samedi 5 juin 2021

Jourdain // Musée d'art et d'histoire Saint-Denis

Totem d'entrée par Parismamanetmoi

Pour tout savoir sur Francis Jourdain, il faut aller à Saint-Denis où un ancien couvent s'est transformé en une sorte de musée de la "banlieue nord", rouge et sociale (rose depuis 2020). Il est né quelque part dans les années 1970, inauguré en mai 1981. Jourdain y trouve naturellement sa place  : 

" Le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis [https://musee-saint-denis.com/] possède une importante collection de l’ensemble du travail de Francis Jourdain. Les premières œuvres entrent dans les collections en 1971 avec la donation George Besson4, collectionneur et ami de Francis Jourdain. Il s’agit de peintures, dessins et gravures. Une donation de Lulu Vinès, fille de Francis au nom de l’attachement de son père à la mémoire de la Commune de Paris dont le musée possède un important fonds accessible de manière permanente au public sur plus de 300 m2, intervient en 1974. L’exposition organisée en 1976 par Jean Rollin, conservateur du musée d’art et d’histoire, entraîne d’autres donations en 1977 et 1982, comprenant alors des dessins d’aménagement (sur papier ou sur calque) et quelques trois cents photographies originales d’aménagement intérieur. D’autres dons de la collection Besson arrivent en 1974, 1980, 1982. Une politique active d’acquisition se développe à partir des années 1990 avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées et le Conseil général de Seine-Saint-Denis. Le choix se porte sur les objets (céramiques, luminaires) et le mobilier." (https://doi.org/10.4000/insitu.12955)

Cette visite permet de réviser l'histoire canonique du design, telle qu'elle s'enseigne aujourd'hui  : nous dirons que le récit commence en 1910, en France, lorsque nos décorateurs deviennent des ensembliers presque modernes en découvrant  l'exposition des arts allemands au salon d'Automne, celle organisée par Frantz Jourdain (1910 Deutsche Werkstätten // Salon d'automne). La chose se concrétise avec son fils, Francis Jourdain, qui s'en inspire pour inventer les fameux "meubles interchangeables" présentés au salon d'Automne (de papa) en 1913. Je me moque un peu du côté fils à papa de notre anarcho-communiste préféré, car, finalement, cette tendance ultra-sociale et populaire est aussi celle d'un premier René Gabriel (dans ses Ateliers d'art populaire), et les deux s'adressent poliment à des gens riches et raffinés, suffisamment aisés pour se permettre de ne pas être comme tout le monde. Les innombrables blablas sur le début du design prolongent cette tradition de paroles échangées sur le peuple entre gens de la bonne société. Les plus grandes légendes surfent sur cette vague de mots, en débutant "pour le peuple", en prolongeant "par l'élite", et en s'achevant "pour l'élite" : le Bauhaus, l'UAM, etc. Il faudra bien, un jour, trancher et décider de séparer le "moderne" et le "design", mettre d'un côté la parole et de l'autre la discipline, distinguer l'artisanat et l'industrie. Facile à dire, mais l'exercice est loin d'être simple : il faut beaucoup lire, beaucoup théoriser, voire philosopher, comme tente si bien de le faire Pierre-Damien Huyghe. Mais jusqu'où les nœuds intellectuels que l'on cherche à tisser entre les cordes du mouvement moderne et celles de l'industrie prolongent-ils l'illusion d'une mise en récit datant d'un lointain XXe siècle ?

Posons la question simplement : les modernes inventent-ils des formes adaptées à l'industrie, ou produisent-ils de nouveaux mensonges formels qui atteignent l'industrie par effet de mode ? Les convergences d'évolution dans les techniques visibles depuis la préhistoire nous laisse penser qu'il existe bien une vérité des formes et des sociétés liée aux matériaux, aux techniques, aux énergies, mais la modernité adhère-t-elle à ce vieux phénomène ? Nous n'aurons certainement jamais la réponse car ce phantasme moderne du progrès (avec ses illusions prédictives) s'est refermé à la fin du siècle dernier. Ce progrès est maintenant loin derrière nous. Il fait même peur. Heureusement, car il nous a presque tué.

