samedi 28 avril 2012

Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen


stand de J.-B. Bouvier

Du changement ! A la célèbre adresse des puces de Saint-Ouen "Marché Paul Bert, allée 6, stand 91", nous découvrons désormais la galerie de l'artiste Jean Baptiste Bouvier (supermoderne), exposant le mobilier français d'après guerre. Le cercle s'élargit, et le mouvement s'accélère. Contrairement à l'usage, sa sélection ne va pas tant vers les objets du "Pop 1950's" qu'en direction des tons subtils, des bois clairs, de la simplicité et des finitions du style Reconstruction. René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault et Raphaël sont à l'affiche pour l'ouverture de la galerie - le premier week-end de mai... La question mérite d'être posée : qui est Jean-Baptiste Bouvier ?

Change to the famous address of Saint-Ouen flea Market "Paul Bert, went 6, stand 91", now we discover gallery of the artist Jean Bapiste Bouvier, exposing French postwar furniture. The circle widens, and the movement accelerates. Contrary to custom, his selection does not move towards the objects of "1950's pop" but towards subtle tones, light woods and simplicity of reconstruction style. A poster for the opening of the gallery (May, first weekend): René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault, Raphael... Question worth asking: Who's Jean-Baptiste Bouvier?


la pittura e cosa mentale


Ce n'est pas ici un blog pour chiner dans ce stand mais il faut savoir que l'on y trouve pas mal de choses intéressantes : mobilier pour sinistrés de René Gabriel, meubles ABC de Roger Landault, quelques chaises de Jacques Hitier et, enfin, une bien belle série de Marcel Gascoin (chaise, étagère murale, chevet à abattant). Passons sur cette liste pour regarder et fouiller sur internet la vie de celui qui a osé cet acte, bousculant les préjugés sur le fiftease et nous ramenant vers une certaine sagesse.

Bien entendu, toujours une même génération... Toujours dans un univers mental et pictural où se mêlent architecture, dessin, photographie, graphisme, avec un attachement particulier à la perception et à la réception. On découvre ainsi, caché derrière le nom de Jean-Baptiste Bouvier, un artiste né en 1973 et passé par la Villa Médicis, avec une formation poussée et un goût pour la peinture, le dessin, le détail. Profitons-en pour une digression...

Nous ne pouvons qu'aimer le jeu en tension d'une représentation de l'objet-chose et de son monde-environnement... Un regard portant sur l'abîme romantique, depuis son bord exterieur, à l'extrémité où s'opère sa dissolution. Avec un intérêt pour cette petite phrase de Léonard de Vinci qui ouvre une question hautement importante parmi celles de la Renaissance — non pas la célèbre perspective mais l'inscription de la chose dans le monde mis en perspective — où l'on pose le paysage, le sfumato, la limite, le contour, l'extrémité indéfinissable du trait : "Ce sont les extrémités qui confèrent de la grâce à toutes choses ou les en privent".

Là, où certains attendent encore des ornements pour s'attacher à la chose ;là, où d'aucuns cherchent avec une vanité moderne la netteté d'une frontière et d'une catégorie ; là, enfin, où les plus subtils voient la limite impossible de tout être... Une adhésion, une approche, une frontière floue.

Dans cette petite chose "à la limite" réside une délicate question philosophique sur l'art : net, le contour distingue l'indistinguable ; flouté, le contour ancre à nos yeux la chose dans son environnement et transforme le tout, faisant de la diversité une unité. La question parait lointaine mais elle est pourtant proche du centre : sentiment trouble autour du "lien" qui s'opère à cet endroit, un lien qui obsède, un lien que l'oeuvre doit assumer avec simplicité dans la qualité des "finitions".


Biographie de Jean-Baptiste Bouvier (via supermoderne)


"Après cinq années d’études aux Beaux-Arts puis à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Jean-Baptiste Bouvier obtient le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) en 1998.

C’est à cette époque qu’il s’installe dans un ancien atelier de tanneur du XVII ème siècle situé dans le centre historique de la capitale alsacienne et s'engage dans une carrière de peintre qui le conduira à exposer régulièrement à Paris, Bâle, New-York ou encore Berlin.
En 2003, il obtient une bourse d’étude afin d’effectuer un séjour d’un mois à la Villa Médicis à Rome, voyage qui le marquera profondément et transformera son travail d’une façon déterminante.

Cet environnement artistique et historique l’amène dès la fin des années 90, à s’intéresser d’une manière enthousiaste et hétéroclite à divers domaines comme l’architecture gothique, la photographie du XIXème siècle et le mobilier du XXème siècle.
C’est d’ailleurs dans le domaine de la conservation du patrimoine qu’il remplit de 1999 à 2002, une mission d’Attaché de conservation en charge de la médiation culturelle à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.
Peintre, amateur d’art, collectionneur, responsable culturel, il mène dès lors plusieurs activités qu’il considère complémentaires voire indissociables.

De 2002 à 2004, la ville de Rouen le charge, dans le cadre d’une commande publique, de la conception et la réalisation d’un espace pédagogique destiné à l’explication d’un monument de la ville particulièrement impressionnant et touchant, l’Aître Saint Maclou, un ossuaire datant du XVIème siècle.

Ce projet réalisé, il décide de devenir antiquaire et ouvre sa première galerie dans le 7ème arrondissement de Paris.
En 2005, il entame une collaboration avec les galeries Markus Winter de Berlin et V&A de New York qui présentent son travail de manière permanente.
Son métier d’antiquaire inspire et nourrit sa peinture.
Son travail de peintre affine son regard de galeriste.

Ce mélange des genres, ce goût pour les croisements, les télescopages, l’amènent à organiser à Berlin en 2008 une exposition intitulée RETRO dans laquelle il présente et tente de mettre en perspective les œuvres de designers du XXème siècle avec les travaux d’artistes contemporains travaillant sur les grands standards esthétiques et historiques.

En 2009, un nouveau projet intitulé LA FIN, lui permet de développer avec le soutien du Domaine National de Versailles, une série de peintures et de poèmes autour du Petit Trianon. Une fois encore, l’art et l’histoire sont au centre de ses préoccupations.

Il crée en 2010 SUPERMODERNE et ouvre une galerie dans l’allée 6 du Marché Paul Bert aux Puces de Paris-St-Ouen.

Ce nouveau projet est pour lui l’occasion de présenter les réalisations des principaux designers français des années 50 et de la Reconstruction tels que Pierre Paulin, René-Jean Caillette, Mathieu Matégot, Roger Landault ou René Gabriel.

On le voit dandy, il joue pourtant au foot tous les soirs avec son chien Aldo, un Parson Russell Terrier vif et affectueux.
d'après Jean-Baptiste Bouvier

 


Le peintre Jean-Baptiste Bouvier (via wix - superjbb)

Voir le texte Supermélancolie et romantisme contrarié. par Aldo Beccari







stand de Jean-Baptiste Bouvier - ph. Carole Daprey