jeudi 3 janvier 2013

Albert Ducrot // table "Révélation"



La table portefeuille "Révélation" est crée en 1952 sous le nom de "Magic". Brevetée en 1953, c'est l'un des rares meubles de cette période à être édité en grande série. Elle cumule les atouts : robustesse incontestable, gain de place évident grâce à son système dépliant et réhaussable. Il en existe de nombreux modèles adaptés aux différents goûts des clients avec, chose rare pour un produit industriel, une gamme moderne (ligne "junior"). Son créateur est Albert Ducrot (1900-1964), directeur de l'entreprise Ducal. Tapissier de formation, il s'installe dans le Faubourg Saint Antoine en 1923 puis il va reprendre l'industrie familiale de fabrique de siège. Cossu, souvent historicisant, rustique et parfois même froufrouteux, le style Ducal reste marqué par le Paris des Années folles mais son génie réside dans les systèmes de transformation que le directeur de la marque met au point avec l'aide d'un mécanicien, ajusteur et serrurier, ancien ouvrier des usines Renault, Monsieur Chauvin (voir ducal.info). Singulier mélange entre le délicat confort du tapissier-décorateur et la brutalité mécanique de l'automobile, le paradoxe des "systèmes" devient le symbole même de la marque. Ducal redessine et rebaptise le fauteuil Morris ("Bang"), la table portefeuille ("Révélation") et la fameuse banquette-lit ("Merveille") qui est éditée en centaines de milliers d'exemplaires ! Avec des noms qui frappent, connus pour être solides et intelligents, les meubles Ducal sont les vedettes des années 1950...

The transformable table "Revelation" was created in 1952 under the name "Magic". Patented in 1953, this is one of the few furniture of this period to be published in mass. It combines the advantages: robustness indisputable, obvious space saving thanks to its brochure and Raisable. There are many models to suit different tastes of customers, a rarity for an industrial product, a modern range (line "junior"). Its creator is Ducrot Albert (1900-1964), director of the company Ducal. Upholsterer training, he settled in the Faubourg Saint Antoine in 1923 then it will resume cottage industry factory seat. Cossu, often historicizing, rustic and even froufrouteux the Ducal style is marked by the Paris of the Golden Twenties, but his genius lies in processing systems as the director of the brand develops with the help of a mechanic, with a worker formed in Renault car factory. Unique mix of delicate comfort upholsterer decoration and brutality mechanical automobile, the paradox of "systems" becomes a symbol of the brand. Redesigned and renamed the ducal chair Morris ("Bang"), the holding table ("Revelation") and the famous sofa bed ("Wonder") is published in hundreds of thousands of copies! With names that strike, known to be strong and intelligent, the Ducal furniture are featured during the 1950's ...












publicité Ducal, Maison Française, mai 1956

premier modèle de la table, Maison Française, novembre 1952

extrait d'un catalogue Ducal, vers 1955


Table transformable. M. Albert Ducrot.

Fonds INPI. Brevet d’invention (Gr.9 – Cl. 4. N° 1.069.383)
demandé le 2 janvier 1953, délivré le 10 février 1954, publié le 7 juillet 1954.

La table qui fait l’objet de la présente invention est une table transformable utilisable à différents usages, de volume peu encombrant lorsqu’elle est repliée, présentant une surface utile solide et équilibrée quand elle est déployée. Elle est susceptible de prendre deux positions principales : une position basse sur un socle à quatre pieds avec une surface utilisable légèrement supérieure à sa base de sustension, une position haute dans laquelle le plateau est placé franchement au-dessus du socle par rapport auquel il reste centré. Dans chacune des positions précédentes, haute et basse le plateau qui est formé de deux panneaux montés à charnières l’un sur l’autre, est susceptible de pivoter horizontalement autour d’un axe et on peut alors rabattre le panneau supérieur autour ‘des charnières par rapport au panneau inférieur.

On peut ainsi utiliser la table à des usages Variés par exemple : 1° Position basse non dépliée; table de studio pour bibelot ou livres. 2° Position basse, dépliée. Table à thé. 3° Position haute non dépliée. Table à tous usages pour écrire, travailler, etc. 4° Position haute ‘dépliée. Table de salle à manger.

En raison d’une disposition d’articulation à tringles faciles à manœuvrer et particulièrement rigide, la table a une stabilité absolue dans toute les positions et peut supporter sans inconvénient des poids considérables. A cet avantage s’en ajoute un autre : le dispositif d’articulation est conçu de telle façon que le dessus -de table est, dans sa position haute, parfaitement centré par rapport aux quatre pieds -du socle c’est-à-dire qu’il se trouve exactement à l’aplomb de sa position basse, ce qui assure à la fois l’élégance de la table et son confort. Les convives assis tout autour ont toute la place désirée pour y placer leurs jambes et leurs pieds sans y heurter les montants du socle.

Une description d’un mode de réalisation de l’invention est donnée ci-après en référence au dessin annexé dans lequel : La fig. 1 est une vue perspective de la table dans la position basse panneaux dépliés. La fig. 2 est une vue analogue de la table dans la position haute panneaux déployés. Les fig. 3 et 4 sont des vues en coupe longitudinale de la table respectivement dans les positions haute et basse. La fig. 5 est une vue de dessous montrant le cadre et le dispositif de pivotement -des panneaux.

