samedi 6 mars 2021

Cité de l'architecture et du patrimoine // vidéos

citedelarchitecture.fr

Le monde entier (moi compris) est en train de s'abrutir en pratiquant le streaming. Le plus souvent, l'être confiné regarde des séries où l'humain est réduit à sa plus sinistre expression... et il sombre dans la frustration, dans le repli sur soi... puis il consomme pour se défouler. Le message est passé. Cherchons l'échappatoire, à défaut d'alternative. S'il faut perdre encore un an à regarder des images animées au lieu de vivre, allons vers des Ailleurs, des lieux plus favorables à l'émulation et à la mise en intelligence des individus. Il y en a beaucoup désormais (des vidéos, pas des lieux d'émulation), y compris en dehors de la "Thema d'Arte" ou des "docs" sur Public Sénat. Il y a des conférences plus élevées. J'ai déjà tenté les "Rencontres des Gobelins" : ce fut un échec cuisant car le design en France semble avoir encore le défaut d'être plus manuel qu'intellectuel (design 2016 // la table climatique). Mais il se soigne, souhaitons-lui bonne chance. Par contre, grand succès du côté de la Cité de l'architecture (domaine où l'on souffre du défaut contraire, dirons les perpétuels insatisfaits).

Fabriquons notre "colloque modernité et reconstruction - de la cité industrielle à l'agglomération post-industrielle" en puisant dans les ressources vidéos de la Cité de l'architecture et du patrimoine. En effet, s'il est une institution remarquable dans le domaine de l'histoire de l'architecture, c'est bien ce monstre à trois têtes implanté depuis 2004 dans le Palais de Chaillot. Il regroupe à la fois l'historique musée des Monuments français, la célèbre école de Chaillot (formant les architectes dans le patrimoine) et l'inépuisable fonds d'archives de l'ex-Ifa : l'Institut français d'architecture, à ne pas confondre avec l'Institute of Fine Arts - un clin d'œil d'adeptes du mariage transatlantique, très chic (prononcé à l'américaine, of course). Inutile aujourd'hui de prendre un grand paquebot pour ce genre de voyage car, même confiné, même en Province, on peut désormais rencontrer des gens passionnants chez soi ou passer des heures à fouiller les archives : par exemple, compulser toutes les revues d'architecture (portaildocumentaire.citedelarchitecture.fr), même si la numérisation s'arrête en 1950 (ce qui n'est pas dramatique, mais regrettable pour le "contemporain").

N'oublions pas celui qui a porté ce projet colossal entre 1997 et 2003 : Jean-Louis Cohen. Il est bien évidement l'auteur d'expositions et d'ouvrages incontournables sur des thématiques qui passent par la modernité et rencontrent à diverses occasions la reconstruction, comme époque ou comme idée. Revenons aux livres. Outre les biographies et portraits (Le Corbusier), je retiens particulièrement Américanisme et modernité (1992, avec le philosophe Hubert Damisch), Scènes de la vie future (1995), Casablanca : mythes et figures d'une aventure urbaine (avec la sociologue Monique Eleb, 1998), The Lost Vanguard: Russian Modernist Architecture 1922-1932 (2007), Architecture en uniforme : projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale (2011), l'architecture au futur depuis 1889 (2012). Parmi les biographies, il ne faut pas oublier que Jean-Louis Cohen a porté - au moment où aboutissait le projet de la CAP - une vaste exposition internationale sur le thème "Perret, la poétique du béton" (2002), avec Joseph Abram comme commissaire. Ils vont codiriger, aux côtés de Guy Lambert, une somme sur le maître de la Reconstruction : L'encyclopédie Perret  (2002). En termes de réception de la reconstruction, ces événements fondent un nouveau regard, non seulement à l'échelle locale, mais aussi à l'internationale. Venons-en à la rubrique vidéo, puisque c'est le thème. Tout d'abord, Jean-Louis Cohen est nommé "professeur au Collège de France" en 2014 - sous le statut particulier "d'invité" puisqu'il n'existe pas de chaire consacrée à l'architecture dans cette noble institution... On peut heureusement, et malgré cela, découvrir sa leçon inaugurale avec une présentation détaillée d'Antoine Compagnon (college-de-france.fr/site/jean-louis-cohen/inaugural-lecture-2014-05-21), ainsi que des cours en ligne. 

