samedi 26 septembre 2015

Jean-Baptiste Bouvier // Marcel Gascoin

Jean-Baptiste Bouvier : présentation du mobilier de Marcel Gascoin

Aussi original qu'irréprochable, le stand de notre ami galeriste Jean-Baptiste Bouvier, installé dans l'allée 6 du Marché Paul-Bert (Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen) est l'endroit privilégié pour qui souhaite se procurer (ou tout simplement voir) du mobilier de la Reconstruction, plus particulièrement celui de Marcel Gascoin mais aussi de René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, accompagnés de quelques vedettes plus habituelles comme Jean Prouvé, Mathieu Matégot, Pierre Paulin. À lui seul, Jean-Baptiste Bouvier a retrouvé, sauvé et valorisé des centaines de meubles de Marcel Gascoin, parfois rares, comme les grandes tables des villages du SHAPE (dans des bâtiments bien connus des historiens de l'architecture, de Saint-Germain à Fontainebleau) ou quasi-introuvables, comme le discret petit chevet mural "UB". Sa dernière découverte : le panier en rotin adapté aux tables gigognes "TC" et "TD". Bien qu'il puisse paraître accessoire, ce panier est un complément indispensable pour ces petites tables-bureaux dont la surface est calculée afin de disposer tout juste de la place nécessaire pour écrire et qui ne permettent donc pas de s'encombrer : d'où l'utilité de ranger les livres et documents sur le côté, dans un panier. On le découvre une première fois en décembre 1951 dans une chambre modèle publié par la Maison française dans le numéro spécial "Enfance"  puis il apparaît régulièrement dans les aménagements du créateur, y compris - deux ans plus tard - dans celui de l'Appartement témoin de la Porte-Océane au Havre, un modèle de logement supervisé par Marcel Gascoin et l'Atelier d'Auguste Perret. Notons également que le rotin devient au même moment un matériau à la mode, relancé par Louis Sognot (Louis Sognot // créations en rotin) dans le Salon des arts ménagers en 1951, au sein d'une section supervisée par Marcel Gascoin, lui-même... Le rotin envahira ensuite bien des meubles et, plus encore, ceux destinés aux chambres d'enfants...

As original than impeccable, the stall of our friend Jean-Baptiste Bouvier (Marché Paul Bert, in the famous flea market of Saint-Ouen) is privileged place for those who wish to obtain (or to see) furniture of French Reconstruction, more particularly productions of Marcel Gascoin but also René Gabriel, Jacques Hitier, Gustave Gautier, along with some stars like Prouvé, Matégot, Paulin. On its own, Jean-Baptiste Bouvier found, rescued and recovered a lot of Marcel Gascoin furniture, sometimes rare, like large tables of SHAPE-villages (buildings of Saint-Germain, Fontainebleau) or substantially innaccessible as discrete wall-bedside "UB". His latest discovery: a rattan basket adapted to nesting tables "TC" or "TD". Although it may seem incidental, this basket is a necessary complement to these small-office tables whose surface is calculated to have just enough space to write, and who therefore do not allow to clutter: where the usefulness of holding books and documents on its side in a basket. The first model appeared in December 1951 in a Type Room published by the magazine Maison française, special issue about "Childhood", and appears regularly after this publication, including - two years later - in the Show flat of the Porte Oceane in Le Havre, a housing model supervised by Gascoin with Auguste Perret team. Note also that rattan becomes, at the same time, a fashionable material, revisited by Louis Sognot during the Salon des arts ménagers 1951, in a section supervised by Gascoin, himself ... Rattan become common and, even more, for children's rooms ...

vendredi 25 septembre 2015

Yvan delemontey // reconstruire la France

Yvan Delemontey, Reconstruire la France. L' aventure du béton assemblé 1940-1955, éditions de la Villette, 2015

