mercredi 1 mai 2013

Pascal Quignard // L'enfance

"Trottoirs couverts" de la rue de Paris en construction, fonds Esdras-Gosse, Bibliothèque municipale du Havre

Ces derniers jours, Pascal Quignard était au Havre pour un colloque consacré à son oeuvre (les lieux de Pascal Quignard). Agnès, Chantal, Jean-Louis et des meutes d'autres quignardiens-nes allaient et venaient dans les rues de la ville. Pourquoi ? Pascal Quignard a tout simplement passé son enfance au Havre mais nous pouvons aller plus loin car ses parents figuraient parmi les premiers occupants des immeubles construits par l'Atelier d'Auguste Perret. Ils résidaient au 86 rue Bernardin-de-Saint-Pierre dans un logement exactement identique à notre Appartement témoin Perret. Après Annie Ernaux // Les années, un autre point de rencontre avec Pascal Quignard // L'enfance. Il arrive à l'âge de deux ans, en 1950, puis repart à dix, en 1958 : "La fenêtre donnait sur le port du Havre. C’étaient des ruines, des abeilles, des quais, c’étaient aussi des sirènes. J’avais six ans. Je lisais les contes et les légendes et mes pieds reposaient sur un petit établi de bois jaune devant la fenêtre qui donnait sur la mer ou plutôt sur la bourrasque grise perpétuelle. C’était ce que dans mon enfance, je m’en souviens encore, on appelait la mer." Il voit, mémorise, décrit une ville dans les ruines, la pluie, le vent, les rats et surtout la mer, celle dessinée par Taylor et Nodier, celle où sévit immanquablement la tempête. Ce n'est pas notre plage contemporaine, cette triste mer d'huile lisse comme de la crème solaire, ce n'est pas non plus une image des romantiques, c'est un surgissement de son enfance : une eau noire écumante qui sent le départ et ses dangers, une impulsion qui nous pousse vers le dehors, l'ailleurs, l'au-delà, l'origine. Pour atteindre ce lieu, il n'y a pas de reconstruction mais seulement des gravats. Pour en savoir plus, en attendant la publication des actes : une exposition à la Maison du patrimoine, un livre (Pascal Quignard une enfance havraise) et une visite guidée, les dimanches 5 et 12 mai à 15h...

These last two days, Pascal Quignard was in Le Havre for a conference on his work. Agnes, Chantal, Jean-Louis and other quignardians came in the streets of our city. Why? Pascal Quignard spent his childhood in Le Havre, but we can go further because her parents were among the first occupants of buildings constructed by Auguste Perret. They lived at 86 rue Bernardin de Saint-Pierre in exactly the same our model apartment. After Annie Ernaux, another meeting point with another author, Pascal Quignard. He arrives at two years old in 1950, then leaves at ten in 1958: "The window overlooking the port of Le Havre. They were ruins, tugboats, docks, they were also sirens.. I was six years old. I read the stories and legends and my feet rested on a small wooden desk painted yellow in front of the window overlooking the sea or rather the perpetual gray storm. It was this name, in my childhood, I still remember, the Sea" He sees, stores, describes a city in ruins, rain, wind, rats, and especially the sea, that one drawn by Taylor and Nodier, where inevitably in the storm rages. It's not our contemporary beach this sad sea oil slick like sunscreen, it's not a romantic picture, it is a surge of his childhood: a frothing black water that smells departure and its dangers, an impulse that drives us towards the outside, the other hand, beyond the origin. To reach this place, there is no reconstruction but only rubble. For more information: an exhibition at the Tourist Office (Place Auguste Perret, Le Havre), a book (Pascal Quignard, childhood in Le Havre) and a guided tour May 5 and 12...


La messe célébrée dans les ruines de Saint-Joseph au lendemain du bombardement. BM Le Havre, fonds Will, Wph 44