candilis de la galerie Clément Cividino

Après un article rédigé il y a presque deux ans (Candilis // Artcurial vente du 19 mai), il faut revenir sur ce sujet qui fait boule de neige depuis la préemption du Centre Pompidou. Un article de L'Indépendant a depuis donné les circonstances de cette redécouverte : " Pour en arriver là, il a fallu le lent et minutieux travail de Clément Cividino, l'artisan de la renaissance de l'Hexacube de Candilis qui a conçu l'exposition présentée à Leucate pour le centenaire de l'architecte en juillet 2013. "En 2004, tout ce qui était encore sur place aux Carrats a été jeté dans deux bennes avant que la saison ne commence. Ce mobilier en bois ne correspondait plus aux exigences des normes de sécurité", raconte Clément Cividino qui a retrouvé, quelques années plus tard, lors de ses recherches sur Candilis, les rares chaises et tables abandonnées sur place dans des placards. Personne ne s'intéressait alors à Candilis… Mais la passion et la détermination ont fini par porter leurs fruits pour ce collectionneur atypique. " Il faut toujours en passer par cette phase de rejet, de détestation, de re-normalisation, parfois de destruction, pour ensuite re-découvrir. Chacun comprend désormais l'intérêt de l'hyper-simplicité du brutalisme rationnel de Georges Candilis et d'Anja Blomstedt. Qui peut, aujourd'hui, ne pas avoir de sympathie pour ce moment où l'on voulait réduire, démultiplier, alléger l'habitat, et finalement s'en désaliéner afin d'être toujours plus libre et plus humain. Un sommet atteint plus tard, visible en détail à travers deux beaux articles consacrés aux Hexacubes, dans As-tu-déja-oublié  et dans archipostalecarte. Après la redécouverte, chacun attend désormais la renaissance. Mais ces beaux meubles scolaires qui nous replongent dans les Goldens Sixties, ne doivent pas faire oublier que les Seventies qui vont suivre étaient plutôt une utopie pour adultes. Peut-être la fin de la projection du rêve encore normatif issu de la reconstruction ? Mais voilà presque 50 ans que nous rétro-pédalons. Le monde s'enferme, s'encombre, s'alourdît pour se protéger d'un je-ne-sais-quoi qui a fini par devenir quelque-chose, suivant le principe de la prophétie autoréalisatrice. Maintenant, ça suffit. Souhaitons que cet intérêt soit le signe précurseur d'un intelligent retournement. Ci-après le mobilier de la vente Leclere du 9 février 2016...

After an article published two years ago, we must return to this subject that snowballed since the acquisition by the Centre Pompidou. An article in L'Independent gives the circumstances of this discovery: "To get there, it took the slow and painstaking work of Clement Cividino, the architect of the renaissance of Hexacube who Candilis designed, an exhibition in Leucate for the architect's centenary in July 2013. "In 2004, everything was still there to Carrats was thrown into two buckets before the season begins. The wooden furniture no longer met the requirements of safety standards, "said Clement Cividino who found a few years later, during his research on Candilis, the few chairs and tables abandoned in place in cupboards. Nobody s' so interested in Candilis ... But the passion and determination finally pay off for this atypical collector." Always go through that rejection phase of detestation, re-normalization, sometimes destructive and then re-discover. Everyone now understands the value of brutalism and hyper-rational simplicity of Georges Candilis and Anja Blomstedt. Who can today have no sympathy for that moment when you wanted to reduce leverage, reduce habitat, and eventually alienate in order to be ever more free, more human. A peak later visible in detail through two fine articles on the Hexacubes in  As-tu-déja-oublié and archipostalecarte. After the rediscovery, everyone expects rebirth. But these beautiful school furniture that take us back in the Sixties Goldens, must not forget that the Seventies that followed were rather a utopia for adults. Perhaps the end of the projection of the dream still normative resulting from the reconstruction? But now, almost 50 years that we back-pedaling. The world is locked up, is a hitch, gets heavier to protect anything that eventually become something much, according to the principle of self-fulfilling prophecy. Now is enough. Let us hope that this interest is the early sign of a smart turnaround. Below Leclere sale, February 9, 2016 ...