Ci-après quatre belles illustrations sur les éléments de Jourdain venant du musée d’art et d’histoire, Saint-Denis. Nous ne pouvons qu'admirer les meubles interchangeables de Francis Jourdain : l'idée est bonne et se retrouve aujourd'hui partout. Formule simple, sobre, réutilisable. Elle nous fait encore rêver, bien que cette modernité soit encore pleinement réactionnaire (comme l'était déjà celle de Baudelaire) : on y vante la simplicité contre la sophistication bourgeoise (comme l'était alors l'art nouveau, et comme le seront peu après la plupart des ouvrages art déco). Oui, la sobriété porte toujours une révolte en secret, celle d'une "bonne société" qui n'a pas besoin d'apparat, qui ne cherche pas à se faire remarquer, qui rêve de vivre dans la simplicité : comble du luxe quand cela ne nous est pas imposé. 

samedi 15 mai 2021

le design de la Reconstruction // dans Aladin

Aurélien Jeauneau, "La Reconstruction de la France, de 1945 à 1955", dans : Aladin antiquités, n°388, mai 2021, pp.26-31. 

Le magazine des professionnels et collectionneurs d'antiquités vient de mettre dans nos kiosques un bel et long article : pour 5 euros, Aladin nous offre un excellent résumé bien illustré sur le design reconstruction, avec des indices sur les prix courants (disons à un tarif pro', dur à obtenir pour les amateurs).  Ainsi, sans prétention, Aladin coupe l'herbe sous le pied à de nombreuses revues jugées plus précieuses qui n'ont encore jamais abordé ce sujet, ou presque. Sans doute restent-t-elles prisonnières d'une ligne éditoriale imposée par un Colbert ou un néo-Colbert ? Plus sérieusement, il faut constater que le marché de l'art est actuellement en train de repositionner les pièces de son puzzle historique pour faire une petite place à la Reconstruction (avec majuscule, en tant que période historique). L'ultime expression du mouvement art déco se déplace légèrement vers l'arrière et le vieux "style 1940" trouve de nouvelles bornes temporelles : elle entre en scène dans l'exposition internationale de 1937 et se retire plus ou moins discrètement en 1945... Après cette date, dix années se libèrent pour notre design reconstruction (avec minuscule, comme les styles). Oui, la reconstruction parvient enfin à jouer des coudes et à se faufiler avec ses piétements aiguilles entre le gros fauteuil à moustache de style 1940 et le clinquant canapé pop des années 1950. Il faudra un jour trancher : avant ce sont plutôt des "styles" (art nouveau, art déco, et même moderne), après c'est du design (pop, post-moderne, etc. jusqu'à nos contemporains). La reconstruction possède donc un peu des deux, mi-style, mi-design. Mais ce "design libéré" est parfaitement présenté en ouverture de l'article :

"Si la plupart des grands courants des arts décoratifs du XXe siècle sont aujourd'hui identifiés, il subsiste comme un flou autour de l'immédiate après-guerre. Le mobilier de la reconstruction semble transitoire. En réalité, il est fondateur ! Gros plan sur dix ans de créations au service de la France."

L'auteur est bien le même Aurélien Jeauneau que nous connaissons comme l'un des auteurs figurant sur la couverture de la monographie Pierre Guariche, éditée par Norma l'an dernier. Il en est le spécialiste installé à Saint-Ouen (Marché Paul Bert Allée 6 Stand 93). Mais nous apprenons en lisant avec attention cet article qu'il est aussi plus discrètement présent comme antiquaire ayant pignon sur rue den plein centre-ville de Bordeaux (19, rue Notre-Dame), dans la galerie Pradier-Jeauneau (instagram). On y découvrira en septembre une exposition sur la Reconstruction :  événement à ne pas manquer !