Reste à découvrir ce qui est disponible à la Cité de l'architecture et du patrimoine pour multiplier les découvertes en vidéo. Il y en a près de 1500 en réserve, dont 2/3 en ligne (citedelarchitecture.fr/fr/videos). Il faut trier (si vous trouvez d'autres pépites, n'hésitez pas à me contacter...) en mode DIY, car chacun sait que le message est dans le montage, alors soyons libres. Choisissons déjà les meilleurs conférenciers avant de juxtaposer. Comme le dit une conférencière (dans l'entre-deux barres), ne soyons pas "comparatifs", mais "cumulatifs". Je dois avouer l'agréable moment passé dans ce colloque, notamment avec Olivier Rey sur "la mesure et la démesure". Que d'idées ! Comment ne pas partager l'espoir d'un "entre-deux-barres"... Si seulement chez nous celui-ci ne se réduisait pas à des palettes, des chaussette déco' et des plants de tomates apéro' dans les jardins partagés des lieux branchés... Il faudrait bosser comme des furieux pour faire mieux. Revenons à notre sujet.

Ci-après, quelques vidéos remarquables de la CAP et de sa chaîne (Youtube) - il faut compter une semaine pour ce séminaire idéal. J'ai mis Antoine Picon à la "direction" (introduction, conclusion) et offert une journée spéciale à Jean-Louis Cohen. L'ordre est grosso modo chronologique : 

  • Jour 1 - Autour de 1870, d'Haussmann et du logement social
  • Jour 2 - De la Grande Guerre à la Première Reconstruction
  • Jour 3 - La France de Vichy et la Deuxième Reconstruction 
  • Jour 4 - De la Troisième Reconstructions aux grands ensembles
  • Jour 5 - Quelques récits inclassables autour de ces questions...
(avec une vingtaine de liens vidéos, cela peut être un peu long à charger...)


Jour 1 - Autour de 1870, d'Haussmann et du logement social



J1 - 1) Antoine Picon (Cité de l'architecture et du patrimoine, 10/05/2007), La ville de l'ère industrielle : monuments et réseaux.

"La ville au XIXe siècle, surtout lorsque ses origines sont anciennes, est confrontée à un double défi : s'adapter aux rythmes nouveaux de l'industrialisation tout en préservant l'essentiel de son héritage historique. De Paris à Vienne et Berlin, les solutions adoptées varient considérablement"




J1 - 2) Jean-Paul Midant (Cité de l'architecture, 26 avril 2007) : L'architecture française et l'union de l'art et de l'industrie (1830 - 1867). 

"Depuis l'arrivée au pouvoir du roi Louis-Philippe en 1830 jusqu'à la deuxième Exposition universelle à Paris en 1867, la crise idéologique traversée par les architectes modifie les rapports entre architecture, art, science et industrie"




J1 - 3) Châtelet Anne-Marie (Cité de l'architecture, 03/05/2007). L'architecture de la République à la croisée de la culture historique et du progrès social.

"Les années "adolescentes" de la Troisième République ont encore des couleurs de l'Empire, mais elles se marbrent déjà de celles du siècle à venir. Un historicisme opulent habille les façades des immeubles ; les villes continuent sur la lancée des travaux haussmanniens, tandis que de nouveaux équipements, dont le plus symbolique est l'école de Jules Ferry, affichent l'austérité d'un rationalisme inspiré par Viollet-le-Duc"



J1 - 4) Marie-Jeanne Dumont (cité de l'architecture, 10/04/2008) : L'invention du logement social moderne : des fondations philanthropiques aux cités-jardins. Résumé : 

"C’est dans les premières années du XXe siècle qu’a été inventé le logement social moderne, en France, dans le cadre d’une expérimentation sociale tous azimuts lancée par le mouvement des réformateurs. Ces « philanthropes », comme on les appelait alors, firent du logement le pivot de toute une politique visant à la reconstitution de la famille ouvrière"



