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vendredi 15 mars 2019

Artcurial 2/2 // la cote des précurseurs du design


Il fallait être présent. Peu de monde au premier rang, beaucoup plus au fond : on sait que dans ce genre de vente "test" les marchands curieux se cachent souvent au dernier rang... Les choses se sont donc passées par téléphone, jusqu'à dix appels pour certains lots de Gabriel ! C'est donc sans surprise que les prix ont largement dépassé les estimations. Celles-ci étaient pourtant fondées rigoureusement - comme il se doit - sur les résultats obtenus précédemment dans les salles de ventes ; mais ils étaient anciens, isolés, peu fiables (voir dernier paragraphe), car il n'est pas fréquent de voir dans une même vente autant de lots de Gabriel, de Gascoin, d'Hitier et des autres précurseurs du design. Si beaucoup avaient déjà constaté que les tarifs s'envolaient aux Puces ou chez les galeristes, la "cote officielle" maintenait artificiellement un décalage en s'appuyant sur des prix datant de l'époque où ces "créateurs de modèles de série" étaient de quasi-inconnus, avant la publication de Patrick Favardin, avant l'appartement témoin du Havre, avant l'édition des monographies par Norma et Piqpoq, avant l'arrivée d'amis galeristes (qui se reconnaîtront)... Le nom n'était connu que de quelques amateurs très spécialisés : ce ne sera plus le cas. Il est certain que de nombreux professionnels, du commissaire priseur à l'apprenti chineur, vont désormais surveiller de près les meubles "style Reconstruction" afin de dénicher une pépite de Gabriel ou de Gascoin dans un coin de grenier.

Pour une fois, je vais faire exception à la règle de ce blog (voulant que l'on parle pas argent) et je vais donc prendre le ton Gazette afin de détailler la "cote des précurseurs du design", soit des designers ayant créé des modèles de "grande série" généralement avant 1950. L'événement mérite un article spécifique car les prix ont été multipliés par un facteur 2, 3, 5, jusqu'à 10 fois l'estimation haute ! Les résultats publiés par Artcurial sont très impressionnants. Le fauteuil dit " Sauterelle " atteint 7 200 € dès que débute la vente de cette série de lots, mais cela ne dépasse pas radicalement les prévisions. Ce sera l'instant le plus discret durant cet événement, au bénéfice d'un acheteur chanceux... On note ensuite que le prix du fauteuil classique de Gabriel (RG-178) continue son ascension pour atteindre 3 000 € l'unité, ainsi que de la table basse vendue 2 600 €. Toutefois, le seuil symbolique des 10 000 € est franchi grâce à certaines pièces à la fois rares et emblématiques de l'oeuvre de ce créateur : le buffet-commode à neuf tiroirs conçu en 1947 pour l'appartement du Havre qu'avait autrefois repéré Amy Perlin (Art utile // Amy Perlin). Il fallait compter presque autant pour un rare fauteuil cubiste en caillebotis à dossier pivotant appartenant à la série des premiers meubles pour sinistrés dessinés en 1940, ainsi que pour la table basse du SAD de 1945, également en caillebotis. Les mêmes raisons font que le fauteuil à dossier quadrillage de 1945 obtient le double du prix du modèle courant pour atteindre 7 200 € l'unité.

La reconnaissance pour le maître de tous les designers français est enfin actée. Il atteint ainsi une juste première place parmi les précurseurs du design, suivi par son "descendant", le moderniste Marcel Gascoin. Celui-ci voit sa côte se stabiliser à bonne hauteur pour ses modèles créés entre 1948 et 1951 : environ 1 000 € la petite table ou l'étagère, même tarif pour une chaise ou un tabouret, 2 600 € un petit buffet-armoire. Notons qu'il est encore relativement abordable. Mais la surprise arrive grâce au siège pour enfant "3-Positions" qui grimpe rapidement pour atteindre 6 500 €. Restent trois ensembles d'autres créateurs, montrant également que les prix se confortent pour toute la période Reconstruction : 4 400 € une paire de fauteuils conçus en 1949-1951 par Jacques Hitier, 4 900 € deux sièges en contreplaqué courbé de 1951 par Renou et Génisset, et 9 100 € un ensemble plus rare avec deux fauteuils et une table-basse de ces mêmes créateurs (réalisé en 1949 pour le SAD).