jeudi 15 octobre 2015

Roger Landault // style Hard-French

Ensemble de Roger Landault, récompensé par le CTB et le prix René Gabriel en 1955, cf. abc-rogerlandault 

Le site abc-rogerlandault.blogspot.fr présente de belles photographies de meubles avec noms et numéros des "modèles" ! Un luxe de précisions tiré des archives de l'entreprise ABC dont nous aimerions, par ailleurs, connaître l'histoire. En attendant, revenons vers Roger Landault, décorateur caractéristique de la jeune génération moderniste. Contrairement aux aînés, il ne vit ni ne meurt pour une idée mais s'adapte à des changements qui vont s’accélérant. Il surgit dans le "style 1940" au sein du Studium Louvre, s'épanouit dans la série avec l'entreprise ABC, et slalome entre les matières. Théorique en 1945 (style reconstruction // commission du meuble de France), son passage au "social" débute concrètement en novembre 1953 lorsqu'il conçoit des meubles pour un HLM situé au Pecq, dont les croquis sont publiés par le Décor d'aujourd'hui. Il cherche ses marques, vole une étagère à Gascoin, une chaise à Robin Day, un fauteuil à Hauville, une table à Gabriel, des accoudoirs aux frères Perreau, une desserte à "Bocado" : emprunts qui formeront les bases de son vocabulaire. En septembre 1954, pour un tarif de vente fixé à 260.000 francs (5.600 €), il obtient le second prix au concours du MRL avec l'ensemble "Junior" édité par ABC (Concours MRL 1954 // style HLM) où figure sa première "marque de fabrique" : une corniche arquée. En 1955, il créé une autre gamme d'éléments standards (intitulée "Dakar" en 1958) avec une autre signature graphique : une corniche débordante avec encoches sur les côtés pour se raccorder aux montants latéraux. Ces "meubles ABC" sont récompensés par le Prix René Gabriel et se trouve dans l'aménagement d'un appartement type de 5 pièces en HLM pour 400.000 francs (8.600 €) dans la "Ceinture verte" (immeuble de Jean Dubuisson). Roger Landault est l'un des premiers à assumer l'épuisement des possibilités formelles offertes par un rationalisme devenu style plus que projet, avec des manières plus que des méthodes. Il réinvente donc la "ligne" en tant qu'ornement et signature, à la manière des bâtisseurs de HLM qui, au même moment, doivent dessiner des bâtiments de construction identique (suivant les règles inventées pendant la reconstruction et appauvries par l'administration). Pour y échapper, les architectes jouent sur les plans masses (en "frise grecque") et ajoutent une petite "manie" qui permet de les identifier. Le Hard French (Bruno Vayssière [biblio 1988]) s'introduit dans le meuble et l'immeuble...

The site abc-rogerlandault.blogspot.fr presents photographs, with names of "series" and numbers of "models"! Numerous details about ABC company archives which we would, in addition, learn about its history. Meanwhile, back to Roger Landault, representative person of the young designer modernist generations. Unlike older's, he does not live and die for an idea but adapts to changes that will accelerate. He arises in the "Style 1940" for the Studium Louvre, flourishes in the serial production for the ABC Company, and slaloms between subjects. Theoretical, his "social" turn began in November 1953 when designing furniture for a council flat situated in Le Pecq, whose drawings are published by Le Décor d'aujourd'hui. He seeks its brands, steals wall-shelf of Gascoin, chair of Robin Day, armchair of Hauville, table of Gabriel, armrests of Perreau brothers, service table of "Bocado" loans that will form the basis of his vocabulary. In September 1954, for a sale price set at 260,000 francs (€ 5,600), he won the second prize in the MRL trial with the whole "Junior" edited by ABC company where his first "trademark": an arched cornice. In 1955, he created another range of standard elements (called "Dakar" in 1958) with another graphic signature: an overflowing ledge side notches to connect to lateral uprights. These "ABC Furniture" is awarded the Prix René Gabriel and ends up in the development of a standard apartment with five rooms in public housing for 400,000 francs (€ 8,600). Roger Landault is one of the first to assume the depletion of formal possibilities offered by a rationalism that project became more style, with more ways of methods. It reinvents a line-ornament as a signature, like public housing builders who at the same time should draw identical building construction (according to the rules invented for Reconstruction and impoverished by administration) then they play on Plans masses (in "Greek frieze") and add a small "mania" that identifies the author. Hard French (Bruno Vayssière) broke into the furniture ...