Jour 2 - de la Grande Guerre à la Première Reconstruction



J2 - 1) Jean-Marc Hofman et Claire Maingon (Cité de l'architecture et du patrimoine, mars 2016). Présentation de l'exposition "1914-1918. Le patrimoine s'en va-t-en guerre" qui a eu lieu à la Cité de l'architecture du vendredi 11 mars 2016 au lundi 4 juillet 2016

"Entretien filmé avec Jean-Marc Hofman, commissaire de l’exposition, adjoint au conservateur, Cité de l’architecture & du patrimoine, et Claire Maingon, conseil scientifique, maître de conférences en histoire de l'art contemporain, université de Rouen. Cet entretien est diffusé dans le cadre de l’exposition présentée du 11 mars au 04 juillet 2016 à la Cité de l’architecture & du patrimoine. Realisation Julien Borel. Conçue dans le cadre des commémorations du centenaire de la première guerre mondiale, l’exposition 1914-1918 Le patrimoine s’en va-t-en guerre entend souligner l’instrumentalisation et la sacralisation dont fait l’objet le patrimoine artistique et architectural détruit lors du conflit. Elle invite aussi à s’interroger sur la notion d’identité, sur l’enjeu qu’a toujours représenté le patrimoine en temps de guerre, comme en témoigne, aujourd’hui encore, l’actualité en Syrie, en Irak ou au Yémen. L’exposition explore, pour le cas français, la manière dont les artistes et les intellectuels, notamment les historiens de l’art, se sont mobilisés aux premières heures de la guerre, au lendemain de l’incendie de la bibliothèque de Louvain et du bombardement de la cathédrale Notre-Dame de Reims. Les scènes de destructions patrimoniales saisies par l’objectif des photographes ou immortalisées par les peintres, s’ajoutent aux oeuvres des dessinateurs et caricaturistes. Elles saturent l’espace médiatique et attisent le discours de haine envers l’ennemi. Au-delà de la perte qu’elles représentent, ces destructions nourrissent ainsi la propagande et alimentent la culture de guerre. A Paris, ce message s’incarne dans des expositions fondées sur l’exaltation du patrimoine architectural et artistique meurtri. La première se tient en 1915, au palais du Trocadéro, dans les salles du musée de Sculpture comparée dont le musée des Monuments français est l’héritier. Elle trouve un prolongement spectaculaire l’année suivante au Petit Palais, avec l’Exposition d’oeuvres d’art mutilées ou provenant des régions dévastées par l’ennemi. Ces manifestations sur le vandalisme allemand complètent l’arsenal de publications et de conférences sur les « villes martyres », l’un des thèmes de prédilection développés par la propagande antigermanique pour atteindre chaque foyer français et convaincre les pays neutres de s’engager. La cause patrimoniale instrumentalisée pour orienter les opinions constitue, en ce sens, une véritable arme idéologique"



J2 - 2) Béatrice Roederer  et Marc Drouet Marc (Cité de l'architecture et du patrimoine, 21/03/2018) : Ouverture : histoire culturelle et cadre de vie régional [01].

"Les doctrines et les pratiques de la restauration des monuments ont toujours été déterminées par la nature des dommages subis... jusqu’aux destructions massives de la 1èreguerre mondiale. Comment les responsables ont-ils alors répondu à l’effacement de la mémoire des lieux, à la disparition de la matière originelle et aux attentes sociétales de l’après-guerre ? Quelles doctrines et solutions techniques ont accompagné ces situations extrêmes ? 100 ans plus tard, quelle est la « valeur» et quelles sont les pathologies des édifices ou ensembles hérités de la 1ère Reconstruction ? Quels sont les savoirs nécessaires aux professionnels d’aujourd’hui ?"



J2 - 3) Camille Bidaud (Cité de l'architecture et du patrimoine, 21/03/2018) : Préparer la reconstruction : institutions, actions et doctrine MH [02].