Ci-après, le texte de mon interview dans Aladin, avec réponses en "version (bcp trop) longue" aux questions suivantes : 1. Comment pourrait-on définir le design dit de reconstruction ? 2. Quels sont les designers principaux de cette période ? 3. Comment cette période existe-t-elle dans nos arts décoratifs ?

mardi 4 mai 2021

René Gabriel // Fauteuil Morris



Une fois encore, je laisse la parole, car l'histoire est riche, émouvante, digne d'être partagée.

" Nous avons acheté une ancienne et grande maison à rénover dans un petit village de Bourgogne. Elle avait été  habitée au début du siècle dernier par une famille de la petite bourgeoisie qui possédait plusieurs propriétés et appartements un peu partout en France, dont quelques-uns sur Paris. Après le décès du propriétaire durant la Seconde Guerre mondiale, la maison est devenue un lieu de vacances dans laquelle les membres de la famille venaient se reposer pendant l'été. Nous en arrivons donc à la petite histoire de ces meubles acquis pour aménager de manière plus ou moins pratique cette maison. C'était une famille très instruite, qui aimait l'art, les livres, le "stylisme", la mode, les voyages, et qui avait également les moyens de se faire plaisir. 

" Quand nous avons visité la maison, juste avant de l'acquérir, les nombreux meubles et affaires de plusieurs générations étaient encore présents. En effet, le propriétaire actuel ne souhaitait pas les récupérer. Il a juste conservé quelques objets sentimentaux. Ses enfants n'étant intéressés ni par la maison, ni par son contenu, il ne savait pas comment s'en débarrasser. Comme nous voulions remettre des meubles anciens une fois les travaux terminés, cela lui faisait plaisir de nous les donner et de voir revivre ainsi ses souvenirs familiaux. Ce sont des meubles que nous avions jugé sans valeur, perdus au milieu d'une grange parmi des objets de tout genre, dont un grand nombre étaient moisis à cause des années passées dans l'humidité.

"Je ne sais même pas comment ce fauteuil a pu rester relativement bien conservé. Nous hésitions à le mettre au feu ! Heureusement, nous nous sommes dit qu'il était en suffisamment bon état pour trouver un acquéreur sur "leboncoin". J'avais déjà mis un assez grand nombre d'annonces pour d'autres vieux objets récupérables, car nous ne pouvions pas tout conserver. Les gens regardait autour en venant chercher leur achat, mais personne n'a prêté attention à ce fauteuil alors qu'il était à côté du reste. Un jour, j'ai fini par mettre l'annonce en ligne : "fauteuil 60 €". Là, en moins de 5 minutes, trois acheteurs m'ont appelé en surenchérissant les uns sur les autres pour atteindre l'offre inimaginable de 1700 €, en liquide, sans donner ni chercher d'explication ! Cela me semblait  fou ! Pour éviter que les appels ne s'accumulent, j'ai donc décidé de stopper la vente et de faire quelques recherches.

"À peine l'annonce retirée, une personne - que je remercie pour son honnêteté - ayant relevé mon numéro de téléphone, m'envoie un bref message m'informant que le fauteuil que je cherchais à vendre était peut être "un René Gabriel". Le lendemain, en regardant de plus près, soulevant les coussins, j'ai vu sur le bois un marquage au fer "LIEUVIN" et un numéro illisible. N'y connaissant rien en meuble et encore moins en design, j'ai recherché les informations disponibles sur internet. J'ai vu des photos très ressemblantes et lu quelques articles sur René Gabriel. Parmi ceux-ci, des extraits du livre de Pierre. A tout hasard, étant tombé sur ce blog et son adresse mail, je me suis risquée à lui demander de l'aide. Je ne m'attendais pas à une réponse. Et pourtant, il m'a contacté tout de suite. Je pense que je me souviendrai toute ma vie de cette incroyable trouvaille, comme un petit trésor. En plus, c'est passionnant d'aborder tout ce pan de notre histoire qui m'était inconnu, de découvrir ainsi le "marché de l'art", et je compte continuer les recherches... Une expérience que nous n'oublierons jamais, super-enrichissante pour moi, mon mari et pour mes enfants..."