Ci-après : la liste les lots et prix obtenus chez Artcurial avec les précédents listés sur le site Artvalue (58 lots seulement, dont la majorité est faussement identifiée ou seulement à "attribuer" car il s'agit de mobilier de réinstallation - soit d'une production industrielle non-contrôlée par le designer) : j'ai donc barré les fausses identifications et entouré les vrais meubles de Gabriel. Toutes ses raisons font que cette vente Artcurial fera date, à la fois pour la cotation et pour la qualité de l'expertise.

mercredi 27 janvier 2016

Concours 1955 // Centre technique du bois

ARP, 1er Prix du CTB

Probablement insatisfaits par les choix du ministère en 1954 (concours 1954-1955 // Ministère de la reconstruction), les créateurs de meubles effectuent un rattrapage au Salon des arts ménagers en mars 1955. Ils exerçent certainement des pressions sur le Centre technique du bois (CTB, fondé en 1952) afin qu'il organise un concours parallèle. Il s'agit de sortir des propositions où les techniques avancées par Gascoin et Gabriel sont exagérées et s'appauvrissent dans un "style social", au lieu de s'améliorer et de s'ennoblir comme le désiraient les fondateurs. Un problème anticipé par Jacques Viénot avant-guerre, celui-ci voyant le meuble économique comme une équation aux solutions rares... Mais il imagine aussi une sortie tournée vers l'avenir. Si les budgets minimalistes obligent une réduction au départ (économie des matières, des gestes, etc.), il faut tabler sur un enrichissement futur, grâce aux investissements industriels et au pouvoir d'achat d'une clientèle élargie. C'est le pari de ce second concours présenté en 1955, où les prix sont relevés de 50% à 100%. Débarrassés d'une contrainte financière excessive, les candidats montrent une créativité débordante. Toutefois, un basculement se perçoit dans cette réorientation. La puissance de séduction ne réside plus dans l'idée d'un luxe accessible à tous, moins encore dans la quête classique d'une esthétique fondée sur une logique intemporelle. On ne rêve plus d'un idéal de société mais de nouveauté. Dans cette logique de mode, la modernité passe dans l'apparence et l'innovation pèse plus que la personnalité ou la qualité. Dernier changement, le ministère ne va promouvoir que ses propres candidats, sans s'occuper des résultats du nouveau concours. C'est le début d'un divorce entre État providence et marché libéral. Bien que le bois domine encore, l'événement est sur le corde raide, dans un " style reconstruction " (classique, utopique, porté par l'État) prêt à basculer dans le " style 50 " (moderne, artistique, d'essence libérale). Ci-dessous, en illustration, les ensembles primés illustrés dans Meubles et décors d'avril 1955 avec ARP, Roger Landault, Robert Debièvre, René-Jean Caillette, Louis Paolozzi, Jacques Hitier, Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

Probably dissatisfied with the awards distributed by the Ministry of Housing and reconstruction, at the end of 1954, the Association des créateurs de modèles (ACMS) makes a catch in 1955 Salon des arts ménagers, certainly weighing on the Technical Centre of Wood and Furniture (CTBA, founded in 1952) that he organizes another competition. It is out of such proposals where the advanced methods by René Gabriel and Marcel Gascoin are visible but getting poorer and sink in a "social style", instead of ennobling both as desired founders. In fornt of industry that has gripped in pragmatic ways, mannered and material of reconstruction, we must rebound. In the CTBA competition, Rate undergo an increase of 50% to 100% with the avowed aim of promoting prospective, focused towards new techniques. Around Gascoin, candidates show boundless creativity. However, tipping is perceived in this shift: the power of seduction lies not in the idea of ​​a luxury for all, still carrying a classic principle but in a radically modern force of renewal. The creators are faced with the obligation to invent: the furniture definitely enters a mode logic, where innovation weighs more than the personality or quality. Other failover, the ministry will continue to promote their own candidates while the second contest will remain in relative anonymity. All this clearly marks the transition between the "style reconstruction" (classic, helped by the government) and "style 1950" (modernist, liberal). Below, illustrationfrome Meubles et décors in April 1955 with ARP, Roger Landault Robert Debiève René-Jean Caillette Louis Paolozzi, Jacques Hitier Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

