Marcel Gascoin, Sotteville-lès-Rouen, d'après Ensembles modernes
Entre le retour en force de l'Art déco sous l'Occupation (images de France // 1940-44) et la renaissance du Salon des arts ménagers en 1948 (meubles de série // arts ménagers), le modernisme social apparaît une première fois aux yeux du public dans "l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation" en 1947. Beaucoup critiquèrent alors l’absence de position tranchée d'un Etat qui refusait à la fois la main-mise des avant-gardes internationales et celle des acteurs locaux désireux d’un style "régional". En y regardant de près, principalement en parcourant le numéro 41 du Décor d'aujourd'hui, l'Exposition apparaît finalement cohérente, pleinement dans son temps et certainement plus que le modernisme radical ou le néo-régionalisme : la reconstruction des villes montre des immeubles aux formes neuves et rationnelles dont les plans obéissent à la normalisation nouvelle du confort. L'ameublement suit les principes de production en série car le directeur de l'exposition - Paul Breton - fait appel à Marcel Gascoin pour diriger l'aménagement des appartements exposés. On a juste assez d'acier pour armer le béton et de bois pour l'ameublement, on manque cruellement de charbon pour faire tourner les grosses industries : la modernité doit être économique, tolérante, rester modeste... et l'on comprend ainsi mieux la place de premier ordre offerte à Auguste Perret et René Gabriel et l'abandon des créateurs prônant une innovation dispendieuse. Décideurs et créateurs semblent vouloir en finir avec les doctrines radicales : concilier l'ingéniosité et l'intelligibilité, utiliser la machine, pour démocratiser, et la main de l'homme, pour y ajouter la beauté. Il faut lier la production mécanisée au travail artisanal... Dans une approche mêlant standardisation et Arts & Crafts, chaque ville, chaque projet, chaque intérieur trouve un caractère différent - comme le montre les logements-types exposés, dont les célèbres exemples de Sotteville-lès-Rouen, du Havre et de Boulogne-sur-Mer.
After the comeback artists-decorators during the Occupation (see Images of France), social modernism reborn in the International Exhibition of Urban Planning and Housing, in 1947. Many criticized then absence of clear-cut position of a government which refused the stranglehold of the Parisian avant-garde, on the contrary, others - wanting a style "regional" - denounced the silence imposed on local decision-makers . If you look closely, this exhibition is finally consistent and fully adheres to its time, even more than the "Modern Movement" or neo-regionalism that the Vichy government had sought to revive: the inner planes obey the new standards of comfort and furnishings strictly follows the principles of mass production, the director of exhibition - Paul Breton - who uses Marcel Gascoin to lead stands design. It has just enough steel to reinforce concrete, there is a lack of coal to run industries ... The modernity must be tolerant and economic, to be modest, and it includes the best place in the first rank given to Auguste Perret and René Gabriel. The creators want to finish with the radical doctrines: concillier ingenuity and intelligibility, use the machine to democratize products and hand-make to beauty, connect the mechanization with handcrafted finishes ... Approach in Arts & Crafts revival, every city, every project, every home has a different character - as shown by the three famous examples of Sotteville-lès-Rouen, Le Havre and Boulogne-sur-Mer.