jeudi 6 décembre 2018

Conférence // ENSA de Paris-La Villette


Ci-après le brouillon d'une conférence donnée aux M2, avec un appel aux lecteurs de ce blog pour qu'ils soutiennent mes recherches en m'invitant pour des interventions, cours, conférences... J'ai constaté la nécessité d'un échange avec les écoles d'architecture, où l'on ne trouve presque aucun livre sur le design, le mobilier ou les intérieurs. Disons un sur Prouvé, un sur Perriand, un sur Starck, et quelques ouvrages tristement canalisés dans la "programmation". Que ces conférences puissent servir à recréer une relation entre ces deux corporations, c'est à souhaiter car je refuse de voir l'élève architecte continuer d'ignorer l'intérieur, ou l'élève designer vivre dans l'illusion d'un non-engagement extérieur. Il est impératif de rappeler ce qui a affaibli la capacité d'action de l'un et de l'autre au moment de leur séparation. Il fut un temps où architectes et designers s'associaient dans de véritables projets de société. Et puis, soyons simplement pragmatiques : il faudra construire avec du bois, de plus en plus. Si l'architecte veut faire autre chose que poser une "écorce" au dehors, il va devoir se retourner, regarder vers l'intérieur, réinventer les boiseries -pourquoi pas ?- ou penser aux meubles... Bref, s'associer au designer. Mais, pour cela, il faut avoir un minimum de bagages, cesser de croire que l'objet est un programme, que la décoration est un loisir, que le design est un relookage...

samedi 1 décembre 2018

René Gabriel // Grasse Patrimoine mondial





Graphisme floral pour New-York,1939 (réinterprété pour la Foire de Lyon et sur un papier peint)

En cadeau, un joli bouquet accompagné d'un mot à destination de la Ville de Grasse pour la féliciter au sujet de l'inscription de ses parfums sur la Liste du Patrimoine mondial de l'Humanité. Ce patrimoine dit " immatériel " est en réalité matérialisé par une foule de gens, de lieux, d'objets et de témoignages... J'invite les Grassois à se rendre d'urgence dans les locaux de l'Ensad afin d'y redécouvrir une recherche graphique singulière, qui sort des vieilles traditions et des habituels flaconnages... Nous sommes en 1939, l'Europe va bientôt s'enflammer, mais de l'autre côté de l'Atlantique, tout semble aller pour le mieux lorsque la New-York World's Fair prétend atteindre ce rêve inatteignable : " The world of tomorrow ". Ce sera l'une des dernières expositions internationales porteuses des grands espoirs progressistes. L'événement s'épuisera bientôt dans le modernisme " graphique " de l'Expo 58 à Bruxelles puis s'éteindra dans un ultime soubresaut, en 1967, à Montréal. Cette expression joyeuse, démesurée, globale, industrielle et assumée de l'idéal moderne finira par s'autodétruire après la remise en question idéologique de 1968 et les chocs pétroliers... L'Unesco mémorise involontairement quelques traces antérieures à cette désagrégation, cette prestigieuse ONG cherchant à classer des lieux qui expriment des produits, reflètent des territoires, se relient à des savoir-faire et, enfin, s'accordent à des mémoires... Dans cette cascade reliant le matériel à l'immatériel, quoi de plus symbolique que le parfum ? Rappelons qu'en 1939 la France ne voit pas de rupture entre l'art de vivre traditionnel de ses Provinces et l'exportation en masse de ses produits.

