dimanche 21 février 2016

Le Havre // sauvé par les Monuments historiques

Les îlots d'habitation V40 et V41 de l'Atelier Perret "Monument historique"

C'est un scoop de France-3 Baie de Seine (15 février). Il faut féliciter Fred et Pascal, résidents et défenseurs des "ISAI" (blog ISAI-lehavre), à l'initiative de cette demande, et tous les autres copropriétaires qui ont approuvé à l'unanimité. Nous le savons, tous, ici et ailleurs, malgré l'Unesco, le Label XXe, l'AVAP, "Ville d'art et d'histoire", et toutes les initiatives prises par la Ville depuis quelques années, le centre reconstruit n'était pas à l'abri des destructions et des restaurations destructrices. Beaucoup les ont remarquées le long de la rue de Paris où les finitions, qui signent la qualité du béton Perret (banché, ciselé, grésé, bouchardé, lasuré), ont été effacées par un sablage grossier ou cachées sous un indécrottable barbouillage de peinture grisâtre ou marronnasse. Il fallait en revenir aux bons vieux "MH" qui marquent l'aboutissement d'un travail de valorisation, et un soulagement car on peut aujourd'hui compter sur les habitants pour défendre indépendamment leur patrimoine. Quelque soit l'avenir, la reconstruction n'est plus sous la menace d'une incompétence de décision ou d'expertise. Non seulement les façades sont protégées, mais aussi les espaces communs (cours, halls, escaliers), l'intérieur du café "Au Caïd", ainsi que deux logements, dont l'Appartement témoin Perret. Question prestige, chaque lieu va pouvoir arborer la célèbre plaque émaillée au labyrinthe. Quant aux arguments, inutile de les lister, ils sont illustrés dans les photographies ci-dessous : la bonne préservation du bien et la continuité entre intérieurs et extérieurs, depuis l'échelle monumentale des perspectives donnant sur l'église Saint-Joseph et l'Hôtel de Ville, jusqu'aux détails qui entourent chaque porte d'entrée. Un exemple, pour l'anecdote, les poignées dans les halls : en acier peint dans les immeubles bas et en inox dans les tours, en fonction du nombre de passage. C'est un cas parmi tant d'autres, permettant d'illustrer le sens tout "perretien" de l'économie et du détail....

France-3 Television News : two buildings in Le Havre have been registered as a historical monument. Congratulate Fred and Pascal, residents and defenders of Perret (blog ISAI-lehavre), on the initiative of this application, and all owners have unanimously approved: they saved ISAI of Le Havre, two blocks, the V40 and V41. We know, despite Unesco, the rebuilt city is not safe from destruction or destructive restorations (as can be seen along the Rue de Paris where concrete –  shuttered, chiseled, bushhammered – were removed by violent sandblasting or hidden under a brow painting). For ISAI, it will not be the same register, and one can rely on residents to defend their position in front of administration, in every detail. Not only the facades were classified but also public areas (courses, halls, stairs), inside the cafe "Au Caïd" and the Perret Show flat with furniture. This is, for me and for others, a relief: whatever the future of this heritage, it no longer belongs only to the Municipality initiatives. Finally, a question of prestige, each of these places will soon be able to wear the famous enamelled plate maze. As for the arguments validated by the commission, they are shown in the photographs below: the preservation of the property (only windows have been replaced) and continuity between interior and exterior, from the monumental scale given by prospects on Saint-Joseph Chuch and Hotel de Ville, to details and finishes around all doors. A small example for the record, the door handles: in painted steel for low buildings, in stainless steel for towers, spends more people ... One case among many other, but it shows that even the smallest nooks, is found everywhere the Perret principle.