mercredi 17 septembre 2014

collection gg // présentation générale


Cinq ans qu’Éric et moi cheminons ensemble : pour fêter l'événement, nous avons décidé d'un nouveau lieu où stocker les trois cents meubles de notre "collection gg"... Pourquoi cette collection et cette période, la Reconstruction ? Disons que l'aventure débute en 2001 quand je tombe sur un article de la revue Maison Française intitulé "Ils ont trouvé un appartement neuf au Havre" avec le mobilier d'un certain Marcel Gascoin. C'est la fin du mythe voulant qu'il n'y ait pas d'intérieur dans l'architecture d'Auguste Perret : Le Havre n'est plus seulement un paysage... Pour ne pas l'ignorer, il fallait sortir de la grande histoire de l'architecture et pénétrer dans la petite histoire de la décoration. C'est ainsi que nous avons rencontré le style reconstruction situé derrière un "point aveugle" de notre mémoire entre Modernisme et Art déco. Il marque notre obsession parce qu'il imposait d'échapper au préjugé d'une modernité radicale, inventée "contre" : contre l'histoire, l'usage, la tradition, contre les formes et les matières du passé, et même contre l'art et l'utile ! Ce progrès qui abandonne tout derrière lui est heureusement apaisé après la guerre, une nouvelle modernité va s'épanouir hors des luttes en assumant ses héritages et ses liens à venir. C'est à ce moment que surgissent d'excellents créateurs qui imaginent un artisanat "en grande série", une mécanisation à échelle humaine fuyant la froide efficacité autant que l'ostentatoire ou le luxe ; ils redécouvrent des matériaux et des formes simples, sans pour autant reproduire le passé à l'identique. Aujourd'hui encore, le temps est venu de regarder sereinement notre héritage, admettre notre condition naturelle, notre emprisonnement sur une terre délicate, notre enfermement aux côtés du passé, et, malgré toute cette pesanteur, notre capacité à inventer un futur léger, meilleur plus que différent... une sereine joie de vivre... Bonne visite.

lundi 18 novembre 2013

Art Utile NOW // J&J Bruxelles

exposition de l'Atelier J&J Jean Angelats et Jonathan Renou, Brussels Design (novembre 2013)

Pour ceux qui seraient tombés par hasard sur des catalogues contemporains, le revival du "style Hitier" peut sembler évident... Mais ce n'est pas toujours du revival, n'ayons pas de préjugé et n'en soyons pas mécontents... Tout au contraire, soyons très satisfaits quand ce rapprochement marque une véritable inspiration et fusionne avec des choix pleinement contemporains. Il y a ainsi beaucoup de satisfaction à obtenir en regardant la première exposition des "Ateliers J&J" (I love Belgium), un Off qui suit de peu un autre évènement qu'il ne fallait pas manquer Brussels Festival Design Septembre... Dans leur cas, l'orientation s'est faite sciemment - de manière très cultivée - vers Hitier ou Gascoin ; ces designers contemporains ont en effet découvert chez les Grands Anciens une pertinence, une logique économe dans les gestes, les matières, les matériaux et même dans la simplicité des outils... Ils ont fouillé une convergence utile entre la morale économique du style reconstruction et la morale écologique (disons "morale" car c'est toujours un choix, une volonté, et non pas un constat, une obligation). Ce n'est donc pas du style "bio-branché" mais un élan nouveau vers l'idée de l'équipement minimal, dans cette simplicité qui survient toujours après les excès, comme celles co-inventées par Francis Jourdain et le Deutscher Werkbund après 1900. Mais il y a beaucoup plus, beaucoup beaucoup plus : l'idée d'une démocratisation intelligente, d'une qualité abordable...