René Gabriel partageait aussi ce rêve global-régional, aimait la douceur des fleurs et probablement celle des parfums. Pour l'Exposition de 1939, il dessine une carte des produits régionaux et réalise un important stand pour les " Parfums de Grasse ". Dans cet objectif, il prolonge les expériences menées pour la promotion du papier durant l'Exposition de 1937 et réactualise son style graphique. Il le simplifie à l'extrême, atteignant l'épure de son motif préféré : les fleurs. Cette ligne nouvelle lui servira à scénographier les stands, à composer les invitations, à créer un décor pour de la vaisselle et quelques nouveaux papiers peints et formes en staff. Mais le plus impressionnant reste sa représentation de l'industrie du parfum, expliquée par des dessins légendés (en anglais). Pour la petite histoire, il réalise la même année un Mas à Peymeinade (qu'il s'agirait de retrouver) dans un luxe inédit relativement à ses habitudes. Cette commande architecturale " régionaliste ", unique et anecdotique, suit certainement une rencontre avec l'un des industriels de la parfumerie implanté dans la région. On remarque aussi un incroyable dessin gouaché figurant les cheminées fumantes au-dessus des usines produisant les parfums : le paradoxe est précisément celui-là. Car le parfum est aux odeurs ce que l'énergie est à l'entropie : pour une goutte de belle senteur, combien de puanteur ? Maintenant, nous ne voyons plus que cela, ce qui nous paralyse, ce qui a tué le rêve moderne. Mais Gabriel le voyait déjà et l'assumait dans une muséographie qui démarre des fumées de l'usine pour former de petits nuages où poussent des fleurs, comme dans les vertes prairies...

Ci-après, quelques exemples tirés des archives de René Gabriel portant sur les Parfums de Grasse - il doit y avoir une bonne centaine de documents déposés à l'Ensad sur ce sujet...


lundi 19 novembre 2018

Jean Fourastié // Philippe Herlin

Karl Lagerfeld portait le gilet jaune en 2008, avec dix ans d'avance naturellement ! 

Hommage aux classes moyennes. Bien qu'elles ne séduisent plus personne, jalousées d'en bas et méprisées d'en haut, elles représentent pourtant l'ultime trace d'un rêve passé dont l'avenir n'est jamais advenu : Trente Glorieuses qui durèrent vingt ans, période extraordinaire où les " masses " s'élevaient en bloc et partageaient une impression de richesse et un rêve de progrès ; ce temps passé où chacun était persuadé et satisfait d'être " moyen ", sachant de ce simple fait qu'il allait vivre mieux. Une époque lointaine, presque oubliée, inévitablement ignorée par ceux qui n'ont jamais eu besoin d'un " Grand Espoir ". Pourtant, je me souviens bien qu'il semblait ridicule de parler de ses ancêtres millionnaires, de ses grands-parents prolétaires, de ses origines étrangères - seule la réussite de tous au moment présent (ou dans un avenir proche) importait. Le racisme (ethnique, social, générationnel, sexuel) était en voie de disparition. Nous vivions dans un univers mental où régnait une sorte d'égalité des chances. Loin, aussi, le temps où les ruraux s'installaient en HLM, sourire aux lèvres, sachant qu'il s'agissait simplement du premier étage affiché dans l'ascenseur social. Ce n'était qu'une parenthèse : tout nous replonge désormais dans la société de classes (mais sans noblesse), dans cette horrifiante génétique des élites vantée par les blockbusters. Depuis, le sympathique individu moyen s'est fait ridiculiser par tous les géants du cinéma et par quelques nains de la politique. Il devient, aux yeux de la sociologie des millennials, un trans-classe dans une France désormais divisée en trois : les winners urbains, les losers périphériques, les outsiders banlieusards, banlieue qui ne fait plus " lien " dans un entre-deux mais se construit en " dehors ". Chacun cherche désormais à s'identifier au Bon, à la Brute ou au Truand. Aujourd'hui, dans ces trois France qui implosent, une seule chose reste partagée : le sentiment d'un effondrement imminent. Moral, écologique, économique, social ? Chacun saisit le scénario de son choix dans le film catastrophe de sa propre réalité quotidienne. Quel gâchis !