mercredi 27 janvier 2016

Concours 1955 // Centre technique du bois

ARP, 1er Prix du CTB

Probablement insatisfaits par les choix du ministère en 1954 (concours 1954-1955 // Ministère de la reconstruction), les créateurs de meubles effectuent un rattrapage au Salon des arts ménagers en mars 1955. Ils exerçent certainement des pressions sur le Centre technique du bois (CTB, fondé en 1952) afin qu'il organise un concours parallèle. Il s'agit de sortir des propositions où les techniques avancées par Gascoin et Gabriel sont exagérées et s'appauvrissent dans un "style social", au lieu de s'améliorer et de s'ennoblir comme le désiraient les fondateurs. Un problème anticipé par Jacques Viénot avant-guerre, celui-ci voyant le meuble économique comme une équation aux solutions rares... Mais il imagine aussi une sortie tournée vers l'avenir. Si les budgets minimalistes obligent une réduction au départ (économie des matières, des gestes, etc.), il faut tabler sur un enrichissement futur, grâce aux investissements industriels et au pouvoir d'achat d'une clientèle élargie. C'est le pari de ce second concours présenté en 1955, où les prix sont relevés de 50% à 100%. Débarrassés d'une contrainte financière excessive, les candidats montrent une créativité débordante. Toutefois, un basculement se perçoit dans cette réorientation. La puissance de séduction ne réside plus dans l'idée d'un luxe accessible à tous, moins encore dans la quête classique d'une esthétique fondée sur une logique intemporelle. On ne rêve plus d'un idéal de société mais de nouveauté. Dans cette logique de mode, la modernité passe dans l'apparence et l'innovation pèse plus que la personnalité ou la qualité. Dernier changement, le ministère ne va promouvoir que ses propres candidats, sans s'occuper des résultats du nouveau concours. C'est le début d'un divorce entre État providence et marché libéral. Bien que le bois domine encore, l'événement est sur le corde raide, dans un " style reconstruction " (classique, utopique, porté par l'État) prêt à basculer dans le " style 50 " (moderne, artistique, d'essence libérale). Ci-dessous, en illustration, les ensembles primés illustrés dans Meubles et décors d'avril 1955 avec ARP, Roger Landault, Robert Debièvre, René-Jean Caillette, Louis Paolozzi, Jacques Hitier, Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

Probably dissatisfied with the awards distributed by the Ministry of Housing and reconstruction, at the end of 1954, the Association des créateurs de modèles (ACMS) makes a catch in 1955 Salon des arts ménagers, certainly weighing on the Technical Centre of Wood and Furniture (CTBA, founded in 1952) that he organizes another competition. It is out of such proposals where the advanced methods by René Gabriel and Marcel Gascoin are visible but getting poorer and sink in a "social style", instead of ennobling both as desired founders. In fornt of industry that has gripped in pragmatic ways, mannered and material of reconstruction, we must rebound. In the CTBA competition, Rate undergo an increase of 50% to 100% with the avowed aim of promoting prospective, focused towards new techniques. Around Gascoin, candidates show boundless creativity. However, tipping is perceived in this shift: the power of seduction lies not in the idea of ​​a luxury for all, still carrying a classic principle but in a radically modern force of renewal. The creators are faced with the obligation to invent: the furniture definitely enters a mode logic, where innovation weighs more than the personality or quality. Other failover, the ministry will continue to promote their own candidates while the second contest will remain in relative anonymity. All this clearly marks the transition between the "style reconstruction" (classic, helped by the government) and "style 1950" (modernist, liberal). Below, illustrationfrome Meubles et décors in April 1955 with ARP, Roger Landault Robert Debiève René-Jean Caillette Louis Paolozzi, Jacques Hitier Gustave Gautier, Louis Sognot, André Simard, etc.

samedi 23 janvier 2016

Candilis II... le retour // vente Leclere

Présentation du mobilier Georges Candilis de la galerie Clément Cividino

Après un article rédigé il y a presque deux ans (Candilis // Artcurial vente du 19 mai), il faut revenir sur ce sujet qui fait boule de neige depuis la préemption du Centre Pompidou. Un article de L'Indépendant a depuis donné les circonstances de cette redécouverte : " Pour en arriver là, il a fallu le lent et minutieux travail de Clément Cividino, l'artisan de la renaissance de l'Hexacube de Candilis qui a conçu l'exposition présentée à Leucate pour le centenaire de l'architecte en juillet 2013. "En 2004, tout ce qui était encore sur place aux Carrats a été jeté dans deux bennes avant que la saison ne commence. Ce mobilier en bois ne correspondait plus aux exigences des normes de sécurité", raconte Clément Cividino qui a retrouvé, quelques années plus tard, lors de ses recherches sur Candilis, les rares chaises et tables abandonnées sur place dans des placards. Personne ne s'intéressait alors à Candilis… Mais la passion et la détermination ont fini par porter leurs fruits pour ce collectionneur atypique. " Il faut toujours en passer par cette phase de rejet, de détestation, de re-normalisation, parfois de destruction, pour ensuite re-découvrir. Chacun comprend désormais l'intérêt de l'hyper-simplicité du brutalisme rationnel de Georges Candilis et d'Anja Blomstedt. Qui peut, aujourd'hui, ne pas avoir de sympathie pour ce moment où l'on voulait réduire, démultiplier, alléger l'habitat, et finalement s'en désaliéner afin d'être toujours plus libre et plus humain. Un sommet atteint plus tard, visible en détail à travers deux beaux articles consacrés aux Hexacubes, dans As-tu-déja-oublié  et dans archipostalecarte. Après la redécouverte, chacun attend désormais la renaissance. Mais ces beaux meubles scolaires qui nous replongent dans les Goldens Sixties, ne doivent pas faire oublier que les Seventies qui vont suivre étaient plutôt une utopie pour adultes. Peut-être la fin de la projection du rêve encore normatif issu de la reconstruction ? Mais voilà presque 50 ans que nous rétro-pédalons. Le monde s'enferme, s'encombre, s'alourdît pour se protéger d'un je-ne-sais-quoi qui a fini par devenir quelque-chose, suivant le principe de la prophétie autoréalisatrice. Maintenant, ça suffit. Souhaitons que cet intérêt soit le signe précurseur d'un intelligent retournement. Ci-après le mobilier de la vente Leclere du 9 février 2016...

