samedi 28 janvier 2012

Nordiska Kompaniet // Cité de Malmö

Cité jardin de malmö, 1942-1948, via Malmo.se

Epargnée dans une sombre époque, la Suède est l'un des seuls pays européens à poursuivre les recherches en architecture pendant la Seconde Guerre mondiale. La cité jardin de Malmö montre ainsi l'aboutissement de certaines doctrines régionalistes : passionnant, tant pour le traitement paysagé que pour l'aménagement intérieur. Ici ouvre aussi, vers 1945, l'un des premiers logements témoins d'Europe. Il connait un grand succès et devient la visite incontournable des architectes de la Libération fascinés par le modèle scandinave. Aux côtés d'Alvar Aalto, on y découvre - bien plus nouveau - les meubles de la Nordiska Kompaniet d'Elias Svedberg, dans un décor d'Astrid Sampe (voir Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet).

In a dark time, during the WW2, Sweden is one of the few European countries to continue architecture research. The garden city of Malmö show the result of a singular regionalist doctrines : exciting, both for the landscape conception for interior design. Here also, in 1944, one of the first open model appartment in Europe. It's a great success and a classical visit for architects during post-war period, fascinated by the Scandinavian model. Alongside Alvaar Alto, we discover - new time - furniture designed by Elias Svedberg, in a Astrid Samper decor.


Le site web suédois Ravjagarn évoque non seulement les intérieurs d'Astrid Sampe (qui impose internationalement le goût pour les tissus et les plantes) mais on y découvre aussi cette cité jardin de Malmö (près de Copenhague). Réalisé par Erik Bülow-Hübe (plan urbain), Eric Sigfrid Persson et Svenivar Ekstrand (architectes), William Nersing (paysagiste), les maisons sont construites entre 1942 et 1948 comprenant plus de 200 logements allant de 77 à 130 m2. Ce devait être la réponse de Malmö à la cité de Stockholm par Olle Engkvist. (construction de Malmö).

Si Persson est désigné comme maître d'ouvrage, il s'est cependant intéressé de très près à l'architecture et a souvent dessiné les plans des maisons qu'il a construites en collaboration avec un architecte qualifié. Si le style régionaliste est très marqué par les matériaux et les volumes, les inventions sont nombreuses. On y note déjà le rapport particulier entre espace public et privatif, les haies et clôtures disparaissent au profit de bosquets dont les essences sont choisies. La grande majorité des logements sont sur deux étages, avec patio associé et à l'étage, les chambres s'ouvrent sur cet extérieur avec un grand balcon, forme attrayante d'un luxe au quotidien.



logement témoin de la cité-jardin de Malmö, via Ravjagarn



même logement, via Décor d'aujourd'hui n°35, 1946


Outre l'invasion végétale comme l'aime Astrid Sampe, l'équipement des intérieurs est tout aussi révolutionnaire avec l'apparition de meubles intégrés à claire-voie entre la cuisine et le séjour (principe que René Gabriel réalise au même moment en France à Roubaix-Tourcoing dans une cité-jardin construite entre 1943 et 1945). Le mobilier d'Elias Svedberg fait sa première grande apparition ici, également dans un aménagement d'Astrid Sampe. Produit pour le grand magasin de Stockholm, la Nordiska Kompaniet, les meubles suivent des modèles de série qui portent le nom de «Triva».

Pour ceux qui n'auraient pas fait le voyage à Malmö à cette époque, l'une des maisons suédoises de l'Exposition internationale de 1947 à Paris (Exposition internationale // urbanisme et habitation)  donne l'occasion de découvrir ce mobilier et toute l'avance de ce pays en matière de préfabrication, non seulement dans les meubles mais aussi dans l'architecture. Des maisons préfabriquées qui seront également construites en Normandie pour les sinistrés...




Maison STEX, via Architecture française, juillet 1947


Salon

terrasse


galerie et salle à manger


cuisine


bibliothèque


chambre d'ami

La maison suédoise STEX est publiée dans de nombreuses revues d'architecture et de décoration ; elle est l'une des grandes vedettes de l'Exposition de 1947. La revue l'Architecture Française, n°71-72, publiée en juillet 1947, en donne le meilleur reportage et édite un court texte (p.37) qui résume l'admiration portée par les architectes français pour les productions suédoise :

Des essais de maisons préfabriquées furent faits en Suède, dès le 18e siècle. Une des maisons réalisées à cette époque : le« pavillon chinois» de Drottningholm, près de Stockholm, constitue une preuve remarquable de la qualité et de la durabilité des maisons suédoises. L’industrie moderne des maisons préfabriquées a été créée vers 1920. La vente de ces maisons était tout d’abord destinée à l’intérieur de la Suède, mais bientôt l’étranger porta un intérêt grandissant aux maisons suédoises, qui depuis leurs débuts se caractérisent par leurs bas prix de vente, leur construction soignée, par le choix rigoureux de la matière première ainsi que par leurs bas frais de montage.

A part dans les grandes villes, les Suédois habitent généralement des maisons de bois. Le bois reste en Suède le matériau de construction préféré et communément employé. La maison en bois résiste aux rigueurs du climat nordique, et, facile à travailler, assure le confort de ses habitants. Depuis les dernières décades, des maisons en bois, préfabriquées, ont été construites par dizaines de mille autour des principales villes et centres industriels de la Suède. La production. a d’ailleurs été vérifiée de très près tant pour la qualité du matériau que pour la fabrication. En dehors du contrôle exercé par le fabricant, les contrats de livraisons stipulent que l’acquéreur d’une maison est en droit non seulement de vérifier la fabrication à l’usine mais s’engage à y envoyer ses vérificateurs ou à mandater un organisme impartial pour exercer ce contrôle.

En 1940 les usines principales de Suède se groupèrent en une association des Exportateurs suédois de maisons préfabriquées en bois la «STEX». Groupant 17 usines, ultra-modernes, la STEX a une capacité de production de 10.000 habitations par an, représentant une consommation de 425.000 mètres cubes de bois. Le prototype dont nous vous présentons les plans et photos, a étudié par l’architecte Sven Ivar Lind. C’est en quelque sorte un avant-projet qui subira vraisemblablement des modifications avant d’être exporté en grande série.

L’aménagement complet intérieur a été fourni par la « Nordiska Kompaniet». Le chauffage central est assuré par un système de circulation d’eau chaude avec ‘radiateurs dans chaque pièce. La chaufferie y est prévue en sous-sol. L’aération de la cuisine, de l’office et de la lingerie est assurée par un système de ventilation électrique aspiration, reliant à une cheminée d’évacuation le fourneau, le séchoir et la machine à laver.