Pour lutter, il faut se souvenir. Relisant à sa manière Jean Fourastié, l'économiste Philippe Herlin (adepte de twitter), dans un ouvrage publié par Eyrolles, plus sérieux que ne le laisse entendre son titre racoleur (Pouvoir d'achat - le grand mensonge) repose des équations simples, celles qu'effectuait Fourastié : par exemple " emploi = consommation / production (locale évidemment) " ou ce calcul que j'aime particulièrement " prix réel = prix de l'époque / salaire de l'époque ". Pour ça, l'inventeur des Trente Glorieuses choisissait le salaire moyen (inutilisable aujourd'hui), Herlin prend le SMIC (loin des réalités aussi), des choix trop idéologiques à mon sens. Il serait plus rigoureux de choisir le salaire médian. Passons. Tout cela pour dire que la mathématique élémentaire de Fourastié-Herlin relate bien ce que tous les ex-moyens ont en mémoire : la vie s'améliorait jusqu'au milieu des années 1970, puis tout se dégrade de diverses manières. Loin de la politesse de l'INSEE dans sa définition du "niveau de vie", Philippe Herlin ajoute déjà l'immobilier. Ce n'est pas rien. Mais le plus sympathique pour les amateurs d'histoire du quotidien réside dans une foule de diagrammes en bâtons donnant l'évolution de la valeur des produits les plus banals : inévitable machine à laver, improbable camembert, délectable champagne... Tout y passe, et l'on y apprend pourquoi le prix du poulet chute alors que celui d'une séance chez le coiffeur reste inchangé. On y découvre la tension entre le progrès technique, la vente en masse, le nombre de travailleurs, la triste et peu rentable exportation de la chaîne de production, la fausse concurrence organisée, etc. Tout ceci est loin du rapport convenu entre " l'offre et la demande " (qu'il faudrait nommer théorie libérale du nez-dans-le-guidon). Malheureusement, dans cet ouvrage, il est peu question de mobilier ou d'architecture. D'autre part, le dernier chapitre insiste sur le logement, mais l'analyse est trop superficielle, plus instinctive que réflexive, pas ou peu documentée, donc décevante. Il est vrai que l'on veut toujours être constructif après avoir été critique, mais dans cet autre domaine il ne faut pas aller trop vite.

Il convient d'être plus subtil et de ne pas globaliser les Trente Glorieuses. Tout d'abord, divisons-les en trois sous-périodes : la reconstruction d'un idéal (1944-1954), l'expansion consumériste (1955-1968), le désenchantement idéologique (1968-1973). Regardons maintenant l'évolution de notre quotidien et de nos logements en fonction de ça. Observons, lors de la dernière phase, le début du revival des cités-jardins (anti-urbaines par essence) sous forme d'étalement pavillonnaire... Concluons. Ci-après, pour fuir la simplicité d'une relecture trop utilitariste de Fourastié, voici " La fin du Grand Espoir ", chapitre de conclusion d'un excellent article subtilement intitulé " Jean Fourastié ou le prophète repenti " (Régis Boulat, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2006/3 (no 91), pp. 111-123 - extrait de cairn info).


dimanche 18 novembre 2018

Modernité algéroise // No Francis Jourdain





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"Je suis sensible au mobilier de la reconstruction et je visite régulièrement votre blog que je trouve très instructif et plaisant à consulter. Je me permets de vous adresser ce mail car j'ai été intriguée par vos photos de détails du fauteuil conçu par Jourdain. Mes grands parents ont acquis dans les années 1945/50 des fauteuils très semblables, mais avec des motifs triangulaires plus étendus sur le dossier et les piétements. Ces fauteuils font partie d'un ensemble de meubles frappés de motifs identiques comprenant une table, un lit, une armoire, un buffet, etc ... dont je doute qu'ils aient été conçus par Jourdain. Ces meubles ont été achetés à Alger dans un magasin qui était "les galeries Barbès locales" (dixit ma grand mère). Je vous joins quelques photos des meubles en question. "

