mercredi 16 octobre 2013

Dinosaure normand // Normanniasaurus (1/2)

un proche parent de Normanniasaurus genceyi, l'Andesaurus delgadoi (via paleo-king)
 
les falaises du Havre, au fond le site de la découverte du Normanniasaurus genceyi.
 
Un très grand merci à Eric Buffetaut, Jean Le Loeuff et Suravech Suteethorn qui ont sympathiquement donné mon mon au dinosaure de Normandie (Normannia), le Normanniasaurus genceyi (pour en savoir plus : site dinosauria). L'aventure débute très jeune : comme beaucoup d'enfants, je veux devenir paléontologue ! Je collectionne tous les fossiles de ma région. La passion dure assez longtemps et c'est l'apothéose en été 1990 : j'ai alors 19 ans et je cherche une fois de plus des fossiles au pied des falaises du Havre... et je découvre d'importants fragments osseux aux environs du Cap de la Hève - vertèbres, hanche, fémur -. La géologie est à cette époque ma grande affaire et cette découverte inoubliable va me permettre de rencontrer Eric Buffetaut et Jean Le Loeuff, deux grands spécialistes français des dinosaures. Je vais ensuite passer quelques étés à faire des fouilles paléontologiques avec leur équipe à Espéraza, vivant là-bas ma toute première expérience muséographique lors des débuts extraordinaires du musée des dinosaures. Tout un univers passionnant... D'ailleurs, Normanniasaurus genceyi devrait d'ici peu être exposés à Espéraza avant de revenir dans les réserves du Muséum du Havre (où il dormait depuis vingt ans).

Même s'il semble difficile de tisser un lien avec ce blog : je conseille vivement la lecture du dernier ouvrage d'Eric Buffetaut, Sommes-nous tous voués à disparaître ? Idées reçues sur l'extinction des espèces (Le Cavalier bleu, 2012). Il permet de comprendre le jeu nécessaire entre l'extinction et la diversité, les logiques de survivance, le minimalisme, les ressources... Conservons de la paléontologie l'idée que la diversité est la vie, bien au-delà de la dichotomie "extinction/préservation" que la nomenclature nous fait percevoir. Plus encore, il y a dans cet ouvrage un combat pour montrer qu'il est idiot d'investir des fortunes dans le but reconstituer quelques espèces disparues alors que l'on refuse aujourd'hui tout plan de sauvegarde pour celles qui disparaissent en masse, avec leurs biotopes. Et c'est là, présentement, tout de suite... Enfin, il y a maintenant une espèce de plus, même si elle a existé il y a environ 100.000 millions d'années !

lundi 7 octobre 2013

suspensions Free-Span // confort et légèreté

Fauteuil Free-Span "FS-105", attribuable à Pierre Guariche, 1950, via galerie Demisch et Danant

Les suspensions Free-Span imposent une révolution : adieu la lourdeur des sangles, gros ressorts, crin, toile de jute. Il devient possible de reproduire un confort moelleux sans encombrement, à moitié prix, grâce à des ressorts fins tendus en étoile sur lesquels reposent de simples coussins. C'est le principe du brevet international déposé en 1949 qui connaît un incontestable succès en France. C'est la fin des fauteuils Club : Marcel Gascoin est d'ailleurs le premier à exploiter ce brevet et il abandonne alors le modèle club d'Airborne (utility furniture // airborne armchair). A la fin de l'année 1950, il laisse la main à un jeune de son atelier, Pierre Guariche, mais ils sont déjà nombreux à l'utiliser : Jacques Adnet, Guy Besnard, "Le Bucheron"... Au même moment, la marque va d'ailleurs revendiquer son propre modèle, le FS-105, extraordinaire réussite que l'on doit surtout à Pierre Guariche dont le dessin a été "emprunté" par le fabriquant. On note que ces modèles indexés "FS" (pour Free-Span) sont alors fabriqués et diffusés par le fameux éditeur Steiner... Free-Span peut se passer du nom d'un designer car sa réputation se suffit à elle-même : c'est l'un des premiers effets de "marque", comme Steiner l'avait déjà fait avec son fauteuil "Super-Knoll" (S.K.) dès 1937, et il reproduit l'idée avec les autres gammes-marques "Bow-Wood" et "Free-Span" (F.S.) en 1952-1953. L'industriel s'impose comme créateur-producteur. En 1954, 100.000 fauteuils sont édités, incluant vingt modèles dont certains se vendent très bien, comme le FS-123 avec sa variante banquette-lit. En 1955, apparaissent les célèbres divans transformables "jour et nuit" : très remarqués au Salon des arts ménagers, ils permettent à Free-Span d'avoir un stand permanent chez Lévitan. En 1957, il y a quarante modèles numérotés, du FS-105 au FS-145, mais le déclin s'amorce car la publicité indique toujours "100.000 sièges en service", signal plat pour les ressorts en étoile Free-Span, le zig-zag du No-Sag s'impose encore plus vite...

=> Ajout d'information de Nicolas Le Du : le premier brevet Free-Span a été déposé le 19 janvier 1949 par Maximilian Heller en Grande-Bretagne (GB658846) puis amélioré par l'utilisation d'un levier de tension latéral, par Robert Bailey brevet déposé en 1954 (cf. GB788603). Les conditions de dépôt de ces brevets supposent donc une affiliation avec l'Utility Furniture. En France, le brevet aurait été détenu par René Melin (cf. Patrick Favardin, Steiner, éd. Norma, 2007, p.30) avant d'être racheté par Steiner.