Ci-après, résumé d'une rencontre le 18 septembre avec J&J. Qui sont-t'ils ? Que veulent-t'ils ? Que font-t'ils ?

lundi 30 septembre 2013

Ceci n'est pas... // mais qu'est-ce ?




Ils sont beaux, riches, célèbres, mais ils ont un petit défaut aux yeux de cerains : on me demande souvent "s'ils-sont-de ?" et je dois dire - plus ou moins diplomatiquement - que, malheureusement, non. Ce sont les fruits de créateurs oubliés que nous amalgamons aux grands noms car nous aimons nous simplifier la vie, nous raccrocher à quelque chose, juste un nom, au moins une date, parfois un lieu. Ne jetons la pierre à personne car nous avons tous fait l'erreur. D'où vient cette erreur ? C'est la bonne question. Notons déjà des liens : un meuble relativement commun avec un effet stylistique puissant, disons plus visible et moins rare que leur référent (car ils sont souvent plus récents). L'ayant donc en mémoire, on est heureux de pouvoir y accoler un nom. La niche étant prête, vient ensuite une mauvaise légende ou une attribution un peu rapide dans une vente. Après, c'est l'effet jurisprudence. Le bug est absorbé. Pour ces meubles, c'est la flambée des prix, les acheteurs en cherchent, les vendeurs en trouvent, les rabatteurs en chassent et l'erreur se diffuse dans le vaste univers de nos préjugés collectifs, aujourd'hui nommé Web ! Mais, voilà, ceci ne nous en dit pas plus sur les inventeurs de ces meubles. Allez, il y a des réponses ci-dessous, et je compte sur vous pour me signaler d'autres belles fausses pistes. Car ils sont beaux, ces meubles, même s'ils ne sont pas de...

jeudi 20 juin 2013

Exposition 2013 // Jacques Hitier




Samedi 29 juin, à 11h, dans l'Atelier Perret (place Auguste-Perret), soyez les bienvenu-e-s à l'inauguration de l'exposition consacrée à Jacques Hitier. Bien qu'il travaille le métal et puisse être considéré comme un designer (en tant que dessinateur pour l'industrie), Jacques Hitier mérite sa place parmi les grands "créateurs" de la reconstruction, aux côtés de René Gabriel et de Marcel Gascoin. Il appartient au cercle de ceux qui cherchent alors à concillier l'humain, l'utile, le sensible, avec l'efficacité d'une production "en série", matériellement accessible. A voir, donc ! Les Havrais, et autres amateurs de paquebots, aimeront découvrir au passage ses projets pour le France et surtout l'inévitable chaise pliante Tubauto (chaise pliante // Jacques Hitier), que l'on trouvait sur les ponts des transatlantiques et - après être malencontreusement tombée du bateau - sur les terrasses des appartements modernes du Havre ... Annoncée dès janvier par la galerie Cube rouge à l'occasion de la publication de la monographie, voici donc la première exposition consacrée à Jacques Hitier avec de nombreux dessins originaux et meubles personnels (aimablement prêtés par sa famille) accompagnés de quelques pièces de la collection gg. L'ameublement est déjà en scène dans l'Appartement témoin Perret : ci-avant et ci-après, les photographies de Carole Daprey (facebook).