"Les doctrines et les pratiques de la restauration des monuments ont toujours été déterminées par la nature des dommages subis... jusqu’aux destructions massives de la 1èreguerre mondiale. Comment les responsables ont-ils alors répondu à l’effacement de la mémoire des lieux, à la disparition de la matière originelle et aux attentes sociétales de l’après-guerre ? Quelles doctrines et solutions techniques ont accompagné ces situations extrêmes ? 100 ans plus tard, quelle est la « valeur» et quelles sont les pathologies des édifices ou ensembles hérités de la 1ère Reconstruction ? Quels sont les savoirs nécessaires aux professionnels d’aujourd’hui ?"

Voir : La doctrine des Monuments historiques en France d’après Paul Léon (1874-1962) sur HAL



J2 - 4) Camille Bidaud (Cité de l'architecture et du patrimoine, 21/03/2018) Traumatisme, expérimentation et renaissance des monuments [07].

"Les doctrines et les pratiques de la restauration des monuments ont toujours été déterminées par la nature des dommages subis... jusqu’aux destructions massives de la 1èreguerre mondiale. Comment les responsables ont-ils alors répondu à l’effacement de la mémoire des lieux, à la disparition de la matière originelle et aux attentes sociétales de l’après-guerre ? Quelles doctrines et solutions techniques ont accompagné ces situations extrêmes ? 100 ans plus tard, quelle est la « valeur» et quelles sont les pathologies des édifices ou ensembles hérités de la 1ère Reconstruction ? Quels sont les savoirs nécessaires aux professionnels d’aujourd’hui ?"



 . 

J2 - 5) Lionel Dubois (Cité de l'architecture et du patrimoine, 21/03/2018) : Cathédrale Notre-Dame de Reims : restaurer la reconstruction [08-09]. 1 : Maçonnerie, charpentes, couvertures. + 2 : statuaire et vitraux.

"Les doctrines et les pratiques de la restauration des monuments ont toujours été déterminées par la nature des dommages subis... jusqu’aux destructions massives de la 1èreguerre mondiale. Comment les responsables ont-ils alors répondu à l’effacement de la mémoire des lieux, à la disparition de la matière originelle et aux attentes sociétales de l’après-guerre ? Quelles doctrines et solutions techniques ont accompagné ces situations extrêmes ? 100 ans plus tard, quelle est la « valeur» et quelles sont les pathologies des édifices ou ensembles hérités de la 1ère Reconstruction ? Quels sont les savoirs nécessaires aux professionnels d’aujourd’hui ?"



J2 - 6) François Goven (Cité de l'architecture et du patrimoine, 21/03/2018) : Reconstructions et politiques patrimoniales dans la France du XXe siècle : la continuité dans le chaos [13].

"Les doctrines et les pratiques de la restauration des monuments ont toujours été déterminées par la nature des dommages subis... jusqu’aux destructions massives de la 1èreguerre mondiale. Comment les responsables ont-ils alors répondu à l’effacement de la mémoire des lieux, à la disparition de la matière originelle et aux attentes sociétales de l’après-guerre ? Quelles doctrines et solutions techniques ont accompagné ces situations extrêmes ? 100 ans plus tard, quelle est la « valeur» et quelles sont les pathologies des édifices ou ensembles hérités de la 1ère Reconstruction ? Quels sont les savoirs nécessaires aux professionnels d’aujourd’hui ?"



J2 - 7) Isabelle Baguelin  (cité de l'architecture, 17/01/2019) : Une œuvre d'art total au service du culte.