Ci-après, un mot ou deux sur ce fauteuil Morris, version René Gabriel, édité par Lieuvin vers 1946, avec quelques photos des détails.

mardi 20 avril 2021

1946 // Techniques américaines et meubles


L'Amérique qui s'expose en 1946 est encore la vraie Amérique, celle des gens moyens aux goûts moyens, avant que la Guerre Froide ne transforme le design Knoll & Co en arme culturelle comme l'a démontré Greg Castillo (Cold War on the Home Front: The Soft Power of Midcentury Design, University of Minnesota Press, 2010, 304 p.). Avant cela, L'Amérique se met à nu naïvement et montre son âme pour la dernière fois (ou son absence d'âme diront les mauvaises langues du Décor d'aujourd'hui). On y découvre la réalité pragmatique avec laquelle les différents états ont vaincu la crise des années 1930. On y voit physiquement des panneaux avec des images fascinantes, effrayantes, des camps de travail immenses où chacun possède sa minable petite maison. La grande tricherie consistant à présenter les travaux de la TVA comme réalisés  "pendant la guerre" afin de justifier l'aspect provisoire, la dureté évidente de ces logements mobiles produits en grande série. Alors que l'on présente comme "après la guerre" des modèles plus luxueux destinés à des gens socialement très éloignés. En 1946, le rêve n'est encore ni le média, ni le message. L'urgence impose le matériel, le factuel, le réel. Les intérieurs des petites prefabs exposées grandeur nature au centre du Grand Palais sont très révélateurs d'une propagande américaine inventée pour un usage "interne" et "social", qui ignore encore son potentiel "externe", qui n'a pas encore inventé le Soft Power. Les meubles installés dans ces logements reconstitués datent vraiment d'après-guerre (pour le coup) et montre que la  série est en train d'inventer une petite Middle Class : c'est à dire cet ouvrier qui a réussi, qui gagne ce qu'il faut pour acheter ce qu'il produit, qui atteint, ou sait qu'il atteindra, tout ce qu'il désire. C'est le secret du bonheur, départ de la société de consommation ; et pour Lewis Mumford, le début de l'horreur !

Ci après petit texte et les meubles de cette Amérique réelle présentée dans l'exposition de 1946. Il est effrayant de constater que ce mobilier est conforme au plus réactionnaire d'Europe, toujours en quête du moment historique parfait s'associant au folklorisme colonial-local (juste assez pour faire oublier qu'ils sont industriels). Il faut imaginer le changement qui s'opère au MoMA avec ses expositions présentant des modèles ultra-modernes. Décidément, ça se confirme : NY ce n'est pas l'Amérique ! 

PS : désolé pour le "©Terra" partout sur les photos, je n'ai pas le goût de demander à un "service public" de lever ses droits payants (on les a déjà payés, non ?)...

vendredi 2 avril 2021

Félix Louis // portrait d'une manufacture

La manufacture de Pantin via anetcha-parisienne


Le chœur des artistes décorateurs se plait à entonner, dans les années 1920, l'antienne dénonçant la faiblesse des moyens industriels (toujours en comparaison avec l'Allemagne), et ce chant liturgique est aussitôt repris par les architectes modernes. Toutefois, grâce à un service de renseignement américain, il est possible de mesurer les progrès effectués dès 1918 dans la fabrique bordelaise Harribey (Harribey-SAM // Meubles série "demi-siècle"). Reste une autre source d'informations : les cartes postales. Et la surprise arrive avec 30 représentations exceptionnelles d'une manufacture, éditées en 1924 (voir calendrier sur les dernières images). L'entreprise apparait dans toute sa splendeur, car le patron - Monsieur Félix Louis - est très fier de nous montrer les locaux qu'il vient de moderniser. De ces cartes postales anciennes, il en circule en ce moment même un grand nombre sur le site Delcampe, mais l'on peut se réjouir de les voir presque toutes dans les archives de la Ville de Pantin  (cf. patrimoine.ville-pantin.fr) - qui se préoccupe également de la préservation du bâtiment, de son histoire jusqu'à son architecture exceptionnelle. Bravo !