lundi 20 juillet 2015

Palmarès // Salon des arts ménagers 1956

couverture du catalogue officiel du salon des arts ménagers de 1956

Pour qui voudrait ranger par ordre d'importance les designers de meubles français au milieu des années 1950, le catalogue du salon des arts ménagers offre de superbes listes, plus particulièrement en 1956 quand le « style reconstruction » atteint le sommet de son succès. En effet, l'art et la manière des meubles en bois économiques sont digérés par la majorité des grandes fabriques, ce qui oblige les jeunes créateurs à se renouveler dans un design plus graphique, suivant un "style international" rationalisé (désormais états-uniens) que nous dirons "moderniste" en réservant précieusement le mot "moderne" pour des horizons plus larges ! Comme tout sommet, il marque à la fois la fin d'une montée et l'amorce d'une descente. En attendant la chute, on découvre dans l'aile sud du Grand Palais une présentation d'ensembles mobiliers par tous les créateurs qui auront marqué la première moitié de la décennie. Évidemment, les stands ne sont pas rangés au hasard. La crème de la crème est dans l'exposition « Formes utiles » de l'UAM (Union des artistes modernes) qui présente, cette année-là, des tables inventées par huit artistes. Ensuite, Marcel Gascoin continue de tenir bien en main le bâton de relais que lui a transmis René Gabriel, veillant à placer ses favoris dans le stand pour les membres de l'Association des créateurs de meubles de série (ACMS = 18 noms à bien retenir). La troisième marche est réservée à des meubles un peu plus luxueux qu'occupent les autres invités de la prestigieuse section du Foyer d'aujourd'hui (FA = 24 noms à regarder de près). Hors du podium, ce ne sont plus des invités mais des entreprises et des créateurs qui doivent payer leur place afin d'apparaître dans les salles du premier étage de l'aile sud réservées aux « industries »: salles Sud, Sud-ouest (SO), Sud-Est (SE) et rotondes, avec 53 entreprises, à trier soi-même, incluant une dizaine de décorateurs non représentés ailleurs. On peut aussi constater que certains s'affichent partout, l'exemple type étant Jacques Hitier qui est à la fois dans l'ACMS pour ses créations modernes, dans le FA pour une édition de La Méridienne et dans le double stand professionnel SO-09/11 chez Tubauto... Listes ci-dessous avec les publicités de meubles publiées dans ce catalogue...

