lundi 8 juillet 2013

Oscar Niemeyer // pour mémoire


Tout un chacun le sait, Oscar Niemeyer est bien mort le 5 décembre 2012. Tout un chacun le sait également, il avait réalisé au Havre le "théâtre - maison de la culture" en y déposant une bonne centaine de chauffeuses et poufs dessinés en 1971 ([ON1] modèle déposé aux Arts décoratifs)... La Fondation Total venait juste de retapisser quelques-uns de ces sièges et, suivant cette logique, on aurait espéré une restauration du site. Cependant, le contraire vient d'arriver. Qui sait, cette fois, que des travaux de rénovation sont actuellement menés ? Il reste peu de choses : une coque vide, plus rien à l'intérieur, même la rampe est "déconstruite". Une oeuvre de Niemeyer sans sa rampe, c'est la Joconde sans son sourire ! Passons, pour en revenir au sujet de ce blog. Oscar Niemeyer est l'une des premières figures marquantes du tournant "formaliste" des années 1940, quand les héritiers du Bauhaus assument une mutation dans l'Exposition "Brazil Builds" (MoMA, janvier 1943). L'architecture n'est plus machine et fonction mais poésie et forme. Et l'architecte, comme dans L'homme de Rio, n'est plus un maître articulant rigoureusement la commande avec les corps de métiers mais il devient une vedette déployant gestes, lignes et coloris. L'usager, la matière, la technique sont domptés par son charisme et tendent vers une liberté capricieuse et sensuelle. On connaît désormais les limites des "starchitectes" et des "ovnis urbains" mais il faut admettre que le résultat reste spectaculaire, comme ces images extraites (pour la cause militante) du film Le Havre - Espace Oscar Niemeyer produit par la Maison de la Culture du Havre, réalisé par Charles Mourier et Claude Mourieras en 1983. Souvenir, et clin d'oeil au séminaire qui se déroule en ce moment à Grasse.