jeudi 20 juin 2013
Inauguration // Exposition Jacques Hitier
L'inauguration de l'exposition consacrée à Jacques Hitier au Havre sera le samedi 29 juin à 11h dans la Maison du patrimoine - Atelier Perret (place Auguste-Perret). Bien qu'il soit du côté du métal, Jacques Hitier apparait comme la troisième figure majeure du "style reconstruction" aux côtés de René Gabriel et de Marcel Gascoin, cherchant à sa manière à concillier l'humain, l'utile et le sensible, avec l'efficacité d'une production industrielle pour la satisfaction du plus grand nombre. Une découverte également pour les Havrais qui y découvriront son aménagement pour le paquebot France (salon des officiers) et surtout cette petite chaise pliante (chaise pliante // Jacques Hitier) inévitable sur les ponts des transatlantiques et qui, malencontreusement, se retrouvait sur les terrasses des appartements du Havre après être "tombée du bateau" ! Première exposition à lui être consacré (après une présentation à la galerie Cube rouge), avec de très nombreux dessins originaux (Maison du patrimoine) et ses meubles personnels - généreusement prêtés par sa famille - avec quelques pièces de la collection GG, le tout scénographié dans l'Appartement témoin Perret. A très bientôt !
mardi 11 juin 2013
revues 1945-1955 // art et industrie
Alors que le mobilier connaît un âge d’or après-guerre, les revues de décorations rouvrent la plaie de 1925, séparant artisanat et industrie, ornement et fonction, allant même jusqu'à évoquer les besoins spirituels de l'âme contre ceux, "matériels", du corps : il faut choisir son camp ! La saisie systématique des articles - éditée dans ce blog sous la rubrique sommaire - permet d'observer trois groupes en "composantes principales", déjà identifiés par Patrick Favardin : les artistes décorateurs cantonnés dans l'artisanat de luxe ("la haute couture" - style 1940), les créateurs-éditeurs de modèles proto-industriels ("les modernistes" - style reconstruction) et les designers de meubles travaillant pour de grandes marques ("les jeunes loups" - style 1950). Les trois se succèdent chronologiquement dans la revue Maison française (rédac. Solange Gorse) et, plus modérément, dans Art et décoration (Boris Lacroix). Mais il n'existe pas de suite logique, d'évolution, juste des lieux et des instants de réception plus favorables à tel ou tel groupe. Les publications spécialisées ne glissent d'ailleurs pas facilement d'une tendance à l'autre et montrent des engagements parfois très marqués... Côté moderne - du Journal de l'ameublement (André Brulliard) au Décor d'aujourd'hui (Michel Dufet) - les créateurs de série s'imposent majoritairement et sont jugés de même valeur que les décorateurs, puis les designers dominent à partir 1955. A l'inverse, pour Mobilier et décoration (René Chavance) les créateurs de série sont marginalisés (au même titre que les designers) et n'apparaissent presque pas dans les illustrations, point de vue exacerbé dans Art et industrie (Waldemare-George). Voyons statistiquement et concluons par un éditorial d'Art et industrie...
samedi 1 juin 2013
Mobilier et décoration // sommairement
Ci-dessous les sommaires d’une cinquantaine de numéros de la distinguée revue Mobilier et décoration (allant de 1946 à 1957), référence pour les antiquaires spécialisés dans l'Art déco et le style 1940. Bien qu'elle soit plus nuancée qu'Art et industrie - qui défend ouvertement le néo-Louis-XVI et s'oppose sans complexe au fonctionnalisme -, cette revue s'enferme de la même manière dans l’idée que le bon goût naît dans le luxe et se relie inévitablement à l'artisanat … Contradiction relatant une opinion dominante parmi les membres de la Société des artistes décorateurs. On y découvre donc assez rarement le style Reconstruction, mais il faut se garder d’un jugement hâtif et lire les articles subtils de René Chavance ou de Renée Moutard-Uldry car ils ont conscience des paradoxes, ceux de l'utile et du beau, de la fonction et du décor, de la fabrique et de la finition, du dessin et de l'objet, avec une préférence certaine pour les créateurs-décorateurs cherchant à allier fonctionnalisme et matière, disons un utilitarisme aimable et cossu, un Biedermeier charnu - à la manière d'un Gautier ou d'un Dudouyt. C’est aussi l’occasion de découvrir le premier visage décoratif de quelques importantes figures qui vont migrer du "bourgeois" vers la "grande série" au début des années 1950 - citons, pour l’exemple, Albert Guénot, Roger Landault, René-Jean Caillette, Genès Babut, J.-R. Picard…
samedi 25 mai 2013
Chaise pliante // Jacques Hitier
chaise pliante Tubauto, Art et décoration N°7, 1947
Après l’énigme du fauteuil d’école maternelle Mullca (crée vers 1949), une autre s’ouvre autour de Jacques Hitier avec la célèbre chaise pliante Tubauto, celle que l’on trouve dans les pique-niques au bord de la Nationale-7 et sur les grands Transatlantiques. Implicitement datée des années 1960 et présentée comme une nouveauté particulièrement fonctionnelle et élégante lors de la récente exposition consacrée au paquebot France, il a été possible d’en retrouver la trace dix ans auparavant, le plus souvent illustrée dans sa version économique (« Route ») – et régulièrement utilisée par Jacques Hitier dans ses articles et stands (Jacques Hitier – modernité industrielle, éd. Piqpoq, 2012). Celui-ci n’en revendique pas la paternité comme c’est toujours (malheureusement) le cas pour les modèles qu’il juge plus utilitaires que décoratifs, fruits de l’ingénierie plus que du dessin. Cependant, en lisant le numéro d’Art et décoration daté de septembre 1947 (n°7), dans l'article consacré au Salon des arts de la table organisé par Art et Industrie dans les Studios Harcourt, nous trouvons déjà une version luxueuse (« Baccara », cf. Showroom), celle qui sera rééditée pour le bateau France quinze ans plus tard… Un gouffre temporel s’ouvre sous nos yeux ! Nous voici même quelques mois avant l’année admise pour l’entrée de Jacques Hitier dans l’entreprise Tubauto… Ne croyons pas au hasard, et n’oublions pas que le designer rôde alors au milieu des grands industriels du meuble tubulaire. Signalons qu’en 1944 il travaille pour Biénaise, afin de réaliser en bois la célèbre chaise métallique de la marque - celle qui se plie latéralement. Il est fort possible que Jacques Hitier ait offert à un concurrent un modèle plus cossu, pliable frontalement. Enfin, quoiqu’en soit l’histoire, cette chaise que l’on trouvait déjà exceptionnelle, pour les années 1960, devient extraordinaire en 1947 !
lundi 6 mai 2013
Frank Rogin // René Gabriel
A quick tour in the New York gallery of Frank Rogin (rogin.com). He offers us many vintage furniture by René Gabriel (and some contemporary editions), rare archival photographs and an excellent biography. He describes his career: "Frank Rogin, a third-generation antiques dealer, has been in business since 1993. His inventory focuses on European modernist designers and architects who have come to define the look of 20th century public and private spaces. Spanning the various modern era European design movements, the inventory includes unique pieces as well as those that were in both limited and large production".
Inscription à :
Messages (Atom)