For who would arrange in order of importance the French furniture designers in the mid-1950s, the catalog of household arts fair offers superb name list, particularly in 1956 when the "reconstruction style" reached the peak of its success. Indeed, the art and practice of economic wooden furniture are digested by the majority of factories, forcing young artists to renew themselves in a more graphic design, following an "international style" streamlined (now state-uniens) we say "modernist" in carefully reserving the word "modern" for wider horizons! Like any top, it marks both the end of a climb and the beginning of a descent. Until the fall, we discover in the south wing of the Grand Palais a presentation of furniture sets by all the designers who have marked the first half of the decade. Obviously, the stands are not randomised. The cream of the crop is in the exhibition "Useful Forms" of the UAM (Union of Modern Artists) which has, in that year, tables invented by eight artists. Then Marcel Gascoin continue to keep under control the stick relay that sent him René Gabriel, ensuring his favorite place in the stand for the members of designer furniture Association (Association des créateurs de modèles de série ACMS = 18 names to remember). The third step is for the slightly more luxurious furnishings occupy the other guests of the prestigious section of the Home today (Foyer d'aujourd'hui FA = 24 names to look closely). Off the podium, are no longer guests but companies and creators who have to pay their exhibition stand to appear in the first floor of the south wing rooms for "industries": South halls, Southwest (SO ), Southeast (SE) and rotundas, with 53 companies, sort oneself, including ten designers not represented elsewhere. We can also see that some appear everywhere, the typical example being Jacques Hitier which is both in the ACMS for his modern creations in the FA for an edition by La Méridienne and professional stand in the double SO-09/11 at Tubauto ...

lundi 13 octobre 2014

Exposition 2014 // Habitat provisoire 02


Retour sur l'exposition "Habitat provisoire - la vie quotidienne après 1944" car elle ne reste visible dans l'Atelier Perret que seulement deux petites semaines. Après un premier volet consacré au montage du baraquement (Exposition 2014 // Habitat provisoire 01), nous en proposons donc un second ayant pour sujet le mobilier. Les amateurs du genre ne seront pas déçus car ils retrouveront René Gabriel derrière cette sobre façade avec quelques pièces rarissimes : des variantes de la salle en série 120 (buffet 120, table 121, chaise 123) et l'inédite chambrée de réinstallation (armoire 154, lit 155, chevet). Ces meubles sont moins célèbres que la fameuse salle à manger de "réinstallation" (Meubles d'urgence // René Gabriel) ou que la chaise avec caillebotis, très recherchée depuis qu'elle a été publiée sur ce blog (René Gabriel // chaise économique)... Signalons enfin que la plupart des modèles exposés, contrairement aux types, n'ont pas été édités en très grande série et ont dessinés auparavant, en 1941, quand René Gabriel travaille pour le Service des constructions provisoires à destination des sinistrés de la "première reconstruction" (après l'invasion allemande). Comme beaucoup, René Gabriel reste actif hors des salons mais il va disparaître après la fin de la ligne de démarcation (novembre 1942). Il ne reviendra qu'au tout début de l'année 1944 pour présenter ces derniers modèles, attentant la seconde reconstruction, celle qui doit suivre le débarquement et la Libération...

Come Back to the exhibition "temporary house - daily life since 1944" because it remains visible in the Perret workshop only two short weeks. After a first part dedicated to the assembly of the barracks (temporary house Expo 2014), we propose a second message about furniture. Fans of this will not be disappointed because they find René Gabriel behind this sober façade with some rare pieces: the room variants of series 120 (Buffet n°120, table n°121, seat n°123) and the unprecedented resettlement chambered (cabinet n°154, bed n°155, bedside). This furniture is less famous than the dining room of "resettlement" (cf. Gabriel // emergency Furniture) or the chair with slatted highly sought since it was published on this blog (cf. Gabriel // chair Economic) ... finally noted that most of the models on display, unlike the guys, have not been published in great series and have drawn before, in 1941, when René Gabriel works for the Department of temporary buildings to disaster victims "first reconstruction" (after the German invasion). Like many, René Gabriel remains active but it will disappear after the end of the line (in November 1942). And will come at the very beginning of 1944 to present the latest models, attentant the second reconstruction, which must follow the landing and Liberation ...