samedi 25 mai 2013

Chaise pliante // Jacques Hitier

chaise pliante Tubauto, Art et décoration N°7, 1947

Après l’énigme du fauteuil d’école maternelle Mullca (crée vers 1949), une autre s’ouvre autour de Jacques Hitier avec la célèbre chaise pliante Tubauto, celle que l’on trouve dans les pique-niques au bord de la Nationale-7 et sur les grands Transatlantiques. Implicitement datée des années 1960 et présentée comme une nouveauté particulièrement fonctionnelle et élégante lors de la récente exposition consacrée au paquebot France, il a été possible d’en retrouver la trace dix ans auparavant, le plus souvent illustrée dans sa version économique (modèle nommé « Route ») – et régulièrement utilisée par Jacques Hitier dans ses articles et stands (Jacques Hitier – modernité industrielle, éd. Piqpoq, 2012). Celui-ci n’en revendique pas la paternité comme c’est toujours (malheureusement) le cas pour les meubles qu’il juge plus utilitaires que décoratifs, fruits de l’ingénierie plus que du dessin. Cependant, en lisant le numéro d’Art et décoration daté de septembre 1947 (n°7), dans l'article consacré au Salon des arts de la table organisé par Art et Industrie dans les Studios Harcourt, nous trouvons déjà une version luxueuse (« Baccara », cf. Showroom), celle qui sera rééditée pour le bateau France quinze ans plus tard… Un gouffre temporel s’ouvre sous nos yeux ! Nous voici même quelques mois avant l’année admise pour l’entrée de Jacques Hitier dans l’entreprise Tubauto… Ne croyons pas au hasard, et n’oublions pas que le designer rôde alors au milieu des grands industriels du meuble tubulaire. Signalons qu’en 1944, il travaille déjà pour Biénaise afin de réaliser en bois la célèbre chaise métallique de la marque - celle qui se plie latéralement. Il est fort possible que Jacques Hitier ait offert à un concurrent un modèle plus cossu, pliable frontalement. Enfin, cette chaise que l’on trouvait déjà exceptionnelle pour les années 1960, devient extraordinaire en 1947 même si la variante "Route" disponible dans la valise Kiss-Ply n'arrive qu'un peu plus tard, comme le montre un article daté de 1949 où l'on découvre encore un vieux modèle Tubauto - toujours pliable latéralement.

dimanche 10 mars 2013

Jacques Hitier // appartement témoin



Très heureux de présenter le premier épisode de l''exposition Jacques Hitier dans l'Appartement témoin Perret au Havre, en complément de la sortie de la monographie Jacques Hitier - modernité industrielle publiée aux éditions Piqpoq. Les plus pressés peuvent déjà y découvrir quelques meubles prêtés par la famille, la galerie Cube rouge ou venant des collections GG et CD (j'ai effectué la muséographie avec l'aide très précieuse de mes habituels complices : Denis Bréaut, Elisabeth Chauvin et Eric Garzena). Pour l'instant, l'aménagement se limite à l'appartement mais, fin juin, elle entrera également dans la maison du patrimoine, avec les gouaches des ensembles les plus emblématiques, pour une inauguration officielle. En attendant, voici les premières photographies...

Very pleased to present the first episode of the exhibition ''Jacques Hitier in Auguste Perret model apartment", Le Havre, in addition to the  new monograph Jacques Hitier - modernité industrielle, Piqpoq editions. We can already discover some furniture lent by the family, the "Cube Rouge" antiques and privates collections GG and CD (I made scenography with the invaluable assistance of my usual accomplices Denis Bréaut, Elisabeth Chauvin and Eric Garzena). Now, development is limited to the apartment, but, it will also come in the "Maison du patrimoine"  in June, with gouaches of the most iconic furniture for an official opening. In the meantime, here are first photos ...

dimanche 13 janvier 2013

Jacques Hitier // Cube Rouge



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Exposition jusque fin février à la galerie Le Cube Rouge - Deux adresses : galerie au 11 rue Lalande, 75014 Paris (à 11 mètres de la rue Daguerre Métro Denfert Rochereau) et exposition dans l'annexe, 11 rue Ernest Cresson.

Exhibition, until the end of February, at "Le Cube Rouge" - Two addresses: the gallery; at 11 rue Lalande, 75014 Paris (Métro Denfert Rochereau) and exposure in the showroom, 11 rue Ernest Cresson.


mercredi 30 mai 2012

Chaises UAM // prix utiles

Prix d'une trentaine de chaises sélectionnées par l'UAM en 1950 et 1953, faisant apparaître une médiane à 100 euros

En 1950 et en 1952, l'UAM devenue "Formes Utiles" présente dans ses stands une sélection d'une trentaine de chaises. Les prix de vente apparaissent et l'on peut donc les rapporter en euros constants (tableau Insee), voir la répartition des prix puis les classer en catégories : discount à 50€, prix médian à 100€, haut de gamme à 150€, puis le "moderne chic" allant au-delà pour rejoindre les tarifs des artistes décorateurs... Notons déjà que les prix des chaises (et des meubles, ainsi que de la plupart des objets domestiques) ont peu changé. De fait, ces prix sont presque constants depuis le début du XXème siècle : tout change et rien ne change. Enfin, c'est surtout l'occasion de voir les tarifs pratiqués par les créateurs de série pour enfoncer les clous, et boucler les becs : Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