After an article published two years ago, we must return to this subject that snowballed since the acquisition by the Centre Pompidou. An article in L'Independent gives the circumstances of this discovery: "To get there, it took the slow and painstaking work of Clement Cividino, the architect of the renaissance of Hexacube who Candilis designed, an exhibition in Leucate for the architect's centenary in July 2013. "In 2004, everything was still there to Carrats was thrown into two buckets before the season begins. The wooden furniture no longer met the requirements of safety standards, "said Clement Cividino who found a few years later, during his research on Candilis, the few chairs and tables abandoned in place in cupboards. Nobody s' so interested in Candilis ... But the passion and determination finally pay off for this atypical collector." Always go through that rejection phase of detestation, re-normalization, sometimes destructive and then re-discover. Everyone now understands the value of brutalism and hyper-rational simplicity of Georges Candilis and Anja Blomstedt. Who can today have no sympathy for that moment when you wanted to reduce leverage, reduce habitat, and eventually alienate in order to be ever more free, more human. A peak later visible in detail through two fine articles on the Hexacubes in  As-tu-déja-oublié and archipostalecarte. After the rediscovery, everyone expects rebirth. But these beautiful school furniture that take us back in the Sixties Goldens, must not forget that the Seventies that followed were rather a utopia for adults. Perhaps the end of the projection of the dream still normative resulting from the reconstruction? But now, almost 50 years that we back-pedaling. The world is locked up, is a hitch, gets heavier to protect anything that eventually become something much, according to the principle of self-fulfilling prophecy. Now is enough. Let us hope that this interest is the early sign of a smart turnaround. Below Leclere sale, February 9, 2016 ...

vendredi 18 décembre 2015

Georges Tigien // le scoubidou hors Sognot

Publicité montrant le "laçage" dans une création de Georges Tigien, Maison française, janvier 1960, p.193

Un grand merci à Havoise Mignotte qui a découvert une splendide série de meubles, jusqu'ici faussement attribués à Louis Sognot. Connaissant bien l'histoire de l'architecture et de l'ameublement, actuellement en formation à l'école Boulle, elle a rapidement compris l'erreur d'identification. Si le fil dit " scoubidou " est utilisé sur des ossatures bois par René Gabriel (pour le service des constructions provisoires, en 1942-43) ou Louis Sognot (pour le mobilier primé par le Centre technique du bois, en 1955), ils n'ont pas l'exclusivité de cette alliance. Dans l'ensemble d'Havoise Mignotte, le fil plastique est présent sur quatre tabourets, un porte-bagages d'hôtel et une corbeille à papier. L'association en elle-même signale une destination vers l'hôtellerie, un premier indice pour certifier le milieu du 20ème siècle, lorsque ce secteur joue le rôle de client privilégié pour une production moderne en série. Toutefois, d'autres indices montrent que l'on se place bien après la reconstruction : les sections coniques ou rondes des pieds, l'épaisseur importante des lacets blancs, l'architecture décomplexée des profils, l'effet lourd sur léger, ainsi que le choix du teck situent vers l'extrême fin des années 1950, quand les scandinaves imposent leurs marques. Il ne reste qu'à fouiller les vieux numéros de Maison française... C'est alors que l'on redécouvre, à partir de janvier 1960, le nom de Georges Tigien dans la publicité. Il se retrouve en avril 1960 dans un article de Meubles et décors qui précise que sa " chauffeuse-dormeuse " se transforme sans l'aide d'aucun mécanisme " en " relaxe-télévision ", en lit ou en canapé ; les coussins sont en mousse de latex moulé ; le laçage en " fil Prenas, indéformable, incassable et inaltérable ". Créateur aujourd'hui inconnu, Georges Tigien a pourtant une marque graphique très reconnaissable grâce à ces épais joncs plastiques blancs formant des boucles sur les rainures latérales. Nul doute que son nom va désormais rapidement circuler chez les amateurs de vintage. Les formes simples, très épurées, les pieds ronds emboutis et collés, montrent un intelligent sens de l'économie, développé grâce à ce robuste matériau plastique. Plus caractéristique encore, le choix de recouvrir d'une laque satinée noire les montants en bois afin qu'ils laissent se détacher les fils blancs, amplifiant à l'extrême la distinction entre pleins et vides - contraste qui n'est pas sans anticiper la mode des décennies suivantes, surtout au début des 1980's... Mais non, là, c'est plus ancien. Sous le noir, ce n'est pas du toc, c'est du teck ! Pour le voir, ci-après, un ensemble vendu par Leclere à Marseille et quelques photographies prises par Havoise Mignotte...

