lundi 8 février 2021

Reconstruction post-covid // ultime révolution technique

Reconstruction post-covid : si on faisait une erreur, qui serait volontaire pour venir faucher les OGM humains ?

Vingt ans à fouiller, rechercher, étudier, écrire sur les "reconstructions" pour finalement comprendre aujourd'hui seulement la psychologie de ces périodes. Pourquoi maintenant ? Parce qu'il faut sans doute le vivre, et nous traversons justement une mini-guerre mondiale. Certes, il y a dix à trente fois moins de morts et ils sont beaucoup plus largement dispersés, mais nous préparons déjà l'idée d'une reconstruction comme l'a révélé le succès de l'expression "le monde d'après". Chacun d'entre nous a compris que les choses allaient changer pour dessiner un futur différent. On attend désormais la paix qui suivra cette guerre contre notre invisible ennemi. Pour l'instant, la propagande médiatique s'assimile à une messe avec ses rites édictés par un nouveau Vatican, sans Radio-Londres : l'OMS. La cérémonie dure depuis un an, avec assis/confiné et debout/libéré, dans l'attente de la communion du vaccin qui nous permettra d'atteindre la fameuse consubstantiation (ou la transsubstantiation, chacun choisit son option). En attendant, on trépigne. M. Tout-le-Monde suit les consignes, certains dénoncent leurs voisins, d'autres veulent résister. Mais c'est surtout la stagnation dans une attente peureuse qui prédomine... Et c'est elle qui nous pousse ensuite à  désirer tous les "progrès" : d'où l'élan des reconstructions. Ce n'est pas l'évolution des techniques pendant les guerres qui provoque la création d'un monde différent, c'est seulement l'attente résignée, la condamnation en l'espérance à défaut de réalité. Inutile de suivre l'idée idiote de la guerre qui fait progresser, qu'une tradition chevaleresque a transmise dans l'enseignement républicain, et qu'une foule de crétins répètent sans y penser (laissant accroire que ces moments de violence sont à l'origine de nos "progrès", que les cerveaux travaillent tous pour l'armée, que l'homme comme le métal s'endurcit dans l'épreuve)... Non, c'est l'attente prolongée d'une issue qui conditionne l'acceptation du changement : tous ces "progrès" préexistent, la guerre les développe dans une direction pragmatique, puis l'impératif de l'urgence (cet "état d'urgence sanitaire") les rends indispensables. En dernier lieu, la reconstruction les assimile.

Bien évidemment, certains écologistes trop optimistes dirons que ce changement sera celui de la relocalisation, du retour à une vie saine, plus proche des campagnes, avec des produits frais distribués par des voisins producteurs, néo-artisans ou néo-paysans... Bref, la régression. Tout à l'opposé, bien qu'ils suivent le même axe évolutif simpliste, les économistes trop optimistes se réjouirons de voir se confirmer leur modèle : celui des communication, du travail chez-soi, des visio-conférences, des livraisons à domicile, espérant que les Deliveroo soit bientôt remplacé par des drones hygiéniques... 

Non, ce ne sera ni l'un ni l'autre, le vrai changement se cache dans l'urgence. Ci-après l'analyse des changements qui nous attendent dans la reconstruction post-covid...


Bien évidement, il ne s'agit pas de contester les faits, ni l'existence de la pandémie, ni l'utilité des vaccins, ni la rondeur de la terre, mais de comprendre l'ampleur du changement que nous allons vivre. Si l'on aime analyser les interrelations entre techniques, arts et vie courante, impossible de ne pas noter le basculement opéré dans l'urgence covid : il s'agit tout simplement de l'entrée dans la sixième révolution technique : celle des biotechnologies (dites bio high tech). Admettons qu'il y en ait six (pour reprendre le rythme des grandes extinctions), et tentons une liste simple : 1° le pouce opposable, l'outil, le feu (disons 1 million d'années), passons sur la modernisation de l'outillage lithique il y a entre 100.000 et 30.000 ans pour aller vers 2° la révolution dite "agricole" (encore très lointaine, entre 10.000 et 5.000 ans), puis 3° l'ère mécanique (il y a 1.000 ans, si on additionne éo+paléotechnique), 4° l'ère électrique (100 ans), 5° l'ère électronique (disons 10 ans, avec le smartphone, pour rester dans les chiffres ronds), voici 6° l'ère biologique (un an tout juste). Oui, le progrès suit préciséement un logarithme, suivi de près par la démographie ! Tout ça semble trop simple ? En effet, c'est une catégorisation : on ajoute des ruptures là où il n'y en a pas, mais cela permet de visualiser, de passer du littéral au numérique. On gomme aussi les crises, oubliant que chaque sursaut démographique est souvent corrigé (maladies, guerres). 