In early 1950's, U.A.M. stands presents a selection of thirty chairs. Like many everyday items, prices have finally changed little. Reported in constant euros, we can be classified : discount 50 €, median price 100 €, upscale 150 €, "modern chic" and artists decorators ... An opportunity to see prices of Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

samedi 3 mars 2012

Knoll France // Printemps 1955

Article du Décor d'aujourd'hui, n°94, 1955

L'année 1955 est celle d'un basculement dans la création. Tout d'abord, les décorateurs et architectes de la reconstruction disparaissent définitivement des revues de décoration (cf Style Reconstruction). Ensuite, la représentation des intérieurs évolue brutalement : fini le temps du logement moyen, retour sur l'appartement du notable, la villa de l'artiste, la maison de campagne et l'objet hors de tout contexte. Pour illustrer ce changement, voici une belle série de photographies en couleur puisées dans le Décor d'aujourd'hui autour d'un événement-clef : l'exposition Knoll "Sens de l'espace et de la couleur" aux grands magasins du Printemps. Entrons dans les paradoxes d'un design à la fois kitsch et moderne (voir la revue du design).  Knoll s'impose dans un paysage créatif encore relativement tranquille. Si l'ouverture du premier magasin de la marque en France (rue de l'Abbaye, 6ème arrondissement) apparaît relativement discrète en 1951 et n'influence qu'une petite frange de clients et de créateurs de la Rive Gauche, l'exposition du Printemps est très remarquée : regardée de loin, elle fait l'effet du bouquet final dans le feu d'artifices de la modernité... On est désormais très loin du modèle social de quelques créateurs utilitaristes. A partir de ce moment, les décorateurs ne vont plus se sentir obligés de mettre dans un contexte réaliste leur mobilier et vont se fixer sur les effets photographiques, les jeux d'ombres, les perspectives, les mosaïques de couleurs, soit valoriser un meuble-objet en tant que tel, sans se soucier du reste. L'esthétique gagne ainsi sur le côté pratique et la position n'est plus obligatoirement fonctionnelle car le meuble s'impose comme une sculpture ou un objet d'art, à l'image de cette série de chaises jetées au hasard dans un grand jardin. C'est l'heure du "chic Knoll" qui va totalement bousculer la valeur d'élégance discrète de l'art décoratif car le prestige n'est désormais plus celui du sobre, du classique et du fonctionnel mais il est déterminé par la forme sculpturale, décorative et inventive du meuble-objet. Les jeunes décorateurs français semblent en avoir le souffle coupé. Alors que le style Reconstruction se retire, toute la jeune génération implante un élément Knoll dans son décor : discrète T-angle, gros Womb chair ou inévitable fauteuil Bertoïa... Jacques Hitier montre un bel exemple de cette fascination nouvelle. Alors qu'avant l'exposition il rénove le logement d'un particulier en utilisant des meubles de style, peu après il présente un appartement avec des meubles Knoll. L'effet graphique est puissant et c'est le succès immédiat puisque son ensemble fait la couverture des Intérieurs modernes de Charles Massin (édité en 1956).

The year 1955 was a shift in French decoration. First, the designers' style reconstruction "disappear almost entirely of decorating magazines. Secondly, that furniture is changing over time housing-type staged. The event that marks this change is the exhibition Knoll: the creators do not will recover, and will automatically add an icon-Knoll furniture in their decoration ...