Ajout du 12 février 2016 - suite au courriel d'Etienne Prénas : "Nous avons pris connaissance de votre mail et avons lu avec plaisir le blog. Cela a réveillé beaucoup de souvenirs à mon oncle et mon père Mrs Jean Claude et Dominique Prénas qui ont côtoyé en 60 Georges Tigien avec mon grand-père Pierre Prénas au moment de la mise au point du laçage de la gamme chauffeuse, lit, chaise et tabouret. J’ai dépoussiéré le dossier consacré à Georges Tigien (La Maison Européenne) et ai retrouvé un brevet Anglais de laçage de chaise datant de 1937 qui a inspiré Georges Tigien , lui-même a déposé un brevet sur le pliage de la chauffeuse avec le design qui lui est propre. Sur ces produits le revendeur de la partie ossature bois est Marcel Pradera à Pont-de-Poitte (Pradera Meubles (SA)). Ensuite les Ets Prénas ont développé leur gamme de lit , table et banc « Serein » voir la page histoire sur notre site pour les collectivités avec laçage sur cadre acier." Grâce à ce mot sympathique, nous devinons une belle aventure humaine où se rencontrent un créateur moderne et deux industriels dynamiques et inventifs. Nous pouvons aussi retrouver les brevets et ainsi dater précisément la technique laçage entre septembre 1958 et avril 1959, la diffusion débutant en janvier 1960.

A big thank you to Havoise Mignotte who discovered a series of splendid furniture, hitherto falsely attributed to Louis Sognot. Familiar with history of architecture and furniture, currently training at the Ecole Boulle, she quickly understood the misidentification. If the wire says "scoubidou" is used on wooden frames by René Gabriel (for the temporary buildings board, in 1942-43) and Louis Sognot (in 1955), they dont exclusive of this alliance. Overall Havoise Mignotte, plastic wire is present on four stools, a hotel rack and a wastebasket. The association itself indicates a destination to the hotel, the first clue to certify the mid-20th century, when this area acts as a preferred customer for a modern mass production. However, other evidence that we place well after reconstruction: conic sections or round feet, the large thickness white laces, the uninhibited architectural profiles, heavy effect on lightness and the choice of teak date later 1950s, when the Scandinavian impose their brands. It remains only to search the old numbers of Maison française ... It is then that we rediscover, starting from January 1960, the name of Georges Tigien in advertising. He finds himself in April 1960 in an article of Meubles et décors which states that its "fireside-sleeper" turns without using any mechanism "to" relax-TV "in bed or sofa, the cushions are molded foam latex. The lacing "Prenas wire, dimensionally stable, unbreakable and unalterable" Unknown Creator today, Georges Tigien however, a graphic mark very recognizable through these thick white plastic rods forming loops on the lateral grooves. No doubt that his name will now move quickly in vintage lovers. Simple shapes, very clean, round feet stamped and glued, show an intelligent sense of economy, developed through this rugged plastic material. More characteristic again, choice of cover with a black satin lacquer wood studs so they leave detach the white son, amplifying to the extreme the distinction between full and empty - contrast that is not without anticipating the subsequent decades of fashion, especially in the early 1980's ... But no, it's older. Under the black, it's not fake, it's teak! To see, below, a set sold by Leclere in Marseilles and some photographs taken by Havoise Mignotte ...