Merci à Anne Maquignon pour ce courriel. Il ne laisse planer aucun doute quant à la fausse identification de ce fauteuil célèbre : non, il n'est définitivement pas de Francis Jourdain. Certains connaisseurs, particulièrement avisés, le signalaient déjà comme une "production française des années 1940" et certaines petites annonces de particuliers, probablement informés relativement à la provenance de ce qu'ils mettaient en vente, lui donnaient au contraire une origine un peu plus exotiques, tantôt "algérienne", tantôt "marocaine", tantôt "Afrique du nord". Les deux ne sont pas contradictoires au début des années 1950 ! L'étude attentive de certaines variantes très travaillées avec des motifs "frappés" de triangles regroupés en croix et carrés, montrent l'inscription des ornements dans un art décoratif relativement singulier au sein des productions modernes. On parlait alors de "style colonial", ce qui correspondait à l'extension du "moderne rustique" hors de "France métropolitaine". On y retrouve le claustra, voir le moucharabieh, ce thème à la fois "oriental" et moderne, jazz et exotique. Il s'agissait de reprendre les formes issues de la production mécanisée en y appliquant les matières, les finitions et quelques discrets ornements abstraits puisés dans le répertoire local. Pas de contraction entre ces ornements et la modernité, donc, et moins encore concernant la ligne générale de ce siège évoquant sans complexe le "fauteuil planteur" (de la Craftsman chair au Mission style - en passant évidemment par le fauteuil Morris).

Cet ensemble acheté à Alger semble complet : les mêmes motifs se retrouvent en effet sur l'armoire, le buffet et le chevet, et montrent  qu'il ne s'agit pas d'une production de Francis Jourdain, mais bien d'une autre origine : très probablement, comme le disait la grand-mère d'Anne Maquignon, les célèbres Galeries Barbès qui étaient implantées à Alger, rue Michelet (actuelle rue Didouche-Mourad). Ceci explique la relative abondance de ces fauteuils dans les ventes. Ils démontrent également l'impact de Francis Jourdain et de René Gabriel dans les productions industrielle d'après-guerre, et plus généralement l'influence du "style colonial" dans le "style reconstruction"... bien avant que tout cela ne soit neutralisé par le "style international" ! Voici donc un fauteuil encore rugueux, à la fois très moderne et très vernaculaire - expression du vieux rêve Arts & Crafts que l'on retrouvait aussi chez les "bretons modernes" des Seiz Breur (des années 1930) et qui a malheureusement été totalement discrédités suite à sa récupération par des idéologues folkloristes aux heures les plus sombres. Là, en Afrique du nord, on peut heureusement échapper aux amalgames, et regarder dans une certaine quiétude cette charmante production.


mercredi 31 octobre 2018

Mobilier de Réinstallation // Saint-Lo 2019



Elisabeth Marie, conservatrice déléguée des antiquités et objets d’art (CDAO) du Conseil départemental de la Manche, et Robert Blaizeau, directeur du musée de Saint-Lô, réalisent actuellement un travail de recherche qui prolonge et complète le défrichage mené au Havre sur les logements dans la Reconstruction. Ils se plongent avec un plaisir évident dans ce moment de naissance du design et montent une impressionnante collection, tout en déployant la rigueur nécessaire à une sérieuse mise en mémoire en relation avec les données du territoire. Cette mémoire est celle de la Normandie dans son paysage "moderne" et "reconstruit", celui des villes et villages détruits par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. C'est un patrimoine longtemps resté invisible car il a été effacé par le "trauma" d'un événement violent et complexe, où l'invention de la société à venir (encore actuelle) jouxte un brutal effacement, où - plus terrible encore - celui qui vous détruit est aussi celui qui vous libère.

Pour comprendre ce moment déterminant dans notre histoire, ces chercheurs de la Manche se concentrent sur les objets quotidiens des habitats d'urgence et sur les logements de la Reconstruction : architecture, mobilier, ustensiles de cuisine et divers appareils domestiques... C'est un travail de médiation et de valorisation qui a débuté au début des années 2010 (Meubles de réinstallation 1944 // René Gabriel 2/2) dans un certain anonymat. Il attire désormais la télévision régionale qui vient d'y consacrer une série de reportages intitulée L'architecture de la reconstruction mal aimée en Normandie ? Tout ceci va aboutir sur un ouvrage qui fera date, La reconstruction dans la Manche (1944-1964) accompagné d'une exposition permanente dans le musée de Saint-Lô. Ce sera en 2019.