Le témoignage est rare, peut-être unique. Il mérite d'être analysé sérieusement, étudié rigoureusement par des universitaires (qui se reconnaîtront), car c'est ici que l'on produisait - entre autre - la mythique "armoire parisienne" (réinvention aussi mythique que le buffet Mado, j'y reviendrai plus longuement dans un autre article), mais aussi tous les meubles mixant art-déco et styles historiques, surtout le sage Louis-XVI, qui a remplacé le rocambolesque Louis-XV (à la mode avant-guerre). La spécialité de la maison semble être un mélange assez sobre entre les modèles dits "anglais" et ceux dits "hollandais", c'est à dire entre les Arts & Crafts tardifs associé à un discret art nouveau, disons protestant, qui se limite à une structure légèrement moins rigide, tout ça avec quelques mini-décors géométrisés comme le veut la mode. Ce sont ces meubles sobres et économiques, sans véritable style, qui vont pénétrer dans les HBM de Paris, dans les  cités jardins des banlieues, dans les villes de la première reconstruction, du Nord et de l'Est. Et rien d'autre. Osons le dire : le reste n'est pour l'instant que du bla-bla, de l'illusionnisme social destiné à quelques privilégiés désirant montrer qu'ils se préoccupent du peuple, car ce sont des gens cultivés qui ont lu Marx et Zola (mais vivent plutôt comme le vicomte de Noailles). Enfin, n'en rajoutons pas : au moins, ils rêvaient de faire mieux pour les autres. C'était déjà un très bon point de départ. Mais, par pitié, assumons le fait qu'il ne s'agissait pas d'autre chose que d'une vue de l'esprit.

Ci-après, les détails de l'entreprise en texte et en image.

vendredi 12 mars 2021

Turenne Chevallereau (1912-1987) // biographie retrouvée

Portrait de Turenne Chevallereau, chez lui, à Paris, rue de la Solidarité, vers 1939

 

    « Nous avons contacté Pierre (Art utile) après avoir découvert son livre sur René Gabriel : nous savions que notre grand-père avait travaillé un temps à ses côtés, et en parcourant le texte nous avons vu son nom revenir sur plusieurs pages ! C'était la première fois qu'il réapparaissait dans un ouvrage. Nous étions fiers, et en même temps nous nous posions cette question : pourquoi était-il tombé dans l'oubli alors qu'il avait été si proche d'un grand nombre de designers aujourd’hui reconnus ?

    Profitant du confinement, cette période étrange de repli intérieur, nous avons replongé dans les quelques archives en notre possession : gouaches, pliages, dessins, petits albums photos... Le papier bruni s'effrite, mais pourtant le coup de pinceau est toujours aussi vivant, les couleurs fraîches, les recherches de pliages incroyables... Cela nous projette dans une émouvante proximité au-delà du temps. Les petites photos qu'il développait lui-même témoignent autant de sa vie personnelle et familiale que de son travail : quelle surprise cela avait dû être pour notre grand-mère de découvrir leur appartement de jeunes mariés entièrement meublé, et de style si moderne, avec les créations de son fier époux ! Comme une offrande avant-gardiste à celle qu'il aimait. Ces meubles les suivront d'ailleurs toute leur vie dans de multiples maisons, et nous avons toujours connu les petites clés « modernistes » qui s’y rattachaient (et que notre grand-mère cachait afin qu'on ne les perde pas lors de nos parties de pirates).

    Devant la part de mystère, pour retracer son parcours, nous sommes donc en train d'organiser et compléter cette sorte de puzzle constituant nos archives, avec toutes les informations que l'on peut glaner par le biais de férus d’arts décoratifs et de design. Nous pressentons que les projets, les dessins conservés par la famille recèlent un réel intérêt artistique et historique. Nous avons donc progressivement pensé à les partager et nous espérons avoir assez de matière, un jour prochain, pour publier un ouvrage à l'image de TC, formidable grand-père curieux de tout, créatif et inventif. »

Ci-après,  quelques images du logement de Turenne Chevallereau en 1939 précédées d'une brève biographie coécrite avec Agathe et Virgile, auteurs de cette entrée en matière...