mercredi 2 décembre 2015

Architecture de la guerre // du Havre à Paris

Préfabriquée d'urgence du MRU, à Pantin

Tout comme Eric (qui vient de faire cette découverte), Le Havre monte à Paris. Et voilà notre bout de province représenté par cette mini-maison préfabriquée du MRU, coincée entre deux pavillons de banlieue, à proximité des immeubles " à la Perret " de Denis Honegger. Une authentique 534.10 (exposition 2014 // habitat provisoire) est plantée là, toute petite, epsilon dans Oblivion, résidu d'une micro-histoire dont tout le monde se fout, autrefois collée au rêve d'une Sam'Suffit Front Pop', échouée sur les rivages noirs des camps de prisonniers, avant d'abriter les sinistrés de Province et les mal-logés de Paris. Quelle étrange petite baraque, n'est-ce pas ? Rêve prolétaire soigné, tellement déplacé, ici et maintenant, écrasé comme un fragment d'histoire que l'on voudrait ignorer. Eh bien, c'est fini ! Peut-être, demain, la maison sera-t-elle classée Monument historique ? Quoiqu'il en soit, il va falloir assumer cette période car la redécouverte d'Eric s'avère être un signe prémonitoire. En effet, Jean-Louis Cohen, titulaire de la chaire " architecture et forme urbaine " au Collège de France (conférence inaugurale du 21 mai 2014), prépare pour l'an prochain un cours sur l'architecture sous Vichy : cette période reniée dans le trauma de l'amnésie gaullienne va enfin être reconsidérée. Il faut que chacun assume son parcours, car l'historien annonce de belles découvertes dans l'émission de Christine Goémé (France culture - l'éloge du savoir), signalant l'absorption des logiques, des personnalités, des projets des années 1930 à l'intérieur de Vichy, avant d'être assimilé par le MRU... Va-t-il détailler les effets de la guerre sur l'architecture en France ? Peut-t-il dire que la chose est pensée avant-guerre, redessinée sous Vichy, et, en dernière étape, réalisée après la Libération ? Probablement... Va-t-il adopter le temps fluide de la micro-histoire des Petits-boutiens, souplesse qui s'oppose à la grande histoire (des guerres et des princes) par les Gros-boutiens ? Possible... Souhaitons que la querelle des Anciens et des Modernes, dans sa version Liliputienne, cesse enfin. Il faut que l'on voit les architectes-bienfaiteurs du 20ème siècle comme une étape entre les industriels-bienfaiteurs du 19ème et les designers-bienfaiteurs du 21ème : tous de puissants créateurs d'utopies, à la fois géniaux, fous, séduisants, dangereux, égoïstes, etc. Bref, complexes comme des humains ayant les leviers du pouvoir. Ceci étant dit, on pourrait commencer à identifier l'intérêt de chacun dans une part de générosité, celle qui tend a disparaître sous le règne totalitaire du rationalisme financier.

Like Eric (his discovery), Le Havre is in Paris. Our province represented by that prefab mini home, wedged between two pavilions suburb, near the buildings of Denis Honegger. 534.10 authentic is planted there, tiny, epsilon in Oblivion, residue of a micro-history that everyone cares, once stuck to the dream of a Front Populaire Sam'Suffit stranded on the shores black prison camps before disaster shelter Province and poorly housed in Paris. What a strange little hut, isn't it? Neat proletarian dream, so moved, here and now, crushed as a fragment of history that we would ignore. Well, that's it! Maybe tomorrow, the house she will be classified as a historical monument? Anyway, we have to take this period as the rediscovery turns out to be a premonitory sign. Indeed, Jean-Louis Cohen, holder of the chair "architecture and urban form" at the Collège de France (inaugural conference of May 21, 2014), is preparing for next year a course on architecture under Vichy denied in this period the trauma of a Gaullist amnesia will finally be reconsidered. Everyone must assume his career as a historian announced discoveries in Christine Goémé report (France Culture Radio), signaling the absorption of logic, personalities, of the 1930 projects within Vichy, before being assimilated by the ministry of reconstruction... Will it detail the effects of war on architecture in France? Can he say that the thing is thought prewar redesigned under Vichy, and in the final stage, performed after liberation? Probably ... Will he take the time to fluid micro-history of the Little-endian, flexibility, that opposes to the straight great history (wars, princes) by Big-endian? Possible ... hope that the quarrel between the Ancients and the Moderns, in its Liliput architectural version. It is necessary that we see the benefactors-architects of the 20th century as a step between industrial-benefactor of the 19th and designers-benefactor of the 20th : all powerful creators of utopias, both awesome, crazy, seductive, dangerous , selfish, etc. In short, as complex as human in possesion of power. That said, one could start identifying the interest of each in term of generosity, one that tends to disappear since the new totalitarism of a financial rationalism..