mardi 12 juin 2012

René Gabriel // Appartement témoin Perret

ph. Eric Garzena - Pierre Gencey

Petite séance de photographies nécessaire pour obtenir des "visuels" de l'Appartement témoin Perret. Absence de lumières ajoutées, recherche d'un équilibre entre les noir-et-blanc et les couleurs correspondant à une époque "d'avant la couleur", où les volumes importent autant que les jeux de coloriste. Une occasion pour redécouvrir le séjour de René Gabriel présenté en 1947 (Exposition internationale // urbanisme et habitation) et reconstitué dans l'Appartement témoin Perret au Havre avec quelques céramiques pour les amateurs du genre - comme celles du maître Pigaglio ou du jeune Apollon...

Shooting needed to get a "visual" of the Appartement témoin Perret. Absence of added lights, finding a balance between black & white and color corresponding to a time "before the color", where volumes are as important as colorism. An opportunity to rediscover the living room of René Gabriel in Le Havre model apartment and some ceramics for fans - such as the master Pigaglio or the young "Apollon".

Inutile de dire, de revenir, sur la conséquence du passage à la couleur vers 1955. Entrons donc dans la construction d'une photographie que nous chercherons "perceptive" et non "techniquement vraie".




Ci-dessus. Voici deux choix entre le noir-et-blanc tiré du numérique (un peu plat quand on repense à l'argentique) et une version avec couleur ajoutée grâce à un calque réglé à 70% de transparence. N'est-ce pas proche, à défaut d'une réalité technique, des tonalités que l'on mémorise ? Un équilibre à rechercher dans la perception des effets de volume, de transparence, de couleur, sans compter une texture qu'il faut rendre visible mais sans la totalité des détails. Comme dans un regard.

Tenter de retrouver une mémoire du lieu, sans tricher dans une vérité technique qui sature tout, sans ajouter la petite pointe de rouge d'une option mensongère d'un bonheur imaginaire, vague souvenir d'un feu de bois par temps froid ("réchauffer les couleurs").

Simplement pour la démonstration, voyons ci-dessous les trois versions : le mélange au 2/3 de noir-et-blanc dans un équilibre un peu étrange mais acceptable dans la perception, le noir-et-blanc pur qui ne laisse place qu'aux volumes, et la couleur pure qui écrase les volumes et devient un jeu plat fait de mosaïque (vite lassant).

Dernière option possible pour garder la couleur totale : serrer le plan avec des flous puissants autour de l'objet. Une bonne ruse mais nous n'aurions plus la possibilité d'un plan large... Ce qui était la contrainte : souvenir d'un lieu que l'on mémorise plus dans l'ensemble qu'à partir d'un recoin.




Fin de la séance et changement de mobilier pour l'exposition à venir sur le mobilier de sinistrés. Mise en place des fauteuils de 1945, toujours de René Gabriel. Photographies pour mémoire...