lundi 7 juillet 2014

Gustave Gautier // portrait d'un décorateur

une armoire de Gustave Gautier de 1953

Habitant des ISAI du Havre, Samuel adhère au petit cercle des admirateurs de la Reconstruction et de son mobilier. Déjà possesseurs d'un bahut "BB" de Marcel Gascoin, il tient par ailleurs de sa grand-mère cette solide armoire dotée de deux portes coulissantes et de poignées raidisseuses dont le profil en "aile d'avion" s'ajuste exactement à celui des montants latéraux. Une silhouette qui fait signature ! Pour l'identifier, outre une étiquette de la marque "Eros", la puissance constructive du meuble, la lourde section des planches, la parfaite finition du chêne clair ne laissent aucun doute : Gustave Gautier. Profitons de l'occasion pour revenir sur ce personnage connu pour ses tables gigognes (Gustave Gautier // tables gigognes). Il est d'abord l'adepte du "style reconstruction" préféré des critiques proches de la SAD, aussi bien illustré dans Mobilier et Décoration et Ensembles modernes que dans le Décor d'aujourd'hui et le Journal de l'ameublement. S'il fallait un classement par fréquence de représentation, il occuperait une très bonne position... Ses meubles font consensus car il est non seulement un radical, membre de l'UAM, adepte de la forme pure et de l'ossature lisible, mais il défend aussi une générosité dans les finitions et les matières, ce qui rassure pleinement les défenseurs de certaines "valeurs bourgeoises" qui formaient alors le noyau dur de la critique française. Cependant, cette surépaisseur n'est plus la prétentieuse démonstration d'une puissance de classe mais elle se réinvente dans l'objectif de reconstruire un monde sobre et robuste, agréable et durable. Il ne faut pas oublier que Gustave Gautier sort d'un camp de prisonnier et, qu'après cela, il abandonne l'architecture extérieure pour aller vers celle de l'intérieur, cherchant à inventer une ambiance protectrice, suivant un réflexe très identique à celui observé chez Guillerme et Chambron (Lille//Guillerme et Chambron). Gustave Gautier laisse se dévoiler la psychologie d'une condition et d'un temps : la modernité d'après-guerre ne peut plus tolérer un monde froid, instable, uniformisé, il fallait protéger, enkyster, "encapsuler", le vide inquiétant de la condition humaine.

Residing in the "ISAI" of Le Havre, Samuel joins the small circle of admirers of Reconstruction and furniture. Already owners of a Marcel Gascoin chest, he also wishes his grandmother this solid cabinet with two sliding doors and handles with a stiffening profile "airplane wing" fits exactly to the the lateral uprights. This figure is a time signature! To identify, in addition to a brand label "Eros", the constructive power of furniture, heavy section plates, the perfect finish of light oak leaves no doubt: Gustave Gautier. Take the opportunity to return to this character known for its nesting tables (Gustave Gautier / / nested tables). It is the preferred décorator SAD in the "style reconstruction", both illustrated in Mobilier et Décoration, Ensembles modernes, Décors d'aujourd'hui and the Journal de l'ameublement. If we had ranked by frequency of performance, it would occupy a good position ... His furniture is consensus because it is not only a radical member of the UAM, a follower of pure form and frame readable but it also defends generosity in finishes and materials, which fully reassured advocates some "bourgeois values​​" which then formed the core of the French criticism. However, this allowance is not pretentious demonstration power class but it reinvents itself with the aim of reconstructing a simple and robust world, nice and durable. We must not forget that Gustave Gautier fate of a prison camp, and after that, he gave up the external architecture to go to that inside, trying to invent a protective atmosphere, following a very similar reflex that observed in Guilherme and Chambron. Gustave Gautier allowed to reveal the psychology of a condition and a time: the post-war modernity can no longer tolerate a cold world, unsteady, uniform, should be protected, encysted, "encapsulating" the disturbing empty the human condition.