La table comprend un socle 1 en bois sur quatre pieds 2, un groupe de deux panneaux articulés à charnière qui sont représentés rabattus l’un sur l’autre sur les fig. 1 et 3 et déployés sur la fig. 2. Ces éléments sont reliés par un dispositif de cadre et de tringlerie. L’un des panneaux, le panneau inférieur 3, est posé- sur un cadre en fers plats 5, rectangulaire qui comporte une barre transversale coudée 6 avec un trou pour un pivot. Ce pivot 7 est solidaire de la plaquette 8 vissée sous le panneau 3. 11 est fileté et un écrou 9 maintient le contact entre la plaquette 8 et la barre transversale 6. Le panneau peut ainsi pivoter horizontalement par rapport au cadre. Il comporte en outre quatre plaques vissées ayant chacune une languette deux fois coudée; l’une des plaque 10 à languette 11 glisse quand la table tourne le long de la barre plate circulaire 12, ce qui assure la solidarité «du panneau 3 avec le cadre pendant le pivotement dudit panneau. La barre 12 comporte deux butées 14 d’arrêt du pivotement. Les trois autres plaques 13 sont destinées en raison de leurs languettes 15 qui se placent en face de trois prolongements 17 du cadre, à assurer la liaison rigide ‘du panneau 3 avec le cadre 5 dans la position initiale, celle de la fig. 1.

Le mécanisme permettant d’élever l’ensemble constitué par les deux panneaux 3, 4 et le cadre 5 de façon à faire prendre à cet ensemble une position solide surélevée et centrée par rapport au socle 1 consiste en un système de tringles articulées entre elles. Les côtés les plus longs du rectangle constitué par le cadre sont en fer replié sur la plus grande partie de leur longueur. Sur leurs parties pliées verticalement 19 sont articulées deux paires de compas 20, 21, 22, 23 susceptibles de s’ouvrir en pivotant autour_ des axes 24 (fig. 3) et articulées d’autre part sur ‘des équerres 25 fixées au socle l; La fig. 3 montre les compas ouverts, leur axe d’articulation commun ayant dépassé la verticale de leurs articulations d’extrémité, à la suite d’un pivotement suivant les flèches F. Les branches inférieures de ces compas s’appuient contre les côtés transversaux du socle.

Pour assurer la rigidité de l’ensemble dans la position haute (fig. 3) on a disposé de chaque côté du socle une tringle 26 qui est articulée sur une biellette 27 articulée elle-même sur une équerre 28 fixée sur un des côtés longitudinaux de socle. Une autre tringle 29 horizontale est elle-même articulée, d’une part, sur cette biellette et, d’autre part, sur la branche inférieure 20 d’un des compas. Cette disposition donne une rigidité absolue à la table et une grande solidité dans sa position haute. Elle permet l’élévation des panneaux qui, en fin de mouvement, se trouvent disposés toujours centrés par rapport au socle. Il ‘n’y a pas de déplacement latéral et tout se passe comme si le dessus de table s’était déplacé suivant un mouvement de translation rigoureusement vertical, Il est alors aisé de faire pivoter les panneaux puis de les déployer, si on le désire, pour former une grande table de salle à manger (fig. 2).

Diverses modifications peuvent être apportées dans le détail des articulations, par exemple dans le mode de fixation des équerres d’articulation des bielles et biellettes sur le socle et aussi, bien entendu, dans la forme de ce socle et dans la matière dont il est constitué. On pourrait aussi modifier le dispositif de pivotement des panneaux et leur mode de rabattement. Toutes ces modifications et d’autres analogues peuvent être faites bien entendu sans sortir du cadre de la présente invention.

Résumé :

1° Table transformable comportant sur un socle préférablement rectangulaire à quatre pieds deux panneaux. articulés à charnières rabattus l’un sur l’autre et qu’on peut déployer pour agrandir la surface utile de la table, le panneau inférieur étant monté sur un cadre susceptible de soulever l’ensemble des deux panneaux pour leur faire occuper une nouvelle position surélevée sans déplacement latéral final, ce cadre étant articulé à cet effet sur ce socle au voisinage des angles de ce demier, au moyen de deux paires de compas. chaque paire ayant un axe commun parallèle à deux côtés du socle, deux desdits compas, montés sur le même axe, étant en outre articulés par leurs extrémités inférieures au moyen de deux tringles sur une biellette qui est articulée elle-même en un point assez voisin des extrémités des autres côtés dudit socle.

2° Le panneau inférieur est monté pivotant horizontalement sur une traverse du cadre, le pivot étant décalé de façon qu’après pivotement des panneaux d’un quart de tour par rapport au cadre et déplacement de ces panneaux la surface utile soit toujours centrée par rapport à la base de sustentation du socle.

3° Le panneau inférieur est verrouillé sur le cadre par un dispositif qui empêche le soulèvement du panneau par rapport au cadre tout en en permettant le pivotement et. qui est constitué par des plaques à languettes, deux fois coudées, fixées sous le panneau. l’une des languettes étant susceptible de coulisser sous une traverse courbe du cadre et les deux autres d’entrer en prise avec deux barrettes prolongeant deux des côtés du cadre.

4° Les positions qui peuvent être prises par la table sont les suivantes : a. Position initiale basse, compas fermés, le cadre qui supporte le panneau repose sur le socle. b. Position haute, compas déployés, le cadre s’est élevé et les panneaux restent centrés par rapport au socle. c. Dans ces deux positions, les panneaux peuvent être repliés et reposer l’un sur l’autre ou être déployés, ce qui double la surface de la table.