vendredi 20 janvier 2012

Van der Meeren // Kiel Anvers 1953

Applique, inspirée de l'Appartement modèle de Kiel, 1953, via artnet.fr

Appartement témoin ou type, en France, appartement modèle en Belgique, marquent une émulation autour du logement moderne. Voyageons en Belgique : après le temps des précurseurs et de la Reconstruction, une nouvelle génération s'impose... En 1953, "Formes Nouvelles" ouvre un appartement modèle à Evere puis 15 logements au Kiel, à Anvers, dans le grand ensemble créé par Braem, Maeremans et Maers : "Le Nouvel Habitat", ouvert de juin à juillet, accueille plus de 50 000 visiteurs. Naissance d'une hypermodernité aux marges, où l'on découvre Raymond Van Loo, Max Deyaert, et surtout le célèbre Willy Van der Meeren (ou "VDM" pour les initiés) qui édite ses premiers meubles emblématiques chez Tubax : applique, tables basses gigognes boomerang, table de repas, chaise, buffet, étagères murales,...

Show flat or flat-type in France, "model apartment" in Belgium, all mark a modern emulation around the housing. Travel in Belgium after the time of precursors, Louis-Herman De Koninck and Marcel Baugniet, when a new generation is needed ... Beginning in 1953, Formes Nouvelles opens an apartment in Evere landscape and 15 other homes on the Kiel at Antwerp: "New Habitat", opened in June and July, they welcome more visitors 50.000. Birth where we discover Raymon Van Loo, Max Deyaert, and especially Willy Van der Meeren (VDM) who publishes Tubax furniture: Applies, boomerang coffee tables, dining table, chair, wall shelves, ...

lundi 2 janvier 2012

Kitchen stories // La Reconstruction

La cuisine "d'autrefois" via Techniques et architecture 1947, n°5-6 série 7 p. 243

Dans l'imaginaire du mouvement moderne, les cuisines d'autrefois ont en commun l’image désuète d’une promiscuité malsaine, conduisant parfois à dormir dans une salle-cuisine ou un office-cuisine pour des raisons de chauffage. Dans le regard des modernes, la cuisine est le lieu même de l'inacceptable, de la saleté, de la pauvreté, du confinement : le monde rural, la famille d'ouvriers, le carcan des domestiques... C'est ici que se concentre la misère sociale aux yeux des puristes modernes qui poursuivent leur lutte contre la "pièce à feu" d'un "sombre Moyen Âge" catholique ! Ces lieux renfermés et odorants symboles de misère humaine apparaissent inévitablement à l’opposé des espaces nobles, lumineux, aérés, que figurent le salon et le séjour. Ils sont tout au contraire des marques de la distinction, c'est à dire le luxe de l'inutile. Ici, et non là-bas, on peut vivre en société chez soi, l'homme n'est pas condamné à boire au troquet et à fuir sa mégère, mais il peut prendre un verre chez lui et venir avec ses amis pour présenter son logement, sa belle décoration, ses meubles, sa femme, ses enfants. Quel progrès ! Révolution dans la reconstruction : cuisine et salon se rapprochent, les symboles basculent ! Résumé d'une brève étude ci-après...

jeudi 24 novembre 2011

Jacques Hitier // interview 1964

via Revue de l'ameublement, avril 1964

Pour ne pas le recopier à mon seul usage, voici le texte d'une interview donnée par Jacques Hitier. Jacques Hitier est un décorateur qu'il ne faut pas oublier : comme tout un chacun au milieu du vingtième siècle, il recherche l'alliance de la qualité et de la production mécanisée mais il faut y ajouter une connaissance parfaite des matériaux et des techniques productives. Enfin, surtout, ce qui doit nous paraitre un élément fondateur relativement à la période de la Reconstruction : une volonté de qualité et de diffusion auprès du " Français moyen ". Ci-dessous, ce qu’il pense en 1964 alors que la parenthèse de la Reconstruction se ferme et que l’on se réjouit d’entrer dans la grande consommation – tout en dénonçant l’erreur des grands ensembles...

Here is a text of an interview given by Jacques Hitier in April 1964. Jacques Hitier is a designer should not be forgotten. Like everyone in the middle of the twentieth century, he seeks an alliance of quality and mechanical production, but it must be added a thorough knowledge of materials and production techniques. Finally, most important, what should we look a founding element of the Reconstruction period: a desire to spread. Here's what he thinks when the bracket is closed and he tries to save the world of designers ...