"Période de transition entre l’héritage du XIXème siècle et le triomphe de la modernité, la période de l’entredeux- guerres voit la construction de nouveaux édifices religieux, liés à la première reconstruction ou à l’émergence de nouvelles paroisses. Le décor, - peinture murale, vitrail, mosaïque et sculpture- témoigne de cette cohabitation entre une expression artistique traditionnelle et une recherche de rupture avec un art saint-sulpicien méprisé. Les artistes, sous l’impulsion de Maurice Denis et de Georges Desvallières, revendiquent dès 1919 leur foi chrétienne et se regroupent dans des confréries d’artistes comme les Ateliers d’art sacré, la Société de Saint-Jean ou encore les Ateliers bretons d’art chrétien. Le décor se transforme en une oeuvre d’art totale où la mosaïque, l’art du vitrail ou la peinture se répondent. Les ateliers Gaudin ou Mauméjean, entre autres, magnifieront l’espace intérieur des lieux de cultes hexagonaux. Le développement des constructions en béton amènera les ateliers de verriers à se réinventer avec la technique de la dalle de verre. L’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 influencera des artistes comme Louis Barillet ou René Lalique. A l’aube de la Seconde Guerre mondiale, l’art du vitrail, avec les recherches des ateliers Loire, Lardeur, Gaudin ou encore Rault, supplante l’art de la peinture murale. Si l’abstraction n’a pas encore triomphé sur l’art figuratif, les compositions géométriques qui accompagnent les mosaïques ou vitraux figuratifs préfigurent l’évolution de l’art sacré pendant la seconde moitié du XXème siècle"


Jour 3 - La France de Vichy et la Deuxième Reconstruction

Jean-Louis Cohen - L'architecture dans la France de Vichy, 1940-1944
Voir les 6 cours du Collège de France donnés en 2016 et disponibles en ligne :
https://www.college-de-france.fr/site/jean-louis-cohen/course-2015-2016.htm

"Bien que fort peu de bâtiments aient été effectivement réalisés pendant les quatre années que dura l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, entre l’été 1940 et l’automne 1944, la brève période pendant laquelle le gouvernement fut établi à Vichy reste déterminante pour l’architecture et l’urbanisme français. Non seulement la profession a-t-elle été réorganisée – et purgée au titre des lois raciales du régime –, mais encore l’État a-t-il pris le contrôle de l’aménagement et de l’urbanisme, lançant des plans de reconstruction parfois innovants. Si l’appel du maréchal Pétain au « retour à la terre » et le climat dans l’ensemble défavorable aux démarches modernes ont ouvert la voie à des projets conservateurs entendant prolonger les traditions régionales, nombre d’architectes se sont attachés à subvertir les politiques officielles et à élaborer des dispositifs fonctionnels pour les édifices ruraux. Dans le même temps, des recherches ont été lancées sur la standardisation et la préfabrication, dont l’ombre portée s’étendra sur la France de l’après-guerre, la totalité des lois et des règlements promulgués par Vichy restant alors en vigueur, tandis que beaucoup des protagonistes à l’œuvre pendant l’Occupation resteront en place après la Libération. Parmi les nombreux architectes engagés pendant cette période aussi brève qu’intense, les trajectoires de Gaston Bardet, Eugène Beaudouin, Le Corbusier, Auguste Perret et Michel Roux-Spitz ont été considérées."


Jour 4 - De la Troisième Reconstructions aux grands ensembles


J4 - 1) Denis Bocquet (cité de l'architecture, 25/01/2018) : Reconstruire des villes de France et d'Allemagne après les deux Guerres mondiales : le projet urbain entre modernité(s) et authenticité(s). 

"Après les deux Guerres mondiales, les nécessités de la reconstruction ont suscité, accéléré ou accompagné, dans des contextes différents, de profonds tournants dans l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme. Certains des débats les plus ardents de cette période se sont joués sur la question de la fidélité à la substance détruite dans les postures de reconstruction. Que ce soit du point de vue stylistique ou de celui de la trame urbaine, les villes bombardées ont été non seulement les laboratoires de pratiques jusque-là limitées à des échelles bien plus modestes, mais aussi le théâtre d’affrontements professionnels, politiques et médiatiques qui ont eu une influence décisive sur l’évolution de l’urbanisme et de l’architecture. L’objet de cette conférence est d’examiner certains de ces débats à partir d’exemples précis pris en France et en Allemagne. [...]"


J4 - 2) Joseph Abram (cité de l'architecture, 05/06/2007) : Architecture de masse et plastique d'exception : la modernité triomphante des Trente glorieuses. 