Cet ouvrage relate l'aventure de l'architecture au moment où celle-ci passe de l'artisanat à l'industrie, depuis la production en série "à pied d'oeuvre" jusqu'à la préfabrication de masse en usine. Le tout est analysé sous l'angle matériel de la construction et non comme une épopée spirituelle. C'est ainsi que l'auteur aborde sans complexe la manière dont la théorie fonctionnaliste et mécaniste moderne se fait happer par la logique des BTP. L'architecture de Corbu, Lods, Perret est moins présente que l'entreprise Mopin, Thireau-Morel ou Camus, les doctrines modernes se fixant dans des procédés techniques et des règlements administratifs. Suivant cette approche par assimilation, on constate que l'architecture connaît la même histoire que l'ameublement : les dates sont identiques, les mutations aussi, les logiques économiques et politiques coïncident. Résumons-les. Après une phase juridique pendant laquelle les idées modernes sont lissées et diffusées (sous l'Occupation), les chantiers expérimentaux se multiplient et marquent un moment exceptionnel d'émulation entre ingénieurs et architectes (pendant la reconstruction) puis, vers le milieu des années 1950, survient un basculement. Si une certaine variété formelle continue à s'afficher, la diversité technique et la finalité morale s'amenuisent à mesure que l'économie porte de plus en plus sur la main d'oeuvre. La conclusion tombe sur un élan moderne figé dans la rationalisation économique et la tradition esthétique. Cette interprétation historique revient à évoquer le passage du "projet moderne" au "style moderniste", ce qui se lit plus facilement dans l'ameublement (Henri Lancel // Lévitan). Sans doute les créateurs de meubles assument mieux cette transition car ils sont habitués à se faire traiter de "dessinateurs", "modistes", "stylistes" ou "moderniste" alors que la plupart des architectes se revendiquent encore des "arts majeurs", même s'ils sont ‑ depuis lors ‑ à la botte de l'industrie. Il faudrait aujourd'hui oublier le mot "architecte" et parler de "designer de bâtiment", pour s'obliger à faire le deuil d'une certaine modernité ou (ce que je souhaite de tout cœur) à se ressaisir et à reprendre position.

Whereas for years, this book recounts an adventure when architecture passes from craft to industry, production "on site" to mass prefabrication factory. Everything is analyzed in terms of construction and not a silly spiritual epic leading to the current highs. Thus the author unashamedly discusses how the functionalist theory and modern mechanist is caught up by the logic of construction. The architecture of Corbu, Prouvé, Perret is less present than Mopin, Thireau-Morel or Camus enterprises, modern doctrines freezing processes in technical and administrative regulations (still valid). In its receipt, architecture knows the same story as furniture: the dates are the same, mutations also, economic and political logics coincide. Summarize them: After a heavy legal phase where modern ideas are smoothed and assimilated (during Occupation), experimental projects are multiplying and mark an emulation moment between engineers and architects (during reconstruction) and, a failover occurs in the mid-1950s. If some formal variety continues to be displayed, the technical diversity and moral purpose are dwindling as the economy more and more bears on labor (and less and less on transport). The conclusion falls on destruction of modernity through economic rationalization, an interpretation to be broadcast because its advocates are few. However, a few elements seem too told me: passage of the "modern project" in "modernist style" who reads well in furniture. No doubt the designer furniture assume more easily this position because they are accustomed to being called "designers", "milliners", "stylists" or "modernist" while most architects still claiming "major arts" but - since then - they are under industral's thumb.


mardi 22 septembre 2015

Cadeau Boncoin // Guillerme et Chambron


Ce message s'adresse à ceux qui souhaitent se meubler " art utile ", dans la version cossue, d'une lourdeur assumée mais pour un prix raisonnable : découvrez ce bel ensemble " Votre Maison ". Comme la plupart des meubles créés et diffusés par cette marque, il a probablement été édité dans les années 1980 et se vend en ce moment sur le Boncoin, pour moins de 1000 euros... chaise " Thierry ", bahut " Raphaël ", lampadaire " portemanteau ", etc. Demandez les références de l'annonce sur ce mail et prévoyez ensuite un bon camion et un assez long voyage. Pour d'autres renseignements : voir ce nouveau site pourvotremaison.blogspot.fr