Evidement, l'ultime changement dans la biologie (la 6e grande innovation) n'est pas la bio-écologie espérée par l'historien des techniques Lewis Mumford, car elle est uniquement, entièrement, totalement centrée sur l'humain. Les optimistes seront heureux, car un nouveau pas technologique est franchi. Mais je n'ai trouvé qu'un seul article, perdu au milieu du bien-nommé magazine L'Usine nouvelle, pour assumer l'étrange idée de l'exceptionnalité de ce néo-vaccin, évidemment interprété comme un progrès incontestable ("Les vaccins d’AstraZeneca, Johnson & Johnson et Spoutnik sont des vaccins OGM"). Oui, ces vaccins intègrent bien la catégorie OGM, avec des brins d'ADN tirés de l'humain et/ou du singe. Il s'agit, cette fois, d'un adénovirus assumé. On voit ici un progrès, dont les détails techniques sont inaudibles pour le grand public. Et personne ne vibre parce qu'il ne faudrait pas ajouter de la peur à la peur, il ne faudrait pas briser la magie du "monde d'après". Fallait-il dire à un résistant sous l'Occupation qu'il travaillait pour d'autres totalitarismes (communistes ou ultra-libéraux) : cela n'aurait aidé personne. Silence de l'autre côté aussi (chez l'équivalent des collabos) car c'est gênant, en temps de guerre, de s'enthousiasmer devant les progrès accomplis. Par conséquent, une sorte de silence pudique règne. Les dépêches, recopiées par tous les médias, sans exception, listent seulement les avantages du "design" de ce vaccin (fabrication, transport, utilisation, efficacité, diffusion) ; mais ce design n'a aucun sens moral et sa promotion masque le plus souvent des causes, des conséquences, et surtout des intérêts. Ce n'est pas un riche design, c'est seulement un pauvre marketing. 

La 6ème Révolution technique qui débute actuellement est donc la thérapie génique : non dans sa réalité, pas encore, mais dans son acceptation de principe. Le franchissement du tabou se fait dans le non-choix qu'impose l'urgence. Cela s'entend, l'idée est beaucoup plus ancienne que la pandémie. Elle a pénétré les esprits très lentement, par soft power. Le phénomène a commencé en France par l'émission "Téléthon", exhibant des enfants "tragiquement" victimes de myopathie, qu'un large public attendri venait soutenir en versant de l'argent, sans comprendre qu'il s'agissait d'encourager la stigmatisation, la charité facile et  - en bonus - la génothérapie. Qui l'a compris ou ose le dire aujourd'hui ? Le manège tourne encore. Il est vrai que la recherche s'annonçait délicate, lente, très coûteuse, presque abstraite. On la croyait même sans résultat. On a vu surgir l'ADN recombinant et les ciseaux moléculaires, puis les brebis Dolly et quelques plants de maïs... Seuls ces derniers ont inquiété les écologistes et leurs alliés consommateurs, avant que la grande distribution ne garantisse des produits "BIO sans OGM" (plus coûteux évidemment). Tout le monde avait peur de manger un petit grain de maïs contaminé par les OGM. Dix ans plus tard, les mêmes s'empressent pour s'en injecter directement dans les veines - y compris les élus écologistes (EELV). Que dire ? C'est le miracle de la guerre et de l'urgence qui a poussé la commission européenne a adopter le règlement n°2020/143 (conseil du 15 juillet 2020, publié 17 juillet 2020) pour supprimer les règles de biosécurité concernant les essais cliniques OGM, sans compter le silence sur ARN-ADN où il n'y a pas de règle, puisqu'il n'y a presque pas de précédent.