dimanche 1 septembre 2013

Paolozzi et Guermonprez // reconstruction lyrique


Paolozzi revient souvent chez mes correspondants. Des messages sur placedelours en 2011 où les images circulent plus que les analyses. Puis des messages sur mon mail. Le premier est de Joël en 2012 (un bureau était en vente chez 1stDibs), et voici le dernier avec une  photographie prise chez Edy, grand amateur des années 1950 (il est facile de le remarquer). Je laisse le soin à chacun d'identifier céramiques et luminaires car la question porte aujourd'hui sur Louis Paolozzi dont le nom et les créations se confondent avec Gérard Guermonprez. Les deux designers s'intègrent bien au "style reconstruction" par leur qualité, leur mode de production, les matériaux et les finitions, tout en ayant leurs qualités propres dont la plus remarquable consiste à accentuer les contrastes de bois pour souligner une structure aux accents lyriques "à l'italienne" même si elle reste "rationnelle". Ils inventent ainsi un effet visuel photogénique nouveau pour le mobilier en bois, une marque stylistique très puissante qui leur permet d'être encore bien présent après la crise de 1955, alors qu'en France le classicisme du mobilier en bois est assimilé à la pauvreté du "social" et que la tendance est dominée par le baroquisme néo-moderne des "jeunes loups" endoctrinés par Knoll. Plus tardifs et donc plus aisés à chiner que les anciens maîtres de la Reconstruction, Guermonprez et Paolozzi sont de plus en plus présents dans les galeries de design historique (Chicplastic tente en ce moment même de vendre un fauteuil sur ebay...). Bien entendu, on préfère par instinct Paolozzi, moins connu, plus poussé dans le style, plus photogénique encore, mais il reste largement dans l'oubli : qui est-il ? D'où vient-t'ils ? Sa relation avec Guermonprez ? Paolozzi est-t'il en famille avec le célèbre artiste Eduardo Paolozzi qui est passé à Paris ? Ci dessous, rétrospective de l'aventure de Louis Paolozzi, apparaissant en 1952 chez "Godfrid", se démultipliant après le concours du C.T.B. en 1954 puis prolongeant sa carrière avec les incontournables sièges ZOL.

lundi 6 mai 2013

Frank Rogin // René Gabriel

 
Si, par moment, on se sent un peu isolé au Havre en trouvant ce divan-lit dans un vide-greniers en fin de matinée (vide-greniers // décroissance), pensons à ceux qui sont à New-York : là-bas, de nombreux galeristes aiment ce mobilier. Il ne faut pas manquer Tom Thomas, Pascal Boyer et, surtout, Demisch-Danant pour le Mid-Cent (1950's) ainsi que Frank Rogin pour le Modernism (1930's), les deux se croisant autour du "style Reconstruction". Faisons donc un premier tour chez Frank Rogin qui nous montre - concernant René Gabriel - de nombreux meubles, quelques rééditions, de rares photographies d'archives ainsi qu'une excellente biographie. Le galeriste se présente ainsi : "Frank Rogin représente la troisième génération d'une famille d'antiquaire et a ouvert sa propre galerie en 1993. Les séries qu'il présente se concentrent sur les designers et les architectes modernistes européens qui ont aménagé des espaces publics et privés pendant le 20ème siècle. Couvrant les différents mouvements européens de design de l'ère moderne, son inventaire comprend des pièces uniques ou produites en petites et en grande série".

A quick tour in the New York gallery of Frank Rogin (rogin.com). He offers us many vintage furniture by René Gabriel (and some contemporary editions), rare archival photographs and an excellent biography. He describes his career: "Frank Rogin, a third-generation antiques dealer, has been in business since 1993. His inventory focuses on European modernist designers and architects who have come to define the look of 20th century public and private spaces. Spanning the various modern era European design movements, the inventory includes unique pieces as well as those that were in both limited and large production".

