lundi 2 juin 2014

premier faux Gascoin // DIY on E-BAY

Le premier faux gascoin en ce moment ici sur ebay

Pour les amateurs-traders abonnés à Capital et à la Cote du design, Marcel Gascoin est un bon placement, de ceux qui montent. Investir dans "du Gascoin", c'est disposer d'une valeur plus dynamique que la pierre tout en étant incontestablement plus transportable et plus facile à vendre... N'ironisons pas sur le drame de l'immobilier. Ne nous moquons pas non plus des "petits porteurs" car on ne peut pas demander à tout le monde d'aimer uniquement la beauté en ignorant la part vénale. Quoi qu'on en dise, la valeur financière ne se méprise pas et permet aussi de quantifier l'intérêt collectif. Donc, Gascoin n'est plus oublié ! Souvenons-nous. Il y a une douzaine d'années, on trouvait le petit tabouret "Trèfle" pour rien, il circulait dans les brocantes, trocs, puces... Mais tout change : en 2002, Patrick Favardin en parle dans ses Décorateurs des années 1950 ; en 2006, il est dans l'Appartement témoin Perret ; en 2010, Guillemette Delaporte publie une monographie chez Norma ; en 2011, une seconde est éditée chez Piqop. Les dégâts sont limités mais les prix évoluent après chaque évènement : 100, 200, 300... Depuis, les professionnels ne l'ignorent plus, certains galeristes se spécialisent dans le "style reconstruction". Gascoin est devenu googlisable mais, comme ce mobilier reste rare (car il équipait peu les collectivités et se vendait surtout à des "classes moyennes" dépourvues du sens de la conservation), l'offre et la demande se rééquilibrent en poussant les prix à s'envoler. Aujourd'hui, il faut se lever tôt pour chiner le tabouret Trèfle dont des modèles douteux partent à quatre cents euros sur ebay, d'autres encore un peu plus chers chez les petits antiquaires, mais, pour en avoir un certifié Gascoin chez un galeriste, il faut désormais compter autour de mille euros... Autre conséquence d'une trop grande pression de la demande relativement à l'offre, le premier faux de qualité vient de naître : il est vraiment très beau (trop) et, surtout, c'est un moment historique !


Analyse de cette charmante copie : outre la patine too much et l'adoucissement trop prononcé des arêtes, les sections sont exagérément épaisses (l'auteur est influencé par la générosité de Perriand plus que par l'économie de Gascoin) et l'angle entre les deux parties de l'assise est vraiment, vraiment, trop marqué...