Reprenons l'histoire. L'accélération s'est faite l'an dernier, lorsqu'un vaccin à ARN (Pfizer-BioNTech ou encore Moderna) arrive sur le devant de la scène et impose cette biotechnologie comme une évidence. À ceux qui évoquent "les dangers de la génétique", une nébuleuse pouvoir-média-laboratoire se forme pour répondre qu'il n'y a aucun rapport avec l'ADN : c'est vrai, il s'agit d'un rétrovirus avec un ARNm de synthèse, qui n'a aucune chance d'entrer dans le noyau ou d'atteindre des cellules importantes (Le Monde)... Mais voici que le pays de Tchernobyl lance médiatiquement le Spoutnik-Vaccin à ADN... Tout s'accélère, l'ex-Ouest réplique et part donc dans la même direction, mieux et plus vite. Qui s'interroge ? Personne, tous les médias entre dans un silence monacale (Le Monde ? Libé ? L'Huma ? Non, cette fois, pas de lien). Vaccin ARN ou ADN, avec ou sans transcriptase inverse, arrêtons tout ce charabia ridicule, peu importe : il ne faut pas finasser, il y a urgence ! La presse continue de lister les avantages de cette nouvelle formule dans son Inventaire à la Prévert. L'Europe en réclame plus, encore plus vite. Les gens se plaignent car cela ne va pas assez vite. Il ne faut plus traîner car la dette gonfle, les hôpitaux se remplissent ; déjà que la mer monte. Rien ne va plus ! On lance la roulette (russe). Mais cette nébuleuse médiatique forme sans s'en rendre compte un nuage noir d'une opacité inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale (Occupation + Reconstruction), cachant l'interrogation fondamentale derrière une fumée de petites questions/réponses sans intérêt, et des contestations souvent stupides portées par des antivax incultes ou marginaux.

Pourtant, tout le monde a deviné qu'il ne s'agit pas d'un vaccin banal, mais bien d'un objet technologiquement très différent, qui pénètre dans la "mécanique de la cellule", parfois même jusqu'à toucher le "code source". Pour les joyeux transhumanistes, qui boivent tous les demi-verres pleins disponibles sur l'ensemble de la planète, le jeu vaut la chandelle. C'est un progrès qu'il fallait atteindre : cela nous obligera enfin à avancer. Après l'acceptation de l'urgence viendra la reconstruction définitive sur la base de la thérapie génique : on pourra soigner tous les défauts et toutes les maladies, de l'hémophilie à la calvitie en passant par la myopathie. Ce n'est pas de l'eugénisme, c'est l'acceptation collective d'un progrès (au départ médical). Il faut aussi regarder les gains économiques qui s'annoncent. L'expansion va revenir. Les fonds de pension vont sortir des valeurs du Net et les traders vont enfin pouvoir rediversifier leurs portefeuilles à Wall-Street. La biotech' va multiplier par mille la puissance financière des tech', qui multipliait déjà par cent celle du pétrole, qui avait lui-même multiplié par dix la valeur de ses prédécesseurs (disons alcool ou tabac)... Logarithme, encore...

Cependant, même en imaginant que cette puissance soit dans les mains d'individus bienveillants et honnêtes (comme on en trouve à la tête des labos pharmaceutiques), des esprits chagrins s'inquiètent face à l'accélération des révolutions techniques. Les plus imaginatifs vivent non-loin d'Hollywood et pensent que la "singularité" de la Loi de Moore approche (à ce rythme-là, une 7e révolution technique est pour le mois prochain, une 8e la semaine suivante, une 9e le lendemain, toutes les autres suivront dans l'heure), et ils se réfugient donc dans leurs bunkers en Californie ou sur les iles paradisiaques. Ils regardent trop de films, mais ils pourraient avoir partiellement raison car il faut faire attention, cesser d'être heureux en se disant béatement que la réussite nous attend dans le progrès. On joue avec de l'ADN... Même les informaticiens - qui vivent depuis une éternité dans un monde virtuel - ont compris qu'il fallait éviter de chatouiller le "code source". L'être humain vient d'accepter cette transformation et va devoir l'assumer, lui, ses enfants, ses lointains descendants. On peut considérer que l'humanité est désormais un OGM comme les autres, que la black box technologique s'étend maintenant à "l'homme même" (ce sommet du style selon Buffon). Mais il faut aussi assumer la réciproque, sachant que l'humain risque de se contaminer ou d'atteindre le reste de la biosphère (comme tout OGM). Et si on faisait une petite erreur ? Qui sera volontaire demain pour faucher les OGM humains ? Ou, peut-être, dans dix ans, dans un siècle, dans un millénaire.  