mardi 2 avril 2013

chaise d'enfant // Berceau de France


Après quelques images d'archives et une chaise modèle adulte (Emile Seigneur // chaise MPF), voici la version enfant imaginée par Émile Seigneur en 1949 pour le "Berceau de France", récente acquisition de la collection GG (showroom). C'est un très bel objet pour illustrer le style Reconstruction, vis à vis de son utilisateur - l'enfant, emblème de la période - et aussi pour l'honnêteté de sa ligne. Entièrement en chêne massif ciré, le parti constructif prédomine avec des assemblages parfaitement visibles - toutes les pièces étant directement emboîtées ou chevillées. Elle ne supporte d'être comparée qu'à une icône, Charlotte Perriand, mais la rusticité est beaucoup plus discrète dans le cas présent. La solidité et le côté sculptural de l'assise et du dossier évoquent aussi la "Peter chair" d'Hans Wegner bien qu'ici le côté ludique se réduise à une lisibilité pédagogique : l'enfant peut comprendre la construction de l'objet sans pour autant en devenir le constructeur ! Disons qu'elle est "honnête", au sens Arts & Crafts, soit "intelligible"...

After the chair adult model and some archive (Emile Seigneur // chaise MPF), here is the child version devised by Emile Seigneur in 1949 for the "Berceau de France" - collection GG (see  showroom). It is a beautiful object to illustrate the style of Reconstruction, with respect to the user - child, the emblem of this period - and also for the honesty of his line. Fully waxed solid oak, the dominant party with constructive assemblies perfectly visible - all parts are nested directly or pegged. It can compared to an icon: Charlotte Perriand, but rusticty is much subtle in this case. The strength and sculptural side of the seat and backrest also evoke the "Peter chair" of Hans Wegner although here the playful side is reduced to a pedagogical clarity: the child can understand the construction of this object without thereby becoming a handyman!

dimanche 31 mars 2013

Marcel Gascoin // brevets déposés




Les amateurs d'archives sont rares car les démarches sont fastidieuses : rendez-vous - à justifier -, temps et volumes limités : "voici trois cartons à ouvrir"... finalement le bon dossier se trouve sous les yeux de notre voisin... Sans compter les sources multiples : archives nationales, dépôt d'un ministère envoyé au diable bouilli, fonds d'une préfecture au secret, dossier d'une commune sous des toiles d'araignée, dépôt privé ou privatisé... Cependant, d'ici dix ou vingt ans, il n'y aura plus grand chose à faire grâce à la numérisation, sauf à surfer sur des sites qui se fatigueront à notre place pour découvrir les bons gisements. Voilà qui nous mène des premières découvertes consacrées aux industriels Didier Rozaffy et Albert Ducrot jusqu'à Marcel Gascoin...  J'avais ainsi localisé deux brevets sur un site américain puis un lecteur de ce blog - Nicolas le Du - m'a très aimablement contacté pour me donner l'adresse du site officiel http//worlwide.espacenet.com (advanced search) et le mode d'emploi. Il suffit de renseigner la ligne inventor puis de valider, et alors nous trouvons, par exemple, onze brevets déposés entre 1946 et 1976 par "gascoin marcel". En allant sur original document, nous découvrons alors les textes descriptifs et bien souvent les dessins comme la bibliothèque modulable (1946), le lit escamotable (1949), les éléments de rangement (1950) et la table transformable ronde-carrée (1951). Bien d'autres créateurs peuvent être tracés...

Those who love archives are rare because the process is tedious: appointments - to justify - volumes and time limited : "here are three boxes to open" - "Thanks" but finally the correct folder is located in front of our neighbor. Besides multiple sources: National Archives, Ministry sent a deposit in the middle of nowhere, papers from a prefecture in secret, file a town in cobwebs, private or privatized deposit ... However, ten or twenty years, there will be very simple with scanning, to surf sites that get tired for us to discover the good location. In the meantime, we stagnate in an in-between place, so you have a pipe to locate a track - here a copy of the archives of the Ministry of Industry (...), filed Pharma-Paris (?) Dispatched (!?) and then digitized in the United States (phew!) ... And that brings us the first discoveries from Didier Rozaffy, Albert Ducrot to Marcel Gascoin - who deposited two patents on what he sees as "technical innovation" as much as furniture: storage elements (1950) and the transformable table (1951) - it may be a first for a french furniture designer and this explains its position on "design", seeking to protect its models and consider them as "industrial products".