mercredi 8 juin 2016

Georges-Henri Pingusson // maison préfabriquée

projet de l'UAM au Salon d'automne 1946, Décor d'aujourd'hui n°36

La galerie Bouvier-Le Ny (sous-titrée " Mouvement moderne et Reconstruction ") se fait une fierté de présenter, dans son tout nouveau et tout beau local de la rue de Tournon, une chaise de Georges-Henri Pingusson. Les meubles de cet architecte sont rares, ainsi que ses réalisations architecturales. Pour le découvrir, on peut aller sur l’île de la Cité, revoir le Mémorial des martyrs de la déportation qui vient d'être restauré (article d'AMC). Mais il faut aussi connaître sa maison préfabriquée, conçue en 1946, pour l'Union des artistes modernes. La revue Décors d'aujourd'hui en résume le principe : " l'architecte Pingusson. observant qu'en mécanique théorique, la courbe analytique des moments de flexion d'une poutre posée sur deux appuis présentait en deux points de cette courbe, une valeur nulle, a imaginé un système utilisant des poutres préfabriquées en béton réunies en ces deux points par des éclisses en acier [brevet FR 1005213 A]. Les avantages que présente ce système pour la série diversifiée et, partant, pour la reconstruction française, sont immenses ". Elle suit un module carré de 78 cm définissant les caissons du plafond, et des travées de 2,34 mètres de large. Les montants de ciment armé préfabriqués sont placés entre les baies, faits de pièces séparées et facilement transportables, réunies par des éclisses. La maison, ainsi conçue, a été construite l'année suivant derrière le Grand Palais, lors de l’Exposition internationale (Exposition de l'Urbanisme et de l'habitation // 1947), dans un projet réalisé pour le Gouvernement militaire en Sarre, en association avec la Société Silix (Metz) et les Entreprises Sarroises Associées. Les façades sont inclinées, avec " des baies destinées à recevoir le soleil comme une serre " qui évoquent les futures maison Prouvé de Meudon et de Royan (†). La revue indique encore " la volonté d'évidence de la construction ", une intelligibilité qui caractérise cette période, à l'inverse de la société de consommation dont le design d'emballage aura pour seul but de " masquer " la pauvreté du produit au détriment des pauvres gogos-acheteurs (et au bénéfice des riches actionnaires-possesseurs) ! La règle de transparence constructive est également validée dans le mobilier de Pingusson qui mélange modernité et pragmatisme, dans des modèles très architecturés, dont le dessin est simplifié à l'extrême et d'une excellente logique structurelle. Le "plywood" s'impose également, suivant la mode instaurée par les meubles pour sinistrés de René Gabriel, en reprenant les techniques en faveur dans la fabrication des avions...



maquette du projet de la maison Pingusson au Salon d'automne 1946, Décor d'aujourd'hui n°36

maquette du projet de la maison Pingusson au Salon d'automne 1946, Décor d'aujourd'hui n°36

Réalisation de la maison Pingusson à l'Exposition internationale de 1947, devant le Grand Palais, Décor d'aujourd'hui n°41

Intérieur de la maison Pingusson à l'Exposition internationale de 1947, bureau et coin repas, Décor d'aujourd'hui n°41

Intérieur de la maison Pingusson à l'Exposition internationale de 1947, salon, Décor d'aujourd'hui n°41