Souvenons nous des déchets nucléaires. Nucléaire, c'est à dire le noyau... Qu'il s'agisse du noyau d'un programme, d'un atome ou d'un être vivant, on fait chaque jour l'expérience de cette simple chose : au milieu d'un fruit, c'est lui qui porte l'avenir, une graine minuscule protégée par une coque solide. La coque n'est pas solide pour rien, car la matière apprend à protéger l'essentiel : le futur. Il a fallu presque deux milliards d'années pour que le vivant parvienne à inventer son propre noyau. Avant d'en craquer un, qu'il s'agisse d'un fruit, d'un atome ou d'un organisme "eucaryote" (groupe qui va de l'homme au champignon, du singe à sa banane), il convient de mesurer la part d'avenir que l'on met en péril. 

Vacciner l'humanité ainsi, sans la moindre expérience, peut s'avérer être une folie considérable, non loin de l'irresponsabilité des savants du nucléaire qui construisaient des centrales à tour de bras, "pour 40 ans", copiant le chiffre que les architectes avaient inventé pour les grands-ensembles. L'impératif de l'époque, c'était l'énergie et le logement. On a donc raisonné dans l'urgence, avec les résultats que l'on sait. Ils promettaient une vie heureuse avec des habitats "pour tous", chauffés par une électricité sans limite. Ils disaient que l'avenir règlerait le problème des déchets. Ils misaient sur les générations suivantes pour en finir avec ces petites défaillances du présent. Telles étaient les attentes du progrès, et aucun savant, aucun ingénieur, aucun politique, aucun journaliste n'imaginait qu'il faudrait attendre trois quart de siècle pour s'apercevoir du contraire.. Une génération pour le faire, une génération pour vivre avec dans l'insouciance, une génération pour défaire et reconstruire, se remémorer puis tenter de réparer (à partir de vagues souvenirs)... Mais, X générations plus tard, on n'aura pas tout réparé : la réhabilitation des grands ensembles est socialement violente et économiquement ruineuse, les déchets radioactifs s'accumulent, la dette croît, le consumérisme énergétique nous déborde. Que va-t-on faire des centrales ? La plus grosse facture reste impayée. Elle est encore sur la table, l'addition (ou adition) de cette inconséquence, produite dans l'urgence et à court terme (alors qu'un tel changement nécessitait d'anticiper l'héritage dans la très longue durée).

Aujourd'hui, jouer avec la vie, c'est encore plus compliqué et risqué qu'avec l'atome ou l'habitat. Je ne veux pas me taire, car il m'est difficile de laisser une pareille adition derrière moi (addition qu'il faudra payer pendant N générations, car nous ne maîtriserons pas la génétiques avant cette échéance). Dans toute révolution technique, nous connaissons les avantages, jamais les risques. Ci-dessous une vidéo pédagogique de Christian Vélot, généticien moléculaire à l’université Paris-Saclay et Président du Conseil Scientifique du CRIIGEN (organisme indépendant de veille sur la génétique, équivalent du CRIIRAD pour le nucléaire) - déposée le 26 décembre 2020. 



Pour ceux qui maîtrisent le sujet (cellule et virus), passer à 21 minutes pour le vaccin ARNm, à 25 mn pour l'ADN, à 30 mn pour en venir aux risques... Et, à 30mn 45, pour entendre la phrase attendue : "On a des risques d'intégration de l'ADN vaccinant dans nos propres chromosomes". Notez, à 33mn, que l'expert est gentil, car il ne précise pas que l'échec dans la thérapie génique en 2003 était justement celui de notre "Monsieur Vaccin"... Il en garde sous le pied - il faut montrer les crocs sans mordre, sinon la meute vous tombe dessus. Pour lui, le risque majeur réside dans la combinaison dite "improbable" du virus et du vaccin, car la mesure concerne des milliards d'individus. Comment évaluer ce risque ? Faut-il revenir au vaccin normal (43mn), celui déjà diffusé en Chine. Peu importe, il faut y allez doucement, apprendre à soigner, à cohabiter avec le virus (46mn). Attention au jeu de la compétition économique (46mn30). "J'espère me tromper" (47mn). "Méi itou", qu'on dit, dans mon patois.