Ci-dessous, pour mémoire, les plans des "meubles de réinstallation" de René Gabriel adoptés par le service des Constructions provisoires en avril 1944, et les photographies prises très probablement lors d'une présentation dans la "pré-exposition de la Reconstruction" confiée en 1945 au Commissariat général du Salon des arts ménagers, organe associé au CNRS (cf AN-Pierrefitte fonds CNRS 20040397/1-20040397/4).  On y découvre deux ensembles que connaissent tous les Normands, et plus généralement les habitants des régions françaises sinistrées par la guerre : la salle à manger avec le buffet-vaisselier V.150, la table T.151 et les chaises gigognes A.153, la chambre avec le lit n°155 et l'armoire S.154 avec sa variante I (6 caissons sur portes, 3 caissons latéraux) et sa variante II (3 caissons sur l'ensemble).

jeudi 20 septembre 2018

René Gabriel // avant-première 6 octobre


La sortie du livre sur René Gabriel se fera en "avant-première" le 6 octobre. Tout d'abord, de 16H à 18H dans la librairie d'Artcurial lors d'une séance de signatures. Il faut remercier chaleureusement Emmanuel Bérard, directeur associé et responsable du département design, ainsi que Cécile Tajan du département Art déco (auteure d'un ouvrage récent sur l'UAM) qui ont proposé de présenter le livre et quelques meubles dans l'hôtel particulier de la célèbre maison de vente, à l’angle du Rond-Point des Champs-Elysées et de l’avenue Montaigne  (7 Rond-Point des Champs-Élysées, 8ème arr.).
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La séance se prolongera entre 19H et 21H au Cube Rouge ( 270 Boulevard Raspail, 14ème arr.), face à la Fondation Cartier. Une fois encore, je remercie Jérôme Godin qui nous accompagne depuis le début dans la redécouverte des premiers designers français.
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Pour motiver les futurs lecteurs, il faut en dire plus sur René Gabriel. Les découvertes concernant sa jeunesse sont nombreuses et sa vie finit par ressembler à un roman d'aventure, à chacun d'en retrouver les chapitres et de les imaginer à l'aide des illustrations... Commençons par son prénom, René, patron des sabotiers, profession exercée par son père qu'il prolonge dans l'utilisation du bois blanc, matériau léger, robuste et économique qui entre dans la fabrication des sabots ! Mais le créateur s’intéresse tout autant aux tissus, poursuivant le travail domestique de sa mère... Cette enfance vécue dans une famille modeste de la banlieue parisienne va l'inspirer, lui donnant une énergie créatrice formidable. Il réussit ses études, les achève à l'ENSAD et devient un "transclasse". C'est alors qu'il se plonge dans son époque et se forme dans le renouveau de l'opérette avec Albert Willemetz, entre dans les "cabarets" avec Mistinguett, pénètre dans le théâtre avec Louis Jouvet, et, évidement, débute sa carrière dans l'architecture et le mobilier aux côtés de Mallet-Stevens et de Francis Jourdain... Tout ceci dans une modestie et une discrétion très franciscaine...

En regardant sa jeunesse, on comprend mieux son rôle de précurseur dans l'histoire du design français,  "des arts décoratifs à la Reconstruction". Avant même l'exposition des "Arts déco", alors qu'il a juste 25 ans, René Gabriel a fait le tour des créations de son temps et va chercher à les dépasser. La suite de l'histoire est détaillée dans le livre et relate le combat qu'il mène pour imposer les principes d'un design démocratique dans le "pays du luxe", bien avant que cette discipline ne s'impose à travers le monde. La fin est un peu triste puisqu'il meurt trop tôt pour se réjouir de la victoire de ses idées, trop jeune pour comprendre son rôle de visionnaire... La génération suivante bénéficiera de ses travaux, enrôlée par Marcel Gascoin ; et ce sont leurs élèves qui formeront la "troisième génération" des modernes (la dernière...) et récolteront reconnaissances et récompenses, parmi lesquelles figure en bonne place le prix René-Gabriel... Qui s'en souvient ?