"Après l'effondrement de 1940 et l'Occupation, la France connaît à la Libération un étonnant renouveau. A travers la Reconstruction et les efforts soutenus pour sortir le pays de la crise du logement, l'Etat se dote d'un puissant outil de production qui fonde l'expansion du bâtiment sur la concentration des investissements dans les grandes entreprises et sur la maîtrise complète des sols"



J4 - 3) Danièle Voldman (cité de l'architecture, 05/06/2008) : L'architecture de la recontruction et des 30 glorieuses. 

"Les villes françaises ont subi des dégâts très importants au cours de la Seconde Guerre mondiale. Leur reconstruction a constitué un enjeu pour le gouvernement provisoire et pour la IVe République"



J4 - 4) Gilles Ragot (cité de l'architecture, 04/02/2010) : De la reconstruction aux grands ensembles : triomphe et déviation du mouvement moderne. 

"Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Eugène Claudius-Petit, éminent ministre de la reconstruction (1948-1952) déclare qu'il faut avoir une politique de "construction et non seulement de reconstruction". Nourri des thèses du Mouvement Moderne (la Charte d'Athènes est publiée en 1943), Claudius-Petit plaide pour une politique ambitieuse de logement social qu'il ne peut dissocier d'une réforme complète de la ville traditionnelle"




J4 - 5) Introduction par Guy Amsellem et présentations (cité de l'architecture, avril 2017) ; "L'entre-deux barres" par Olivier Boucheron et Maria-Anita Palumbo et "Planter le décor : le projet de la modernité" par Philippe Panerai.

"Captation de la 1re série d'interventions (en français) du colloque « L’entre-deux barres : une ethnographie de la transformation des ensembles de logements collectifs par leurs habitants ». Ce colloque a eu lieu les 27, 28 et 29 avril"

cf. https://www.citedelarchitecture.fr/fr/videos/collection/2530/annee/2017


Jour 5 - Quelques récits inclassables sur ces questions...



J5 - 1) Joseph Abram (Cité de l'architecture, 22/11/2008). Dénuement et splendeur du béton. La technique moderne au service du sacré...

"Depuis la nuit des temps, l’architecture religieuse mobilise toutes les ressources de l’art de bâtir, employant les techniques aux limites de leurs possibilités pour créer des intériorités grandioses, ou simplement émouvantes. Les nefs des cathédrales gothiques, les coupoles de Florence ou de Rome, sont là pour en témoigner. La modernité, dans son rapport complexe à la technique, n’est pas restée à l’écart de ce mouvement universel.En expérimentant, dans un programme d’église, le procédé encore incertain du ciment armé, A. de Baudot ouvre, en 1894, un cycle problématique, qui fera du nouveau matériau le vecteur d’une transformation progressive, tant matérielle que symbolique, de l’architecture sacrée. À travers la construction, d’abord de façon marginale, puis, de plus en plus globale et raisonnée, c’est la signification même du lieu de culte qui, au final, s’en trouvera bouleversée. L’aventure de la cathédrale d’Oran (A. Ballu, 1908) marque simultanément l’échec du système Cottancin (qu’avait employé A. de Baudot à Montmartre) et le triomphe du béton armé (dans le droit fil des travaux de Monier, Coignet et Hennebique). C’est donc la contribution des frères Perret au Raincy (1923), peu après la création des Ateliers d’art sacré par G. Desvallières et M. Denis, qui produira le déplacement décisif permettant un renouvellement complet de la conception constructive des églises. Et, dans leur mouvance immédiate, puis dans un contexte élargi, on observe, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une floraison de solutions structurelles innovantes exaltant à la fois la noblesse et la pauvreté du béton"



J5 - 2) Rey Olivier (Cité de l'architecture, avril 2017) Démesure, mesure.

"Captation de la 4e série d'interventions (en français) du colloque « L’entre-deux barres : une ethnographie de la transformation des ensembles de logements collectifs par leurs habitants ». Ce colloque a eu lieu les 27, 28 et 29 avril 2017" 

cf. https://www.citedelarchitecture.fr/fr/videos/collection/2530/annee/2017



J5 - 3) Antoine Picon (Cité de l'architecture, 4/11/2013). L'ornement architectural : entre subjectivité et politique. "Conférence introductive"